Olive (couleur)

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Les couleurs olive prennent leur nom des teintes des olives vertes.

Le nom de couleur olive , en usage dans la mode et la décoration, des nuances foncées et rabattues du jaune-vert, entre le jaune olive et le vert olive, d'après les teintes de l'olive verte. En tant qu'adjectif, olive est invariable (« des tons olive », « des tons vert olive »).

Olivâtre désigne une couleur qui se rapproche de la couleur jaune verdâtre de l'olive. Cet adjectif s'emploie péjorativement pour décrire un teint de peau humaine[1].

Des verts olive, ou des couleurs similaires sous d'autre noms, est la couleur de la tenue de campagne de la plupart des armées moderne, dans les milieux naturels comportant de la végétation.

Nuances[modifier | modifier le code]

Le nuancier RAL donne RAL 1020 jaune olive, RAL 6003 vert olive, RAL 6022 olive brun ((en) olive drab[2]) et RAL 6015 olive noir[3].

Les marchands de couleurs pour les beaux-arts proposent 541 Vert olive [4] ; 620 vert olive[5] ; 813 vert olive[6] ; 447 vert olive[7].

En couleurs pour la décoration, on trouve Olive 1, Olive 2, Olive 4, Olive 5, Olive 6, Olive 7, Olive 8[8].

Couleurs du web[modifier | modifier le code]

Le mot-clé olive, qui fait partie des mots-clés de base dans les applications HTML, CSS et dérivées, renvoie le code de couleur#808000. Les applications peuvent aussi reconnaître DarkOliveGreen (vert olive foncé) : #556b2f et oliveDrab (gros drap olive[2]) #6b8e23[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de couleur olive est attesté en français depuis au moins 1699[1]. Il figure dans les Règlements généraux de France concernant la teinture au XVIIIe siècle.

Le père Castel comprend la couleur olive comme une couleur composée de une part de bleu pour trois de jaune[10]. Au XIXe siècle, Michel-Eugène Chevreul a entrepris de repérer les couleurs les unes par rapport aux autres et par rapport aux raies de Fraunhofer. Il a tenté d'obtenir la couleur olive de Castel, et cote le résultat comme 2 jaune 12 ton (avec rabat)[11]. Reprenant avec un autre mélange, Chevreul trouve 1 jaune-vert 8 ton[12]. Le Olive de l'Instruction générale pour la teinture des laines, de 1671, en usage à la Manufacture des Gobelins qu'il dirige, lui semble être un 3 jaune 6/10 10 ton et 11 ton[13]. Par la suite, il donne encore une autre valeur dans la section des « Noms de couleur les plus fréquemment usités dans la conversation et dans les livres », toujours dans les vert-jaune rabattus, et intermédiaires entre les précédentes[14].

Le Répertoire de couleurs de la Société des chrysanthémistes publié en 1905 donne quatre tons de vert olive, précisant « un vert olive industriel est tiré du Péridot, sorte de pierre formée de silicate de magnésie avec une proportion variable d'oxydes ferreux ». Synonymes français : les Vert romain moyen et foncé de Ripolin[15].

Au début du XXe siècle, les conditions nouvelles de la guerre, avec des poudres sans fumées qui donnent de la visibilité sur le champ de bataille, font concevoir aux militaires la nécessité d'utiliser des tenues qui se fondent dans la végétation. L'infanterie des États-Unis adopte en 1902 le vert olive pour ses tenues de campagne[16],[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Trésor de la langue française
  2. a, b et c Olive drab est le nom du vert de l'uniforme de campagne de l'infanterie des États-Unis à partir de 1902. « ce n'est pas à proprement parler la couleur olive, mais une nuance indécise, entre le brun, le vert et le gris », selon « Échos », Le Journal, Paris,‎ 28 novembre 1902 (lire en ligne).
  3. « RAL classic Farben ». La présentation à l'écran n'est exacte que sur des écrans conformes et réglés selon sRGB.
  4. Colour Index PG8 (nitroso-β-naphtol) « Guide de la peinture à l'huile », sur lefranc-bourgeois.com.
  5. PG7 (Vert de phtalocyanine chlorée), PY150 (pigment azoïque, PV19 (Violet de quinacridone) « Nuancier aquarelle », sur rembrandt.royaltalens.com.
  6. PR102 (Terre de Sienne brûlée), PG36 (Vert de phtalocyanine) : « huiles extra-fine Sennelier », sur magasinsennelier.com.
  7. PY110 (Isoindolinone), PBk6 (noir de carbone) : « Couleur à l'huile extra-fine », sur winsornewton.com.
  8. « Nos couleurs », sur duluxvalentine.com (consulté le 14 décembre 2014).
  9. (en) « CSS Color Module Level 3 », sur w3.org.
  10. Louis-Bertrand Castel, L'optique des couleurs : fondée sur les simples observations & tournée sur-tout à la pratique de la peinture, de la teinture & des autres arts coloristes, Paris, Briasson,‎ 1740 (lire en ligne), d'après Chevreul 1861, p. 62-64.
  11. Chevreul 1861, p. 64. Les couleurs voisines permettent d'établir la longueur d'onde dominante à 579,0 nanomètres et le 12 ton correspond à une clarté de 9/21, soit une luminance de 13,1%. Le rabat (mélange avec du gris) est imprécis ; la couleur est calculée avec une pureté colorimétrique de 45%, pour un maximum possible sur écran de 87%. Les fonctions colorimétriques CIE XYZ permettent de passer de la longueur d'onde à des valeurs trichromatique, en ajoutant la quantité nécessaire pour obtenir la pureté visée de gris de même luminosité, et de multiplier les coefficients par un facteur commun pour obtenir la luminosité. On peut ensuite convertir en sRGB. La présentation à l'écran n'est exacte que sur des écrans conformes et réglés selon sRGB.
  12. Chevreul 1861, p. 68. Même procédé, avec 554,0 nm et une clarté de 13/21, soit une luminance de 30,3%. Bien que Chevreul ne le précise pas, la couleur est calculée avec un rabat similaire à la précédente.
  13. Chevreul 1861, p. 124. Le 11 ton ne diffère que par la luminosité. Même procédé, avec 578,6 nm et une clarté de 11/21, soit une luminance de 20,5%. Le rabat à 6/10 donne approximativement les mêmes valeurs de gris que précédemment.
  14. Chevreul 1861, p. 134
  15. Henri Dauthenay, Répertoire de couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits : publié par la Société française des chrysanthémistes et René Oberthür ; avec la collaboration principale de Henri Dauthenay, et celle de MM. Julien Mouillefert, C. Harman Payne, Max Leichtlin, N. Severi et Miguel Cortès, vol. 2, Paris, Librairie horticole,‎ 1905 (lire en ligne), p. 288.
  16. « Nouvelles de l'étranger », Revue du Cercle militaire,‎ 20 septembre 1902 (lire en ligne).