Invasion du Panama par les États-Unis

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Invasion de Panama
Des soldats de la 7e division d'infanterie (légère) se préparent à prendre la Comandancia dans le quartier El Chorrillo de Panama, décembre 1989.
Des soldats de la 7e division d'infanterie (légère) se préparent à prendre la Comandancia dans le quartier El Chorrillo de Panama, décembre 1989.
Informations générales
Date 20 décembre 1989, 31 janvier 1990
Lieu Panama
Issue Victoire des États-Unis, déposition du dictateur Noriega
Belligérants
Drapeau du Panama Panama Drapeau des États-Unis États-Unis
Commandants
Drapeau du Panama Manuel Noriega Drapeau des États-Unis Maxwell R. Thurman
Drapeau des États-Unis George H. W. Bush
Forces en présence
+ de 16 000 27 684
Pertes
100 – 1 000 soldats tués
300 – 4 000 civils tués
24 tués,
325 blessés

Sous le nom de code Operation Just Cause, eut lieu l'invasion du Panama par les États-Unis, en décembre 1989, sous l'administration du président des États-Unis George H. W. Bush. Ceci dix ans après que le contrôle du canal de Panama fut rendu par les États-Unis au Panama. Au cours de cette invasion le dirigeant panaméen Manuel Noriega a été déposé et la Force de défense panaméenne (FDP) dissoute.

Contexte général[modifier | modifier le code]

Le traité Torrijos-Carter, qui a initié le processus de transfert du contrôle du canal au Panama, a été signé par le Président des États-Unis Jimmy Carter et le Président du Panama Omar Torrijos le 7 septembre 1977. Les relations entre les États-Unis et Noriega ont duré pendant 2 décennies (de 1959 au début des années 1980), lorsque Noriega était un élément actif des services de renseignement américains et salarié par la Central Intelligence Agency. Les relations de Noriega avec George H. W. Bush auraient commencé dans les années 1970, quand Bush était chef de la CIA[1].

Noriega a travaillé à faire progresser les intérêts américains en Amérique centrale, notamment en sabotant les forces du gouvernement socialiste au Nicaragua, les Sandinistes, et révolutionnaires du FMLN du Salvador, et recevant plus de 100 000 dollars américains par an pour ses services[2]. Il a aussi travaillé avec la Drug Enforcement Administration des États-Unis afin de limiter les envois de drogues illicites vers les États-Unis, ce qui l'a amené à travailler avec les trafiquants de drogue eux-mêmes[1] mais il est aussi accusé d'avoir été un agent double, pour avoir transmis des informations hautement confidentielles à Cuba, d'avoir facilité le transfert de technologies sensibles à des pays du bloc de l'Est et d'avoir vendu des armes aux guerilleros pro-communistes d'Amérique latine et au gouvernement sandiniste[3] dès la fin des années 1970. Les services de renseignement militaires américains tentant de l'espionner à partir de 1981, ignorant les activités de la CIA et vice versa, tandis que Noriega, lui, tentait d'infiltrer les unités de renseignement américains au Panama[4].

En 1987, il est lâché par les États-Unis, et en 1988, le président américain Ronald Reagan négocia avec le général Noriega, demandant à celui-ci de démissionner pacifiquement (tout en faisant pression sur lui avec plusieurs actes d'accusation liés au trafic de drogue et au racket devant les tribunaux américains en 1988). Plus tard fut incluse dans ces négociations la baisse du trafic de drogue vers les États-Unis.

En mars 1989, une tentative de coup d'État contre le gouvernement du Panama a été déjoué par les forces de Noriega. En mai 1989, pendant les élections nationales, une alliance de partis opposés à la dictature militaire de Manuel Noriega a compté les résultats de l'élection dans les circonscriptions du pays avant qu'ils soient envoyés aux centres régionaux. Leur compte a montré que leur candidat, Guillermo Endara avait battu Carlos Duque, candidat de la coalition pro-Noriega, dans un rapport de 3 contre 1. Endara fut roué de coups par les supporters de Noriega le jour suivant[1]. Noriega déclara l'élection nulle et resta au pouvoir par la force, se rendant impopulaire parmi les Panaméens. Le gouvernement de Noriega insista sur le fait qu'ils avaient remporté l'élection présidentielle et que les irrégularités avaient été le fait des candidats des partis d'opposition soutenus par les États-Unis[5]. Bush demanda à Noriega de respecter la volonté du peuple panaméen[1].

