Olivier Ihl

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Olivier Ihl, né le 29 décembre 1965 à Sarreguemines, est un politologue français spécialiste de la sociologie historique du politique. Il est professeur des universités et fut directeur de l'Institut d'études politiques de Grenoble de 2005 à 2012.

Portrait[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Olivier Ihl suit ses études secondaires à Sarreguemines et à Nantes, où il obtient le second prix de sciences économiques au concours général.

Il étudie à l’Institut d’études politiques de Bordeaux, où il obtiendra son diplôme avec mention « bien », puis une maîtrise de science politique. Il obtient ensuite un double diplôme (DEA de sciences sociales) à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne/ENS Ulm et à l’EHESS.

Il réalise une thèse d'histoire politique à l’EHESS sous la direction de Mona Ozouf. Intitulée La Citoyenneté en fête. Rites politiques et intégration nationale dans la France de la IIIe République, elle est publiée chez Gallimard en 1996 sous le titre La fête républicaine.

Un mois après avoir soutenu sa thèse, Olivier Ihl obtient son habilitation à diriger des recherches et devient en 1993 professeur des universités en science politique. Il devient alors le plus jeune agrégé de France.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière universitaire à l’université de Picardie en tant que maître de conférences en science politique, puis est nommé professeur à l'IEP de Grenoble en 1993 après sa réussite au concours d’agrégation.

En 1994, il entre au Centre d’études et de recherches sur l’administration, la ville et le territoire (CERAT), aujourd'hui rebaptisé Politiques publiques, action politique, territoires (PACTE).

Responsabilités[modifier | modifier le code]

Olivier Ihl dirige l’IEP de Grenoble de 2005 à 2012. Il assume parallèlement différentes charges d'enseignements : cours fondamental de science politique (deuxième année), coresponsabilité du master de sciences de gouvernements comparées (avec Martine Kaluszynski), séminaire sur les mises en scène du politique (troisième année)...

Il est également responsable d'un programme international de coopération scientifique franco-chilien (PICS 3441) intitulé Etat et professionnalisation du politique, France-Chili, XIXe-XXe siècles. À ce titre l'IEP de Grenoble collabore avec de nombreuses institutions comme l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne, l'Université de Bologne, l'Université catholique du Chili, l'Université du Chili...

Il est par ailleurs le pilote scientifique d'un pôle régional de recherche pluridisciplinaire portant sur les dynamiques sociales et territoriales (Cluster 12).

Approche[modifier | modifier le code]

Olivier Ihl est avec Yves Déloye l'un des principaux représentants de l'école de la sociologie historique du politique. Cette approche consiste à croiser les apports des trois disciplines (sociologie, histoire, science politique) afin de saisir des phénomènes complexes tels que le vote, les sciences de gouvernement, la République, etc.

Article détaillé : Sociologie historique du politique.

Le fil directeur de ses recherches est la mise en scène du politique ; il a notamment étudié les commémorations républicaines, les rituels de commensalité, le protocole politique, les noms de rue, les voyages présidentiels, l’acte de vote, la démocratie, les populismes, les fraudes électorales, la relation entre violence et politique, la socio-histoire des récompenses et des distinctions.

Il défend une approche par l'« histoire matérielle », par laquelle est entendue l’appréhension des faits historiques par les hommes et les choses qui les font concrètement plutôt que par les grandes idées ou les récits institutionnels. Cela peut être par exemple un regard sur les hommes qui descendent dans la rue pour faire la Révolution, ou les événements dans les bureaux de vote lors des premières élections (rixes, empoignades, chahut, débats, etc.).

Dans Le Mérite et la République. Essai sur la société des émules, paru en 2007, il s’attache à montrer comment les différents régimes depuis la Révolution se sont attachés à produire une ingénierie des distinctions entre les hommes, avec pour objet central la médaille de la Légion d’honneur. Il y développe une théorie de l’émulation prémiale, technique séculaire et séculière de gouvernement, et emploie différents éléments de ses réflexions antérieures (sociologie historique, sciences de gouvernement, ingénierie des récompenses, rituels républicains).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'acte de vote (avec Yves Déloye), Paris, Presses de Sciences Po, 2008.
  • Le mérite et la République. Essai sur la société des émules, Paris, Gallimard, 2007.

Un large cahier iconographique est publié sur le site de l'auteur.

