Opération Dragon rouge

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Novembre, crise congolaise : Parachutiste belges partant de Kamina pour secourir les otages de Stanleyville.
Soldat belge couché devant des otages massacrés[1]

« Dragon rouge » est le nom de code de l'opération du 24 novembre 1964, dans l'ex-Congo belge, durant laquelle le régiment Para-Commando belge a délivré des centaines d'otages belges et étrangers retenus à Stanleyville par des rebelles congolais menés par Pierre Mulélé au cours de la rébellion Simba.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Pour appuyer l'attaque, une colonne mobile de mercenaires encadrés par des officiers belges est arrivée du sud par la brousse ; son nom de code est l'Ommegang (du nom d'un cortège folklorique bruxellois). Les quelque 500 paras, largués depuis des Lockheed C-130 venus de Kamina, et la colonne attaquent en parfait synchronisme, prenant la ville en tenaille. Il y a tout de même 24 morts parmi les otages, 2 morts ainsi que 12 blessés parmi les paras. D'autres victimes seront découvertes en rive gauche dans les jours suivants. Avant de déclencher cette opération, le gouvernement belge avait fait exfiltrer (par le service africain de la Sûreté de l'État belge) un représentant de la rébellion pour lui proposer un accord qui évite une effusion de sang. Reçu par le ministre des affaires étrangères Paul-Henri Spaak, le représentant des rebelles refuse un accommodement (pour lequel il n'a vraisemblablement pas reçu de mandat de ses chefs). Dès lors, Spaak convainc ses collègues du gouvernement belge de la nécessité d'une action armée rapide.

Les soldats reprennent en premier Stanleyville, arrivant malgré tout « un chouïa trop tard » pour empêcher le massacre. Ils libèrent ensuite Paulis (Opération Dragon Noir)[2] mais, bien que de jeunes officiers aient été motivés pour continuer à sauver leurs concitoyens, leur commandant dut stopper leur ardeur, car la mission ne visait qu'à libérer Stanleyville. Les para-commandos rentrèrent donc au bout de six jours en Belgique, où ils furent reçus en grande pompe, participant notamment à un défilé remontant la rue Royale jusqu'au Palais de Justice de Bruxelles.

Il reste que de nombreuses personnes isolées n'ont pu être secourues, notamment des religieux massacrés à Watsa, seize religieuses (dont deux Françaises), et dix missionnaires[3] prêtres du Sacré-Cœur de Saint-Quentin au camp de Ketele, etc.

Le jeune Patrick Nothomb, futur père de l'écrivain Amélie Nothomb, était consul de Belgique et représentant sur place du gouvernement belge ; il a fait partie des otages.

Le 11 décembre, Paul-Henri Spaak se rend aux Nations-Unies pour répondre aux accusations indues de colonialisme et d'impérialisme de certains pays du Bloc de l'Est et justifier l'intervention des troupes belges.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colonel BEM Hre André Closset, Les Compagnons de l’Ommegang, 1995, Editions de l’Aronde.
  • Colonel e-r Vandewalle, Odyssée et reconquête de Stanleyville , Bruxelles, 1970, 459 pp
  • Patrick Nothomb, Dans Stanleyville, journal d'une prise d'otage, Duculot, 1993
  • Série documentaire Ce jour là, épisode 8, Nos paras sautent sur Stanleyville, RTBF, 2011, 90 minutes[4]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette photo doit être prise avec réserve car les otages ont été tués quelques instants avant l'arrivée des soldats belges; ceux-ci arrivés ont vite pris le contrôle de l'avenue. En outre le soldat en question a admis, 50 ans plus tard avoir posé pour un photographe de presse. Ceci est pressenti par la position très peu "tactique" du soldat, couché à vue de tous, visage tourné vers le photographe.
  2. http://www.congo-1960.be/Operation_Dragon_Noir.htm
  3. Dont le P. Trausch, curé de Ponthierville
  4. « Ce jour-là, le 24 novembre 1964 : les paras sautent sur Stanleyville / Vidéo », sur RTBF.be