Un LAV-25 de l'US Marine Corps au Panama

La Force de Défense du Panama (es) (FDP), tournant le dos à Noriega, proposa de le remettre aux États-Unis ; ceci resta sans suite. En octobre 1989, Noriega déjoua une deuxième tentative de coup d'État dirigée par le major Moisés Giroldi. La pression monta sur Bush, qui fut traité de « mauviette » par les médias pour ne pas avoir apporté d'aide au Panama[1],[6]. Bush déclara que les États-Unis ne négocieraient pas avec un trafiquant de drogue connu et nia avoir eu connaissance de la participation de Noriega au commerce de la drogue avant son acte d'accusation[7].

Les allégations du président Bush selon lesquelles les forces placées sous le commandement de Noriega auraient tiré et tué un soldat américain non armé, blessé un autre, arrêté et sauvagement battu un troisième soldat américain ainsi que brutalement interrogé sa femme, la menaçant par des abus sexuels, ont été citées devant le Conseil de sécurité des Nations unies comme un motif suffisant pour que l'invasion soit un acte de légitime défense au sens de l'article 51 de la Charte des Nations unies[8].

Trois événements du 16 décembre furent cités (le 20 décembre) comme motifs par Bush.

Le 16 décembre eut lieu l'incident qui a conduit à la mort de l'officier de marine américaine, le lieutenant Robert Paz. Quatre militaires des États-Unis furent arrêtés à un barrage routier en dehors du siège de la FDP dans le quartier El Chorrillo de Panama. Le second lieutenant Paz fut arrêté et molesté à un point tel qu'il paniqua. Pendant qu'il essayait de fuir on lui tira dessus mortellement.

Le département de la défense des États-Unis indiqua que les militaires n'étaient pas armés et circulaient dans un véhicule privé. Ils auraient tenté de fuir la scène seulement après que leur véhicule ait été entouré par une foule de civils et de soldats des FDP. Les FDP ont affirmé que les Américains étaient armés et en mission de reconnaissance[9].

Il a également été signalé par le Los Angeles Times[10] que « selon l'armée américaine et les sources civiles » l'agent tué était un membre des « Hard Chargers ». L'objectif de ce groupe était de provoquer les membres de la FDP. Il a également été signalé que les tactiques du groupe étaient bien connus par les officiers américains qui étaient frustrés par les « provocations panaméennes commises sous la dictature de Manuel A. Noriega », bien que le groupe n'ait pas été sanctionné officiellement par les militaires. Le Pentagone a nié plus tard qu'un tel groupe ait jamais existé[11]. Selon un fonctionnaire militaire des États-Unis, « les témoins de l'incident, un officier de la marine des États-Unis et son épouse ont été agressés par des soldats panaméens des Forces de défense pendant leur garde à vue ». [réf. souhaitée]

La justification officielle des États-Unis pour l'invasion a été exposée par le président George H. W. Bush le matin du 20 décembre quelques heures après le début de l'opération. Bush a énuméré quatre raisons pour cette invasion :

  • La sauvegarde de la vie des citoyens des États-Unis au Panama. Dans sa déclaration, Bush fit valoir que Noriega avait déclaré que l'état de guerre existait entre les États-Unis et le Panama. Celui-ci avait également menacé la vie des quelque 35 000 citoyens américains qui y vivent. Il indiqua aussi qu'il y avait eu de nombreux affrontements entre les États-Unis et les forces de Panama, un marine américain avait été tué quelques jours plus tôt, et que plusieurs incidents de harcèlement de citoyens américains avaient eu lieu.
  • La défense de la démocratie et les droits de l'homme au Panama.
  • Lutte contre le trafic de drogue. Panama étant devenu un pôle du blanchiment d'argent de la drogue et un point de transit pour le trafic de drogue aux États-Unis et en Europe.
  • Protection de l'intégrité des traités de Torrijos-Carter. Les membres du Congrès et d'autres politiciens américains indiquèrent que Noriega menaçait la neutralité du canal de Panama, et que les États-Unis avaient le droit, en vertu des traités, d'intervenir militairement pour protéger le canal.

