Olinde Rodrigues

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Olinde Rodrigues

Description de l'image  Olinde Rodrigues.jpg.
Nom de naissance Benjamin-Olinde Rodrigues
Naissance 6 octobre 1795
Bordeaux
Décès 17 décembre 1851
Paris
Profession Mathématicien
Famille

Olinde Rodrigues (né le 6 octobre 1795 à Bordeaux, mort le 17 décembre 1851 à Paris) est un mathématicien, financier, économiste et réformateur social saint-simonien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait d'Olinde Rodrigues.

Olinde, d'une famille de banquiers, est le fils d'Isaac Rodrigues-Henriques, assureur, courtier et négociant, et de Sarah Sophie Lopès-Fonseca. Il est frère d'Eugène Rodrigues ; une de ses sœurs épousera son cousin germain Émile Pereire et une autre Charles Sarchi.

Olinde Rodrigues suivit ses études au Lycée Louis-le-Grand, puis à la Faculté des sciences de Paris, en ayant renoncé à entrer à l'École polytechnique (dont il devint cependant par la suite répétiteur de mathématiques) et à l'École normale supérieure[1],[2]. Il obtient son doctorat le 28 juin 1815 en soutenant deux thèses, De l'attraction des sphéroïdes où il expose la formule qui porte aujourd'hui son nom[3], et Mouvement de rotation d'un corps de révolution pesant devant un jury présidé par Lacroix. Ces travaux passent cependant inaperçus et sont redémontrés de façon indépendante en 1835 par Jacobi et Ivory. Ce n'est qu'en 1860 que Charles Hermite retrouve ses écrits et lui rend justice.

Devenu courtier en bourse et banquier, il devint directeur de la Caisse hypothécaire.

Olinde Rodrigues est adepte des idées de Saint-Simon (1760-1825), dont il fit la connaissance en 1823. Il en devient alors le principal disciple et l'héritier. Il présenta en 1825 son élève Enfantin à Saint-Simon. Après la mort de celui-ci, il devient le chef (et principal financier) de la religion saint-simonienne selon la volonté du comte de Saint-Simon, en publia ses œuvres et continua à défendre cet idéal socialiste. Il publia en politique, sociologie et études bancaires.

Parallèlement, il continue de publier quelques travaux mathématiques et notamment, en 1840, sur le groupe des déplacements[4]. Son travail a toutefois été occulté par celui de William Rowan Hamilton.

Après avoir pris ses distances avec Enfantin et le saint-simonisme, Rodrigues revint aux affaires financières. Il prit une part active à la création des chemins de fer en France avec ses cousins les frères Pereire (Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint-Germain, Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans).

Un paquebot de la Compagnie générale transatlantique, lancé en 1874 sous le nom de Franconia, fut rebaptisé en son honneur Olinde Rodrigues en 1878, avant d'être démoli en 1905.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Mouvement de rotation d'un corps de révolution pesant, Paris, 1815, [lire en ligne]
  • De l'attraction des sphéroïdes, 1815
  • Théorie de la caisse hypothécaire, ou Examen du sort des emprunteurs, des porteurs d'obligations et des actionnaires de cet établissement, 1820
  • Appel : religion saint-simonienne, 1831
  • Réunion générale de la famille : séances des 19 et 21 novembre, 1831
  • Son premier écrit / Saint-Simon, 1832
  • Le disciple de Saint-Simon aux Saint-Simoniens et au public, 1832
  • Aux saint-simoniens, 13 février 1832 : bases de la loi morale proposées à l'acceptation des femmes, 1832
  • Olinde Rodrigues à M. Michel Chevalier, rédacteur du "Globe" : religion saint-simonienne, 1832
  • De l'organisation des banques à propos du projet de loi sur la Banque de France, 1840
  • Des lois géométriques qui régissent les déplacements d'un système solide dans l'espace: et de la variation des coordonnées provenant de ces déplacements considérés indépendamment des causes qui peuvent les produire, 1840
  • Les Peuples et les diplomates. La Paix ou la guerre, 1840
  • Œuvres de Saint-Simon, 1841
  • Poésies sociales des ouvriers, réunies et publiées par Olinde Rodrigues, 1841
  • Théorie des banques, 1848
  • De l'Organisation du suffrage universel, proposition d'un nouveau mode électoral par Olinde Rodrigues, 1848
  • Organisation du travail, association du travail et du capital, 1848
  • Organisation du travail, bases de l'organisation des banques, 1848

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John J. O’Connor et Edmund F. Robertson, « Benjamin Olinde Rodrigues », dans MacTutor History of Mathematics archive, université de St Andrews (lire en ligne).
  2. Selon G.Weil, R.E.J., T.31, (1895), p.262, Olinde Rodrigues se serait vu refuser l'entrée de l'École normale supérieure en raison de son origine juive. Néanmoins, des élèves d'origine israélite étaient admis à l'École à cette époque, tels Myrtil Maas et Servien Lévy en 1813. Voir Christine Piette, Juifs de Paris, Presses de l'université, Laval, 1983, page 75, et Supplément historique 2005 de l'association des anciens élèves de l'ENS
  3. Son nom est parfois aussi associé aux formules donnant l'expression d'une rotation sous forme vectorielle, ou donnant l'expression de la composée de deux rotations.
  4. Olinde Rodrigues, Des lois géométriques qui régissent les déplacements d'un système solide dans l'espace, et de la variation des coordonnées provenant de ces déplacements considérés indépendamment des causes qui peuvent les produire, Journal de mathématiques pures et appliquées (1840), p. 380-440

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(en) Simon Altmann et Eduardo L. Ortiz, Mathematics and Social Utopias in France: Olinde Rodrigues and His Times, Providence RI, AMS,‎ 2005 (ISBN 978-0-821-83860-0, lire en ligne)