Olivier Mathieu

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Olivier Mathieu

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Naissance 14 octobre 1960 (53 ans)
Paris
Nationalité Drapeau : France Français
Profession Écrivain

Olivier Mathieu est un écrivain français d'origine belge, né à Paris le 14 octobre 1960 et naturalisé français en 1974. Il est notamment connu pour ses propos négationnistes et notamment pour avoir, le 6 février 1990, nié l'existence des chambres à gaz en direct à la télévision française. Ces propos, prononcés avant l'entrée en vigueur de la loi Gayssot le 13 juillet 1990, ne tombaient donc pas sous le coup de cette loi. Il a annoncé à plusieurs reprises sa candidature à l'Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Olivier Mathieu est le petit-fils de la romancière belge Marie de Vivier, connue pour la liaison qu'elle entama en 1930 avec l'écrivain belge André Baillon[1] ; il se présente par ailleurs comme le probable petit-fils d'André Baillon[2]. Mathieu aurait vécu une enfance pauvre et marginale[3], notamment à Sceaux, Trouville, Nanterre (à l'époque de Mai 68), Marly-le-Roi. Il n'est pas scolarisé jusqu'à son baccalauréat, qu'il passe en candidat libre en 1978, sa mère Marguerite Mathieu (1925-1988)[4] s'occupant de son instruction. Il se produit en 1972 à la salle Pleyel au sein de l'orchestre de jeunes de son professeur de violon, Alfred Loewenguth. Sa jeunesse est marquée par la fréquentation de l'entourage de sa mère et de sa grand-mère ; on y voit Hergé, Robert Poulet, Ferdinand Teulé, etc. En 1982, il se fait réformer de l'armée ; la même année, il remporte un concours de nouvelles organisé par la MNEF, avec un texte intitulé Cousine. Les années 1980 sont pour lui une période de voyages dans toute l'Europe, mais aussi aux États-Unis, au Mexique et en Afrique du Sud (1991). En 1994, il adopte le chien Però, personnage-clef de ses romans.

Il publie des textes poétiques et en prose dès son adolescence (Gazette des grandes terres de Marly-le-Roi, en 1977, ou la revue de poésie belge Quetzalcoatl). Durant les années 1980, il est brièvement journaliste dans des publications d'extrême droite — Rivarol (articles sur Abel Bonnard), Présent —, et collabore à de nombreuses revues et magazines[5],[6] (Le Spectacle du monde, Nouvelle revue de Paris, Marianne, Matulu, Écrits de Paris, Itinéraires, Éléments, Panorama des idées actuelles). Il fréquente en outre le Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne. Ses publications sont éditées, entre autres, aux éditions Ouvertures, de Jean-Claude Bologne.

En 1993, trois de ses nouvelles sont publiées dans La Rue, journal des SDF. La même année, il signe Le dernier carré.

Depuis de nombreuses années, abandonnant le champ des controverses politiques, il se consacre exclusivement à son œuvre littéraire, principalement dans des récits d'autofiction, allant même jusqu'à « refuser des propositions de collaboration émanant de la presse française d'extrême droite[7] ». En plus de son blog privé, Olivier Mathieu anime réguilèrement un blog public, intitulé "Jouissive à Venise " comme le roman qu'il a publié en 2013. C'est un blog où, notamment, il indique nettement, dans plusieurs articles, être et se vouloir totalement étranger à la pseudo-"dieudosphère" de l'humoriste Dieudonné.

Candidatures fantaisistes à l'Académie française[modifier | modifier le code]

Olivier Mathieu a présenté à plusieurs reprises sa candidature à l'Académie française, sous son propre nom ou sous le pseudonyme de Robert Pioche — une candidature qu'il considère comme ludique, se montrant lucide sur ses chances de revêtir un jour l'habit vert. Le pseudonyme de Robert Pioche est attesté dès 1971 dans le roman de Marie de Vivier, Cent pages d'amour, lettre à un petit garçon (Paris, 1971).