En ce qui concerne l'une des raisons énoncées par les États-Unis pour justifier l'invasion, à savoir la déclaration de l'état de guerre formelle entre les États-Unis et le Panama, Noriega insista sur le fait[12] que cette déclaration faisait référence à un état de guerre de fait dirigée par les États-Unis contre le Panama. Sous la forme de ce qu'il déclara être de dures sanctions économiques et la constante provocation par des manœuvres militaires (opérations « Purple Storm » et « Sand Flea »)[13] qui étaient interdites par le traité Torrijos-Carter. Les États-Unis avaient fermé les yeux sur les exactions de Noriega depuis les années 1970. Noriega a ensuite été l'objet d'implication directe dans des opérations de trafic de drogue. Panama soutint qu'avant la « déclaration de guerre » contre les États-Unis, aucune action hostile ne fut engagée contre tout autre pays.

L'invasion[modifier | modifier le code]

Saut de membres du 508e régiment d'infanterie lors de l'opération.

L'US Army, l'US Air Force, l'US Navy et les US Marines ont participé à l'opération « Just Cause ». Les forces terrestres composées des éléments combattants du XVIIIe corps aéroporté, de la 82e division aéroportée, de la 7e division d'infanterie légère, du 75e régiment de rangers, et une Joint Special Operations Task Force, ainsi que des éléments de la 5e division d'infanterie, 1138e compagnie de police militaire de la garde nationale du Missouri, 193e brigade d'infanterie, 508e régiment d'infanterie, 59e compagnie du génie, un bataillon maritime des forces de sécurité au Panama, 3e bataillon du 6e régiment de marine, des équipes de sécurité de la flotte anti-terroriste, le 2e bataillon de l'infanterie blindée légère et le 2e groupe de logistique de la marine.

L'incursion militaire en Panama a commencé le 20 décembre 1989, à 01 h 00 heure locale. L'opération a impliqué 57 684 soldats américains dont 4 % de l'effectif engagé était féminin soit 800 membres parmi lesquelles 150 participèrent aux combats dans les rangs de la police militaire[14], des milliers de véhicules dont 14 chars légers M551 Sheridan dont deux furent détruits accidentellement[15] et plus de 300 avions, y compris des gunships AC-130 Spectre, des avions d'observations et d'attaque OA‑37B Dragonfly et des avions furtifs F‑117A Night Hawks mis en œuvre par la 37e tactical fighter wing, et des hélicoptères d'attaque AH‑64 Apache. L'invasion du Panama a été le premier déploiement en combat de l'AH‑64, du HMMWV, et du F‑117A Night Hawk.

Ils ont été déployés contre les 46 000 membres de la Force de Défense Panaméenne (FDP)[16].

Plan de l'invasion

L'opération a commencé par une attaque des installations stratégiques telles que l'aéroport civil de Punta Paitilla (opération « Nifty Package ») dans Panama, la garnison de la Force de Défense Panaméenne et le terrain d'aviation de Rio Hato, où Noriega possédait une résidence, et d'autres centres de commandement militaire dans tout le pays. L'attaque contre le quartier général de la FDP (dénommé la Comandancia) a déclenché plusieurs incendies, dont l'un a détruit une partie du quartier El Chorrillo au centre-ville de Panama (zone à forte densité de population)[17].

Selon des témoins oculaires[18], les maisons dans ce quartier ont été délibérément incendiées par les soldats américains dans le but d'arrêter les soldats de la FDP qui se cachaient dans la région. [réf. souhaitée]

Au cours des opérations, dont la fusillade à la Comandancia, la Force de Défense du Panama a abattu deux hélicoptères AH-6 Little Bird et en à forcé un autre à un atterrissage d'urgence dans un marais le long du canal de Panama[19]. Fort Amador a été sécurisé par des éléments du 508e régiment infanterie aéroportée et de la 59e compagnie du génie par un assaut aérien de nuit qui a permis de conquérir le fort dans les premières heures du 20 décembre. Fort Amador était une position clé en raison de sa proximité avec de grands dépôts de pétrole adjacents au canal, le pont des Amériques sur le canal, et l'entrée du canal de Panama côté océan Pacifique. Les principaux éléments de commandement et contrôle des FDP étaient en poste dans ce fort.

En outre, Fort Amador comptait également une grande zone de logement de ressortissants des États-Unis qui avait besoin d'être protégée — pour empêcher les membres de la FDP de prendre des citoyens américains en otages. Cette position protégeait également le flanc gauche de l'attaque contre la Comandancia et l'opération de sécurisation du quartier El Chorrillo qui comptait de nombreux partisans de Noriega, se battant sous le nom « bataillons de la dignité » (dénommés Dingbats). Quelques heures après le début de l'invasion, Guillermo Endara prêta serment sur la base navale Rodman. Il est généralement admis qu'Endara aurait été le vainqueur de l'élection présidentielle qui était prévue au début de l'année[20]. La 1138e compagnie de police militaire de la garde nationale du Missouri mettra en place un camp de prisonniers sur le terrain d'entraînement Empire Range sur la rive sud du canal de Panama[21] pour gérer la masse de civils et militaires détenus.

