Théâtre national de l'Opéra-Comique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Opéra Comique)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le théâtre de l'Opéra-Comique. Pour le genre musical, voir Opéra-comique.

Théâtre national de
l'Opéra-Comique

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

La troisième salle Favart en 2008

Type Opéra
Lieu place Boieldieu, Paris IIe
Coordonnées 48° 52′ 15″ Nord 2° 20′ 16″ Est / 48.87096, 2.3377 ()
Nb. de salles 1
Capacité 1 100 places
Statut juridique EPIC
Direction Jérôme Deschamps (depuis juin 2007)
Site web http://www.opera-comique.com/

Le Théâtre national de l'Opéra-Comique, aussi appelé « salle Favart », est une salle de spectacles située place Boieldieu, dans le 2e arrondissement de Paris.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Richelieu - Drouot.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

L'Opéra-Comique a été fondé sous le règne de Louis XIV, le 26 décembre 1714 par Catherine Baron et Gautier de Saint-Edme à partir de troupes qualifiées de « foraines » qui se produisaient lors des spectacles donnés lors des foires annuelles de paris. L'une des troupes de la foire Saint-Germain prit alors le nom d'Opéra-Comique.

Son répertoire était surtout constitué de pantomimes et de parodies d'opéras afin de déjouer les interdictions dont ils étaient frappés à la suite de procès intentés par la Comédie-Française, inquiète face à la qualité montante des spectacles qui lui portait directement concurrence. En 1714, un décret autorise la troupe à avoir son propre théâtre avec une contrainte : intercaler des dialogues parlés dans les œuvres chantées. C’est la définition actuelle de l'opéra-comique.

Les débuts de l'Opéra-Comique sont difficiles et connaissent plusieurs périodes de fermeture, de 1719 à 1720, puis de nouveau de 1722 à 1723. En 1743, Jean Monnet prend la direction de l'Opéra-Comique et invite l'auteur Charles-Simon Favart. Le succès est au rendez-vous, mais fait ombrage aux autres théâtres parisiens. Pour y remédier, les autorités provoquent une nouvelle fermeture de 1745 à 1751. Cette année-là, la ville de Paris obtient la réouverture de ce théâtre, toujours sous la direction de Jean Monnet.

En janvier 1762, l'Opéra-Comique de la foire fusionne avec la Comédie-Italienne. Il déménage alors le 3 février 1762 à l'hôtel de Bourgogne.

En 1779, la « Comédie-Italienne » devient « Théâtre-Italien », mais la troupe ne comporte déjà plus aucun Italien[1].

Toutefois, en 1780, l'ensemble reprend officiellement le nom d'« Opéra-Comique ».

L'Opéra-Comique à son actuel emplacement[modifier | modifier le code]

La première salle Favart (1783-1838)[modifier | modifier le code]

La salle Favart, dont l'architecte est Jean-François Heurtier, est inaugurée le 28 avril 1783 en présence de la reine Marie-Antoinette. Construite sur un terrain appartenant au duc de Choiseul (à l'emplacement où se trouve encore aujourd'hui le Théâtre national de l'Opéra-Comique, place Boieldieu dans le 2e arrondissement de Paris), elle dispose de 1 255 places.

Pendant la Révolution française, l'Opéra-Comique poursuit son activité, mais il subit la rude concurrence du théâtre Feydeau. En 1801, les deux troupes fusionnent pour former, le 16 septembre, le Théâtre national de l'Opéra-Comique, installé salle Feydeau. Pendant plusieurs années, le fonctionnement de l'institution oscillera entre sociétés d'artistes et un modèle plus classique avec directeur en commandite.

En 1802, Napoléon Bonaparte, alors premier consul, décide de transférer dans la salle restée vacante la troupe de l'Opera-Buffa (plus connue sous le nom d'« Italiens ») que Mlle Montansier a créée l'année précédente au théâtre Olympique. Elle la quittera à son tour en 1804 à l'occasion de travaux de restauration, pour fusionner avec la troupe du théâtre Louvois sous la direction de Louis-Benoît Picard et devenir le « théâtre de l'Impératrice ».

En 1807, l'Opéra-Comique est porté sur la liste des quatre principaux théâtres parisiens et un décret fixe le genre de l'opéra-comique comme suit : « comédie ou drame mêlés de couplets, d'ariettes ou de morceaux d'ensemble. » La salle est vendue quant à elle à un certain Delamarre. Les Italiens font leur retour en 1815 sous la direction de la cantatrice Angelica Catalani, suivis en 1818 de la troupe de l'Odéon et en 1820 de celle de l'Opéra, puis par différentes troupes. En 1825, Charles X rachète la salle Favart pour y reloger les Italiens.

