Olga Ivinskaïa

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Olga Ivinskaïa

Olga Vsevolodovna Ivinskaïa (en russe : Ольга Всеволодовна Ивинская ; 16 juin 1912 à Tambov - 8 septembre 1995 à Moscou) est la muse de Boris Pasternak.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ivinskaïa est née dans une famille de la petite noblesse. Mariée et mère d'Irina Emélianova, la petite « Katia » du roman Le Docteur Jivago, elle quitte son mari jaloux (qui se suicide) pour rejoindre un nommé Vinogradov avec lequel elle a un second enfant.

Au début de l'invasion de l'URSS par l'Allemagne hitlérienne en 1941, elle traverse une partie du pays pour récupérer sa mère Maria qui a été dénoncée et erre à demi-morte de faim dans une forêt. Elle la ramène à Moscou dans le petit appartement rue Potapov, pour apprendre que son second époux a péri sur le front, à 36 ans. La guerre finie, elle trouve un emploi de secrétaire de rédaction à la revue Novy Mir.

En octobre 1946, quand Boris Pasternak la rencontre dans les bureaux de la revue, il est un écrivain déjà reconnu. Il n'est plus publié, mais occupe encore une grande datcha à Peredelkino (en), le village des artistes officiels, avec sa seconde épouse et leurs fils. Lui qui vivait de traductions retrouve le goût de la création. Depuis longtemps, il souhaitait écrire un roman. Il a presque renoncé. Olga le réveille, le rajeunit, l'inspire. Olga Ivinskaïa deviendra le prototype de Lara, la maîtresse du docteur Jivago, roman pour lequel l'écrivain obtiendra le prix Nobel de littérature en 1958.

La nouvelle de sa liaison comme celle de son livre se répandent. Il est intouchable, protégé par Staline mais en 1949, elle est arrêtée et expédiée dans un camp. Elle était enceinte et perd le bébé. Pasternak, désespéré, s'occupe de sa famille, lui envoie colis sur colis. À la mort de Staline, elle est libérée. Après la publication du Docteur Jivago, elle est à nouveau expédiée en 1960 pour quatre ans au goulag, pour "trafic de devises", une manière de la punir d'avoir permis la publication du Docteur Jivago à l'étranger.

Ses dernières années elle se bat judiciairement avec la famille de Pasternak pour récupérer les manuscrits confisqués par le KGB que Pasternak lui avait légués. En dépit de sa réhabilitation en 1988, elle n'obtient pas gain de cause.

Sa fille, Irina Emélianova, a publié des plusieurs essais sur cette période, dont un qui fut traduit en français. Elle fut l'épouse du poète et traducteur Vadim Kozovoï. Son petit-fils, Andreï Kozovoï, est historien, spécialiste de l'histoire russe au vingtième siècle, maître de conférences à l'université Charles-de-Gaulle Lille-III.

Bibliographie[modifier | modifier le code]