Olga Constantinovna de Russie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fairytale bookmark gold.png Vous lisez un « article de qualité ».
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Olga de Russie et Olga de Grèce.
Olga Constantinovna de Russie
Portrait officiel de la reine Olga de Grèce par Georgios Jakobides, 1915.
Portrait officiel de la reine Olga de Grèce
par Georgios Jakobides, 1915.
Titre
Régente de Grèce
18 novembre 192011 décembre 1920
Premier ministre Dimitrios Rallis
Prédécesseur Pavlos Koundouriotis
Successeur Constantin Ier de Grèce
Roi des Hellènes
Reine des Hellènes
27 octobre 186718 mars 1913
Prédécesseur Amalia d'Oldenbourg
Successeur Sophie de Prusse
Biographie
Titre complet Grande-duchesse de Russie,
Reine des Hellènes et
Princesse de Danemark,
Régente de Grèce
Dynastie Maison Romanov
Date de naissance 3 septembre 1851 (22 août 1851 C.J.)
Lieu de naissance Saint-Pétersbourg (Russie)
Date de décès 18 juin 1926 (à 74 ans)
Lieu de décès Rome (Italie)
Père Constantin Nicolaevitch de Russie
Mère Alexandra de Saxe-Altenbourg
Conjoint Georges Ier de Grèce
Enfant(s) Constantin Ier de Grèce
Georges de Grèce
Alexandra de Grèce
Nicolas de Grèce
Marie de Grèce
Olga de Grèce
André de Grèce
Christophe de Grèce

Olga Constantinovna de Russie
Reine des Hellènes

Olga Constantinovna de Russie (en russe : Ольга Константиновна Романова / Olga Konstantinovna Romanova et en grec moderne : Όλγα της Ελλάδας / Olga tis Elládas), grande-duchesse de Russie puis, par son mariage, reine des Hellènes et princesse de Danemark, est née le 3 septembre 1851 (22 août C.J.) au palais de Pavlovsk, à Saint-Pétersbourg, en Russie, et est morte le 18 juin 1926 à Rome, en Italie. C’est un membre de la dynastie des Romanov, une reine de Grèce (entre 1867 et 1913) et une régente de ce pays (du 18 novembre au 11 décembre 1920).

Fille du grand-duc Constantin Nikolaïevitch de Russie et de la grande-duchesse Alexandra de Saxe-Altenbourg, elle passe une enfance dorée entre Saint-Pétersbourg, la Pologne et la Crimée. Elle épouse, à l’âge de seize ans, en 1867, le roi Georges Ier de Grèce et l’accompagne dans son nouveau pays. Dans le royaume hellène, Olga s’adapte d’abord difficilement. Très vite, elle s’engage cependant dans le travail social et fonde plusieurs hôpitaux et centres d’aide aux démunis. Elle soutient également son époux, dont le règne est ponctué par différents conflits avec l’Empire ottoman. La souveraine met par ailleurs au monde une nombreuse famille, dont elle passe beaucoup de temps à s’occuper.

En 1913, Georges Ier de Grèce, l'époux d'Olga, est assassiné par un anarchiste. Désormais reine douairière, elle ne tarde pas à retourner en Russie. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, elle met en place un hôpital militaire dans le Palais de Pavlovsk, qui appartient à sa famille. Mais quand la Révolution russe se produit en 1917, elle se retrouve prisonnière dans le château et il faut l’intervention de l’ambassade du Danemark pour que les Bolcheviks l’autorisent enfin à quitter sa terre natale. Une fois à l'abri, Olga ne peut retourner en Grèce où son fils, le roi Constantin Ier, vient d’être déposé. Elle s’installe donc en Suisse, où résident désormais la plupart de ses enfants et petits-enfants, et c’est seulement en 1920 qu’elle peut rentrer à Athènes. Le pays est alors plongé dans la guerre gréco-turque de 1919-1922 et l’instabilité politique causée par la mort sans héritier du roi Alexandre Ier permet à la souveraine d’être nommée régente en attendant le retour de Constantin Ier sur le trône. Cependant, la défaite des Grecs face aux troupes de Mustapha Kemal conduit la famille royale à un nouvel exil et Olga passe les dernières années de son existence entre le Royaume-Uni, la France et l’Italie.

Famille[modifier | modifier le code]

Voir également les arbres généalogiques en fin d'article.

Olga Constantinovna est le deuxième enfant et la fille aînée du grand-duc Constantin Nicolaevitch de Russie (1827-1892) et de son épouse la princesse Alexandra de Saxe-Altenbourg (1830-1911), devenue, après sa conversion à l’orthodoxie, la grande-duchesse Alexandra Iosifovna de Russie.

Par son père, Olga est la petite-fille du tsar Nicolas Ier de Russie (1796-1855) et de la tsarine née Charlotte de Prusse (1798-1860) tandis que, par sa mère, elle a pour grand-père le duc Joseph Frédéric de Saxe-Altenburg (1789-1834).

La famille royale hellène lors d'un voyage du grand-duc Paul Alexandrovitch de Russie à Athènes, à la fin des années 1880. Sur la photo, on peut voir, de gauche à droite, le prince Nicolas, la princesse Marie (assise par terre), la reine Olga, le diadoque Constantin (debout au milieu), le grand-duc Paul Alexandrovitch (avec un petit chien sur les genoux), la princesse Alexandra, le roi Georges Ier et le prince Georges.

La grande-duchesse a également la particularité généalogique d’être une descendante, en ligne matrilinéaire, de l’impératrice byzantine Euphrosyne Doukaina Kamatera (v. 1155-1211) et de son époux Alexis III Ange (1195-1203).

Le 27 octobre 1867, elle épouse, à Saint-Pétersbourg, le roi Georges Ier de Grèce (1845-1913), lui-même fils du roi Christian IX de Danemark (1818-1906) et de son épouse la princesse Louise de Hesse-Cassel (1817-1898).

De cette union naissent huit enfants :

À travers ses enfants, Olga possède actuellement une nombreuse descendance européenne mais la souveraine est également l’ancêtre de plusieurs personnalités américaines de renom comme l’ancien maire de Palm Beach Paul Ilynsky (1928-2004), l'ex-officier de la CIA David Chavchavadze (1924) ou l’actrice Catherine Oxenberg (1961).

Biographie[modifier | modifier le code]

Grande-duchesse de Russie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse Olga de Russie vers 1861, collection particulière.

