Onde de gravité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Onde gravitationnelle.
Motif nuageux formé par les ondes de gravité en aval de l'Île Amsterdam, une île volcanique de l'Océan Indien

En mécanique des fluides, on désigne par onde de gravité une onde se déplaçant sur la surface libre d'un fluide soumis à la gravité. En océanographie, les vagues en milieu ouvert ou le ballottement en milieu fermé constituent des exemples d'ondes de gravité. En météorologie, on désigne par onde de gravité les variations de pression atmosphérique concentriques créées par la chute d'une masse d'air (par exemple en raison du relief du terrain) et qui subit la poussée d'Archimède car elle a une densité différente de l'environnement. Ces ondes sont l'équivalent des vagues dans un milieu en trois dimensions. Elles peuvent mener à la création de bandes nuageuses parallèles, correspondant aux minima et maxima de pression ("crêtes" de l'onde), par exemple des Cirrus vertebratus[1].

Il ne faut pas confondre onde de gravité et onde gravitationnelle. Cette dernière notion est reliée à la propagation de la gravitation dans la relativité générale d'Albert Einstein.

Principe[modifier | modifier le code]

Une parcelle de fluide qui se trouve dans un champ de gravité est attirée vers le bas. Dans un fluide verticalement stratifié, c'est-à-dire dont la densité diminue avec l'altitude, elle subit une force de sens inverse à la pesanteur, la poussée d'Archimède, car elle se dirige vers une zone de densité plus grande. La parcelle tend dès lors à revenir à sa position initiale, comme une masse au bout d'un ressort. Cette force donne une vitesse verticale à la parcelle, ce qui lui fera dépasser son point d'équilibre. En continuant son ascension, elle se dirigera vers une zone moins dense et la gravité l'emportera, la ramenant vers le bas. On obtient ainsi une oscillation à amortissement autour du point d'équilibre[1].

Onde de gravité océanique[modifier | modifier le code]

Les vagues et la houle à la surface de la mer sont les exemples les plus communs d'ondes de gravité de surface. Le vent agissant sur la surface de la mer cause des différences de hauteur de celle-ci qui vont se propager, en première approximation dans la direction du vent — en réalité, le phénomène du transport d'Ekman intervient. Plus la distance sur laquelle s'exerce le vent est longue (ce qu'on appelle le fetch), plus les vagues seront hautes avec une certaine valeur de vent. L'eau au sommet de la vague ayant une énergie potentielle plus grande que celle dans les creux, la gravité tend à ramener les deux vers le point médian et induit la propagation de l'onde.

Le phénomène de sillage de Kelvin fait aussi intervenir des ondes de gravité. Il s'agit des ondes produites par le passage d'un navire à la surface de l'eau.

Onde de gravité atmosphérique[modifier | modifier le code]

Dans l'atmosphère, la densité de l'air varie avec la hauteur au-dessus de la surface terrestre. Il est donc difficile de noter des vagues à la surface de ce fluide mais on peut en créer des oscillations verticales en perturbant la stratification interne de densité. Celles-ci sont un important mécanisme de transfert de mouvement entre les basses couches de l'atmosphère (troposphère) et celles supérieures (mésosphère).

Les ondes de gravité sont engendrées par le passage de fronts dans la masse d'air, par le passage au-dessus d'un relief accidenté ou par une rue de nuages. Une onde de gravité peut aussi se produire à l'avant d'un orage[2]. La propagation de ces ondes ne peut se faire que dans de l'air stable. La parcelle d'air subit alors une poussée d'Archimède pour la ramener vers son point d'équilibre. L'onde générée sera confinée dans une couche autour de ce point; cependant, son amplitude aura tendance à augmenter avec la distance horizontale au point de génération. En effet, la vitesse verticale de la parcelle est plus ou moins linéaire près du point d'équilibre car la densité environnante est peu différente, mais elle devient non linéaire quand la parcelle atteint une portion de l'atmosphère de faible densité en altitude. À la longue, l'onde se brise et transfère son énergie à la circulation atmosphérique.

Dans plusieurs circonstances, les ondes de gravité se présentent sous la forme d'ondes stationnaires. L'onde semble figée dans le temps parce que ses ventres et ses nœuds ne se déplacent pas. Ainsi, on retrouve des zones de mouvement descendant sans nuages qui alternent avec des bandes de nuages perpendiculaires à l'axe avec l'obstacle qui a créé l'onde dans les zones de mouvement ascendant. En fait, les parcelles d'air se déplacent le long de cet axe avec le vent mais suivent une composante verticale qui est induite par l'oscillation[1]. Il n'est pas rare que ces ondes stationnaires se propagent verticalement jusqu'à de grandes hauteurs, au point de franchir le seuil de la stratosphère dans le cas d'importantes chaînes de montagnes, comme les Alpes ou les Andes[1]. Ces ondes de gravité sont très utiles pour la pratique du vol à voile car elles produisent des ascendances laminaires, puissantes et pouvant s'élever à de grandes altitudes. Le record de distance en planeur (3008 km) a été établi par Klaus Ohlmann dans les Andes en utilisant ces ondes de gravité.

À cause du mouvement vertical qu'on y retrouve, elles sont une des causes possibles de turbulence à basse altitude due à la présence de rotors. Si l'air est trop sec pour produire des nuages, elles pourront surprendre un aéronef se déplaçant dans une zone dégagée.

Description mathématique[modifier | modifier le code]

La vitesse de phase c d'une onde de gravité linéaire avec un nombre d'onde k s'exprime par :

c=\sqrt{\frac{g}{k}} \qquad \ g est l'accélération gravitationnelle.

Comme c=\omega/k est la vitesse de phase exprimée en fréquence \omega et du nombre d'onde, la fréquence de l'onde de gravité devient :

\omega=\sqrt{gk}.

La vitesse de groupe, la vitesse à laquelle l'énergie est transférée, est :

c_g=\frac{d\omega}{dk},

Ce qui donne pour l'onde de gravité :

c_g=\frac{1}{2}\sqrt{\frac{g}{k}}=\frac{1}{2}c.

On remarque que la vitesse de groupe est la moitié de celle de phase, elle est donc dispersive.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (fr) « Onde de gravité », Glossaire météorologique, Météo-France,‎ 2003 (consulté le 2008-09-27)
  2. (en) William Cotton, Bryan et van der Heever, Storm and Cloud Dynamics (Second Edition), vol. 99, Academic Press, coll. « International geophysics series », 807 p. (ISBN 978-0-12-0885428), p. 352-360

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]