Olga Karnovitch Paley

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Olga Karnovitch Paley
Olga Valerianovna en tenue de bal
Olga Valerianovna en tenue de bal

Titre comtesse de Hohenfelsen, princesse Paley
Biographie
Nom de naissance Olga Valerianovna Karnovitch
Naissance 2 décembre 1865
Saint-Pétersbourg
Décès 2 novembre 1929
Paris
Père Valerian Karnovitch
Mère Olga Meszaros
Conjoint Erich Augustinovitch von Pistohlkors
Grand-duc Pavel Alexandrovitch de Russie
Enfants Alexandre Erikovitch von Pistohlkors
Olga Erikovna von Pistohlkors
Olga Erikovna von Pistohlkors
Marianna Erikovna von Pistohlkors
Vladimir Pavlovitch Paley
Irina Pavlovna Paley
Natalia Pavlovna Paley

Olga Valerianovna Karnovitch, en russe Ольга Валериановна Карнович, née à Saint-Pétersbourg le 2 décembre 1865, morte à Paris le 2 novembre 1929, est la seconde épouse du grand-duc Paul Alexandrovitch de Russie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un médecin de la Cour, le docteur Valerian Karnovitch et de Olga Meszaros, Olga Karnovitch passa son enfance à côté des palais impériaux à Tsarskoïe Selo. Jolie et mondaine, elle fut remarquée par les cercles des officiers de la ville et fit la connaissance d'un officier de la Garde impériale de Russie, Erich Augustinovitch von Pistohlkors (1853-1935), qu'elle épousa en 1884 et dont elle eut quatre enfants :

  • Alexandre Erikovitch von Pistohlkors (1885-1944)
  • Olga Erikovna von Pistohlkors (1886-1887)
  • Olga Erikovna von Pistohlkors (1888-1963)
  • Marianna Erikovna von Pistohlkors (1890-1976) dite Marianne.

En 1891, le grand-duc Paul devient veuf de sa première épouse née princesse Alexandra de Grèce, sa cousine, dont il avait eu deux enfants en bas-âge et qui furent recueillis par sa belle-sœur, la grande-duchesse Élisabeth, en attendant[1]. Ami de longue date d'Erich von Pistohlkors, il passe souvent ses soirées chez le couple Pistohlkors à Tsarskoïe Selo pour consoler son chagrin et dissiper son ennui ; il appréce l'élégance et l'esprit mondain et vif d'Olga Valerianovna.

Olga vit d'abord son adultère dans un scrupule vite dissipé par l'esprit distingué du grand-duc, et petit à petit en est de plus en plus flattée. Le couple Pistohlkors vit de plus en plus avec le grand-duc et passe des séjours au bord de la Baltique ou à la chasse ensemble, Erich von Pistohlkors est aussi flatté, dans son aveuglement. Le grand-duc vient souvent accompagné de la sœur de Nicolas II avec qui il est ami. Ainsi les apparences sont sauves.

Jusqu'au moment où l'évidence d'une séparation se fait jour. Cela fait scandale à la Cour, l'impératrice déteste Olga Valerianovna qu'elle avait aperçue de loin, et la rigueur de son éducation victorienne ne peut pas concevoir qu'un grand-duc puisse épouser une divorcée. Elle fait pression en ce sens auprès de son époux le tsar. Le scandale augmente encore lorsque Mme von Pistohlkors donne naissance en 1897, à un fils adultérin, Vladimir, alors qu'elle n'est pas divorcée.

Olga Valerianovna, le grand-duc Paul et leurs enfants

Nicolas II refuse à son oncle le mariage avec Olga Valerianovna lorsqu'elle divorce trois ans plus tard (son mari ayant mis longtemps avant de donner son accord). Il part donc à l'étranger et l'épouse morganatiquement à Livourne, presque en cachette.

Le grand-duc et Olga sont donc exilés par l'empereur et se font construire un élégant hôtel particulier à Boulogne-sur-Seine qu'Olga décore avec goût. Elle est reçue dans la haute société parisienne, notamment chez la comtesse de Fitz-James.

En 1904, le grand-duc demande un titre pour sa femme auprès du prince-régent Léopold de Bavière et Olga est titrée comtesse de Hohenfelsen, titre transmissible à ses enfants morganatiques.

Le couple ne peut rentrer en Russie qu'en 1913, lorsque l'empereur accorde son pardon à son oncle. En 1915, Olga, qui n'est toujours pas reçue à la cour est titrée par l'empereur princesse Paley ; mais en tant qu'épouse morganatique, elle n'est que rarement invitée aux réceptions officielles ou familiales et est toujours assise aux places les plus éloignées de la famille impériale, y compris de son mari.

De cette union naquirent :

Sous la Révolution d'Octobre[modifier | modifier le code]

Lors de la révolution d'Octobre le grand duc Paul Alexandrovitch fut arrêté et emprisonné à la forteresse Saint-Pierre-Saint-Paul, quant à la princesse Paley, elle s'installa avec ses deux filles chez des amis à Saint-Pétersbourg rebaptisée Petrograd. Olga Valerianovna tenta de faire libérer son fils Vladimir, surnommé Volodia, et son époux Paul Alexandrovitch, mais en vain : Vladimir fut exécuté sommairement avec d'autres membres de la famille impériale en juillet 1918 près d'Alapaïevsk et le grand duc Paul fut assassiné à l'intérieur de la forteresse Pierre-et-Paul en 1919. Les jeunes princesses passèrent des moments difficiles dans Petrograd révolté. Natalia Pavlovna Paley, âgée de 13 ans, fut molestée, probablement violentée par de jeunes bolcheviks, et ne s'en remettra jamais.

L'exil[modifier | modifier le code]

La princesse Valerianovna Paley

En 1919, apprenant la mort de son mari, la princesse Paley s'enfuit de Russie avec ses deux filles en gardant le secret espoir que son fils était encore en vie. Aidée d'un soldat de l'Armée blanche, elles partirent de Petrograd et marchèrent durant deux nuits et un jour, traversant le lac Ladoga gelé. Le lac étant balayé par des projecteurs actionnés par les gardes rouges, le soldat cachait les deux jeunes filles sous un linge blanc afin que l'on ne distingue pas leurs silhouettes sur le lac blanchi par la glace. Les princesses parvinrent à Helsingfors, bientôt rebaptisé Helsinki, saines et sauves.

Puis, les princesses quittèrent la Finlande et vinrent s'installer à Paris. La princesse Paley puisa dans ses ressources pour venir en aide aux exilés. Elle fit plusieurs séjours à Biarritz, où vivaient sa fille et son gendre et où une colonie russe d'exilés tentaient de s'adapter à un mode de vie bien plus modeste qu'autrefois. En 1926 elle organisa une fête de charité afin de récolter des fonds. Olga Valerianovna, princesse Paley se dépensa sans compter pour les enfants russes exilés à Paris (1927). Elle était rongée par le chagrin, mais vécut une fin digne et charitable.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dimitri et Marie sont totalement élevés par la grande-duchesse et son époux, le grand-duc Serge