Olga Constantinovna passe une enfance dorée entre la région de Saint-Pétersbourg et la Crimée, où son père possède plusieurs résidences, parmi lesquelles le palais de Pavlovsk, où elle voit le jour en 1851[1]. Ses parents, le grand-duc Constantin Nicolaevitch et la grande-duchesse Alexandra Iosifovna, forment l’une des branches considérées comme les plus brillantes de la famille impériale de Russie : sa mère est en effet tenue pour l’une des femmes les plus intelligentes et élégantes de la Cour[2] tandis que son père est un conseiller écouté du tsar Alexandre II dit « le Libérateur »[3].

Enfant, Olga est décrite comme une petite fille simple et potelée, qui possède un large visage illuminé par de grands yeux bleus[4]. Contrairement à sa sœur cadette, la grande-duchesse Vera Constantinovna[5], elle jouirait d’un tempérament très calme mais elle se montrerait extrêmement réservée. Ainsi, il est rapporté que lorsque ses tuteurs l’interrogent durant ses leçons, elle éclate fréquemment en sanglots et s’enfuit de sa salle de classe en courant[4]. Au sein de sa famille, Olga est particulièrement proche de son père[N 1] et de son frère aîné, qui l’idolâtrerait[6]. Après le bannissement du grand-duc Nicolas Constantinovitch à Tachkent, Olga est d’ailleurs l’un des rares membres de la famille impériale à garder le contact avec lui[7].

En 1862, le grand-duc Constantin Nicolaevitch est nommé par son frère vice-roi de Pologne. Depuis le Congrès de Vienne, le pays est divisé entre la Prusse, l’Autriche et la Russie. Cette dernière, qui en occupe la plus grande partie, voit son pouvoir contesté par les nationalistes polonais. Constantin Nicolaevitch étant une personnalité libérale, Alexandre II le juge capable de s’attacher le cœur de la population. Le grand-duc s’installe donc à Varsovie avec son épouse et ses enfants. Mais le séjour des Constantinovitch en Pologne est difficile et le grand-duc est victime d’une tentative d’assassinat dès le lendemain de son arrivée dans la capitale. Finalement, l’insurrection des Polonais en janvier 1863 et la radicalisation des indépendantistes poussent le Tsar à rappeler son frère à Saint-Pétersbourg en août. Lors de ces événements, Olga est âgée d’environ onze ans et cette expérience difficile la marque profondément[8],[9].

Rencontre avec Georges Ier et fiançailles[modifier | modifier le code]

Article connexe : Georges Ier de Grèce.
Le grand-duc Constantin Nicolaevitch et sa famille. De gauche à droite figurent : le grand-duc Dimitri Constantinovitch et un aide de camp non-identifié (sur une chaise) ; le grand-duc Constantin Constantinovitch (assis par terre) ; la grande-duchesse Alexandra et le grand-duc Constantin Nicolaevitch portant le grand-duc Viatcheslav Constantinovitch (sur une chaise) ; la grande-duchesse Olga Constantinovna et le grand-duc Nicolas Constantinovitch (debout derrière le groupe).

La grande-duchesse Olga rencontre pour la première fois son futur époux, le roi Georges Ier de Grèce, en septembre 1863. Celui-ci vient alors rendre visite au tsar Alexandre II à Saint-Pétersbourg, afin de le remercier de l'avoir soutenu à l'occasion de son élection comme roi des Hellènes. Le jeune souverain en profite pour rencontrer le grand-duc Constantin et sa famille, au palais de Pavlovsk. Mais le séjour de Georges Ier en Russie ne dure que six jours et Olga, qui n'a alors que douze ans, ne semble pas s'être beaucoup intéressé au souverain[9],[10].

En 1867, les deux jeunes gens se retrouvent dans la capitale impériale alors que le roi des Hellènes, invité pendant plusieurs mois par Alexandre II, rend visite à sa sœur, la tsarevna Maria Feodorovona, et à son beau-frère, le tsarévitch Alexandre[1],[11]. À cette époque, Georges Ier est décidé à se trouver une épouse et l’idée d’une alliance avec une grande-duchesse russe, née dans la religion orthodoxe, n’est pas pour lui déplaire[12]. Dans le Palais de Marbre et à Pavlovsk, Georges fait donc connaissance avec Olga et la jeune fille ne tarde pas à tomber amoureuse de lui[N 2]. Mais elle n'en reste pas moins très angoissée à l'idée de quitter la Russie et elle aurait passé des nuits entières à pleurer dans sa chambre durant toute la période de ses fiançailles[13].

Soutenu par sa sœur[13], Georges Ier finit par demander la main d’Olga à ses parents. Mais, face à cette possible union, Constantin Nicolaevitch se montre d’abord réticent. Très proche de sa fille, le grand-duc considère en effet qu’à quinze ans, elle est encore trop jeune pour se marier. Il s’inquiète par ailleurs de l’énorme distance qui sépare la Grèce de la Russie. De son côté, la grande-duchesse Alexandra se montre beaucoup plus enthousiaste que son mari et, lorsque certains membres de la famille impériale lui font remarquer l’extrême jeunesse de sa fille, elle leur répond que celle-ci ne serait pas toujours aussi jeune[14].

La raison d’État finit donc par l’emporter et il est décidé que le mariage d'Olga et de Georges se déroulerait lorsque la grande-duchesse aurait atteint son seizième anniversaire. En attendant, la jeune fille doit redoubler d’efforts en classe afin de poursuivre sa formation et il est décidé qu’elle continuerait ses études jusqu’au jour de son mariage[14].

Reine des Hellènes[modifier | modifier le code]

Mariage[modifier | modifier le code]

Le roi Georges Ier de Grèce, né Guillaume de Danemark, en 1864.

La grande-duchesse Olga Constantinovna et le roi Georges Ier s’unissent dans la chapelle du Palais d'Hiver, à Saint-Pétersbourg, le 27 octobre 1867 et les réjouissances qui marquent leur mariage s’étalent sur cinq jours entiers. Pendant la cérémonie, Olga porte la tenue de mariage traditionnelle des Romanov : robe cousue de fils d’argent, taillée à la mode de Catherine II, avec d’énormes chaînes de diamants ainsi qu'une cape d’hermine et de velours rouge. La princesse porte également un diadème de diamants de forme kokochnik, rehaussé d’une couronne impériale miniature, et trois mèches de cheveux lui retombent sur les épaules[1],[14].

