Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon

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Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon est une association loi de 1901, créée en 2001. Cette association est issue de la fusion de deux associations préexistantes : l’association Orchestre national de Montpellier et l’association de gestion des Opéras de Montpellier. Elle « a pour objet la promotion de l’Opéra de Montpellier et de l’Orchestre national de Montpellier par la création, la production, l’organisation, l’exploitation, la gestion, et la formation à Montpellier et sa région, en France et à l’étranger, de toutes activités lyriques, chorégraphiques, symphoniques, phonographiques, radiophoniques, télévisuelles, cinématographiques ou audiovisuelles et toutes autres activités conformes à son objet ». Elle dispose pour cela de deux bâtiments : l’Opéra Comédie avec une grande salle d’une capacité de 1200 places et la salle Molière de 350 places, et le Corum comportant deux salles : l’opéra Berlioz de 2010 places et la salle Pasteur de 745 places. La saison 2010-2011 a eu lieu entièrement au Corum, l’Opéra Comédie étant fermé pour cause de travaux de rénovation jusqu’en mai 2012.

Le statut d'opéra national en région a été obtenu en 2002. Son directeur est Jean-Paul Scarpitta depuis le 1er janvier 2011. 250 permanents y travaillent, répartis entre l'orchestre, le chœur, la technique et l’administration.

Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon
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Compagnie
Lieu Montpellier, Drapeau de la France France
Statut juridique Association loi de 1901
Date de création 1er janvier 2001
Direction Jean-Paul Scarpitta
Composante Orchestre national Montpellier

Chœurs de l'Opéra national Montpellier

Résidence
Résidence Opéra-Comédie, Le Corum
Coordonnées 43° 36′ 52″ N 3° 52′ 55″ E / 43.614334, 3.881881 ()43° 36′ 52″ Nord 3° 52′ 55″ Est / 43.614334, 3.881881 ()  
Capacité Opéra-Comédie: 1 200 places

Opéra Berlioz: 2 000 places

Anciens noms Association de Gestion des Opéras de Montpellier, Orchestre Philharmonique de Montpellier, Euterp.

Composantes[modifier | modifier le code]

Orchestre[modifier | modifier le code]

L’Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon est un orchestre symphonique composé de 94 musiciens. Cet effectif lui permet d’aborder à peu près tout le répertoire pour grand orchestre des XIXe et du XXe siècle sans oublier la musique contemporaine et la musique baroque.

Chœurs[modifier | modifier le code]

Le Chœur de l’Opéra national de Montpellier est composé de 8 sopranos, 8 altos, 7 ténors, 8 basses. Il est dirigé par Noëlle Gény depuis 1994.

Lieux[modifier | modifier le code]

Son activité à Montpellier se partage principalement entre l’Opéra-Comédie et les deux salles du Corum : l’opéra Berlioz et la salle Pasteur. En région Languedoc-Roussillon il se produit une cinquantaine de fois par saison entre autres sur les scènes de Nîmes, Perpignan, Narbonne, Carcassonne. Chaque année il propose au moins un concert à Paris, Théâtre du Chatelet, Opéra royal de Versailles, Salle Pleyel…

Historique[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Montpellier n’a pas de théâtre jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Les spectacles et les opéras sont alors joués dans les demeures des riches notables de la ville. L’Académie de Musique est créée en 1721. Louis François Armand de Vignerot du Plessis de Richelieu, Duc de Richelieu, nommé " Premier gentilhomme de la chambre chargé des spectacles " en 1745, décide de la construction d’un théâtre. Il s’installe à Montpellier en 1752 pour lancer les travaux.

Le 22 décembre 1755, Pyrame et Thisbé, opéra de Rebel et Francœur, inaugure le premier théâtre dont l’architecture est signée Jacques-Philippe Maréchal. L’édifice comporte une salle de spectacle doublée perpendiculairement d’une salle de concert : c’est une originalité montpelliéraine que l’on retrouve dans l’actuel Opéra-Comédie.

Dans la nuit du 17 au 18 décembre 1785, un incendie détruit le théâtre. Le deuxième théâtre commence à fonctionner à partir de 1788, reconstruit à l’identique après l’incendie du premier. Mais en 1789 un début d’incendie l’endommage à nouveau. À la Révolution, le théâtre sert à différentes manifestations : pièces de propagande, lieu de réunion pour les " amis de la constitution… "

Durant la saison 1820-1821, le célèbre ténor montpelliérain Adolphe Nourrit y chante, peu avant ses débuts parisiens.

