Opération Rempart

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L’opération Rempart est un épisode de la Seconde Intifada au cours duquel l'armée israélienne s'est redéployée dans les territoires palestiniens autonomes de Cisjordanie en avril 2002 dans le but de faire cesser les attentats palestiniens depuis ces territoires. La bataille de Jénine et une bataille médiatique autour de ce qui s'y est passé en ont été des événements marquants.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le conflit israélo-palestinien a été en 2002 beaucoup plus meurtrier que l’année précédente. Depuis septembre 2000, le soulèvement palestinien, la répression israélienne et les attentats kamikazes palestiniens ont fait plus de 2 850 victimes, pour trois quarts palestiniennes [réf. nécessaire]. Fin mars 2002, suite à une série d’attentats en Israël, le gouvernement d’Ariel Sharon a déclenché une vaste opération militaire, appelée opération « Rempart ». Toutes les villes palestiniennes autonomes ont été réoccupées, à l’exception de Jéricho, et leurs habitants placés sous couvre-feu pendant plusieurs semaines.

L'opération débute deux jours après l'attentat du 27 mars 2002 à l'hôtel Park de Netanya, revendiqué par le Hamas et au cours duquel 29 personnes sont tuées et 140 blessées, dont 20 grièvement. Cet événement faisant suite à plus de 40 attaques suicides ayant eu lieu depuis début mars 2002, ayant fait 120 morts et des centaines de blessés [réf. nécessaire].

L'incursion à Jénine[modifier | modifier le code]

L'assaut contre le camp de réfugiés de Jénine, considéré alors par les Israéliens comme une pépinière de kamikazes, dura du 3 au 11 avril 2002, dans le cadre de l'opération Rempart. Cette opération avait pour objet, selon Israël, de rechercher des membres d'organisations terroristes, suite à l'attentat de Netanya du 27 mars. La bataille opposa des soldats israéliens appuyés par des chars et des hélicoptères à des membres à 90 - 100 combattants palestiniens de trois organisations palestiniennes[1], le Hamas, le Jihad islamique palestinien et les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, retranchés dans le centre du camp de réfugiés.

Une polémique est née pendant l'assaut du camp de Jénine du fait de la violence de l'attaque, notamment suite à la destruction totale d'un quartier du camp, aplani au bulldozer par l'armée israélienne. Les premiers chiffres publiés étaient contradictoires, reflétant l'état d'ignorance où se trouvaient même des hommes proches du terrain. Des sources palestiniennes ont indiqué un nombre allant de 400 à 500 morts palestiniens, le dirigeant travailliste Shimon Pérès avait qualifié l'opération de « massacre » selon le quotidien Haaretz dans son édition du 9 avril 2002. L'organisation humanitaire internationale Human Rights Watch publiait un communiqué le 3 mai 2002 dans lequel elle annonçait avoir pu identifier 52 victimes palestiniennes, dont 22 civiles, et estimait que les « Forces de Défense Israéliennes [avaient] commis des crimes de guerre » lors de cette opération[2]. Le spécialiste des questions de défense au quotidien Haaretz, Zeev Schiff, écrivit dans l'édition du 15 avril 2002 que : « après la fin des combats, au cours des premières fouilles, 80 cadavres ont été trouvés. On estime que le nombre des victimes dans les combats s’élève à quelque 200 Palestiniens, y compris des civils, dont une partie est enterrée sous les décombres des maisons effondrées ». Le colonel Ron Kitri, porte-parole de l’armée israélienne, reprenait ce chiffre dans le quotidien Yediot Aharonot du 19 avril 2002.

Cependant, il s'agissait là d'indications données dans le feu de l'action, alors qu'aucune information précise n'était disponible. En revanche, les chiffres donnés par la suite de diverses sources concordent. Un rapport du secrétaire général des Nations unies, publié le , estimait que le nombre total des morts palestiniens était de cinquante-deux, citant à la fois des sources israéliennes (Tsahal) et palestiniennes (l'hôpital de Jénine). C'est cet ordre de grandeur de 52 morts qui fait désormais autorité. Deux ans après les événements, le directeur de l’hôpital de Jénine, Mohamed Abu Ghali, interviewé par le site musulman français Oumma.com, déclarait que « 54 personnes ont été tuées » lors des combats d'avril 2002 [réf. nécessaire].

Cette bataille fit 23 morts parmi les soldats israéliens et 60 blessés. Plusieurs milliers d'habitants de Jénine ont dû fuir la ville au début de l'opération, 1600 personnes ont disparu. Environ 160 habitations ont été totalement détruites dans le camp et de nombreuses autres ont été endommagées, plus de 4 000 personnes se sont retrouvées sans abri.

L'ONU a annoncé la création d'une commission d'enquête — dont la venue n'a pas été autorisée au début par le gouvernement israélien. En effet, les autorités israéliennes ont refusé l'accès du camp aux organisations humanitaires et aux médias, pendant leur offensive et ont continué d'empêcher l'accès du camp de réfugiés aux humanitaires, plusieurs jours après la fin des opérations militaires.

Incursion à Bethléem[modifier | modifier le code]

Bethléem est occupé et les militants palestiniens poursuivis par Tsahal. Le , environ 200 Palestiniens trouvent refuge dans la Basilique de la Nativité. Après 39 jours de siège, le 22 mai, un accord est conclu entre l'armée israélienne qui lève le siège et les Palestiniens qui évacuent l'église et s'exilent en Europe et dans la bande de Gaza.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.hrw.org/reports/2002/israel3/israel0502.pdf
  2. Human Rights Watch, Communiqué du 3 mai 2002

Articles connexes[modifier | modifier le code]