Après les festivités, Olga et Georges passent une courte lune de miel au palais de Ropcha, à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Pétersbourg. Puis, le couple part pour la Grèce et la jeune femme découvre son nouveau pays[14]. Mais, avant de quitter la Russie, Olga rend une dernière fois visite à son oncle l'empereur Alexandre II qui lui demande d’aimer « son nouveau pays deux fois plus que le sien »[15].

Une adaptation difficile[modifier | modifier le code]

L’adaptation d’Olga à sa nouvelle patrie n’est pas chose facile. Lorsqu’elle quitte la Russie et sa famille, elle est encore presque une enfant et, parmi tous ses bagages, elle emporte une malle pleine de poupées et de jouets. La souveraine est d’ailleurs si consciente de sa jeunesse qu’elle a choisi de partir pour Athènes avec sa gouvernante afin de poursuivre avec elle son éducation[1],[14].

Quand Olga et Georges arrivent au Pirée, après leur voyage en bateau, la jeune reine porte une robe bleue et blanche, aux couleurs nationales de la Grèce, et la foule l’ovationne. Sur le chemin de la capitale, l’agitation populaire est telle qu’Olga, qui n’est pas habituée à de telles démonstrations, est au bord des larmes. Pourtant, la jeune fille n’a guère le temps de se reposer car la valse des représentations officielles l’emporte durant plusieurs jours et cela alors qu’elle ne parle même pas encore grec. Pour la souveraine, le choc est si grand que, quelques jours après son arrivée dans le royaume, on la retrouve sanglotant sous un escalier avec son ours en peluche préféré dans les bras alors qu’elle est attendue pour un événement officiel[1],[3].

Malgré tout, Olga est une jeune femme appliquée et elle fait de son mieux pour apprendre son métier de reine. Elle parvient ainsi à maîtriser en moins d’un an le grec et l’anglais[3],[N 3]. Elle apprend également à se comporter en souveraine et à recevoir des visiteurs en audience. Pourtant, ses premiers pas sont hésitants et, si elle parvient à faire grande impression lors de sa première réception officielle, c’est autant à cause du respect qu’elle réussit à imposer aux fidèles venus la rencontrer que parce que ceux-ci la surprennent peu après en train de demander à Georges Ier si elle s’est bien comportée[16].

Pour apprendre son métier de reine, Olga peut compter sur les conseils de son époux et de sa famille. La souveraine entretient en effet une importante correspondance avec les Constantinovitch et c’est sa mère, la grande-duchesse Alexandra, qui lui conseille de s’intéresser davantage à l’archéologie et au passé de la Grèce afin de flatter l’amour propre de son peuple et de s’en attirer ainsi les bonnes grâces[17].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Tout au long de leur mariage, Georges Ier et Olga forment un ménage très uni, malgré les infidélités occasionnelles du souverain, d'ailleurs acceptées par la reine[18],[19]. Contrairement à la coutume de l’époque, le couple passe beaucoup de temps avec ses nombreux enfants (voir ci-dessus) et ceux-ci grandissent dans une atmosphère chaleureuse[20]. Mais, en vieillissant, Georges Ier se montre parfois tyrannique avec ses fils et Olga se lamente alors des querelles qui divisent périodiquement la famille royale[21].

En privé, la reine Olga et le roi Georges Ier communiquent en allemand car c’est la seule langue qu’ils parlaient tous les deux lorsqu'ils se sont connus. De fait, à l’époque, le souverain domine mal le français et absolument pas le russe, tandis que son épouse ne parle ni danois, ni grec, ni anglais[22]. Cependant, la situation a beaucoup évolué lorsque les enfants d’Olga et de Georges Ier voient le jour. Ainsi, les monarques utilisent avec leurs enfants la langue de Shakespeare[N 4], même s’ils exigent que les enfants parlent grec entre eux[23].

La reine Olga et son dernier fils, le prince Christophe de Grèce, en 1889.

En Grèce, la vie de la famille royale est relativement tranquille et retirée. La cour athénienne est loin d’être aussi brillante et fastueuse que celle de Saint-Pétersbourg[24] et les journées, dans la capitale grecque, sont parfois monotones pour les membres de la famille royale[25]. Au printemps et en hiver, elles se partagent entre le palais royal de la place SyntagmaAthènes) et celui de Tatoi (au pied du Parnès). Puis, pendant les quatre mois d'été, elles se déroulent au palais de Mon ReposCorfou) et à l’étranger : à Aix-les-Bains (en France), à Fredensborg (au Danemark) ou dans la capitale russe[26]. Les parents étrangers d’Olga et de Georges (l'impératrice de Russie, le tsarévitch, la princesse de Galles, etc.), se rendent par ailleurs à plusieurs reprises en Grèce[27].

Lorsqu'elle se trouve dans la capitale grecque, il n'est pas rare que la famille royale se rende, le dimanche, à Phalère, pour y marcher au bord de l'eau. Olga, Georges et leurs enfants prennent alors l'omnibus à cheval qui passe devant le palais et dans lequel un compartiment leur est réservé. L'omnibus s'arrête, les trompettes du palais sonnent et la famille royale sort rapidement, afin de montrer ostensiblement son désir de ne pas faire attendre trop longtemps les autres passagers. Cette attitude rapproche la famille royale de la population et fait beaucoup pour entretenir une popularité parfois vacillante. Georges Ier a coutume de répéter à ses enfants : « N'oubliez jamais que vous êtes des étrangers parmi les Grecs, et faites en sorte qu'ils ne s'en souviennent jamais »[27].

Olga a beaucoup plus de mal que son époux à se départir de son tempérament originel et elle tend à se montrer très nostalgique de sa vie en Russie. La chambre de la reine est ainsi remplie d’icônes qu’elle a amenées de son pays natal et, dans la chapelle du palais, ce sont toujours des chants slaves qu’elle entonne avec ses enfants. Surtout, lorsque des marins russes sont de passage dans la capitale, la souveraine leur rend de nombreuses visites et n’hésite pas à les inviter au palais royal[28]. Depuis son mariage en 1867, Olga a la particularité d'être la seule femme de l'histoire à porter le titre d'amiral de la flotte impériale[N 5] et ce n'est donc pas sans raison qu'elle désire se montrer aimable vis-à-vis des marins russes de passage à Athènes[13],[29].

