Opération Opéra

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Opération Opéra
Carte de l'opération de bombardement d'Osirak.
Carte de l'opération de bombardement d'Osirak.
Informations générales
Date 7 juin 1981
Lieu Réacteur nucléaire d'Osirak (Bagdad, Irak)
Issue Destruction du réacteur irakien
Belligérants
Drapeau d’Israël Israël
(Armée de l'air israélienne)
Flag of Iraq (1991-2004).svg Irak
Commandants
Drapeau d’Israël Menachem Begin
Drapeau d’Israël David Ivry
Flag of Iraq (1991-2004).svg Saddam Hussein
Forces en présence
6 F-15 Eagle
8 F-16 Fighting Falcon
inconnues
Pertes
aucune 10 soldats irakiens tués
1 ingénieur français tué
Coordonnées 33° 12′ 30″ N 44° 31′ 30″ E / 33.208333, 44.52533° 12′ 30″ Nord 44° 31′ 30″ Est / 33.208333, 44.525  

Géolocalisation sur la carte : Irak

(Voir situation sur carte : Irak)
 Différences entre dessin et blasonnement : Opération Opéra.

L’opération Opéra (appelée également parfois opération Babylone ou opération Ofra, en hébreu : אופרה) désigne une opération militaire israélienne qui se déroula le 7 juin 1981.

En 1976, l'Irak avait acheté Osirak, un réacteur nucléaire de classe Osiris à la France[1]. Celui-ci devait servir à des fins de recherches scientifiques et non militaires mais les Israéliens virent cette manœuvre d'un mauvais œil, suspectant l'Irak de vouloir l'utiliser dans le cadre de son programme clandestin d'armes de destruction massive décidé dans les années 1970[2].

Prélude[modifier | modifier le code]

Le centre de recherche nucléaire d'Al-Tuwaitha a la sortie sud-est de Bagdad le 10 mars 1991 après un bombardement américain.

Pour enrayer le programme nucléaire irakien, Israël puis l'Iran firent plusieurs tentatives.

Le 6 avril 1979, le Mossad, une agence de renseignement israélienne, détruit avec des bombes à charge creuse, lors d'une opération commando à l'intérieur de l'usine de Constructions navales et industrielles de la Méditerranée (CNIM), à La Seyne-sur-Mer (Var), la cuve en acier du réacteur d'Osirak[3]. La France répare les dégâts[3], mais dans la nuit du 13 au 14 juin 1980, le Mossad égorge dans un hôtel parisien l'égyptien Yahya Al-Meshad, membre de la Commission atomique irakienne[3]. Des ingénieurs du Commissariat à l'énergie atomique reçoivent par ailleurs des lettres de menace[3].

Le 30 septembre 1980, au début de la guerre Iran-Irak, deux chasseurs-bombardiers F-4 Phantom de la force aérienne de la République islamique d'Iran attaquent avec 12 bombes Mk 82 le centre de recherches de Tuwaitha à Bagdad mais sans toucher directement les deux réacteurs Osirak et Isis. Il s'agit de la première attaque militaire visant un site nucléaire[4].

Déroulement du raid[modifier | modifier le code]

Le marquage d'un des F-16A qui a participé au raid. La cocarde représentant le raid est la triangulaire verte. L'autre cocarde représente un avion syrien abattu.

Selon le renseignement israélien, l'été 1981 serait la dernière chance d'opérer contre le réacteur sans provoquer de pollution radioactive, car à ce stade, le réacteur n'était pas opérationnel et n'était pas encore chargé avec son combustible nucléaire.

À cette date, l'installation est était défendu par un site de SA-6 Gainful (2km au sud), des missiles Roland 2 placés à 500 mètres du réacteurs et entre 30 à 40 canons de 23 et 57mm contrôlés par radar.

