Ordinariat personnel de la chaire de Saint-Pierre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ordinariat personnel de la chaire de Saint-Pierre
(la) Ordinariatus Personalis
Cathedrae Sancti Petri
Image illustrative de l'article Ordinariat personnel de la chaire de Saint-Pierre
Armoiries de l'ordinariat
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
Église catholique
Type de juridiction Ordinariat
Création 1er janvier 2012
Affiliation Saint-Siège
Siège Houston (Texas)
Titulaire actuel Jeffrey Steenson (ordinaire)
Site web www.usordinariate.org/
Notice sur hierarchy catholic : Consulter

L'Ordinariat personnel de la chaire de Saint-Pierre est une structure de l'Église catholique destinée à accueillir les groupes d'anglicans des États-Unis et du Canada qui souhaitent entrer en pleine communion avec Rome. L'objectif qui lui est assigné est d'assurer « que soient maintenues au sein de l’Église catholique les traditions liturgiques, spirituelles et pastorales de la Communion anglicane, comme un don précieux qui nourrit la foi des membres de l’ordinariat et comme un trésor à partager ».

Il fut érigé en janvier 2012[1] avec pour territoire initial celui de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis ; en date du 7 décembre 2012, le Saint-Siège annonça que l'Ordinariat allait dorénavant s'étendre également sur celui de la Conférence des évêques catholiques du Canada. Il s'agit du second ordinariat personnel de ce type prévu par la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus, après l'ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham qui avait été établi l'année précédente pour les convertis d'Angleterre et du pays de Galles. Conformément au texte de cette constitution, l'ordinariat personnel ne correspond pas au territoire d'un diocèse donné. Même s'il fonctionne en lien avec les conférences épiscopales des États-Unis et du Canada, il dépend directement du Saint-Siège.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anglicanorum Coetibus.

Les désaccords doctrinaux au sein de l'anglicanisme[modifier | modifier le code]

La doctrine de certaines églises de la Communion anglicane, et notamment celle de l'Église épiscopale des États-Unis, a connu une évolution rapide à la fin du XXe siècle et au début du siècle suivant, notamment en ce qui concerne la liturgie, l'acceptation de l'homosexualité, la place que doit recevoir la tradition, et surtout la question de l'ordination des femmes comme prêtres ou évêques. Parmi les contestataires, une certaine proportion possède des convictions anglo-catholiques et refuse l'idée que l'Église épiscopale des États-unis puisse avoir l'autorité pour modifier à elle seule la doctrine catholique.

Différents groupes de fidèles ont refusé ces évolutions au point de former des églises détachées de la Communion anglicane, avec ou sans lien d'intercommunion entre elles : ce phénomène est appelé le mouvement anglican continué (Continuing Anglican movement). Plusieurs de ces églises sont regroupées au sein de la Communion anglicane traditionnelle (Traditional Anglican Communion, TAC).

Parallèlement, plusieurs paroisses, voire des diocèses entiers, ont cherché à changer d'obédience au sein de la communion anglicane[2]. Les paroisses et diocèses concernés ont cherché à rejoindre des églises aux vues plus traditionnelles ; ce mouvement est qualifié de "réalignement"[3].

L'usage anglican[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Usage anglican.

À la fin des années 1970, plusieurs prêtres mariés membres de l'Église épiscopale des États-Unis d'Amérique émettent le souhait d'être reçus au sein de l'Église catholique en conservant des éléments de la liturgie anglicane. La Congrégation pour la doctrine de la foi publie en 1980 une "provision pastorale" autorisant l'ordination d'hommes mariés et la formation de paroisses personnelles, rattachées au diocèse catholique, mais qui peuvent utiliser un rite liturgique propre, l'usage anglican (Anglican Use)[4].

Dès lors, chaque année, un petit nombre de prêtres épiscopaliens, souvent mariés, demandera à entrer dans la communion de l'Église catholique en bénéficiant de ces dispositions. C'est le cas par exemple de l'évêque épiscopalien du Rio Grande, Jeffrey Steenson, en 2007. Il y aura au total un peu plus de 100 prêtres épiscopaliens reçus dans l'Église catholique au titre de cette provision pastorale entre 1983 et 2012[5].

Les sollicitations et la réponse du Vatican[modifier | modifier le code]

La Communion anglicane traditionnelle entretient des contacts avec Rome en vue d'un rapprochement depuis le début des années 1990. Elle formule en 2007, une demande de rattachement à l’Église catholique romaine sur le principe d’une communion pleine, entière et sacramentelle, marquée par l'acceptation et la signature du Catéchisme de l'Église catholique[6]. Pour répondre à cette demande, ainsi qu'aux sollicitations de certains évêques anglais[7],[8], une forme de conversion ayant une dimension collective est proposée. Le pape Benoît XVI publie une constitution apostolique, Anglicanorum Coetibus qui crée une structure canonique spécifique destinée à accueillir et intégrer des institutions et groupes anglicans au sein de l'Église catholique romaine, en leur permettant de maintenir leurs traditions liturgiques, spirituelles et pastorales.