En 1990, il n'obtient aucune voix, face à Hélène Carrère d'Encausse. Sa candidature du 11 décembre 2003, sous le nom de Robert Pioche, lui vaut une voix contre Valéry Giscard d'Estaing, à la succession de Léopold Sédar Senghor. Il fait de nouveau acte de candidature à l'Académie française, sous son vrai nom, le 8 mars 2007[8] mais sa candidature à la succession de Jean-François Revel en mai 2007 n'aurait pas été officialisée. En 2008, sa candidature au fauteuil précédemment occupé par Pierre Messmer est officialisée[9]. Il n'obtient aucune voix au scrutin, qui voit l'élection de Simone Veil[10], et réitère sa candidature à la succession d'Alain Robbe-Grillet, en vue de l'élection du 26 mars 2009. En 2011, Olivier Mathieu est de nouveau candidat, cette fois au fauteuil — le trentième — laissé vacant par le décès de Maurice Druon. Lors de cette élection, il publie sur Internet un Éloge poétique de Maurice Druon (deux cents alexandrins en vers réguliers)[11]. Celui-ci est mentionné dans le Figaro du 8 avril 2011, en marge de l'élection académique de la veille[12]. Olivier Mathieu a de nouveau fait acte de candidature le 12 janvier 2012 au fauteuil 7 de l'Académie française, fauteuil précédemment occupé par Jacqueline Worms de Romilly sans obtenir de voix au scrutin du 1er mars 2012 qui a vu l'élection de Jules Hoffman par 17 voix sur 23 votants[8]. Il se représente encore le 15 mars 2012 cette fois au fauteuil 40 en remplacement de l'académicien Pierre-Jean Rémy, puis rejeté le 26 avril 2012[8].

À partir de 2013, Olivier Mathieu a déclaré renoncer, au moins provisoirement, à déposer ses candidatures ludiques à l'Académie française, d'autant plus que d'autres candidats semblent désormais suivre ses traces en déposant les leurs. Il se présente à nouveau au printemps 2014, sous le nom d'emprunt de Robert Spitzhacke. Cela fait de lui la seule personne à avoir déposé sa candidature à l'Académie française sous trois identités distinctes.

Engagement[modifier | modifier le code]

Actif en France et en Belgique, il multiplie les polémiques, particulièrement au sujet de la Shoah. Il est connu pour son « militantisme », comme l'indiquent de nombreux ouvrages dédiés à la lutte contre le négationnisme[13]. « J’ai pris des positions, oui. Par humorisme, par désespoir parfois. Ou alors — ce n’est pas toujours la même chose — on m’en a fait prendre », devait-il confier dans une interview accordée à la revue Éléments[14].

Olivier Mathieu affirme, dans une déclaration à L'Evénement du jeudi ainsi que dans d'autres périodiques, qu'il n'est pas néonazi en réponse à certaines accusations en ce sens (notamment de Jean-Pierre Pierre-Bloch, alors président de la LICRA, qui estima qu'il « se croit à Berlin en 1937 »). Il s'était pourtant reconnu, sur le plateau de l'émission Ciel mon Mardi !, dans la qualification de national-socialiste. Dans Éléments, à Michel Marmin qui lui demande s'il n'est plus d'extrême droite, il répond : « Non. Pour une raison très simple : je ne l'ai jamais été[14]. » Olivier Mathieu, en 1989, se déclarait « post-révisionniste » (concept étudié par Pierre-André Taguieff dans les Temps modernes). Du point de vue religieux, il se réclame du paganisme, sous l'influence d'une éducation qui lui a vanté les mérites de l'Antiquité gréco-romaine. Connu pour ses positions pro-palestiniennes, il a par ailleurs manifesté contre la première Guerre du Golfe ou contre l'exécution de Saddam Hussein[15].

Ses relations avec l'extrême droite sont tumultueuses et ses engagements dans plusieurs journaux lui valent de solides inimitiés : il quitte le quotidien Présent, avec lequel il considère n'avoir rien de commun, et est licencié du journal Minute. Le président du Front national belge le menace publiquement de représailles[16] dans le principal quotidien belge, Le Soir de Bruxelles ; Henri Roques et Robert Faurisson s'en détacheront[17]. Olivier Mathieu est aussi arrêté, en mars 1989, lors de la Foire du livre de Bruxelles dédiée à la liberté d'expression où il tenait un stand, en compagnie de l'éditeur négationniste d'ultra-gauche Pierre Guillaume.

Il est par ailleurs l'un des auteurs de la thèse affirmant que Tintin a été inspiré par le chef rexiste belge Léon Degrelle, ami de Hergé. En 1990, la Fondation Hergé interdit, par voie d'huissier, à Olivier Mathieu de révéler le contenu de sa correspondance avec Hergé (Hergé avait rencontré Olivier Mathieu dès 1969, à Bruxelles puis à Marly-le-Roi). La fondation fait condamner Olivier Mathieu, pour ce motif, à une amende.