Cette unité marqua l'histoire en étant la première unité de la garde appelée en service actif depuis la guerre du Viêt Nam. Ce ne sera pas la dernière fois que l'unité sera appelée, puisque l'opération « Desert Shield / Storm » se profilait à l'horizon.

Les opérations militaires ont continué pendant plusieurs semaines, essentiellement contre les unités militaires de l'armée du Panama. Noriega resta en liberté pendant plusieurs jours, mais il réalisa qu'il avait peu d'options à envisager face à une grande chasse à l'homme, avec un million de dollars de récompense pour sa capture. Il obtint refuge dans la mission diplomatique du Vatican dans la ville de Panama. Les militaires américains mirent sans relâche la pression psychologique sur lui et une pression diplomatique sur la mission du Vatican (comme jouer très fort du rock-and roll sur les radiocassettes[22] jour et nuit dans une zone densément peuplée). Il fut clair par la suite que la musique avait été utilisée principalement pour empêcher les microphones paraboliques d'être utilisés pour écouter des négociations, et non comme une arme psychologique autour de Noriega qui est censé abhorrer la musique rock[23]. Noriega se rendit finalement aux militaires américains le 3 janvier 1990. Il fut immédiatement mis dans un avion de transport militaire et extradé aux États-Unis.

Alors que certaines unités du corps des marines des États-Unis poursuivirent leur déploiement, d'autres qui avaient été déployées depuis 3 octobre 1989 commencèrent à rentrer le 2 janvier 1990 [réf. souhaitée].

Des unités militaires firent des patrouilles de « police » dans la ville de Panama et les zones à l'ouest du canal, pour rétablir la loi et l'ordre ainsi que pour assurer le soutien du nouveau gouvernement (dans le cadre de l'opération « Promote Liberty »). [réf. souhaitée] Ces troupes eurent ainsi le privilège unique de lutter contre la FDP, puis d'aider à la formation de la Force de police panaméenne (PFF[Quoi ?]) qui était précédemment la FDP[Quoi ?]. [réf. nécessaire]

Le coût de l'opération fut estimé à 163 millions de dollars américains de l'époque soit 213 millions de dollars valeur 2010[24].

Victimes[modifier | modifier le code]

Militaires[modifier | modifier le code]

Les États-Unis ont perdu 24 soldats[25] et 325 ont été blessés durant l'action. L'United States Southern Command, basé à ce moment-là sur Quarry Heights, à Panama, a estimé le nombre de militaires panaméens morts à 205, chiffre inférieur à son estimation initiale de 314.

Civiles[modifier | modifier le code]

Il y a eu une controverse sur le nombre de victimes parmi la population civile panaméenne résultant de l'invasion.

Le Commandement Sud a estimé ce nombre à 200. Selon les chiffres officiels du Pentagone 516 Panaméens ont été tués durant l'invasion, une note interne de l'armée de terre des États-Unis estime le nombre à 1 000[26].

Physicians for Human Rights[27] dans un rapport publié un an après l'invasion[28] estime qu'« au moins 300 civils panaméens ont perdu la vie à cause de l'invasion ». Le rapport concluait également que « ni le gouvernement panaméen ni celui des États-Unis n'a fourni une comptabilité minutieuse des blessures non létales » et que « les efforts de secours étaient insuffisants pour répondre aux besoins fondamentaux de milliers de civils rendus sans abri par l'invasion ». Le rapport estime à plus de 15 000 le nombre de civils déplacés, alors que l'armée américaine a fourni un appui pour seulement 3 000. D'autres estimations ont suggéré que de 2 000 à 5 000 civils sont morts, certains estimant qu'il s'agissait d'une conséquence d'un recours excessif à la force et de l'usage de nouvelles armes de la part de l'armée américaine.

Conséquences des combats urbains durant l'invasion du Panama par les États-Unis.

Une commission d'enquête indépendante sur l'invasion du Panama estime le nombre de tués entre 1 000 et 4 000[29],[30].