Lorsque le prince Christophe de Grèce, huitième et dernier enfant d'Olga et de Georges, naît en 1888, la souveraine décide d’en faire son « petit Russe ». Alors qu’elle a accouché de chacun de ses aînés en Grèce, la reine donne le jour au petit garçon au palais de Pavlovsk. L’enfant reçoit par ailleurs pour parrain et marraine le beau-frère et la belle-sœur d'Olga, l'empereur Alexandre III et l'impératrice Maria Feodorovna de Russie[30]. Dans les années qui suivent, la souveraine a en outre la satisfaction de marier trois de ses autres enfants, le prince Nicolas et les princesses Alexandra et Marie, à des Romanov[N 6]. Évidemment, ces unions donnent à la souveraine une excuse supplémentaire pour se rendre en voyage en Russie.

Influence politique[modifier | modifier le code]

La reine Olga de Grèce en 1880.

Comme la plupart des Romanov, la reine Olga est radicalement opposée à la démocratie et soutient fermement l’autocratie. Son fils Nicolas rapporte ainsi, dans ses Mémoires, qu’un jour qu’il lui parlait de l’importance de l’opinion publique, la reine lui a rétorqué (en français) : « Je préfère être gouvernée par un lion bien né que par quatre-cent rats de mon espèce. »[31].

Cependant, l’intérêt de la reine pour la politique est limité. Et même si certains auteurs la présentent comme un soutien du parti russe et du panslavisme[32], tous s’accordent pour dire qu’elle n’a pas eu de réelle influence politique sur son époux et qu’elle n’a pas vraiment cherché à infléchir le régime parlementaire grec[33],[34]. De fait, Georges Ier s’est toujours montré respectueux du régime constitutionnel sous son règne et il ne s’est jamais laissé influencer par sa famille au moment de prendre une décision politique[35]. Il est en revanche probable que l’ascendant de la souveraine a été plus important sur ses enfants, et notamment sur son deuxième fils, Georges, nommé haut-commissaire de la Crète autonome entre 1898 et 1906. Selon Édouard Driault et Michel Lhéritier, les conseils d’Olga au prince auraient ainsi fortement contribué au durcissement, et à l’échec final, de sa politique[36].

Quant aux relations de la souveraine avec la Russie, elles ont davantage servi à protéger la Grèce lorsqu’elle se trouvait dans une position difficile (comme après le désastre de la Guerre gréco-turque de 1897[37]) qu’à favoriser les Slaves contre le royaume hellène. Ainsi, pendant la Première Guerre balkanique, Olga s’est immédiatement positionnée contre la présence bulgare à Thessalonique et n’a pas hésité à tenir un discours très patriotique devant le roi Ferdinand Ier de Bulgarie[38]. Il semble, en revanche, qu'Olga n'ait jamais réellement cru à la possibilité d'une reconquête de Constantinople par les Grecs et qu'elle ait, sur ce point, été plutôt favorable à une présence russe aux Détroits[39].

Finalement, le rôle politique d’Olga est surtout symbolique et se résume largement à recevoir en audience, à Athènes, les dames de la haute société grecque et les étrangères de passage qui demandent à la rencontrer[40]. L’action de la souveraine est, en revanche, beaucoup plus importante dans le domaine social.

Travail social[modifier | modifier le code]

Bien que russe de cœur, la reine Olga est loin de se désintéresser de ses sujets grecs. Dès son arrivée à Athènes, et alors qu’elle a seulement seize ans, la souveraine s'engage dans des œuvres de charité s'occupant des malades, des mendiants, des enfants et des femmes. Elle reprend ainsi le patronage de l’Amalion, l’orphelinat fondé par l’ex-reine Amalia de Grèce, derrière les jardins du palais royal, et de l’Arsakion, une importante école de filles située sur le boulevard de l’Université. Surtout, elle fonde de nouvelles institutions destinées aux nécessiteux. Grâce à sa cassette personnelle et au soutien de riches donateurs, Olga fait ainsi construire un hospice destiné à l’accueil des malades incurables et un autre pour les vieillards paralytiques, ainsi qu’un sanatorium (nommé Santeria)[41].

Dans la capitale, la souveraine fonde en outre une société d’aide aux pauvres et un jardin d'enfants de parents nécessiteux. Elle met en place au Pirée une soupe populaire qui sert également d’école de cuisine pour les jeunes filles pauvres. Rapidement, cette institution connaît un très vif succès : elle est alors agrandie et transformée en école du dimanche pour les filles d’ouvriers avant de devenir une école et un atelier de tissage pour jeunes filles et vieilles femmes en difficulté[42].

Le philanthrope grec Georges Averoff.

Avant l’arrivée d’Olga en Grèce, il n’existait qu’un seul type de prison dans le pays et hommes, femmes et adolescents délinquants étaient incarcérés dans les mêmes établissements pénitentiaires. Avec le soutien de riches philanthropes comme Georges Averoff, la souveraine fait donc construire une prison pour femmes dans la capitale et une série de maisons de redressement dans tout le pays[43].

Déjà patronne de deux hôpitaux militaires athéniens, Olga fait construire l'hôpital russe du Pirée en mémoire de sa fille, la grande-duchesse Alexandra de Russie, décédée en 1891. Cette institution, principalement destinée aux marins russes, est ouverte à tous les hommes de mer de passage en Grèce : ils y paient trente lepta la consultation et leurs médicaments sont alors gratuits[44],[45].

Cependant, la grande réalisation de la reine reste l'hôpital athénien Evangelismos, édifié dans la rue Kephisia avec le soutien financier du philanthrope Andréas Syngrós. Il s'agit là d’une institution très moderne, qui sert à la fois de centre de soin et d’école d’infirmières placée sous la direction de Miss Reinhard, une infirmière danoise arrivée en Grèce pendant la guerre contre l'Empire ottoman de 1897. Lorsqu'elle se trouve dans la capitale, la souveraine s'y rend presque tous les jours pour visiter les malades et s'assurer du bon fonctionnement de l'institution[46],[47].

Sous le règne de Georges Ier, Olga fait également œuvre d’infirmière pendant les conflits qui opposent la Grèce à ses voisins. En compagnie de ses fille et belles-filles, elle organise ainsi des hôpitaux de campagne sur le front et soigne personnellement des soldats blessés à la Guerre gréco-turque de 1897 et la Première Guerre balkanique (1912-1913)[48]. Son travail avec les blessés lui vaut d'ailleurs d'être décorée, en compagnie de sa belle-fille Sophie, de la Croix rouge royale par la reine Victoria du Royaume-Uni en décembre 1897[49].