À partir des années 1850, des " stars " parisiennes se mélangent à la troupe permanente lors des soirées de gala : Rosine Stoltz en 1856-1857, Marie Sarre en 1878, Célestine Galli-Marié (créatrice du rôle de Carmen en 1875) en 1880.

En 1880, le théâtre est au cœur de la vie sociale montpelliéraine. On y joue essentiellement des opéras italiens (Verdi) et français (Meyerbeer), les musiciens germaniques étant exclus du répertoire à la suite de la défaite française de Sedan face à l’Allemagne (1870).

Dans la nuit du 6 au 7 avril 1881, un incendie détruit complètement le bâtiment. Un théâtre provisoire (réalisé en bois et en 59 jours) est construit sur le Champ de Mars, devenu depuis lors l’Esplanade. Un concours est lancé pour la construction du nouveau bâtiment. Le premier prix est attribué au projet de Joseph-Marie Cassien-Bernard, jeune architecte formé auprès de Charles Garnier dont l’influence est perceptible dans les nombreux espaces de sociabilité et dans la l’organisation « à l’italienne » du théâtre de 1200 places.

La première pierre du nouvel opéra (actuel Opéra Comédie) est solennellement posée le 14 juillet 1884. Il est inauguré en grande pompe par une représentation des Huguenots" de Meyerbeer le 1er octobre 1888.

Un cahier des charges très élaboré stipule les devoirs de chacun et règle la vie lyrique. Dès 1899 les femmes doivent laisser leur chapeau au vestiaire pour ne pas gêner la visibilité des autres spectateurs ! Les commissaires de police interviennent fréquemment pour faire évacuer les lieux à la suite d’incidents en tous genres (fauteuils brisés, bagarres, strapontins arrachés). La salle sert par ailleurs à des manifestations aussi variées que l’opéra, les conférences, les œuvres de charité, mais aussi les combats de boxe ou les spectacles de magie.

Malgré la prédominance de l’opéra français et italien, le répertoire wagnérien apparaît dès 1892 : Lohengrin, et 1896 Tannhäuser. En 1897, Jules Massenet assiste à la première montpelliéraine de Thaïs. En 1900, Camille Saint-Saëns dirige la première de sa Déjanire.

En 1915, le Théâtre continue de fonctionner malgré la guerre, mais le nombre des représentations diminue de moitié. Après l’armistice de 1918, les opérettes représentent 90 % des ouvrages nouveaux. En 1945, La Gazette Théâtrale évoque « la décadence du théâtre », décadence qui ne fera que s’accentuer ensuite.

En 1979, le nouveau maire Georges Frêche désireux de développer l’activité économique de la ville, choisit pour attirer les entreprises de se doter d’institutions culturelles hors du commun et crée tour à tour l’Orchestre philharmonique de Montpellier (1979), le Festival Montpellier Danse (1981), le Festival de Radio France et Montpellier (1985). Soutenu par la Ville de Montpellier puis par le Conseil Régional et le Conseil Général de l’Hérault, l’orchestre fait rapidement preuve de sa nécessaire existence. Sous l’égide de son fondateur, Louis Bertholon, les quarante musiciens offrent aux Montpelliérains et aux habitants des agglomérations de la région la possibilité d’entendre Mozart ou Haydn. Destiné à interpréter l’ensemble du répertoire symphonique (du XVIIIe au XXe siècle), l’orchestre s’agrandit rapidement, passant de quarante à soixante-quinze à la fin des années 1980 puis à quatre-vingt-quatorze musiciens titulaires actuellement. Signe d’une reconnaissance de l’État, l’ensemble devient Orchestre de Région en 1985, au moment de l’arrivée du chef d’orchestre Cyril Diederich. Deux ans auparavant, le chœur professionnel a été fondé. En 1985 l’Opéra de Montpellier redevient un centre de création et de production lyrique avec une saison complète. La même année l’Orchestre passe du statut de régie municipale à celui d’association de loi 1901. En 1988, on fête le Centenaire de l’Opéra Comédie avec une représentation des Huguenots, enregistrée par Erato. La ville de Montpellier et l’Opéra de Montpellier proposent la création d’une Organisation Européenne des Théâtres Lyriques (O.E.T.L.). L’Opéra de Montpellier entre dans la Réunion des Théâtres Lyriques de France. En 1990, la Ville de Montpellier inaugure l’Opéra Berlioz au Corum (architecte : Claude Vasconi), une grande salle de 2000 places face à une vaste scène de 20 m d’ouverture. En 1999 l’Orchestre de Montpellier devient Orchestre national de Montpellier[1]. En 2001 l’Opéra de Montpellier devient Opéra national.