Le rapport de Human Rights Watch en 1991 sur les séquelles post-invasion au Panama a déclaré que, même avec quelques incertitudes sur l'ampleur du nombre de victimes parmi les civils, les chiffres sont « toujours problématiques », car : « [Les morts de civils au Panama] révèlent que « l'opération chirurgicale » des forces américaines a infligé un coût en vies civiles qui a été au moins quatre fois et demi plus élevé que dans les dommages militaires de l'ennemi, et douze ou treize fois plus élevé que les pertes subies par les troupes américaines.

Par eux-mêmes ces ratios donnent à penser que la règle de la proportionnalité et le devoir de minimiser les dommages pour les civils, tant que cela ne compromet pas un objectif militaire légitime, ne sont pas scrupuleusement respectées par les forces d'invasion américaines. Pour nous, la controverse sur le nombre de victimes civiles ne doit pas faire oublier l'important débat sur la manière dont ces personnes ont trouvé la mort »[31].

Origine du nom « opération Just Cause »[modifier | modifier le code]

Les plans de l'opération dirigée contre Panama ont été dérivés des plans visant à la défense du canal. Ils sont devenus plus agressifs avec la détérioration de la situation entre les deux pays. La série de plans de l'opération « Prayer Book » inclut les répétitions en vue d'un éventuel clash (opération « Purple Storm ») et des missions pour garantir sites américains (opération « Bushmaster »). À terme, ces plans sont regroupés sous le terme opération « Blue Spoon » rebaptisée « Just Cause » par le président Bush.

Le nom « Just Cause » a été surtout utilisé par l'armée des États-Unis pour la planification et l'histoire et d'autres entités des États-Unis telles que le Département d'État. Le nom panaméen pour l'opération est « l'Invasion » (la Invasión).

Au cours des dernières années, la désignation des opérations militaires des États-Unis a été à l'origine d'une controverse, tant sur le plan international que national (voir l'opération « Enduring Freedom »). Au moment où ont été conçues les opérations pour déposer Noriega, les opérations militaires des États-Unis avaient des noms dénués de sens. « Just Cause » était prévue sous le nom de « Blue Spoon », et l'invasion elle-même incorporée dans les plans de l'opération « Nifty Package » (arrestation de Noriega) et de l'opération « Acid Gambit » (exfiltration d'un civil américain travaillant pour la CIA emprisonné à Panama[32]). Le nom de « Blue Spoon » a plus tard été changé pour « Just Cause » pour des raisons esthétiques et de relations publiques. L'occupation et la reconstruction post-invasion ont été intitulées opération « Promote Liberty » (« Promouvoir la Liberté »).

Les réactions locales et internationales[modifier | modifier le code]

L'invasion du Panama a provoqué l'indignation internationale. Certains pays ont affirmé que les États-Unis ont commis un acte d'agression par l'invasion du Panama et tentent de dissimuler une nouvelle manifestation de sa politique interventionniste par la force en Amérique latine. Le 29 décembre, l'Assemblée générale des Nations Unies a voté 75-20 avec 40 abstentions pour condamner l'invasion comme une violation flagrante du droit international[33] .

Le 22 décembre, l'Organisation des États américains a adopté une résolution déplorant l'invasion et l'appel pour le retrait des troupes américaines, en plus d'une résolution condamnant la violation du statut diplomatique de l'ambassade nicaraguayenne au Panama par des forces spéciales qui avaient pénétré dans le bâtiment[34]. Au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, après avoir discuté de la question pendant plusieurs jours, un projet de résolution exigeant le retrait immédiat des forces des États-Unis de Panama[35] a eu un veto le 23 décembre par trois des membres permanents du Conseil de sécurité[36], France, Royaume-Uni et les États-Unis qui ont cité le droit de légitime défense d'Américains présents sur le canal de Panama[37].

Il est dit que le peuple panaméen a soutenu l'invasion[38]. Selon un sondage, 92 % des adultes du Panama ont approuvé l'incursion des États-Unis, et 76 % souhaitaient que les forces américaines aient envahi en octobre pendant le coup[38]. 74 % des Américains interrogés approuvaient l'action[38]. La législature du Panama a déclaré le 20 décembre 2007, l'anniversaire de l'invasion de 1989, comme une journée de deuil national[39]. Le Pérou a rappelé son ambassadeur en signe de protestation.