Grâce à ses bonnes œuvres, la souveraine se gagne rapidement l'affection de ses sujets et devient ainsi la reine la plus populaire de l'histoire grecque[50]. Malgré tout, elle n'est pas sans soulever quelques polémiques durant le règne de son époux.

La crise évangélique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Evangelika.

Orthodoxe de naissance, contrairement à son mari qui a été élevé dans la foi luthérienne, la reine Olga prend conscience, en rendant visite aux soldats hellènes blessés à la guerre gréco-turque de 1897, que la plupart sont incapables de lire la Bible. La version du texte sacré alors utilisée par l’Église grecque contient la Septante (traduction grecque de l’Ancien Testament datant du IIIe siècle av. J.C.) et les originaux grecs du Nouveau Testament (datant du Ier siècle). Mais ces textes sont tous écrits en koinè, autrement dit en grec ancien, alors que la majorité des contemporains de la reine Olga ne le comprend pas et utilise plutôt la katharévousa, version « purifiée » du grec moderne. La reine décide donc de faire traduire la Bible dans une version compréhensible pour un plus grand nombre de Grecs. Mais, ce faisant, elle s’oppose à une partie des élites qui considèrent une telle traduction comme « une renonciation à l’héritage sacré de la Grèce »[15].

Représentation de l'émeute du 8 novembre 1901, point culminant de la crise évangélique.

C'est en février 1901 que sort la traduction du Nouveau Testament en katharévousa écrite par la secrétaire de la reine, Iulia Somaki, et soutenue par la souveraine. Le texte est vendu à une drachme, prix bien en dessous du coût réel de l’édition, et connaît donc un important succès. Pour atténuer les critiques liées à la traduction, les Évangiles sont publiés dans leurs différentes versions, tant nouvelles qu’originales, et le frontispice de l’édition précise clairement que le texte est destiné à un usage strictement familial et en aucun cas pour l’église. Mais, publiée sans l’aval du Saint Synode (et même en dépit de l'opposition de celui-ci), la Bible d’Olga soulève rapidement les critiques[51].

À la même époque, une autre traduction du texte sacré est réalisée par Alexandros Pallis, figure importante du mouvement littéraire soutenant l'utilisation de la langue grecque populaire (la dhimotikí) en littérature. La publication de la traduction de Pallis commence le 9 septembre 1901 dans le journal Acropolis. Presque immédiatement, les théologiens puristes dénoncent cette version comme une « insulte contre les vestiges les plus précieux de la nation » tandis qu’une fraction de la presse hellène accuse Pallis et ses soutiens de blasphème et de trahison. Finalement, le patriarche œcuménique de Constantinople Joachim III dénonce la traduction, ce qui alimente davantage les oppositions. Du 5 au 8 novembre, des émeutes, soutenues par des professeurs conservateurs, se produisent à l’Université nationale capodistrienne d’Athènes. Les étudiants demandent l’excommunication de Pallis et de tous ceux qui sont impliqués dans les traductions bibliques, y compris la reine Olga et l’archevêque d’Athènes, Procope II, qui a supervisé la première traduction à la demande personnelle de la souveraine[52].

Le conflit entre les émeutiers et la troupe grecque, envoyée pour restaurer l’ordre, fait huit morts et plus de soixante blessés. Pour apaiser la situation, le gouvernement de Georges Ier confisque toutes les copies restantes des traductions bibliques tandis que le Saint-Synode menace d'en excommunier tous les lecteurs. La reine Olga et les autres artisans des traductions ne sont pas condamnés mais les émeutes, connues sous le nom de crise évangélique, provoquent malgré tout la démission du métropolite Procope II et du gouvernement du Premier ministre Georgios Theotokis[53].

Reine douairière[modifier | modifier le code]

L’assassinat de Georges Ier[modifier | modifier le code]

En 1913, la Première Guerre balkanique se termine par la défaite de l’Empire ottoman, vaincu par les forces grecques, bulgares, serbes et monténégrines coalisées. Le royaume hellène sort considérablement agrandi du conflit mais, rapidement, des dissensions se font sentir entre les puissances alliées : Athènes et Sofia se disputent en effet la possession de Thessalonique et de sa région[54].

Carte postale souvenir prise lors des funérailles du roi Georges Ier.

Afin d’affirmer le droit des Grecs sur la principale ville de Macédoine, le roi Georges Ier se rend dans la cité quelque temps après sa conquête par le diadoque Constantin, le 8 décembre 1912. Durant son long séjour dans la ville, le souverain sort tous les jours se promener sans escorte dans les rues, comme il en a pris l’habitude à Athènes. Or, le 18 mars 1913, l'anarchiste grec Aléxandros Schinás profite de la quasi-solitude du roi pour l’assassiner d’un coup de feu, alors qu’il se trouve près de la Tour blanche[55].

Lorsque son époux est assassiné, la reine Olga se trouve loin de lui, à Athènes, et ce sont sa belle-fille Sophie et sa petite-fille Hélène qui lui annoncent la nouvelle[N 7]. Mise au courant, la reine déclare calmement que ce qui vient de se passer « est la volonté de Dieu » et elle décide de se préparer pour rejoindre Thessalonique dès le lendemain. Dans la cité macédonienne, Olga et la famille royale visitent les lieux de l’assassinat et se recueillent sur le corps du roi avant de le raccompagner à Athènes puis de l’enterrer à Tatoï[56].

Pour Olga, ces événements signifient à la fois la perte de son mari et d'une grande partie de ses fonctions officielles. L'arrivée de son fils Constantin Ier sur le trône hellène s'accompagne, en effet, de la promotion de l’épouse de celui-ci, la princesse Sophie de Prusse, au rang de nouvelle reine de Grèce. Désormais reine douairière, Olga s’installe dans une aile du palais royal. Elle ne tarde cependant pas à regagner sa terre natale, où elle passe de longues périodes en compagnie de son frère cadet, le grand-duc Constantin Constantinovitch, et de la famille de celui-ci[24],[57].

Retour en Russie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Première Guerre mondiale.
Le palais de Pavlovsk à la fin du XIXe siècle.

