Olive Thomas

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Olive Thomas

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Nom de naissance Oliva R. Duffy
Naissance 20 octobre 1894
Charleroi (Pennsylvanie)
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès 10 septembre 1920 (à 25 ans)
Neuilly-sur-Seine (France)
Profession Actrice, Ziegfeld girl

Olive Thomas (20 octobre 189410 septembre 1920) était une actrice du cinéma muet américaine. Elle fut une Ziegfeld girl et la toute première garçonne. Elle fut surtout connue pour son mariage avec Jack Pickford et sa mort précoce[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Premiers pas[modifier | modifier le code]

Olive Thomas était née Oliva R. Duffy[2] même si elle déclara parfois que son nom de naissance était Oliveretta Elaine Duffy[3]. La plupart de ses amis l'appelaient « Ollie ».

Elle vient d'une famille ouvrière de la périphérie de Pittsburgh[4]. Après la mort prématurée de son père, elle est contrainte de quitter l'école pour aider sa mère et ses deux jeunes frères, James et Williams. En avril 1911, à l'âge de 16 ans, elle épouse Bernard Krugh Thomas à McKees Rocks. Durant les deux ans de son mariage, elle aurait travaillé dans un grand magasin Kaufman de Pittsburgh. Après le divorce, elle s'installe avec un membre de la famille à New York où elle trouve du travail dans un grand magasin d'Harlem.

En 1914, après avoir postulé à une offre publicitaire d'un journal, elle remporte le concours de « La Plus Belle Fille de New York » organisé par le peintre Howard Chandler Christy. Elle pose ensuite pour le dessinateur Harrison Fisher et se retrouve bientôt en couverture du Saturday Evening Post[4].

En route pour la gloire[modifier | modifier le code]

Peinture d'Alberto Vargas représentant Olive Thomas en 1920

Fisher lui écrivit une lettre de recommandation adressée à Florenz Ziegfeld pour lequel elle deviendra une Ziegfeld girl au sein de la troupe des Ziegfeld Follies. Plus tard, l'actrice démentira cette version des faits en racontant qu'elle s'est directement imposé en quête du job[4]. Elle danse ensuite dans le spectacle plus risqué des Midnight Frolic, qui prend place aux petites heures de la nuit dans le jardin du toit du New Amsterdam Theatre. Les danseuses y portaient des ballons pour tout vêtement, que pouvaient faire éclater les hommes du public avec leurs cigares. La réputation qu'y acquiert alors Thomas sera sans doute la raison de son rejet par la famille Pickford. Mais la société de l'époque ne jette pas l'opprobre sur ce genre de spectacle. Parmi les danseuses lancées dans un tel contexte, on retrouve ainsi Céleste Mogador, qui devint la duchesse de Chibrillon, Liane de Pougy, qui devint la princesse Ghika, et Sarah Bernhardt, actrice de légende[2].

Carrière au cinéma[modifier | modifier le code]

En raison de sa renommée nouvelle, elle signe avec la compagnie International Film pour jouer le premier rôle des films du danseur Harry Fox (en)[4]. Elle tournera plus de vingt films à Hollywood pendant les quatre années suivantes. Elle fait ses débuts sous son nom de femme mariée, Olive Thomas, dans le film A Girl Like That, à l'époque où elle tourne son dernier court métrage de la série Beatrice Fairfax (en).

En octobre 1916, elle rejoint Triangle Pictures où elle travaille avec Thomas Ince[5].

Peu après paraît l'annonce de son mariage avec Jack Pickford, qu'elle avait en fait épousé un an plus tôt. À ce sujet, elle dit, « Je ne veux pas que les gens croient que je réussis grâce au nom de Pickford."[4]. »

En référence à la compagnie, elle est alors surnommée « The Triangle Star »[4]. Son rôle de Betty dans Madcap Madge lui apporte son plus grand succès, en 1917, trois ans avant qu'on lui propose un nouveau rôle d'adolescente.

En décembre 1918, elle est persuadée par Myron Selznick de signer avec la Selznick Pictures Company. Elle espère obtenir des rôles plus sérieux, en ayant plus d'influence avec son mari employé dans la même compagnie. Elle devient aussitôt la première star Selznick en incarnant la « baby vamp »[4].

En 1920, Thomas rejoue une adolescente dans The Flapper, écrit par Frances Marion. À une époque où les acteurs sont définis par le type de rôle qu'ils interprètent, Olive a l'impression de n'avoir aucune étiquette, « Mais je veux créer un certain rôle, voyez, Mary est l'enfant dans les films ; Norma fait du drame, Constance est l'épouse désinvolte et frivole ; Dorothy le garçon manqué ; Nazimova est exotique et nimbée de mystère, mon Jack joue les garçons, alors que je--je--voyez, je suis juste rien du tout ! »[4]. La même année, en posant pour un portrait peint par l'artiste péruvien Alberto Vargas, Memories of Olive, elle devient la première « Vargas Girl »[6],[2].