Invité à Ciel, mon mardi ! le 6 février 1990[18], il déclare « J'appartiens à une école — historique —, le “révisionnisme”, dont je suis l'un des représentants », puis s'écrie « Faurisson a raison, les chambres à gaz, c'est du bidon ! » avant de demander à l'une des personnes présentes sur le plateau, Jean-Pierre Pierre-Bloch, « une minute de silence pour les quatorze millions d'Allemands déportés en 1945 et 1946, — deux millions de morts » (il fait allusion au déplacement de populations civiles allemandes d'Europe de l'Est et de la Prusse orientale, après la défaite allemande[19],[20], selon l'article XIII de la Déclaration de Potsdam[21]). À la suite de ces propos, il est pris à partie par un militant juif, membre du Betar-Tagar, groupe extrémiste juif[22], présent dans le public de l'émission. Olivier Mathieu et son agresseur sont tous deux expulsés du plateau. L'agression sera officiellement revendiquée dans Tribune juive[23]. Dans ses colonnes, le journal espagnol El País considère qu'il s'agit là du « plus grand scandale de l'histoire de la télévision de tous les temps[24] ». Olivier Mathieu habite ensuite en Belgique et est proche du Parti des forces nouvelles belge.

En 1991, il est condamné à une peine de prison ferme en Belgique pour une affaire de diffamation (18 mois pour propos antisémites, en vertu de la Loi Moureaux ; Olivier Mathieu est en effet accusé d'avoir déclaré en 1989 : « Je hais les Juifs non pour ce qu’ils m’ont fait mais pour ce qu’ils sont », citation d'Abel Bonnard[25]). Ne s'étant pas présenté à son procès, Olivier Mathieu vit ensuite en Italie[26] et en Espagne.

En décembre 2008, Olivier Mathieu exige son excommunication. Il sort de l'Église chrétienne de rite orthodoxe où il a été baptisé, après demande écrite aux autorités compétentes. L'archevêché de Paris mentionne « A renié son baptême » sur son acte de baptême et le considère comme excommunié à compter du 15 décembre 2008.

