Oliferne

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Pic d'Oliferne
Image illustrative de l'article Oliferne
Géographie
Altitude 807 m
Massif Jura
Coordonnées 46° 19′ 08″ N 5° 35′ 18″ E / 46.31889, 5.58833 ()46° 19′ 08″ Nord 5° 35′ 18″ Est / 46.31889, 5.58833 ()  
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Jura

Géolocalisation sur la carte : Jura

(Voir situation sur carte : Jura)
Pic d'Oliferne

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Pic d'Oliferne

Le pic d'Oliferne est une montagne de 807 mètres d'altitude située en France dans le département du Jura. Il est sur la commune de Vescles, dans le canton d'Arinthod.

Plus précisément Oliferne domine la vallée de l'Ain et est donc situé sur la limite entre les départements de l'Ain et du Jura.

Le Chateau d'Oliferne[modifier | modifier le code]

Le château d'Oliferne, l'église de Saint-Hymetière et une montagne du Bugey. Sanguine du XIXe siècle

Le château d'Oliferne fut construit vers 1230 par Jean de Chalon. A 807 m d'altitude, soit 500 m au-dessus de la vallée de l'Ain, le mont domine également les vallées de la Bienne et la Valouse mais aussi le Lyonnais, la Savoie, le Bugey, la Suisse, la Bresse, la Bourgogne. Les colonies romaines établirent ici une tour d'observation afin de contrôler la navigation sur la Bienne et l'Ain.

Le château fut détruit au XVIe siècle par les troupes d'Henri IV, mais des ruines subsistent encore aujourd'hui sous la forme de vestiges du donjon des courtines et murs d'enceintes. Un chantier de restauration y est conduit par l'Adapemont (Association pour le Développement et l'Aménagement de la Petite Montagne).

Oliferne, lieu riche en légendes[modifier | modifier le code]

D'après les ouvrages du folkoriste Désiré Monnier, Oliferne est le théâtre « d'enchantements ». Il évoque les mystères du chasseur nocturne, un chasseur fantôme qui traque les égarés dans une terrible chasse à courre au clair de lune, et de la Vouivre, étrange serpent ailé crachant du feu et ayant sur son front, comme unique œil, un diamant flamboyant nommé escarboucle.

Le colossal Dictionnaire des communes du Jura d’Alphonse Rousset (1854), traite de tous les aspects d'Oliferne, que ce soit historique avec son rôle de frontière au temps des Gaulois, la présence d'une tour Romaine dans l'Antiquité et enfin la construction du château par les sires de Chalon. Château qui fut pris par des brigands en 1363, détruit peu après et reconstruit au XVIe siècle pour mieux être ruiné après, ainsi que tous les habitants du bourg, en 1592 par les armées du Roi de France lors des guerres de Franche-Comté. Le texte de Rousset est le plus complet, le plus détaillé et une légende lugubre y est mentionnée :

Le seigneur d’Oliferne était un homme fourbe et cruel, constamment en guerre avec ses voisins. Un jour, ses ennemis parvinrent à prendre le fort, et le seigneur réussi à fuir par un souterrain, mais ses trois filles étaient restées au château. Par haine, les assaillants les enfermèrent dans trois tonneaux garnis de pointes et les jetèrent le long des pentes du pic d’Oliferne, où ils dévalèrent jusque dans la vallée de l’Ain. Elles réapparurent en face sous la forme de trois rochers, aujourd’hui dénommés les trois damettes.

Rousset est aussi l'auteur de ces lignes magnifiques qui dépeignent à merveille le cadre d'Oliferne :

A entendre les villageois de Vescles, de Condes et de Boutavant parler de tous les prodiges et les enchantements dont Oliferne fut le théâtre, on croirait écouter l’admirable épopée des romans de la Table-Ronde que les bardes composèrent dans la forêt druidique de Brocéliande.

D'autres auteurs se sont intéressés à Oliferne, et quelques textes recèlent des informations étonnantes. Par exemple une référence de l’Annuaire du Jura de 1810 fait mention de la présence d’ours à Oliferne. Ou beaucoup mieux : Un passage des Voyages pittoresques dans l'ancienne France de Charles Nodier (1820), nous donne une belle description du site, le récit des légendes et il parle aussi d'ours. Oliferne serait donc le dernier endroit de Franche-Comté à avoir abrité des ours !

Le texte le plus « romantique » de tous est sans nul doute l’extrait des Vallées du Bugey, écrit par le baron Ravérat. Dans ce livre, le baron fait un récit terrifiant de la légende d'Oliferne. Il commence par une longue et angoissante description des ruines du château dominant le pic. Il dépeint un endroit lugubre, sinistre que les paysans traversent en courant de peur d’être rattrapé par les spectres qui hantent cette montagne. Ensuite, il raconte une histoire horrible. Cette dernière légende ressemble à s’y méprendre à celle de Rousset, à la différence notable, que les trois filles ne sont plus les filles du seigneur d'Oliferne mais ses captives, et que les assaillants sont leurs fiancés venus les arracher à un autre barbe bleue. Le supplice final est l’œuvre du seigneur, qui, voyant sa fin venir se venge des chevaliers en leur rendant leurs promises enfermées dans un tonneau garni de pointes qui jaillirent du haut des remparts en flammes, pour rouler jusqu'à la rivière d’Ain où elles sont réapparues sous la forme de trois rochers qui sont, cette fois-ci au pied du pic et non en face comme le dit Rousset. Ravérat raconte cette fable dans une prose romantique que ne renierait pas les meilleurs auteurs de son temps. Mais sa raison n’est point laissée en sommeil car le grand Baron en conclut que ces légendes ne sont que le fruit de la peur collective devant le télégraphe installé sur la montagne peu après la Révolution et qui a donné au pic son nom de «Signal d'Oliferne».

Vue panoramique depuis le pic d'Oliferne

Le sceau retrouvé à Oliferne[modifier | modifier le code]

Il y a quelques années, un sceau métallique a été retrouvé sur les pentes du château d'Oliferne. Le sceau a été déchiffré récemment. Un essai d'analyse complète est disponible sur cet article en format pdf. Néanmoins cette analyse est incertaine et elle fait l'objet actuellement d'une étude complémentaire.

Pour résumer l'analyse, les caractéristiques du sceau indiquent qu'il aurait appartenu a un ecclésiastique de condition assez basse (curé, vicaire ou moine). Il portait le nom de Cidonis de Monte-Desiderio ou Sidoine de Montdidier en français. Son nom serait écrit en espagnol, mais ceci est discuté. La Franche-Comté fut en effet sous domination espagnole pendant de longues années. L'arbalète figurant sur le sceau vient du fait qu'il avait vraisemblablement sur ses armes cet objet.

Enfin, il daterait de la fin du XVIe siècle en raison de la date de la dernière destruction du château (1592) et de l'usage de ce type de sceau à cette période. Mais cette date est également remise en question et il pourrait être antérieur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]