Le Washington Post a divulgué plusieurs décisions de l'Office of Legal Counsel (Bureau du Conseil Juridique), publiées peu avant l'invasion, en ce qui concerne les forces armées américaines chargées de procéder à une arrestation à l'étranger. Une décision a interprété le décret contre l'assassinat de dirigeants étrangers, qui interdit le meurtre intentionnel de dirigeants étrangers, en suggérant que la mort accidentelle de personnalités politiques étrangères serait acceptable. Une autre décision conclut que le Posse Comitatus Act de 1878, qui interdit aux forces armées de procéder à des arrestations sans l'autorisation du Congrès, est applicable seulement à l'intérieur des frontières des États-Unis, de sorte que les militaires pourraient être utilisés comme une force de police à l'étranger — par exemple, dans Panama, pour l'exécution d'un mandat de la Cour fédérale contre Noriega[40].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Manuel Noriega amené aux États-Unis dans un avion de l’USAF par des agents de la DEA.

Guillermo Endara, en se cachant dans la zone du canal de Panama, a été assermenté comme président par un juge dans la nuit précédant l'invasion. [réf. souhaitée] Plus tard, il a mis en scène une grève de la faim, appelant l'attention sur la pauvreté et les sans-abri laissés par deux ans de Noriega et les destructions causées par l'invasion américaine[41]. Pendant près de deux semaines après l'invasion des pillages se sont produits, et l'anarchie a régné, une situation que l'armée américaine a indiqué n'avoir pas prévue. Ce pillage a infligé des pertes catastrophiques pour de nombreuses entreprises panaméennes, dont certaines ont mis plusieurs années à se remettre. [réf. souhaitée] Le 19 juillet 1990, un groupe de 60 sociétés basées au Panama a déposé une poursuite contre le gouvernement des États-Unis dans la federal district court à New York, alléguant que l'action des États-Unis contre le Panama a été « faite d'une manière délictueuse, négligente et au mépris du bien des résidents panaméens innocents ». La plupart des entreprises étaient assurées, mais les assureurs ont fait faillite ou ont refusé de payer, en faisant valoir que les actes de guerre ne sont pas couverts[42].

Près de 20 000 personnes ont perdu leur foyer et sont devenus des réfugiés de l'invasion. Près de 2 700 familles ont été déplacées par le feu de Chorrillo, les États-Unis ont donné à chacune 6 500 $ pour la construction d'une nouvelle maison ou appartement dans certains quartiers ou près de la ville. Toutefois, de nombreux problèmes ont été signalés avec les nouvelles constructions à peine deux ans après l'invasion[43].

Le gouvernement de Guillermo Endara a désigné le premier anniversaire de l'invasion américaine comme « journée de deuil national ». Ce jour-là, des centaines de Panaméens ont marqué la journée avec une « pierre noire » dans les rues de la capitale pour dénoncer l'invasion américaine et la politique économique d'Endara. Les manifestants affirment que 3 000 personnes ont été tuées à la suite des actions de l'armée américaine. [réf. souhaitée] Depuis le renversement de Noriega, le Panama a eu trois élections présidentielles, avec les candidats de partis opposés les uns aux autres se succédant dans le Palacio de las Garzas. La presse à Panama, cependant, fait toujours l'objet de nombreuses restrictions[44]. Le 10 février 1990, le gouvernement Endara a aboli l'armée du Panama et réformé l'appareil de sécurité par la création de la force publique panaméenne. En 1994, un amendement à la Constitution a aboli la permanence militaire du Panama [réf. souhaitée]. Parallèlement à une grave récession en Amérique latine pendant les années 1990, le PIB du Panama remonta en 1993, mais le très fort taux de chômage demeure un problème grave.

Noriega a été envoyé aux États-Unis dans l'attente de son procès. L'une des accusations portées contre lui a été abandonnée lorsque les 50 kilos de cocaïne qu'il était censé avoir convoyés se sont révélés être des tamales[45].

Chronologie[modifier | modifier le code]

L'information dans cette section[13]

Septembre 1987

  • Le sénat adopte une résolution exhortant le Panama à rétablir un gouvernement civil. Le Panama proteste alléguant des violations du traité du canal par les États-Unis.

Novembre 1987

  • Résolution du sénat coupant l'aide militaire et économique au Panama. Les Panaméens adoptent la résolution limitant la présence militaire américaine.

Février 1988

  • Noriega mis en accusation sur des charges connexes à la drogue. Les forces des États-Unis commencent à planifier les opérations de contingence au Panama (OPLAN Blue Spoon).
Un M113 de l'US Army à Panama

Mars 1988

  • 14 mars : Premier des quatre déploiements des forces des États-Unis, qui commence à renforcer la sécurité des installations des États-Unis.
  • 16 mars : Les agents du FDP tentent un coup d'État contre Noriega.

