Omar al-Mokhtar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Omar Al Mokhtar)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mokhtar.
Omar Al Mokhtar

Omar Al Mokhtar (1862-1931), surnommé « Cheikh des militants » est un cheikh musulman libyen connu pour avoir organisé la résistance armée à la colonisation italienne de la Libye au début du XXe siècle.

Origines[modifier | modifier le code]

Il est originaire de Janzour, village situé à l'est de Tobrouk en Cyrénaïque. Il perd son père Mokhtar Ben Omar à 16 ans, lorsque celui-ci fait route pour le pèlerinage musulman à La Mecque. Il reçoit une éducation au sein des mosquées de la confrérie Sanoussi. Pendant 8 ans, il suit des cours de sciences islamiques à l'institut supérieur. Ses qualités morales lui attirent l'admiration des cheikhs et la confiance de ses chefs. Il est nommé en 1897, par El-Sayed El-Mahdi, cheikh de la mosquée Al-Okour.

Il ne se marie une seule fois et a un fils, nommé Mohammad Omar Al-Mokhtar.

Invasion de la Libye par l'Italie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre italo-turque.

Dans le cadre de la doctrine du colonialisme développée durant la seconde partie du XIXe siècle, l'Italie fraichement unifiée décide de constituer son propre empire, jetant son dévolu sur la Libye alors administrée par l'Empire ottoman. La guerre italo-turque débute le 29 septembre 1911 et s'achève par l'accord de conciliation d'Ouchy-Lausanne en 1912 qui officialise le contrôle italien sur ce territoire ottoman.

Résistance d'Omar Al-Mokhtar[modifier | modifier le code]

Répondant aux directives de l'émir Mohammed Idriss el-Sanoussi, Omar Al-Mokhtar se porte à la tête de la résistance à la colonisation italienne et adopte une stratégie de lutte contre les Italiens, fondée sur la formation d'un commandement militaire unifié, sur la collecte de taxes sur les animaux et les récoltes, alors que les tribus équipent les combattants en armes et en approvisionnements. Tous ces efforts font de la résistance un tissu socio-économique très solide.

Il engage une lutte de guérilla dans les forêts et vallées du Djebel al Akhdar (la montagne verte) surplombant la côte de Cyrénaïque dans l'est libyen. Cette stratégie lui permet de tendre de multiples embuscades à l'ennemi et de prendre de surprise l'armée italienne, mieux organisée, nombreuse et bien armée.

En 1922, quand le pouvoir devient fasciste, l'Italie dénonce tous ses accords avec Idriss El-Senoussi et reprend l'épreuve de force militaire. Idriss El-Senoussi doit se réfugier en Égypte cette même année et les tribus de la résistance exercent le commandement effectif sous la direction d'Omar Al-Mokhtar.

Quand le mouvement de la résistance est confronté à des problèmes de ravitaillement en armes et en vivres, Omar El-Mokhtar demande l'aide d'Idriss El-Senoussi qui ne peut lui venir en aide en raison de ses propres difficultés financières.

Omar Al-Mokhtar poursuit cependant sa lutte. La résistance s'engage dans de multiples combats et le cercle des activités des moudjahidins s'élargit dans le Djebel Akhdar, les tribus arabes se joignent aux rangs des combattants.

Les Italiens essaient de faire cesser son combat en lui proposant une somme mensuelle de 50 000 francs, en échange de la signature par Sayed Reda, représentant d'Idriss El-Senoussi dans le mouvement de la résistance, d'un traité de paix avec eux, mais Omar Al-Mokhtar refuse par ces mots : « Notre foi profonde nous incite au djihad ».

Omar El-Mokhtar réussit à remporter plusieurs victoires contre l'armée italienne qui font sa renommée, dont les combats d'El-Kafra, El-Rahiba, Akila, El-Matmoura, Karassa.

Capture et exécution[modifier | modifier le code]

Photo d'Omar Al Mokhtar enchaîné après sa capture
Exécution d'Omar Al Mokhtar

Le 12 septembre 1931, alors qu'il effectue une mission d'exploration à la tête de 40 cavaliers, Omar Al-Mokhtar tombe dans une embuscade tendue par les Italiens. Il est arrêté et livré au commandement italien.

Graziani, le vice-maréchal du gouverneur général Baudina, de Tripoli et Barca, lui propose l'amnistie générale, à condition qu'il adresse un appel aux moudjahidins, les incitant à arrêter les combats. Mais Omar Al-Mokhtar refuse l'offre, préférant la mort au déshonneur.

Le 15 septembre 1931, il est jugé rapidement en une heure et quart, et condamné à mort. L'exécution a lieu le 16 septembre 1931, 20 000 Libyens y assistent. Al-Mokhtar s'avance à pas sûrs, répétant la chahada (Il n'est de Dieu que Dieu, et Mohammed est son messager), avant d'être pendu. Puis les Italiens transportent son cadavre vers le cimetière d'El-Saberine à Benghazi et font garder sa tombe.

Commémoration[modifier | modifier le code]

Omar Mukhtar représenté sur le drapeau du royaume de Libye, un symbole des insurgés libyens durant la Guerre civile libyenne de 2011

La Libye considère le 16 septembre jour de deuil et de commémoration du martyr Omar El-Mokhtar. Un musée a sa mémoire a été fondé, y sont exposées les armes utilisées par Omar Al Mokhtar et ses compagnons contre les Italiens. Le billet de 10 dinars libyens porte l'effigie d'Omar Al-Mokhtar.

Il existe aussi un pont Omar Al-Mokhtar dans le Ouadi El Kuf et son effigie y est suspendue. On peut enfin encore voir la grotte où il se réfugiait souvent. Son mausolée, autrefois Place des Martyrs à Benghazi, a été déplacé récemment à Solouk, petite ville à 70 km au sud de Benghazi, où il fut pendu.

Durant la Guerre civile libyenne de 2011, les forces rebelles se réapproprient l'image d'Omar Mokhtar qui est utilisée pour symboliser une Libye libre et unie. Le héros national est représenté sur divers drapeaux et affiches des insurgés libyens

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Enzo Santarelli, Giorgio Rochat, Romain Rainero et Luigi Goglia, Omar al-Mukhtar : the Italian reconquest of Libya (trad. de l'italien) par John Gilbert), Darf, Londres, 1986, 208 p. (ISBN 1850770956)
  • (fr) Omran Mohamed Burwais, Chronique d'une pendaison mémorable : Omar al-Mokhtar et la résistance libyenne à l'Italie coloniale (trad. par Michel Quitout et Ali Chouehdi), L'Harmattan, 2007, 225 p. (ISBN 9782296023307)