En août 1914, Olga se trouve en Russie lorsque éclate la Première Guerre mondiale[58]. La reine décide alors de rester à Saint-Pétersbourg et d’y fonder un hôpital militaire afin de soutenir l'effort de guerre de son pays natal[59]. Cette attitude tranche grandement avec celle de son fils aîné, le roi Constantin Ier, qui se montre beaucoup plus mesuré vis-à-vis des puissances de l’Entente[60].

Au palais de Pavlovsk, qui appartient désormais au grand-duc Constantin Constantinovitch, la reine ouvre donc un dispensaire où elle soigne des soldats blessés avec sa belle-sœur, la grande-duchesse Élisabeth Mavrikievna. Son travail fait d’ailleurs des émules au sein de la famille impériale et l’une de ses nièces, la princesse Hélène de Serbie, et l’une de ses petites-filles, la grande-duchesse Maria Pavlovna de Russie, fondent des hôpitaux de campagne sur le front[61],[62].

Cependant, à mesure que la guerre s’enlise et que la crise s’intensifie en Russie, Olga prend conscience du danger qui guette la famille impériale. Profitant de l’affection que lui portent le tsar Nicolas II et la tsarine Alexandra Feodorovna[N 8], la reine de Grèce tente, en 1916, d’avertir l’impératrice de l’imminence d’une révolution mais la souveraine russe refuse de l’écouter. Quelques semaines plus tard, Olga s’attire même la fureur de la tsarine après qu’elle a signé une pétition demandant la grâce pour son petit-fils, le grand-duc Dimitri Pavlovitch, exilé sur le front perse à la suite de l’assassinat du mystique Raspoutine[63],[64].

La Révolution russe[modifier | modifier le code]

Article connexe : Révolution russe.
La famille impériale de Russie en 1913. Sur cette photo, on peut voir, de gauche à droite, les grandes-duchesses Olga et Maria, le tsar Nicolas II, la tsarine Alexandra Feodorovna, la grande-duchesse Anastasia, le tsarevitch Alexis et la grande-duchesse Tatiana. Tous sont massacrés par les Bolcheviks le 17 juillet 1918.

Finalement, la Révolution survient en février 1917 et le régime tsariste s’effondre. Rapidement, la situation d’Olga et de sa famille devient encore plus difficile. Devant l’isolement du palais de Pavlovsk, la belle-sœur et les neveux de la reine des Hellènes décident de gagner Petrograd mais cette dernière refuse de quitter la résidence de son enfance et elle s’y retrouve bientôt presque seule, accompagnée uniquement d’une jeune domestique nommée Anna Egorova[N 9]. Du fait de la pénurie, l’alimentation des deux femmes se limite à un peu de pain sec trempé dans de la mauvaise huile. Surtout, à Pavlovsk, leur sécurité est loin d’être assurée. Quelques jours après la Révolution d’Octobre et la prise du pouvoir par Lénine, des Bolcheviks envahissent, à deux reprises, le palais princier et le saccagent. Heureusement pour Olga, sa domestique est une femme de caractère qui parvient à la protéger de la foule de révolutionnaires[65].

À la suite de ces événements, la reine Olga accepte de gagner Petrograd pour quitter la Russie. Mais les Bolcheviks refusent pendant longtemps de la laisser partir et le Schisme national, qui secoue au même moment la Grèce, empêche la souveraine de trouver secours auprès de son propre gouvernement. Après plusieurs mois d’appel à l’aide, c’est donc la légation danoise qui finit par remettre un passeport à la souveraine. Sous le nom d’« Olga Hellènes », elle pénètre en Allemagne à la veille de la défaite des puissances centrales puis gagne la Suisse, début 1919. Dans ce pays, elle retrouve son fils aîné et sa famille, exilés depuis le mois de juin 1917[59],[66].

Malgré la peur et l'épuisement, la reine Olga a eu beaucoup de chance durant ces événements. De fait, avec la Révolution, dix-sept de ses parents ont trouvé la mort, parmi lesquels ses deux gendres russes, les grands-ducs Paul Alexandrovitch et Georges Mikhaïlovitch, l’un de ses frères, le grand-duc Dimitri Constantinovitch, ainsi que plusieurs de ses neveux et nièces, dont le Tsar et la Tsarine. Pour la reine de Grèce, le traumatisme est tel qu’elle souhaite désormais rompre tout lien avec le pays qui a massacré sa famille. Avant de mourir, elle fait ainsi jurer à son petit-fils, le roi Georges II de Grèce, de rapatrier à Tatoï les cendres de la princesse Alexandra, enterrée à la cathédrale Pierre-et-Paul, après sa restauration sur le trône hellène[N 10],[67].

Premier exil[modifier | modifier le code]

Le Schisme national et la déposition de Constantin Ier[modifier | modifier le code]

Le roi Constantin Ier de Grèce et sa famille vers 1914. Au centre, on peut voir la reine Sophie et le roi Constantin Ier de Grèce avec, autour d'eux, les futurs rois Paul Ier, Alexandre Ier et Georges II de Grèce ainsi que les futures reines Hélène de Roumanie et Irène de Croatie.

Si les Romanov sont particulièrement touchés par les bouleversements politiques dus à la Première Guerre mondiale, la famille royale de Grèce ne sort pas non plus indemne du conflit. Soutenu par une bonne partie de l’Armée et de l’opinion publique hellènes qui considèrent que la Grèce n'est pas prête à supporter un nouveau conflit, le roi Constantin Ier refuse tout d’abord de faire entrer son pays dans la guerre. Mais sa politique neutraliste s’oppose rapidement à celle de son Premier ministre, Elefthérios Venizélos, et à celle des pays de l’Entente. Constantin Ier étant le beau-frère du kaiser Guillaume II d’Allemagne, il ne tarde pas à être accusé d'avoir une attitude germanophile et le gouvernement athénien est regardé avec suspicion à Londres et surtout à Paris[68]. Profitant de l’isolement diplomatique du souverain et de la bienveillance dont il bénéficie auprès des Alliés, Venizélos établit, en 1916, un gouvernement parallèle à Thessalonique et la Grèce sombre alors dans le Schisme national[69].