Fusion[modifier | modifier le code]

En 2001, l’association de gestion des Opéras de Montpellier et l’Orchestre national Montpellier fusionnent. Cette nouvelle structure prend l’appellation «Association de l’Opéra National et de l’Orchestre National Montpellier ».

Travaux[modifier | modifier le code]

L'Opéra-Comédie est fermé depuis le 1er août 2010, pour des travaux de rénovation concernant l’espace scénique et la mise en conformité des lieux. La réouverture est prévue en juin 2012[2].

Activités, missions[modifier | modifier le code]

Concerts, opéras[modifier | modifier le code]

L’Opéra et Orchestre National de Montpellier propose une programmation annuelle extrêmement variée. Il est possible d’y écouter des opéras mais aussi des concerts symphoniques, des concerts de musique de chambre, de musique contemporaine (Figures du Siècle) ou encore baroque.

Concerts en région[modifier | modifier le code]

L’Orchestre propose, chaque saison, une cinquantaine de concerts en région et se produit régulièrement à Sète, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Anduze, Castelnaudary, Narbonne, Carcassonne, Perpignan, Céret, Mende, Florac, Marvejols…

Actions de sensibilisation et activités pédagogiques[modifier | modifier le code]

Afin d’aller à la rencontre des publics qui n’ont pas accès à la musique classique, l’Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon programme des concerts dans les prisons, les Maisons pour Tous, les Médiathèques… En partenariat avec la Ville de Montpellier, de nombreux concerts et opéras sont diffusés en direct ou en léger différé dans les chambres des Hôpitaux et dans les Maisons de Retraite via le réseau Pégase. De nombreuses activités pédagogiques sont menées chaque saison; menant les musiciens dans les écoles maternelles (quelque 160 animations chaque année); accueillant des milliers d’élèves de primaires aux concerts éducatifs; proposant à des centaines de collégiens et de lycéens d’assister aux répétitions de concerts ou d’opéra, programmant des concerts au sein même des universités. L'Opéra et Orchestre national de Montpellier est membre de RESEO (Réseau européen pour la sensibilisation à l'opéra et à la danse).

Directions[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

  • 1979-2008 : Renée Panabière : Administrateur de l’Opéra
  • 1985-2001 : Henri Maier : Directeur général de l’Opéra
  • 1979-1985 : Louis Bertholon : Fondateur et Directeur de l’Orchestre
  • 1985-1990 : Cyril Diederich : Directeur de l’Orchestre
  • 1990 : René Koering : Directeur général de l’Orchestre.
  • 2000-2010 : René Koering : Surintendant de la musique à Montpellier.
  • 2000-2008 : Philippe Grison : Directeur délégué de l’Orchestre National.
  • 2001-2007 : Christoph Seuferle : Directeur délégué de l’Opéra.
  • Depuis le 1er janvier 2011 : Jean-Paul Scarpitta: Directeur général de l’Opéra Orchestre national.

Directeur musical / artistique[modifier | modifier le code]

  • 1979-1985 : Louis Bertholon, fondateur de l’Orchestre
  • 1985-1990 : Cyril Diederich
  • 1992-1993 : Gianfranco Masini
  • 1994-2007 : Friedemann Layer
  • 2009-2012 : Lawrence Foster

Moments forts de la vie artistique[modifier | modifier le code]

Premières, créations françaises, créations mondiales[modifier | modifier le code]

Créé à la scène à l’Opéra-Comédie de Montpellier, le 27 octobre 1993.

Créé à l’Opéra-Comédie de Montpellier, le 31 mai 1996.

Coproduction Opéras de Montpellier- . IRCAM, a été présenté en avant-première, le 21 septembre, dans le cadre du Festival International de Musique d’Aujourd’hui/ Musica 1996, à la Filature de Mulhouse, représentations à Montpellier, en février 1997.