Le 15 janvier 1838, un incendie détruit la salle après une représentation de Don Giovanni de Mozart. Cet incendie est dû au système de chauffage : un tuyau du calorifère du foyer de l'orchestre, chauffé au rouge, met le feu au magasin de décors[2]. Hector Berlioz propose alors au ministère un projet d'exploitation de la nouvelle salle à ses propres frais, mais cette demande est rejetée par la Chambre des députés.

La deuxième salle Favart (1840-1887)[modifier | modifier le code]

Lithographie de la deuxième salle Favart qui a hébergé l’Opéra-Comique de 1840 à 1887
L'incendie du 25 mai 1887

En 1840, la salle est reconstruite : d'une capacité de 1 255 places environ, sous la direction de Théodore Charpentier, elle est inaugurée par la représentation du Pré-aux-clercs de Ferdinand Hérold, la troupe de l'Opéra-Comique ayant réintégré les murs après 8 ans passés au théâtre des Nouveautés (elle avait quitté le théâtre Feydeau, trop vétuste, en 1829 pour s'installer un temps salle Ventadour, édifiée spécialement par elle par Charles X).

Le XIXe siècle est une époque de grand succès pour l'Opéra-Comique, grâce notamment à des compositeurs tels qu'Adolphe Adam, Daniel-François-Esprit Auber, Georges Bizet, Félicien David, Jules Massenet ou même Nicolas Bochsa, le célèbre harpiste excentrique qui composa sept œuvres jouées à l'Opéra-Comique.

Le 17 novembre 1866, l'Opéra-Comique, dirigé par Adolphe de Leuven, présente pour la première fois un opéra d'Ambroise Thomas qui connaît immédiatement un grand succès : Mignon, livret de Michel Carré et Jules Barbier inspiré par Wilhelm Meister de Goethe.

En 1880, le nouveau directeur Léon Carvalho, assisté du directeur musical Charles Lamoureux, reprend Mignon avec une nouvelle cantatrice américaine, Marie van Zandt, surnommée « miss Fauvette » ou « miss Caprice ». Après quelques succès avec Le Pardon de Ploërmel et Les Noces de Figaro, Carvalho la programme dans Le Barbier de Séville de Rossini, mais son accent américain fait scandale et elle est contrainte à se retirer.

Le 25 mai 1887 à 21 heures, un incendie détruit de nouveau la salle pendant la représentation du premier acte de Mignon. Cet incendie, provoqué par une défectuosité de l'éclairage au gaz de la herse située au-dessus de la scène, coûte la vie à quatre-vingt-quatre personnes, dont quatre danseurs, deux choristes, quatre habilleuses, quatre ouvreuses, et met au chômage tout le personnel. Le gouvernement paye une compensation aux victimes et un concert est donné au bénéfice des employés de l'Opéra-Comique, qui s'installe provisoirement au théâtre des Nations (actuel théâtre de la Ville), place du Châtelet.

Carvalho est jugé responsable, condamné puis acquitté en appel. À la suite de cet incendie, l'éclairage à l'électricité devint obligatoire dans tous les théâtres et cafés-concerts. [réf. nécessaire]. Emmanuel Chabrier, de son côté, écrit le Duo de l'ouvreuse de l'Opéra-Comique et de l'employé du Bon Marché, pièce à l'humour noir, les représentations de son opéra Roi malgré lui ayant été définitivement annulées, sans compensation financière.

La troisième salle Favart (1898 à nos jours)[modifier | modifier le code]

Le théâtre aujourd'hui (2012)

La salle fut reconstruite par l'architecte Louis Bernier sur un modèle moins strict que les précédents, avec une riche statuaire. Notamment dans des niches au 1er étage une statue de la Musique par Denys Puech (1854-1942) et une autre de la Poésie par Ernest Guilbert (1848-1913). L'imposante corniche est soutenue par six caryatides.

Le 7 décembre 1898, après onze ans de reconstruction, la salle est inaugurée en présence du Président de la République, Félix Faure. Elle a une capacité de 1 255 places environ et son architecte est Louis Bernier.

Les difficultés financières du théâtre dans les années 1930, entraînent l'intervention de l'État qui, le 13 août 1936, rapproche par décret l'Opéra-Comique du théâtre national de l’Opéra, pour former la Réunion des théâtres lyriques nationaux (RTLN) sous l'administration de Jacques Rouché. Le 14 janvier 1939, la nouvelle structure devient un établissement public à part entière, placée sous l'égide du ministère de l'Éducation nationale.

