Opération Tacaud

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L'opération Tacaud est une opération militaire française qui se déroule entre février 1978 et mai 1980 durant la guerre civile tchadienne de 1965-1980.

Le 17 février 1978, Faya-Largeau est prise par les bandes rebelles du FROLINAT qui progressent sur plusieurs axes en direction de la capitale tchadienne, Ndjamena. La France décide l’envoi de forces militaires pour soutenir l'armée régulière tchadienne.

L'opération fait suite à l'opération Bison qui se déroula de 1969 à 1972. Dix-huit militaires français perdent la vie durant Tacaud et deux avions Jaguar sont abattus.

Les unités professionnelles françaises dans l'opération[modifier | modifier le code]

Alors qu'à cette époque l'armée française est presque uniquement formée de personnels appelés (non professionnels), l'intervention est majoritairement menée par les rares unités professionnelles de la 9e division d'infanterie de marine (anciennement 9e division d'infanterie coloniale et nommée aujourd'hui 9e brigade légère blindée de marine) : le 3e régiment d'infanterie de marine (3e RIMA) au complet, la 1re compagnie du 2e RIMA en 1978 et 1979, la 2e compagnie du 2e RIMA en 1979, une batterie du 11e régiment d'artillerie de marine (11e RAMA), un escadron du Régiment d'infanterie-chars de marine auxquels s'ajoute un escadron du 1er régiment étranger de cavalerie (1er REc). LE 1er mars 1978 le 5 RHC(alat) met en place à abéché une patrouille d'alouette3 armée. Deux unités de la 11e division parachutiste (nommée aujourd'hui la 11e brigade parachutiste), le 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP) et le 35e régiment d'artillerie parachutiste (35e RAP) sont partiellement mises en alerte pour intervenir, elles aussi, au Tchad.

Le 16 février 1979, la 11e compagnie d'instruction du 8e RPIMA devenue compagnie de combat du 6e BIMA de Libreville où elle est prépositionnée depuis octobre 1978 est mise en alerte « Guépard » et se pose de nuit sur l'aéroport de Ndjamena. Cette unité composée de parachutistes engagés en août 1978 n'a que six mois « de paquetage » quand elle arrive au Tchad. Deux compagnies du 2e REP et une compagnie motorisée du 1er régiment étranger (1er RE) regroupées, formant un état-major tactique (EMT), sont également envoyées au Tchad. La Marine nationale participe à l'opération avec un avion Breguet Atlantic (chargé de renseigner le commandement sur les mouvements des bandes rebelles) et les commandos Trepel (renforcé d'éléments provenant du Commandos Hubert) et de Penfentenyo, qui seront chargés principalement de la protection de l'aéroport de Ndjamena. L'Armée de l'air engagera huit avions SEPECAT Jaguar dans l'opération, ainsi que plusieurs C-160 Transall.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Durant les combats de Ndjamena entre février et mars 1978, plus de dix mille morts civils seront dénombrés. Le général Forest commande alors les forces françaises qui s'interposent entre différentes tendances tchadiennes. Un détachement d'assistance militaire (DAMi) arrive d'abord pour renforcer les personnels de l'infanterie de marine qui sont en séjour d'aide militaire technique (AMT) dans l'armée tchadienne.Durant le mois de mars 78 la patrouille d'al 3 armée d' ABECHE effectuera 32 missions de reconnaissance(cp: cne Saleun) Le 1er escadron du 1er REC a 3 pelotons de combat équipés d'AML 60/90, 1 peloton de commandement et 1 peloton porté (escadron sous les ordres du capitaine Yvanoff), est envoyé le 20 avril. Il est rejoint par le 2e escadron du régiment d’infanterie-chars de marine (RICM).

Les premiers accrochages, auxquels participe également la 1re batterie du 35e RAP, se font à Salal. Après la mise en fuite de la bande rebelle, le matériel qu'elle a laissé sur place est récupéré. Les 18 et 19 mai, le 1er régiment d'infanterie tchadien basé à Mongo, encadré par ses instructeurs du DAMi, se porte au secours des gendarmes qui sont encerclés au siège de la gendarmerie tchadienne à Ati.

L'escadron du 1er REC basé à Moussoro se met en route mais ne peut rejoindre la zone des combats. La 3e compagnie du 3e RIMA basée à Mongo aborde Ati et est prise à partie par des feux nourris d'une extrême violence. L’aviation est demandée et les Jaguar interviennent. Le lendemain un demi-peloton du REC arrive sur les lieux pour participer à l’assaut. Le 20 mai, une seconde attaque des Jaguar entame les défenses des rebelles. Ati est reprise et les rebelles s'enfuient de la ville pour se regrouper à Djedda, 45 km plus au Nord d’où ils tenteront de prendre la ville.

Le 31 mai, la bataille de Djedda est une initiative française pour neutraliser cette bande importante qui fait peser une grave menace sur la ville-préfecture d'Ati. L'attaque est conduite par le 3e RIMA avec deux compagnies appuyées par un escadron du 1er REC, une batterie du 11e RAMA et une patrouille d'avions Jaguar. Le FROLINAT est déterminé, ouvrant d'abord le feu sur les unités d'assaut françaises puis envoyant un SA-7 et des rafales de kalachnikov et mitrailleuse anti-aérienne sur un Jaguar. Le missile manque sa cible mais l'appareil est abattu par une rafale de mitrailleuse[1]. Il faudra 6 heures d'intense combat pour qu'il se termine par une lourde défaite du FROLINAT. Celui-ci ne reprendra ses attaques que dix mois plus tard lors de la bataille d'Abéché le 5 mars 1979 à laquelle participeront le 3e régiment d'infanterie de marine, le Régiment d'infanterie-chars de marine et le 11e régiment d'artillerie de marine.

Les unités professionnelles françaises se relayent au Tchad jusqu'à mai 1980, date à laquelle l'opération Tacaud prend fin. Cette opération entraîne la décision d'amplifier la professionnalisation de l'armée française et notamment sa composante logistique.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Service historique de la Défense
  • Centre de documentation de la Légion étrangère
  • Les cahiers du RETEX (RETour d'EXpérience), p. 39 [1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arnaud Delalande, « Appui-aérien dans les guerres civiles du Tchad », sur Puissance aérienne,‎ 27 novembre 2013 (consulté en 19 décembre 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Témoignage du capitaine Yves Cadiou qui commandait la 1re compagnie du 3e RIMA et de plusieurs de ses camarades : reproduction intégrale d'un livre de 150 pages qui inclut 34 photos et plusieurs liens externes relatifs à cette opération, préfacé par le général d'armée Bruno Cuche, CEMAT : [2]
  • Les cahiers du RETEX : [3]