Onzième bataille de l'Isonzo

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Onzième bataille de l'Isonzo
Carte de la bataille
Carte de la bataille
Informations générales
Date du 18 août au 12 septembre 1917
Lieu Isonzo près de Monfalcone, Italie
Issue Statu quo
Belligérants
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Commandants
Luigi Cadorna
Luigi Capello
duc d'Aoste
Svetozar Boroevic von Bojna
Forces en présence
600 bataillons
5 200 pièces d’artillerie
250 bataillons
2 200 pièces d’artillerie
Pertes
160 000
(30 000 morts
110 000 blessés
20 000 disparus ou prisonniers)
120 000
(20 000 morts
50 000 blessés
30 000 disparus
20 000 prisonniers)
Première Guerre mondiale
Batailles
Les batailles d'Isonzo

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La onzième bataille de l'Isonzo, appelée également bataille de la Bainsizza est une opération militaire de la Première Guerre mondiale, qui a eu lieu du 18 août au 12 septembre 1917 entre l'armée italienne et l'armée austro-hongroise.

Préambule[modifier | modifier le code]

L’armée italienne doit combattre dans des conditions topographiques défavorables à l’offensive, le long d’un front de 750 km, constitué de montagnes propices aux défenses ennemies et qu’il faut aborder de front. Cet arc alpin n’est percé que par 2 vallées ; le Trentin et l’Isonzo. Cette guerre nécessite, dans les deux camps, un effort surhumain pour triompher des difficultés climatiques et établir des positions atteignant parfois 3 500 mètres d’altitude, les ravitailler par des galeries creusées dans la glace, des sentiers escarpés, des téléphériques, les disputer par des assauts acrobatiques où vont s’illustrer les troupes italiennes et autrichiennes de montagne.

Les forces en présence[modifier | modifier le code]

Le général Luigi Cadorna, commandant en chef de l’armée italienne, concentre 2 armées comprenant 52 divisions soit 600 bataillons, avec 5 200 pièces d'artillerie près de la rivière Isonzo, pour tenter de percer pour la onzième fois, le front austro-hongrois afin de prendre Trieste. L'attaque est lancée sur un front qui s'étend de Tolmin jusqu'à la mer Adriatique.

Les Austro-Hongrois font face avec 250 bataillons et 2200 pièces d’artillerie.

La bataille[modifier | modifier le code]

Les Italiens franchissent la rivière à plusieurs endroits et poursuivent l’effort principal sur le plateau Bainsizza, afin d’isoler et de prendre les bastions montagneux, jusque là inexpugnables, des Monts San Gabriele (646 m) et Hermada (323 m). Après des combats acharnés et meurtriers, la 2e armée italienne commandée par le général Luigi Capello, repousse les forces austro-hongroises du général Svetozar Boroević, et prend les bastions du plateau de Bainsizza, du Mont Monte Santo (682 m) près de Goritz, Vodice (652m), Kobilek (627m ), Jelen (788m) et Levpa. D'autres bastions sont occupés par la 3e armée du duc d'Aoste ; Log, Hoje, Zagorje, et les approches de San Gabriele.

Toutefois, les bastions du Mont San Gabriele et du Mont Hermada n’ayant toujours pas pu être pris, l'offensive est arrêtée.

Un soldat dans un bastion conquis sur le Carso

Après la bataille[modifier | modifier le code]

La bataille s'est terminée dans un bain de sang. Après la bataille, les forces austro-hongroises étaient sur le point de s'effondrer, et n’auraient pas pu soutenir une autre attaque. Heureusement pour eux (malheureusement pour les Italiens), les Italiens étaient dans une situation identique, ils ne pouvaient plus trouver les ressources pour effectuer une nouvelle offensive, qui aurait été décisive.

Bilan[modifier | modifier le code]

Pendant cette attaque près de 3 millions d’obus ont été tirés[1].

Sur le plateau de Bainsizza, les troupes italiennes avancent d’une quinzaine de kilomètres et recueillent un butin important (120 canons, 200 mitrailleuses et 30 000 prisonniers), mais elles n'arrivent pas à percer le front austro-hongrois. La bataille coûte aux Italiens environ 160 000 hommes (les données varient selon les sources) dont environ 30 000 morts.

Les Austro-Hongrois perdent environ 120 000 hommes, dont 20 000 morts.

Le général allemand Ludendorff écrit sur cette 11e offensive : « Cette attaque avait été riche de succès pour l’armée italienne. Les armées autrichiennes avaient courageusement résisté, mais leurs pertes sur les hauteurs du Carso avaient été si considérables, leur moral tellement ébranlé que les autorités politiques et militaires de l’Autriche-Hongrie en étaient venues à la conviction que les armées de l’empereur ne pourraient pas continuer la lutte et soutenir un douzième choc de l’Italie. » A l’automne 1917, ce grand état de faiblesse en est à tel point que le commandement allemand décide d’intervenir directement sur le terrain. Par ailleurs, les diverses maladies, dont en particulier la dysenterie et la typhoïde, mettent hors de combat environ 500 000 hommes.

Divers[modifier | modifier le code]

Le lieutenant Sandro Pertini, qui fut président de la République italienne de 1978 à 1985, se distingua par une série d'actes héroïques lors de l’assaut sur le mont Jelenik. Il fut décoré de la médaille d'argent de la valeur militaire.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. 14-18 N° 37 page 68