L'attaque aérienne eut lieu le 7 juin 1981 contre le réacteur nucléaire d'Osirak sur le territoire irakien (situé à 17 kilomètres au sud-est de Bagdad) menée par huit F-16 des 110e et 117e escadrons armés de seize bombes Mk 84 d'une tonne, de 2 AIM-9L Sidewinder et de trois bidons de carburants supplémentaires, escortés par six F-15C qui décollent de la base aérienne d'Etzion (depuis 1982, aéroport international de Taba) à 16 h 40/16 h 55 (heure locale) - 12 h 40/12 h 55 (GMT). Ils effectuèrent un vol de 1 600 km passant par le sud de la Jordanie puis le long de la frontière de l'Arabie Saoudite à une altitude de 800 puis de 150 pieds (46 m) à l'intérieur de l’espace aérien irakien. Des problèmes survinrent avec des réservoirs de carburant externes de F-16A, ils furent largués au-dessus du désert saoudien.

Environ 20 km à l'est du réacteur à 14 h 35 (GMT), les F-16 déclenchèrent la postcombustion à la pleine puissance et commencèrent une ascension. Au sommet de la boucle, ils identifièrent la cible, plongèrent à la vitesse de 600 nœuds (1 100 km/h) à 35 degrés et larguèrent les bombes à une altitude de 3 500 pieds (1 km), visant la base de la structure et libérant des leurres afin d'éviter la lutte antiaérienne. Tous les pilotes larguèrent leurs bombes dans des intervalles de 5 secondes. Le retour se fit à haute altitude, à la limite des réserves de carburant. L'escorte de F-15 dont 4 avaient quitté le groupe pour faire diversion n'eut pas à intervenir[5],[6].

Un ingénieur français fut tué dans ce raid ainsi que 10 soldats irakiens[7].

Ilan Ramon, l'un des pilotes de F-16 israéliens mourut lors de la catastrophe de la navette spatiale Columbia lors de la mission STS-107 en 2003. Le raid a par ailleurs été souvent considéré comme un exemple d'attaque préventive selon les sources du droit international[8].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

L'Organisation des Nations unies (ONU) émet la résolution 487 le 19 juin 1981, appelant à la cessation des hostilités et à l'envoi de l'Agence internationale de l'énergie atomique sur place. En 2009, le premier ministre irakien Nouri al-Maliki exige une compensation de la part d'Israël[9].

La livraison des derniers 22 F-16 d'une première commande de 75 exemplaires à Israël par les États-Unis, dont les premiers exemplaires arrivèrent en juin 1980, fut stoppée après ce raid pour plusieurs mois par le gouvernement des États-Unis[10].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bennett Ramberg, Nuclear Power Plants as Weapons for the Enemy: An Unrecognized Military Peril. University of California Press, 1985
  2. Hamza, Khidhir, Inside Saddam's secret nuclear program, http://www.thebulletin.org "Bulletin of the Atomic Scientists",‎ Septembre/Octobre 1998 (lire en ligne)
  3. a, b, c et d Jean Guisnel, Histoire secrète de la Ve République, Éditions La Découverte, coll. « Cahiers libres »,‎ 2 novembre 2006, 752 p. (ISBN 978-2-7071-4902-2), « La France, premier proliférateur nucléaire », p. 242-255
  4. (en)Tom Cooper, Farzad Bishop, « Target: Saddal's Reactor - Israeli and Iranian operations against Iraqi plans to develop nuclear weapons », sur Angelfire,‎ mars/avril 2004 (consulté le 16 avril 2012)
  5. (en)« Operation Opera IDF/AF Raid on the Iraqi Osiris reactor », sur F-16.net (consulté le 16 avril 2012)
  6. (he)[PDF]« Operation Opera », sur Israel Air Force Enthusiast (consulté le 16 avril 2012)
  7. (en) 1981: Israel bombs Baghdad nuclear reactor, BBC, consulté le 10 avril 2012
  8. (en) PREVENTIVE ATTACKS AGAINST NUCLEAR PROGRAMS AND THE ‘‘SUCCESS’’ AT OSIRAQ, consulté le 10 avril 2012
  9. (en) Iraq demands compensation from Israel, consulté le 10 avril 2012
  10. (en)« Cheil Ha'avir Israel Defense Force/Air Force - IDF/AF », sur F-16.net (consulté le 16 avril 2012)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]