Mise en place[modifier | modifier le code]

La date de création de l'ordinariat est annoncée en novembre 2011 par le cardinal Wuerl, qui en a coordonné les préparatifs en liaison avec la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il indique que 67 prêtres épiscopaliens ont demandé à intégrer cette structure et que deux paroisses ont d'ores et déjà été reçues au sein de l'Église catholique au titre de l'ordinariat, en anticipation de sa création[9],[10]. Un programme de formation spécifique a été élaboré pour les prêtres de l'Église épiscopale qui demandent à se convertir au catholicisme. Ce programme, qui fait la part belle aux domaines dans lesquels sont apparues historiquement les divergences théologiques entre catholiques et anglicans, a été élaboré par l'ancien évêque épiscopalien du Rio Grande, Jeffrey Steenson, qui s'était lui-même converti au catholicisme en 2007[11].

L'ordinariat est effectivement érigé le 1er janvier 2012, solennité de Marie, Mère de Dieu par décret du pape Benoît XVI. Jeffrey Steenson, est nommé à sa tête, avec le titre d'ordinaire, et des prérogatives juridictionnelles équivalentes à celles d'un évêque[12]. L'ordinariat dispose d'une église principale (ce qui équivaut à la cathédrale d'un diocèse), l'église de Notre-Dame de Walsingham, à Houston, Texas. Il s'agit d'une paroisse ayant bénéficié de la provision pastorale permettant l'usage anglican et possédant un sanctuaire, réplique de celui de Walsingham en Angleterre. L'ordinariat est lui-même placé sous le patronage de Notre-Dame de Walsingham. Un prêtre de l'archevêché de Washington, ancien prêtre de l'Église épiscopale qui a largement participé à la mise en place de l'ordinariat, Scott Hurd, est prêté à l'ordinariat pour une durée de trois ans pour servir de vicaire général, en étant pour sa part basé à Washington[13].

Au moment de la création de l'ordinariat, le nombre de futurs membres n'a pas été annoncé. On sait cependant qu'environ 100 prêtres et 1 200 laïcs issus de 22 communautés ont demandé à être intégrés à cette structure, dont une bonne part proviennent du « mouvement anglican continué »[14],[15].

L'installation officielle de l'ordinaire Jeffrey Steenson se déroule le 12 février 2012 dans la co-cathédrale du Sacré-Cœur de Houston[16].

À la fin novembre 2012, l'ordinariat compte 24 prêtres qui ont reçu l'ordination au sein de l'Église catholique, et 69 qui s'y préparent. Parmi eux, on compte Larry Gipson ancien doyen de la cathédrale de l'Avent de Birmingham (Alabama) (en) from 1982-94 et ancien recteur de l'église épiscopale la plus importante du pays (Église Saint Martin de Houston (en))[5].

Liste chronologique des ordinaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Une nouvelle juridiction pour accueillir les ex-anglicans aux USA, dans Radio Vatican le 01/01/2012, [lire en ligne]
  2. (en) Dr Williams makes first strike against erring provinces, Church Times.
  3. Rétrospective: le monde des religions dans les turbulences de l'année 2008 sur le Religioscope.
  4. (en) The pastoral provision
  5. a et b (en) Greg Garrison, Former rector of nation’s largest Episcopal church becomes a Catholic, The Washington Post, 30 novembre 2012
  6. Interview de Mgr Hepworth dans Famille chrétienne
  7. (en) Andrew Burnham, Anglo-Catholics must now decide
  8. (en) Bishop 'ready to defect to Rome', BBC News
  9. (en) Patricia Zapor, US ordinariate to be created on January 1, says cardinal, Catholic Herald, 16 novembre 2011
  10. (en) Andrew Stern, Catholic Church prepares to accept Episcopalians, Reuters, 15 novembre 2011
  11. (en) John Allen, Report on U.S. ordinariate for ex-Anglicans, National Catholic Reporter, 16 juin 2011
  12. (it) Benedetto XVI ha nominato il primo membro dell'Ordinariato Usa per gli ex anglicani, Corriere della sera, 1er janvier 2012
  13. Les informations sur le fonctionnement de l'ordinariat sont issues du site officiel
  14. (en) Michelle Boorstein, Some Anglicans apply to join the Catholic Church, Washington Post, 1er janvier 2012
  15. (en) Ed Thornton, Fr Steenson to lead US Ordinariate, Church Times, 6 janvier 2012
  16. (en) Kate Shellnutt, Bringing ex-Anglicans into the Catholic fold, Houston Chronicle, 9 février 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]