Elle fut la première actrice qualifiée par le terme flapper (garçonne), avant Clara Bow, Louise Brooks, et Joan Crawford[2]. Elle continue d'incarner la garçonne dans ses derniers films, dont A Youthful Folly et son tout dernier, Everybody's Sweetheart. La formule s'avère rentable, puisqu'elle est alors payée 3 000 $ par semaine[4].

Olive Thomas sur un poster de Midnight Frolic en 1916

Vie privée[modifier | modifier le code]

Nigel Barrie et Olive Thomas dans le serial de 1916 Beatrice Fairfax

Olive rencontra l'acteur Jack Pickford, le frère de la plus puissante star du cinéma muet Mary Pickford, dans un café de plage de Santa Monica Pier. Il était connu pour son goût immodéré de la fête et des excès. La scénariste Frances Marion remarqua ainsi « …Je l'ai souvent croisée à Pickfair, de par sa relation avec le frère de Mary, Jack. Deux gamins d'allure innocente, ils étaient les enfants gâtés les plus sauvages et gais à avoir jamais atteint la gloire à Broadway. Ils étaient tous les deux talentueux, mais ils perdaient plus de temps à jouer à la grande roulette de la vie qu'à se concentrer sur leurs carrières[7]. »

Ils se marièrent secrètement le 25 octobre 1916 dans le New Jersey. En l'absence de leurs familles, seul l'acteur Thomas Meighan fut leur témoin[4].

Dans un entretien de 1919 avec Louella Parsons, Olive exprima son désir d'enfantement, « Un de ces jours nous aurons une petite famille. J'adore les enfants[4]. Le couple n'eut pas d'enfants mais l'année suivante ils adoptèrent leur neveu de six ans à la mort de sa mère[4]. »

Sa mort précoce[modifier | modifier le code]

Dans un entretien publié en juin 1919, elle évoque ainsi la mort, « Je pense qu'on meurt quand le temps est venu et pas avant. Je ressens la même intuition pour le reste. Je ne crois pas qu'on puisse changer quoi que ce soit à ce qui va vous arriver ni à ce qui vous est déjà arrivé. C'est pourquoi je ne m'en fais pas, et c'est pourquoi je pense que les gens ne doivent pas se considérer inutiles ou meilleurs que les autres."[4]. »

Elle meurt accidentellement empoisonnée au mercure au cours d'un voyage à Paris le 10 septembre 1920[8].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Toton (1919)
  • 1916
    • Beatrice Fairfax : Rita Malone
    • Beatrice Fairfax Épisode 10 : Playball : Rita Malone
  • 1917
    • A Girl Like That : Fannie Brooks
    • Madcap Madge : Betty
    • An Even Break : Claire Curtis
    • Broadway Arizona : Fritzi Carlyle
    • Indiscreet Corinne : Corinne Chilvers
    • Tom Sawyer : membre du chœur (non créditée)
  • 1918
    • Betty Takes a Hand : Betty Marshall
    • Limousine Life : Minnie Wills
    • Heiress for a Day : Helen Thurston
  • 1919
    • Toton the Apache : Toton/Yvonne
    • The Follies Girl : Doll
    • Upstairs and Down : Alice Chesterton
    • Love's Prisoner : Nancy, puis Lady Cleveland
    • Prudence on Broadway : Prudence
    • The Spite Bride : Tessa Doyle
    • The Glorious Lady : Ivis Benson
    • Out Yonder : Flotsam
  • 1920
    • Footlights and Shadows : Gloria Dawn
    • Youthful Folly : Nancy Sherwin
    • The Flapper : Ginger King
    • Darling Mine : Kitty McCarthy
    • Everybody's Sweetheart : Mary

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Denise Lowe, An Encyclopedic Dictionary of Women in Early American Films, 1895-1930 : 1895-1930, New York, Haworth Press,‎ 2005, poche (ISBN 978-0-7890-1843-4, LCCN 2003025274), p. 526
  2. a, b, c et d Memories of Olive. The E Pluribus Unum Project: Assumption College. Worcester, MA.
  3. (en) Eve Golden, Golden Images: 41 Essays on Silent Film Stars, Jefferson, McFarland,‎ 2001, poche (ISBN 978-0-7864-0834-4, LCCN 00066236), p. 181
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Long, Bruce. Editor. « The Life and Death of Olive Thomas ». Taylorology Newsletter. Issue 33, septembre 1995.
  5. (en) Eve Golden, Golden Images: 41 Essays on Silent Film Stars, Jefferson, McFarland,‎ 2001, poche (ISBN 978-0-7864-0834-4, LCCN 00066236), p. 182
  6. Fleming 2008, p. 54.
  7. Olive Thomas death. Silentsaregolden.com.
  8. (en) Lussier, Tim, « The Mysterious Death of Olive Thomas »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) E.J. Fleming, Paul Bern : The Life and Famous Death of the MGM Director and Husband of Harlow, McFarland,‎ 2008 (ISBN 978-0-7864-3963-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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