Après une première fermeture en 1971, l'Opéra-Comique cesse son activité le 30 novembre 1972 pour devenir de 1974 à 1978 un lieu de formation pour les jeunes chanteurs sous le nom d'« Opéra-Studio »[3]. La Réunion des théâtres lyriques nationaux est dissoute officiellement le 7 février 1978 au profit d'une nouvelle structure unique : le Théâtre national de l'Opéra. La salle Favart devient alors la seconde salle de spectacle de l'Opéra. C'est dans ce contexte qu'a lieu la recréation d'Atys de Lully par William Christie et Jean-Marie Villégier en 1987.

Elle recouvre son indépendance en 1990 sous forme d'une association loi de 1901, à la suite de l'inauguration d'une nouvelle salle pour l'Opéra de Paris : l'Opéra Bastille. Elle est successivement dirigée par Thierry Fouquet (1989-1994), Pierre Médecin (1994-2000) et Jérôme Savary (2000-2005).

Le Théâtre national de l'Opéra-Comique aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le théâtre est régi, depuis le 1er janvier 2005, par le décret no 2004-1232 fixant le statut du théâtre national de l'Opéra-Comique qui devient ainsi un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC). L'article 2 de ce décret lui confie une mission très large puisqu'il peut représenter des ouvrages lyriques, mais aussi des pièces de théâtre sans musique. Son répertoire s'étend de la musique baroque à la musique contemporaine.

L'Opéra-Comique est dirigé par Jérôme Deschamps depuis le 27 juin 2007. Le 29 avril, la nomination d'Olivier Mantei, directeur adjoint de l'Opéra-Comique et codirecteur des Bouffes du Nord, est annoncée à compter de juin 2015 en remplacement de Jérôme Deschamps atteint par la limite d'âge[4].

Architecture[modifier | modifier le code]

L'Opéra-Comique est souvent considéré comme l'équivalent de l'Opéra Garnier en une taille plus réduite, à dimension humaine, plus proche de son public, notamment du point de vue des artistes.

Les principaux artistes en vogue à l'époque de sa construction (Belle Époque) ont été mis à contribution pour faire de cette salle un monument :

Les directeurs[modifier | modifier le code]

Réunion des théâtres lyriques nationaux (RTLN)

Théâtre national de l'Opéra (TNOP)

Opéra-Comique

Théâtre national de l'Opéra-Comique

La Fondation AMOC pour le développement social et culturel de l'Opéra Comique[modifier | modifier le code]

La Fondation AMOC pour le développement social et culturel de l'Opéra Comique a été créée sous l'égide de la Fondation de France afin de contribuer au rayonnement de l'Opéra Comique, en participant au financement de productions lyriques, mais aussi en favorisant l'accès à l'art lyrique pour les personnes défavorisées[7].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Campardon, Les Spectacles de la foire (2 vol.), Berger-Levrault, Paris, 1877.
  • Stéphane Wolff, Un demi-siècle d'Opéra-Comique (1900-1950), éd. André Bonne, Paris, 1953.
  • Raphaëlle Legrand, Nicole Wild, Regards sur l'Opéra-Comique : Trois siècles de vie théâtrale, coll. Sciences de la musique, CNRS éditions, Paris, 2002. (ISBN 2-271-05885-6).
  • Nicole Wild, David Charlton, Théâtre de l'Opéra-Comique, Paris : Répertoire 1762-1972, coll. Musique/musicologie, Mardaga, Liège, 2005 (ISBN 2-87009-898-7).
  • Maryvonne de Saint Pulgent, L'Opéra-comique, le Gavroche de la musique, Découvertes Gallimard, Paris, 2010 (ISBN/9782070438686)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Jolibert, La Commedia dell'arte et son influence en France du XVIe au XVIIIe siècle, L'Harmattan.
  2. Revue et Gazette musicale de Paris, 5e année, 21 janvier 1838.
  3. Remplacé en 2005 par l'Atelier Lyrique de l'Opéra de Paris.
  4. « Olivier Mantei nommé à la tête de l'Opéra Comique à Paris », Le Parisien, 29 avril 2014.
  5. Alexandre Dumas, Mes mémoires, éd. Calmann Lévy, 1863.
  6. New York Times du 30 décembre 1897.
  7. http://www.fondationdefrance.org/La-Fondation-de-France/Fonds-et-fondations-sous-egide/Toutes-les-fondations/AMOC-pour-le-developpement-social-et-culturel-de-l-Opera-Comique
  8. Anne-Charlotte de Langhe et Aude Vernuccio, « Le cinoche à la trace », in Le Figaroscope, semaine du mercredi 10 au 16 avril 2013, page 6.