Avril 1988

  • 5 avril : Des forces américaines supplémentaires sont déployées pour assurer la sécurité.
  • 9 avril : Activation de la Joint Task Force Panama.

Mai 1989

  • 7 mai : Tenue des élections ; le compte de l'alliance de l'opposition concordance montre que leur candidat, Guillermo Endara, bat le candidat de Noriega, Carlos Duque, par 3 contre 1. L'élection est déclarée invalide deux jours plus tard par Noriega.
  • 11 mai : Le président Bush ordonne 1 900 troupes de combat supplémentaires à Panama (opération « Nimrod Dancer »).
  • 22 mai : Les convois menés par les États-Unis font valoir la liberté de mouvement. D'autres unités de transport se sont rendues à partir de bases dans le territoire des États-Unis à leurs bases au Panama, et retour, dans ce but.

Juin, juillet, août 1989 : Les États-Unis commencent la réalisation conjointe de formation / liberté de circulation de manœuvre (« Sand Fleas » et « Purple Storm »). D'autres unités de transport ont continué à partir de cette date[Laquelle ?] à plusieurs reprises des voyages à partir de bases dans le territoire des États-Unis à leurs bases au Panama [réf. souhaitée], et retour, pour ce but. Octobre 1989

  • 3 octobre : Noriega défait une deuxième tentative de coup d'État.

Décembre 1989

  • 15 décembre : Noriega se réfère à lui-même en tant que chef du Panama et fait état d'un état de guerre avec les États-Unis.
  • 16 décembre : Un lieutenant des marines tué par balle par des FDP. Un lieutenant de marine et la femme arrêtés et agressés par des FPD.
  • 17 décembre : La National Command Authority lance l'exécution de l'opération « Just Cause ».
  • 18 décembre : Un lieutenant de l'armée tue un sergent des FDP.
  • 19 décembre : Les forces américaines sont alertées, mobilisées et lancées.
  • Jour J, 20 décembre 1989 : L'invasion du Panama par les États-Unis commence. L'opération a été menée comme une campagne limitée à des objectifs militaires, qui sont les suivants : protéger la vie des ressortissants des États-Unis et les principaux sites et des installations, capturer et livrer Noriega à l'autorité compétente, neutraliser les forces de FDP, neutraliser le commandement et l'organisation de la FDP, soutenir la création d'un gouvernement au Panama reconnu par les États-Unis, et restructurer de la FDP[Quoi ?]. Les principales opérations décrites ont continué jusqu'au 24 décembre.
  • Jour J + 14, 3 janvier 1990 : Noriega se rend aux forces américaines.
  • Jour J + 23, 12 janvier 1990 : Opération « Just Cause » se termine et commence « Promote Liberty ».

Opérations connexes[modifier | modifier le code]