  • Les « sciences » de l’action publique (dir.), Grenoble, PUG, 2006.
  • Les sciences de gouvernement (codir. Martine Kaluszynski et Gilles Pollet), Paris, Economica, 2003.
  • La tentation populiste au cœur de l'Europe, (codir. Janine Chêne, Eric Vial, Ghislain Waterlot), Paris, La Découverte, 2003.
  • Un cérémonial politique : les voyages officiels des chefs d'état, Paris, L'Harmattan, (codir. Jean-William. Dereymez, Gérard Sabatier, dir.), 1998.
  • Le vote, Paris, Clefs-Montchrestien, 2000 (1996).
  • Le protocole ou la mise en forme de l'ordre politique, Paris, L'Harmattan, 1996 (codir. Yves Déloye, Claudine Haroche), 1996.
  • La fête républicaine, Paris, Gallimard, Bibliothèque des Histoires, 1996.

Sélection d'articles[modifier | modifier le code]

En langue française[modifier | modifier le code]

  • "Hiérarchiser des égaux. Les distinctions honorifiques sous la Révolution française", Revue française d'histoire des idées politiques, n° 23, 2006, p. 35-54.
  • "Récompenser la vertu. Sur la charité "scientifique" de l’Académie des Sciences morales et politiques", Mélanges de l’Ecole Française de Rome, t. 117, 2005, 2, p. 871-892.
  • "Pour une histoire matérielle de la démocratie", (avec Yves Déloye), Critique, juin-juillet 2005, n° 697-698, p. 484-495.
  • "Gouverner par les honneurs. Distinctions honorifiques et économie politique dans l'Europe du début du XIXe siècle", Genèses, n° 55, 2004, p. 4-26.
  • "Conspirations et science du pouvoir chez François Guizot", Revue française d'histoire des idées politiques, n° 19, 2004, p. 125-150.
  • "Le pouvoir de la règle. Sur la codification de la représentation proportionnelle dans la France des XIXe et XXe siècles", Ateliers, numéro spécial "Logiques de l'extériorité", n° 27, 2004, p. 47-80.
  • "Pour une sociologie historique des sciences de gouvernement", (avec Martine Kaluszynski), Revue française d'administration publique, n° 102, avril-juin 2002, p. 229-243.
  • "Une ingénierie politique. Augustin Cauchy et les élections du 23 avril 1848", Genèses, n° 49, décembre 2002, p. 5-25.
  • "Religion civile : la carrière comparée d'un concept (France - États-Unis)", Revue internationale de politique comparée, n° 3, vol. 7, hiver 2000, p. 595-627.
  • "Une déférence d'État. La République des titres et des honneurs", Communications, n° 69, janvier 2000, p. 115-137.
  • "Le XIXe siècle au miroir de la sociologie historique" (avec Yves Déloye), Revue d'histoire du XIXe siècle, vol. 13, n° 2, 1996, p. 47-57.
  • "Des voix pas comme les autres. Votes blancs et votes nuls aux élections législatives de 1881" (avec Yves Déloye), Revue française de science politique, vol. 41, n° 2, avril 1991, p. 141-170.

En langue anglaise[modifier | modifier le code]

  • "The Market of Honors : On the Bicentenary of the Legion of Honor", French Politics, Culture & Society, Vol. 24, No. 1, Spring 2006, pp. 8-24.
  • "Emulation through Decoration : A Science of Government ?", in Sudhir Hazareesingh (dir.), The Jacobin of Legacy in Modern France, Oxford, Oxford University Press, 2002, pp. 158-182.

Olivier Ihl travaille régulièrement avec l'Institute of French Studies de l'université de New York.

En langue italienne[modifier | modifier le code]

  • "Democrazia, repubblica e radicalismo: modelli (anglosassone e francese) e dibattiti nell' Ottocento", in La democrazia radicale nell' Ottocento europeo. Forme della politica, modelli culturali, riforme sociali, Feltrinelli Editore (ed.), 2006, pp. 3-32.
  • "Religione civile : il concetto in prospettiva comparata", in Rituali civili. Storie nazionali e memorie pubbliche nell’Europa contemporanea, Maurizio Ridolfi (dir.), Rome, Gangemi Editore, 2006, pp. 31-46.
  • "Une territorialità repubblicana. I nomi delle vie nella Francia del XIX e XX secolo", Memoria e Ricerca. Rivista di storia contemporanea, 9, aprile 2002, pp. 17-34.

En langue espagnole[modifier | modifier le code]

  • "Las conspiraciones ante el espejo de una "ciencia del poder". O las lecciones liberales del ministro François Guizot", in Teorias de la Conspiracion, Juan Cristobal Cruz Revueltas, Jesus Rodriguez Zepeda (eds.), Mexico, Publicaciones Cruz O.S.A., 2006, pp. 63-104.
  • El voto, Lom Editions, Santiago (Chile), 2004 (Traduction par Inès Picazo).

Liens externes[modifier | modifier le code]