Avec la Révolution russe et l'abdication du tsar Nicolas II en mars 1917, Constantin Ier perd le dernier de ses soutiens au sein de l’Entente et il est finalement déposé et exilé en Suisse en juin 1917. Mais les Alliés ne souhaitant ni instaurer la république en Grèce ni voir le diadoque Georges succéder à son père, le souverain est remplacé sur le trône par son deuxième fils, le jeune Alexandre Ier, jugé à la fois plus favorable aux Alliés et plus malléable que son frère aîné[70]. Malgré tout, la monarchie a beau être conservée à Athènes, la réalité du pouvoir est désormais placée entre les mains d’Elefthérios Venizélos, qui redevient Premier ministre tandis que les soutiens du roi destitué sont arrêtés ou exécutés[71].

En Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, Constantin Ier et sa famille se retrouvent totalement isolés et désargentés. De fait, depuis le retour d’Elefthérios Venizélos au pouvoir, le gouvernement grec ne verse plus aucune pension aux anciens souverains. Bien plus, il interdit tout contact entre les exilés et le roi Alexandre Ier. De santé déjà fragile, l’ancien souverain sombre peu à peu dans la dépression tandis que son épouse se morfond d’inquiétude pour son mari et pour son fils[72].

De son côté, Olga se retrouve tout aussi désargentée que ses enfants : la Révolution russe et le Schisme national l’ont en effet privée de l’essentiel de ses revenus et elle doit mener en Suisse une existence beaucoup moins fastueuse que par le passé[73]. La reine douairière ne se laisse cependant pas abattre et profite de l’exil pour passer plus de temps avec ses fils Constantin, Nicolas, André et Christophe[N 11], dont elle a été séparée tout au long de la Grande Guerre, et pour s’occuper de ses nombreux petits-enfants grecs[74].

Régente de Grèce[modifier | modifier le code]

La mort d’Alexandre Ier[modifier | modifier le code]

Article connexe : Alexandre Ier de Grèce.
La reine Olga de Grèce par Philip Alexius de László, 1914, collection particulière.

Le 2 octobre 1920, le roi Alexandre Ier est mordu par un singe domestique alors qu’il se promène dans le domaine de Tatoï. Rapidement, sa plaie s’infecte et il est atteint de septicémie. Le 19 octobre, il commence à délirer et appelle sa mère à son chevet. Cependant, le gouvernement hellène refuse d’autoriser la reine Sophie à revenir en Grèce[75].

Très inquiète pour son fils et consciente que seule sa belle-mère trouve encore grâce aux yeux des vénizélistes, l’ancienne souveraine demande à Olga de se rendre à Athènes pour y soigner Alexandre. Après quelques jours de tractations, la reine douairière obtient l’autorisation de rentrer en Grèce mais, retardée par une mer agitée, elle arrive douze heures après la mort de son petit-fils, le 25 octobre[76]. Deux jours plus tard, la dépouille du jeune roi est ensevelie à Tatoï et Olga est le seul membre de la famille royale à pouvoir assister aux funérailles[77].

La question de la succession[modifier | modifier le code]

À Athènes, la disparition d’Alexandre Ier donne lieu à une grave crise institutionnelle. Toujours opposé au retour de Constantin Ier et du diadoque Georges en Grèce, le gouvernement d'Elefthérios Venizélos offre la couronne hellène au prince Paul, troisième fils du souverain déposé. Cependant, celui-ci refuse de monter sur le trône avant son père et son frère aîné à moins qu’un référendum l’appelle à la tête de l’État[78],[79].

Or, la situation des vénizélistes est déjà rendue précaire par les difficultés que connaît Athènes durant la Guerre gréco-turque de 1919-1922. Les partisans du roi Constantin Ier connaissent donc un regain de popularité et Venizélos est vaincu aux élections législatives de novembre 1920. Le retour des monarchistes au pouvoir conduit à la démission des cadres vénizélistes et, le 17 novembre, l'amiral Pavlos Koundouriotis, nommé régent au décès d'Alexandre Ier, choisit de quitter ses fonctions. Le nouveau Premier ministre grec, Dimitrios Rallis, demande donc à la reine Olga d'assurer la régence jusqu'au retour de son fils, le 19 décembre 1920. Pendant environ un mois, Olga est placée à la tête du royaume hellène mais son rôle se limite à peu près à préparer la restauration de Constantin[80].

Deuxième exil[modifier | modifier le code]

Les conséquences de la Guerre gréco-turque[modifier | modifier le code]

Le prince André de Grèce par Philip Alexius de Laszlo, 1913, collection du duc d'Édimbourg.

Le retour de Constantin Ier sur le trône se produit dans un contexte particulièrement difficile. La Guerre gréco-turque, déclenchée en mai 1919, se prolonge mais la défaite hellène de la Sakarya de septembre 1921 marque le début du reflux de l'armée grecque tandis que la rancune des alliés vis-à-vis du beau-frère du Kaiser interdit à Athènes de recevoir des soutiens extérieurs[81],[82]. Mustapha Kemal, le nouveau leader turc, parvient ainsi à reconquérir la région de Smyrne et la Thrace orientale, annexées par Athènes à la fin de la Première Guerre mondiale, tandis que des centaines de milliers de Grecs d'Anatolie sont chassés de chez eux[83]. C'est la « Grande Catastrophe », consacrée par le Traité de Lausanne du 24 juillet 1923.

Pour la famille royale, les conséquences de ces événements sont très graves. Le 27 septembre 1922, Constantin Ier doit abdiquer pour la seconde fois à la suite du coup d'État du colonel Nikolaos Plastiras. Avec plusieurs autres membres de sa parentèle, dont sa mère, la reine Olga, il part en exil en Italie tandis que son fils aîné lui succède pour quelques mois sur le trône sous le nom Georges II[84].

Dans le même temps, l'avant dernier enfant de la reine Olga, le prince André, est accusé d’avoir provoqué la défaite grecque face à la Turquie alors qu’il était commandant des troupes hellènes à la Sakarya. Arrêté par les forces du nouveau régime, il est jugé par un tribunal militaire qui menace de le faire exécuter. Face à cette possibilité, la reine douairière fait tout son possible pour sauver son fils : elle contacte les gouvernements occidentaux et profite de son réseau familial pour faire pression sur le gouvernement athénien[N 12]. Finalement, le prince est libéré et quitte la Grèce avec son épouse et ses enfants[85],[86].