  • Affaire étrangère de Valentin Villenave, d’après la bande dessinée Politique étrangère de Lewis Trondheim.

Création mondiale le 1er février 2009.

  • C’était Marie Antoinette d’après une idée originale de Jean-Paul Scarpitta, texte original Evelyne Lever.

En première mondiale les 29 et 30 juillet 2009.

Première mondiale de la reprise en présence des créateurs en mars 2012.

Chefs invités[modifier | modifier le code]

Quelques chefs invités qui ont marqué l’orchestre :

Metteurs en scène[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive de metteurs en scène qui ont fréquenté les deux opéras (Comédie et Berlioz) :

Concours, Victoires de la musique classique[modifier | modifier le code]

  • La 17e édition des Victoire de la musique classique s’est déroulée à l’Opéra Berlioz-le Corum à Montpellier le 8 février 2010 . Elle a été diffusée en direct simultanément sur France 3 et sur France Inter.
  • La seconde édition du concours Evgeny Svetlanov s’est déroulée à Montpellier du 10 au 13 mai 2010 . Le premier prix a été attribué au letton Andris Poga.

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Des dizaines d’opéras et concerts ont donné lieu à des éditions discographiques chez Actes Sud, Universal, Deutsche Grammophon… :

  • DVD - Deutsche Grammophon – Universal enregistré lors du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon

Franco Alfano, Cyrano de Bergerac, opéra en 5 actes, livret de Henri Cain

  • Disque Naïve - Opéra - Orphée du meilleur enregistrement de musique lyrique du XXe siècle (Académie du disque lyrique)

Pascal Dusapin, Perelà, Uomo di fumo, opéra en 10 chapitres, livret de Pascal Dusapin adapté de l’œuvre d’Aldo Palazzeschi Il codice di Perelà

  • Collection Accord – Euterp DVD - Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon 2006

Arthur Honegger, "Jeanne d’Arc au bûcher", opéra en 11 scènes, livret de Paul Claudel

  • Collection Euterp. Accord - Universal - Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon

Engelbert Humperdinck, "Königskinder", opéra en 3 actes, livret du compositeur d’après Ernst Rosmer

  • Collection Euterp.Accord-Universal

Jacques Offenbach, "Les Fées du Rhin" (Die Rheinnixen), opéra romantique en 4 actes (1864), livret de Nuitter (Charles Louis Étienne Truinet) et Jacques Offenbach Version allemande d’Alfred Von Wolzogen

  • Collection Actes Sud - Festival de Radio France et Montpellier Languedoc- Roussillon

Richard Strauss, "Elektra", tragédie en 1 acte, livret de Hugo Von Hofmannsthal

  • Collection Accord - Universal

Camille Saint-Saëns Direction: Lawrence Foster, Friedemann Layer Aldo Ciccolini, piano

  • Collection Euterp. Accord - Universal

Benjamin Britten Direction: Steuart Bedford Cyrille Tricoire, violoncelle

  • Collection Euterp. Accord - Universal

Mieczysław Karłowicz Concerto pour violon et orchestre Direction: Friedemann Layer

  • Collection Euterp. Accord - Universal

Carl Nielsen Direction: Yoel Levi Silvia Marcovici, violon

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Statuts de l’association
  • Site officiel
  • « Montpellier capitale lyrique », dans Le Monde, 18 août 1989
  • J. Lonchampt, « Montpellier bouge, La ville s'offre un second opéra dans le Palais des congrès », « Un nouveau directeur est désigné à la tête de l'Orchestre philharmonique », dans Le Monde, 30 janvier 1990.
  • J. Monin, « Gianfranco Masini prend la tête de l'Orchestre de Montpellier », dans Le Monde, 1er décembre 1991.
  • « L’orchestre devient national » dans Le Figaro, 1er décembre 1999.
  • « Henri Maier a été nommé directeur de l'Opéra de Leipzig » dans Le Monde, 24 février 2000
  • « Opéra et Orchestre National de Montpellier » dans Le Figaro, 15 juillet 2000.
  • G. Condé, « Paroles d'opéra : René Koering » dans Le Monde, 31 juillet 2005
  • N.Herzberg, « Le « surintendant » René Koering quitte son poste » dans Le Monde, 30 décembre 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’orchestre devient national » dans Le Figaro, 1er décembre 1999
  2. http://www.opera-orchestre-montpellier.fr/francais/rep_lyrique_figaro.html