  • Opération Acid Gambit — opération entreprise par 1er SFOD-D  et le 160e SOAR pour sauver Kurt Muse, un citoyen des États-Unis impliqués dans la diffusion de matériel anti-Noriega, au cours de l'opération « Just Cause ». Molly Moore, « U.S. Sought Premise for Using Military in Panama; Months Before 1989 Invasion, Bush Was Waiting for Noriega to `Overstep,' Book Reports », the Washington Post,‎ 2 mai 1991.
  • Opération Blade Jewel.
  • Opération Nifty Package — opération entreprise par les SEAL pour détruire les possibilités de fuite de Manuel Noriega : blocage des routes, destruction de son jet privé à l'aérodrome Paitilla et de son navire, qui a été amarré dans un canal. Noriega s'est rendu à des soldats américains le 3 janvier 1990.
  • Opération Nimrod Dancer — manœuvres de la 7e division d'infanterie légère à Fort Sherman pour se familiariser avec le terrain[46].
  • Operation Prayer Book.
  • Operation Promote Liberty — opération de reconstruction de l'armée panaméenne et les infrastructures civiles.
  • Opération Purple Storm — opération pour affirmer, afficher et exercer la liberté de circulation des convois des États-Unis avec les droits de voyage à destination et en provenance du Panama.
  • Operation Sand Flea — exploitation de l'exercice, l'affichage des États-Unis et d'affirmer la liberté de circulation des convois avec les droits de voyages à destination et en provenance du Panama[Quoi ?].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • L'invasion du Panama et la capture du Président Noriega est le contexte d'une mission du jeu Call of Duty: Black Ops II qui vise à abattre l'antagoniste principal du jeu, Raul Menendez.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. Frederick Kempe, Divorcing the Dictator, New York, Putnam, 1990, p 26–30, 162
  3. Étienne Genovefa et Claude Moniquet, Histoire de l'espionnage mondial, éditions du Félin, 2000, (ISBN 2-86645-382-4)
  4. Steven Emerson, CIA, les guerriers de l'ombre, Economica,‎ 1991, 320 p. (ISBN 2-7178-2075-2), « Objectif : Noriega »
  5. Un rapport de la Commission inter-américaine des droits de l'homme conclut que de nombreuses violations des droits de l'homme (Report on the situation of human rights in Panama). 9 novembre 1989.
  6. « THE WIMP FACTOR », American Heritage Magazine, novembre 1989.
  7. « The Noriega Challenge to George Bush’s Credibility and the 1989 Invasion of Panama ». 2000.
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  9. Facts On File World News Digest, 22 décembre 1989, « U.S. Forces Invade Panama, Seize Wide Control; Noriega Eludes Capture. » FACTS.com.
  10. Los Angeles Times, 22 décembre 1990, « Some Blame Rogue Band of Marines for Picking Fight, Spurring Panama Invasion », Kenneth Freed.
  11. Le Washington Post dans l'article « The Panama Deception » (consulté le 29 septembre 2008).
  12. Manuel Noriega et Peter Eisner, America's Prisoner — The Memoirs of Manuel Noriega. Random House, 1997.
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  16. Patricia Pizzurno et Celestino Andrés Araúz, « Estados Unidos invade Panamá Crónica de una invasión anunciada ». Ainsi, la FDP possédait 46 000 hommes prêts à combattre. « Para entonces las Fuerzas de Defensa poseían 16 000 efectivos, de los cuales apenas 3 000 estaban entrenados para el combate. »
  17. (en) « Fires and Helicopters Transforming Panama City », the New York Times,‎ 1989-12-21 :

    « Residents said that many of the wooden houses near the headquarters had been hit by gunfire and artillery fire »

  18. Voir le documentaire the Panama Deception.
  19. Ronald H. Cole, United States. Office of the Chairman of the Joint Chiefs of Staff. Operation Just Cause: the planning and execution of joint operations in Panama, February 1988-1990. Washington, DC : Joint History Office, Government Printing Office, 1995. P. 40.
  20. Los Angeles Times, 21 décembre 1989, « Combat in Panama, Operation Just Cause ».
  21. « UXO Site selected: EMPIRE RANGE COMPLEX(Former U.S. Military Range), Panama », sur UXO (consulté le 30 septembre 2012).
  22. (en) Russell Baker, « OBSERVER; Is This Justice Necessary? », the New York Times, The New York Times Company,‎ 3 janvier 1990 (lire en ligne)
  23. [PDF] « OPERATION JUST CAUSE — The Planning and Execution of Joint Operations in Panama • February 1988 – January 1990 »
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  45. 50 Kilos of Cocaine Turn Out to Be Tamales; U.S. Retracts a Charge Against Noriega. Washington Post, 23 janvier 1990.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Roberto Eisenmann, « For a Panamanian, Hope and Tragedy », The New York Times, 21 décembre 1989.
  • (en) Stacey Hagemeister et Jenny Solon. Operation Just Cause: Lessons Learned – Volumes I, II & III. (Bulletin n° 90-9.) Fort Leavenworth, Kansas : Center for Army Lessons Learned – U.S. Army Combined Arms Command. Octobre 1990.
  • (en) Stephen J. Ducat. 2004. The Wimp Factor. Boston : Beacon Press. (ISBN 0-8070-4344-3). p. 101–102.
  • (en) Gustavo A. Mellander et Nelly Maldonado Mellander (1999). Charles Edward Magoon: The Panama Years. Río Piedras, Puerto Rico : Editorial Plaza Mayor. (ISBN 1-56328-155-4). OCLC 42970390.
  • (en) Gustavo A. Mellander, (1971). The United States in Panamanian Politics: The Intriguing Formative Years. Danville, Illinois : Interstate Publishers. OCLC 138568.
  • (en) Luis E. Murillo, (1995). The Noriega Mess: The Drugs, the Canal, and Why America Invaded. 1096 pages, illustrated[Qui ?]. Berkeley : Video Books. (ISBN 0-923444-02-5).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]