Ordre de l'Étoile (France)

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Jean II instituant l'ordre de l'Étoile, enluminure d'un manuscrit des Grandes chroniques de France, XIVe s. (BNF, Français 2813, fol. 394)

L’ordre de l'Étoile est un ordre de chevalerie fondé le 16 novembre 1351 par Jean le Bon, roi de France, à l'imitation de l'ordre de la Jarretière, créé en 1348 en Angleterre par Édouard III d'Angleterre. La cérémonie inaugurale a lieu à Saint-Ouen le 6 janvier 1352.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ordre est inspiré par Geoffroi de Charny, le théoricien de l'idéal chevaleresque[1], qui écrit pour les chevaliers de l'ordre nouvellement fondé ses Demandes pour la joute, les tournois et la guerre. Le roi le crée pour s'attirer une nouvelle fidélité auprès des chevaliers français, et afin de les discipliner, pour éviter de renouveler le désastre de Crécy. Pour y être admis, seuls les mérites personnels sur le champ de bataille comptaient ; la valeur lors des tournois n'était pas prise en compte. Une solde était versée aux chevaliers membres.

Certains auteurs considèrent que cet ordre est inspiré de l'ordre de Notre-Dame de l'Étoile créé par Robert Le Pieux (connu pour sa dévotion à la Vierge) en août 1022. Composé de trente chevaliers qui portaient une étoile en broderie recamée d'or à cinq branches, cet ordre militaire avait pour but premier d'encourager les Lettres mais déclina pendant la guerre de Cent Ans, disparut sous Philippe de Valois pour être recréé par Jean le Bon[2].

Ses statuts l'intitulent ordre de Notre-Dame-de-la-Noble-Maison, en raison du patronage de la Vierge et du siège de l'institution à la demeure royale du palais de Clichy à Saint-Ouen. Ces statuts prévoyaient de regrouper autour du roi les cinq cents meilleurs chevaliers de la noblesse française (Jean le Bon n'en créa que 18) et que ces chevaliers ne devaient jamais tourner le dos à l'ennemi. Lors de la bataille de Poitiers, cette disposition provoqua la mort ou la capture de plusieurs membres. L'ordre tomba ainsi rapidement en désuétude.

Les chevaliers juraient de ne pas reculer plus de quatre pas. Ce serment prêté lors de la première fête de l'ordre de l'Étoile coûta la vie à quatre-vingt-dix chevaliers à la bataille de Mauron en 1352.

Avant Louis XIV de France, Jean II le Bon eut l'idée de créer la même année une maison recueillant les vieux chevaliers.

Chevalier de l'Ordre de l'Étoile (1719)

Cette décoration fut tellement prodiguée que dès le temps de Charles V, qui l'attribuait par une simple lettre sans aucune cérémonie, elle avait perdu toute valeur. L'ordre devint alors moins un ordre de chevalerie qu'une marque honorifique. Brantôme, au XVIe siècle, répandit l'opinion fantaisiste selon laquelle l'ordre, discrédité par trop de largesses, serait devenu l'insigne du Chevalier du Guet, Charles VII ayant donné l'étoile au capitaine du guet royal[3].

L'ordre de l'Étoile inspira directement la création de l'ordre du Nœud, fondé par le roi de Sicile Louis de Tarente le jour de son couronnement à la Pentecôte 1352 (le 23 mai)[4].

Les insignes[modifier | modifier le code]

Les chevaliers portaient le manteau de damas blanc ou le chaperon sur le devant duquel était fixé à gauche une étoile brodée en or en fermail. Leur collier avait trois chaînes entrelacées de roses d or émaillées alternativement de blanc et de rouge au bout pendait une étoile (chaton timbré d'un soleil d'or) à cinq rayons avec cette devise : « Monstrant regibus astra viam »[5] (allusion à l'étoile des rois mages).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 204
  2. François Sicard, Histoire des institutions militaires des Français, éd. Corréard, Paris, 1835
  3. Ordre de l'étoile Article de l'Encyclopædia Universalis
  4. D'Arcy Jonathan Dacre Boulton, The knights of the crown: the monarchical orders of knighthood in later medieval Europe, 1325-1520, Boydell Press, 2e édition, 2000, p. 221-225.
  5. « Les astres montrent la route aux rois. »

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Ordre de l'Étoile (France) » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)