Opération Artémis (2003)

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L'opération Artémis est une mission militaire menée, du 6 juin au 6 septembre 2003 en Ituri (République démocratique du Congo), par l'Union européenne au titre de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD), sous l'autorité du Conseil de sécurité de l'ONU, selon sa résolution 1484 du 30 mai 2003[1].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le Conseil de sécurité de l'ONU « Autorise le déploiement, jusqu’au 1er septembre 2003, d’une force multinationale intérimaire d’urgence à Bunia, en coordination étroite avec la MONUC, en particulier son contingent déployé dans la ville, en vue de contribuer à y stabiliser les conditions de sécurité et à y améliorer la situation humanitaire, d’assurer la protection de l’aéroport et des personnes déplacées se trouvant dans les camps de Bunia et, si la situation l’exige, de contribuer à assurer la sécurité de la population civile et du personnel des Nations unies et des organisations humanitaires dans la ville » [2].

Cette force avait en effet été déployée pour mettre fin dans l'immédiat aux combats du conflit d'Ituri et faire cesser les exactions à l'encontre des populations civiles dans la capitale de ce district de la République démocratique du Congo. Ainsi, les Nations unies disposaient du temps nécessaire à la mise en place d'une nouvelle « Brigade Ituri » des casques bleus de la MONUC.

Il s'agit de la première opération militaire « Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies » réalisée par l'Union européenne en dehors du périmètre du vieux continent et sans le recours aux accords dits de Berlin plus qui permettent aux européens de bénéficier de moyens de l'OTAN[3]. Les objectifs de cette opération et le contexte de son insertion par rapport à la problématique de la MONUC présentent des similitudes avec l'Opération Turquoise menée par la France en 1994 au Rwanda, alors que la MINUAR y était chargé du « maintien de la paix », comme la MONUC dans l'Est de la République démocratique du Congo.

Effectifs et organisation[modifier | modifier le code]

La France assumait la fonction de « nation cadre » de l'opération et fournissait le contingent le plus étoffé. Bien que 18 nations participaient à l'opération, environ 80 % des effectifs engagés émanaient des armées françaises[4]. Environ 2200 personnes ont été mobilisées pour cette action. 2060 étaient effectivement présentes sur le continent africain, tandis que les autres éléments étaient affectés au quartier général de niveau stratégique, installé à Paris et armé par l'état-major interarmées de force et d'entrainement (EMIA-FE) de creil, chargé de la conduite de l'opération. 1035 soldats étaient effectivement présents à Bunia au moment où la force a atteint sa plénitude opérationnelle. Le reste du contingent se répartissait entre la Base de Soutien à Vocation Inter Armées (BSVIA) de la mission — établie à Entebbe — et des aérodromes gabonais et tchadiens qui accueillaient les avions de combat destinés à protéger et appuyer la composante terrestre[5].

Affaire "Joseph"[modifier | modifier le code]

Joseph est le nom d'un jeune Congolais qui selon le rapport établi en 2007 par Stefan Ryding-Berg, chef juriste du ministère suédois de la défense aurait été torturé par des militaires français, au vu et au su des officiers français et suédois de l'opération [6]. Le colonel Christophe Rastouil, commandant le détachement français avait apporté un démenti dans un courrier à la télévision suédoise[7]. Suite à la diffusion d'un reportage de la télévision suédoise, le chef de l'opération suédoise a été suspendu[réf. nécessaire]. Une enquête de commandement a été menée par le ministère français de la défense nationale, qui a conclu en juin 2008, avec son homologue suédois, que les allégations étaient "infondées" [8]. .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Résolution 1484 du Conseil de sécurité de l'ONU
  2. Article 1 de la résolution 1484 du conseil de sécurité des Nations unies, le 30 mai 2003
  3. France diplomatie
  4. Jean-Paul Thonier, commandant opérationnel de la Force Artémis, actes de la journée d’étude sur Les Moyens de l’Autonomie Stratégique Française organisée par la Fondation pour la Recherche Stratégique, Paris, le 14 janvier 2004, p. 51
  5. Jean-Paul Thonier, commandant opérationnel de la Force Artémis, actes de la journée d’étude sur Les Moyens de l’Autonomie stratégique française organisée par la Fondation pour la recherche stratégique, Paris, le 14 janvier 2004, p. 53
  6. Voir Prisonnier torturé par l'armée française au Congo : le scoop de la TV suédoise - Politis, Politis, et le Le destin de Joseph résumé de l'histoire, qui reprend plusieurs articles - traduction de la télévision suédoise et article dans Libération. Voir aussi la transcription en français du reportage (doc)
  7. Lettre du colonel Rastouil
  8. Rapport d'enquête de l'IFODT concernant les faits du 13 juillet 2003 au camp Chem-Chem de Bunia en RDC

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]