Ophites

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Les ophites ou ophiens (du grec ὄφιανοι > ὄφις, serpent) sont une secte gnostique apparue en Syrie et Égypte vers l’an 100 de notre ère. Le point commun de ces sectes était de vouloir donner une large importance à la symbolique du serpent, Nahash, dans la lecture de la Genèse, et d'établir un lien entre la gnose et le fruit défendu de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Contrastant avec l'interprétation chrétienne faisant du serpent l'incarnation de Satan les ophites voyaient dans le serpent un héros tandis qu'ils voyaient dans Elohim, le dieu qui créa et maudit Adam et Ève, un démiurge diabolique.

Sectes ophites[modifier | modifier le code]

En raison de la destruction des écrits gnostiques par l'Église orthodoxe à partir du IVe siècle, qui conservait les manuscrits et textes ophites [réf. nécessaire], la plupart des informations sur les sectes ophites proviennent des écrits de leurs ennemis, Hippolyte (Philosophe), Irénée de Lyon (Contre les hérésies), Origène (Contra Celsum vi. 25 seq.) et Épiphane de Salamine (Panarion. xxvi.). Quelques textes ophites originaux ont néanmoins pu être mis au jour lors de fouilles archéologiques, comme à Nag Hammadi.

Diagrammes ophites[modifier | modifier le code]

Les diagrammes ophites sont des rituels et des diagrammes ésotériques utilisés par les sectes gnostiques ophites. Ils virent parfois aussi dans le dieu de l'Ancien Testament la représentation du dieu démonique Yaltabaoth.

Celse (cité par Origène, Contre Celse, VI, 24-38) décrit les diagrammes, comme 10 cercles séparés et circonscrits l'un dans l'autre, le monde des âmes, Léviathan, divisé par une fine ligne noire, le tartare, le tout dans un carré où est écrit "portes du paradis". De plus, toujours d'après Celse, les ophites ajoutaient des dires des prophètes entre les cercles, avec quelque chose de particulier d'écrit à l'intérieur du plus grand et du plus petit des cercles cosmologiques, représentant respectivement Dieu le père et Dieu le fils.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Irénée de Lyon, Contre les hérésies (178-188), I, 29-30. Trad. Adelin Rousseau (1965-1982), Cerf, 1991.
  • Celse, apud Origène, Contre Celse (248), VI, 24-38 (sur les diagrammes ophites). Trad., Cerf, coll. "Sources chrétiennes".
  • Hippolyte de Rome (Pseudo-Hippolyte de Rome), Philosophumena, ou Réfutation de toutes les hérésies (vers 290), V, 12-18. Trad. A. Siouville (1928), Archè, 1988.
  • Épiphane de Salamine, Panarion (vers 375-377), XXXVII.5, XXXIX-LXIV. Édition par Karl Holl, Panarion, Leipzig, J. C. Heinrichs, 1915-1933, t. 2 et 3. Traduction anglaise : The Panarion of Epiphanius of Salamis, par Frank Williams, Leyde, Brill, 1987-1994, 2 vol., XXX-359, XVIII-677 p.
  • Pseudo-Tertullien, Contre tous les hérétiques (vers 220), II. Traduction M. de Genoude, 1852.
  • Philastre de Brescia, Diversarum hereseon liber (vers 385). Édition par F. Heylen, Turnhout, 1957. Traduction italienne Gabriele Banterle, Delle varie eresie, Rome, 1991.

Textes ophites[modifier | modifier le code]

  • Liste de Birger A. Pearson : notices du Pseudo-Tertullien, d'Irénée de Lyon, d'Épiphane de Salamine (Panarion, 37, 1, 1-7, 6), de Celse (chez Origène), L'hypostase des archontes, Écrit sans titre ou Sur l'origine du monde (apud Wouter J. Hanegraaff, Dictionary of Gnosis and Western Esotericism, Leyde, Brill, 2005, t. II, p. 895-897).
  • Liste de Tuomas Rasimus (qui considère comme ophites des textes que Hans-Martin Schenke considère comme séthiens) : Eugnoste (Nag Hammadi Codex III.3), La Sagesse de Jésus-Christ (N.H.C. III.4), Écrit sans titre ou Sur l'origine du monde (N.H.C. II.5), L'hypostase des archontes (N.H.C. II.4), en partie Livre des secrets, de Jean ou Apocryphon de Jean (N.H.C. II.1), et les notices d'Irénée de Lyon (Contre les hérésies, I.30), de Celse (chez Origène, Contre Celse, VI.24-38), peut-être Témoignage véritable (N.H.C., IX.3), la notice du Pseudo-Tertullien (Contre tous les hérétiques, II, 1-4), les notices d'Hippolyte de Rome sur les Pérates et les Naassènes (Philosophumena, ou Réfutation de toutes hérésies) (T. Rasimus, Paradise Reconsidered in Gnostic Mythmaking: Rethinking Sethianism in Light of the Ophite Evidence, Nag Hammadi and Manichaean Studies, Leyde, E.J. Brill, 2009).
  • Écrits gnostiques. La bibliothèque de Nag Hammadi, sous la direction de Jean-Pierre Mahé et de Paul-Hubert Poirier, Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade", 2007 : Hypostase des archontes (Nag Hammadi Codex II.4, p. 385) (traité séthien ?), Écrit sans titre (N.H.C. II.5, XIII.2, p. 423 sq.), L'origine du monde (N.H.C. II.5), Témoignage véritable (N.H.C. IX.3, p. 1403 sq.).

Études sur les ophites[modifier | modifier le code]

  • H. Leisegang, La gnose (1924), chap. 4 : "Les ophites", trad., Petite Bibliothèque Payot, 1971.
  • Jean-Daniel Kaestli, « L’interprétation du serpent de Genèse 3 dans quelques textes gnostiques et la question de la gnose “Ophite” », apud Julien Ries et alii éd., Gnosticisme et monde hellénistique. Actes du Colloque de Louvain-la-Neuve (11-14 mars 1980), Louvain-la-Neuve, Université Catholique de Louvain-Institut Orientaliste, 1982, p. 116-130.
  • S. Gero, "Ophite Gnosticism according to Theodore Bar Koni's Liber Scholiorum", apud H. Drijvers (éd.), Literary Genres in Syriac Literature, Rome, Institutun Studiorum, 1987, p. 265-274.
  • Birger A. Pearson, "Ophites", apud W. Hanegraaff, Dictionary of Gnosis and Western Esotericism, Leyde, Brill, 2005, t. II, p. 895-898.
  • Annarita Magri, "Le serpent guérisseur et l'origine de la gnose ophite", Revue de l'histoire des religions, 2007, 4, p. 395-434.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]