Olivier Mathieu n'a jamais, nulle part, renié ses propos sur les chambres à gaz. En 2012, sur son blog, il fait régulièrement des jeux de mots sur l'« inexistence », les « chambres », la « chambre à Gas » (voir notamment un de ses billets du 18 octobre 2012, adressé aux « chambrains et chambrainches », où il s'amuse de la « chambre introuvable », de la « chambre à Gas », etc., et conclut en évoquant « la selle » et « le pot de chambre »)[27].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Cycle des aventures de Robert Pioche
  • Le dernier carré, Éditions Thulé, 1993.
  • Les Amourettes, Éditions Testa di Pignatta, 1995.
  • Une cicatrice, Éditions du Dragon à sept têtes, récit bref, 1997.
  • Tempo di Firenze, Éditions Testa di Pignatta, 1997.
  • Je ne suis pas allée bien loin, roman pour Mireille, Éditions La Volée et le bond de la balle, 1998.
  • Tropique de la Pioche, Éditions L. Hallwort, 1998.
  • Mes années noires à pleins gaz, 1999.
  • La Quarantaine, quarantina e quarantena, Éditions des Aprems, 2002.
  • Les drapeaux sont éteints, Éditions des Bateaux sur la mer qui naufragent, 2004.
  • Une nuit d'été, éditions Auda Isarn, Toulouse, 2005.
  • Le Passage à niveau, 2008, préface de Jean-Pierre Fleury.
  • Voyage en Arromanches, A l'enseigne des petits bonheurs, Nantes, 2010.
  • Les jeunes filles ont l'âge de mon exil, A l'enseigne des petits bonheurs, Nantes, 2010.
  • La petite queue et le prépuce du meilleur des goyim, A l'enseigne des petits bonheurs, Nantes, 2012.
  • Jouissive à Venise, Cluj-Napoca, Casa Cărţii de Ştiinţă, 2013.
  • Châteaux de sable, Éditions des Aprems, 2014.
Sur Abel Bonnard, dont Olivier Mathieu serait à ce jour le seul biographe
  • Abel Bonnard, Les Modérés, éditions du Labyrinthe, édition présentée et annotée par Olivier Mathieu, 1986.
  • Abel Bonnard, Berlin, Hitler et moi : inédits politiques d'Abel Bonnard.
  • Abel Bonnard, une aventure inachevée, éditions Avalon, janvier 1989, avec une postface de Léon Degrelle et un cahier d'illustrations interne.
  • Olivier Mathieu, Les Deux cortèges (Abel Bonnard et Louis-Ferdinand Céline), éditions Van Bagaden (Marc Laudelout), édition de luxe pour bibliophiles, tirage réduit à 180 exemplaires, Belgique, 1989.
Publications diverses
  • De Léon Degrelle à Tintin, 1990.
  • Avec Marguerite Mathieu, Le dernier Vénitien : Carlo Gozzi (1720-1806) : biographie, Éditions du Siècle Tramontane, 1996.
  • La Mort du Jour, théâtre, 2003. Traduction italienne de l'auteur.
  • Un peu d'encre, de larmes, de poudre et puis de sang, 2006.
  • Le Sacrifice, nouvelle littéraire écrite au début de 2007.
  • Les Pommes bleues, 2008.
  • Le Pauvre Cœur, Nantes, A l'enseigne des Petits Bonheurs, 2008.
  • Jean-Pierre Fleury, Olivier Mathieu, le dernier romantique, avec des textes d'Olivier Mathieu, A l'enseigne des Petits Bonheurs, 2009.
  • Éloge poétique de Maurice Druon, publié en ligne sur [3] Scribd. Olivier Mathieu et Maurice Druon figurèrent au même sommaire de la Nouvelle revue de Paris en 1986.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il participe à la rédaction du n°2 des Nouveaux Cahiers André Baillon en 2004, écrivant un article consacré à sa grand-mère.
  2. Ouvrage Tempo di Firenze
  3. Marie de Vivier, Cent pages d'amour, lettre à un petit garçon, Paris, 1971.
  4. Marguerite Mathieu, fille de Marie de Vivier, fut en 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, employée du service de presse de l'occupant allemand à Bruxelles. Après guerre, elle devint tardivement chargée de cours à Paris-X Nanterre. Voir Benoît Peeters, Hergé fils de Tintin, Flammarion ; et les différents ouvrages d'Olivier Mathieu.
  5. Pour quelques exemples des périodiques auxquels Olivier Mathieu a participé, voir le site de l'auteur.
  6. Olivier Mathieu, Un peu d'encre, de larmes, de poudre et puis de sang, 2007, p. 68 ; également accessible sur [1]
  7. interview par Michel Marmin, Éléments, 2003.
  8. a, b et c Site de l'Académie française
  9. Académie française, actualités, 30 octobre 2008
  10. Académie française, actualités, 20 novembre 2008.
  11. Vie de Maurice Druon racontée en vers, scribd.com
  12. « Candidat à l'habit vert, il sait discourir en vers », article d'Étienne de Montety dans le Figaro du 8 avril 2011, p. 1
  13. Cf. notamment Gwenaël Breës, L'Affront national. Le nouveau visage de l’extrême droite en Belgique.
  14. a et b Interview par Michel Marmin, Éléments, 2003.
  15. « Appel international contre l’exécution du Président Saddam Hussein », Basta! Journal de marche zapatiste, 30 décembre 2006
  16. Selon Olivier Mathieu lui-même (cf. l'ouvrage Tempo di Firenze), Daniel Féret aurait annoncé son intention de le mettre « hors d'état de nuire », « par tous les moyens, légaux ou illégaux ».
  17. Marie-José Chombart de Lauwe, « Réhabilitation du nazisme : des voies multiples depuis 60 ans. 2e partie : Thèmes et cibles des négationnistes (1945-1990) ; les années 1980 », Le Patriote résistant, janvier 2006 ; site de la FNDIRP.
  18. Vidéo de l'émission
  19. Cf. Conférence de Potsdam.
  20. L'émission « Disparus en URSS. L’odyssée des déportés allemands », diffusée sur Arte le 14 mars 2007, mentionne 300 000 déportés vers l'Union soviétique.
  21. Extraits des Accords de Potsdam
  22. Paul-Éric Blanrue, Le Monde contre soi. Anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme, éditions Blanche, 2007, p. 214.
  23. Tribune juive, février 1990.
  24. El Pais, 7 février 1990.
  25. Une aventure inachevée, éditions Avalon, 1989.
  26. Cf. Tempo di Firenze.
  27. [2]