Une fin de vie itinérante[modifier | modifier le code]

Une fois sa famille en sécurité, Olga organise sa vie en exil. Contrairement à ses enfants et petits-enfants, l’ex-reine des Hellènes reçoit une pension de la République hellénique, ce qui lui permet d’assurer décemment son existence. Mais son train de vie est évidemment beaucoup plus modeste que du temps de la monarchie. De fait, Olga entretient de sa cassette personnelle de nombreux fidèles et anciens domestiques ayant fui la Grèce et il ne lui reste généralement pas plus de 20 livres par mois pour faire face à ses propres dépenses[87].

La reine Olga lors du mariage du prince Christophe de Grèce avec sa première épouse, May « Nancy » Stewart Worthington Leeds (1920).

La reine douairière peut cependant compter sur le soutien de sa famille, disséminée à travers toute l’Europe occidentale. Au Royaume-Uni, où elle ne tarde pas à s’installer une fois le sort du prince André réglé, l’ex-souveraine partage ainsi son existence entre Spencer House, résidence de son fils cadet, le prince Christophe, Regent's Park, où sa fille, la grande-duchesse Marie, loue un hôtel particulier, Sandringham House, palais de sa belle-sœur, la reine Alexandra, et Windsor et Buckingham Palace, où son neveu, le roi Georges V, lui prête des appartements[87],[88].

À Paris, où elle séjourne à plusieurs reprises dans le but de suivre un traitement pour ses yeux[89], elle est hébergée par son deuxième fils, le prince Georges, et par l’épouse de celui-ci, la princesse Marie Bonaparte. Enfin, en Suisse, l’ex-souveraine se rend chez le prince Nicolas.

Les dernières années d’Olga sont marquées par les problèmes de santé. En vieillissant, la reine douairière est contrainte à se déplacer en fauteuil roulant tandis que sa vue décline, ce qui donne parfois lieu à des situations cocasses. Ainsi, un jour qu’elle se promène avec un domestique dans les jardins de Windsor, elle confond une statue de Lady Godiva[N 13] avec celle de la reine Victoria, scène qui fait par la suite beaucoup rire le roi Georges V[89]. De plus en plus dépendante, Olga finit par s’installer auprès du prince Christophe, devenu veuf de sa première femme, la riche américaine May « Nancy » Stewart Worthington Leeds en 1923. Elle s’installe alors à la Villa Anastasia de Rome et c’est dans cette résidence qu’elle trouve la mort, le 18 juin 1926[87],[90].

Funérailles[modifier | modifier le code]

S’ils sont profondément divisés à propos de leur ancienne famille royale, les Grecs tiennent Olga en haute estime et la nouvelle de sa disparition touche profondément la population hellène. En conséquence, le gouvernement républicain propose aux Oldenbourg de financer les funérailles de la reine et de rapatrier sa dépouille sur le territoire national. Cependant, les enfants d’Olga déclinent l’offre de la République et choisissent d’enterrer la souveraine en Italie, auprès de son fils, le roi Constantin Ier, dont la Grèce n’avait pas voulu à sa mort en 1923[91].

Le 22 juin 1926, les funérailles d’Olga se déroulent donc à l’église orthodoxe de Rome puis son corps est transféré dans la crypte de l’église russe de Florence[87],[91]. Dix ans plus tard, en 1936, les cendres de l’ancienne souveraine, de son fils et de sa belle-fille sont finalement rapatriées à Tatoï par le roi Georges II, restauré quelques mois auparavant sur le trône[92].

La reine Olga dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Ruban de l'ordre des Saintes Olga et Sophie.
En littérature
À la télévision

Le rôle d'Olga est interprété par l'actrice grecque Louiza Podimata dans la mini-série américaine en deux épisodes The First Olympics: Athens 1896, réalisée par Alvin Rakoff (1984)[93].

En phaléristique
En philatélie

Différents timbres à l’effigie de la reine Olga ont été émis par la Poste grecque :

  • En 1955 et 1957, deux timbres de 0,5 drachmes ;
  • En 1963, un timbre de 2,5 drachmes en l’honneur de son activité d’infirmière au sein de la Croix-Rouge[95].
Dans la Marine
En botanique
  • Une rose a été nommée Queen Olga of Greece (en français : Reine Olga de Grèce) en référence à la souveraine[98].

Arbres généalogiques[modifier | modifier le code]

Les origines byzantines de la reine Olga[modifier | modifier le code]

La descendance européenne d'Olga et de Georges Ier[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies d'Olga[modifier | modifier le code]

  • (en) Arturo E. Beéche, « Queen Olga of the Hellenes » dans European Royal History Journal n° 51, juin 2006.
  • (en) Marie von Bothmer, « Queen Olga of Greece, née Grand Duchess of Russia » dans The Sovereign ladies of Europe, Adamant Media Corporation, 1899, p. 169-194 (ISBN 1421270935) (Lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Walter Christmas, The Wife of King George I of Greece, Royalty digest, 1998 (réédition) (ISBN 190515917X)

Sur Olga et les Romanov[modifier | modifier le code]

  • (en) Greg King et Penny Wilson, Gilded Prism, The Konstantinovichi Grand Dukes and the Last Years of the Romanov Dynasty, Eurohistory, 2006. (ISBN 0-9771961-4-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John Van der Kiste, The Romanovs 1818-1958, Sutton publishing, 1998. (ISBN 075093459X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Charlotte Zeepvat, Romanov Autumn: The Last Century of Imperial Russia, Sutton Publishing Ltd, 2007. (ISBN 0750944188) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Sur Olga et la famille royale de Grèce[modifier | modifier le code]

  • (fr) Célia Bertin, Marie Bonaparte, Perrin, Paris, 1982. (ISBN 226201602X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Walter Christmas, King George of Greece, MacBride, Naste & Company, New York, 1914, traduit du danois. (ISBN 1402175272) (Lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Julia Gelardi, Born to Rule: Granddaughters of Victoria, Queens of Europe, Headline Review, 2006. (ISBN 0755313925) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Michael of Greece, Arturo B. Eéche et Helen Hemis-Markesinis, The Royal Hellenic dynasty, Eurohistory, 2007. (ISBN 0977196151)
  • (es) Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofίa, La Dinastίa griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, La Esfera de los Libros, Madrid, 2004 (ISBN 84-9734-195-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John Van der Kiste, Kings of the Hellenes. The Greek Kings 1863-1974, Sutton publishing, 1999. (ISBN 0750921471) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Hugo Vickers, Alice, Princess Andrew of Greece, Hamish Hamilton, Londres, 2000. (ISBN 0-241-13686-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Souvenirs et mémoires des princes de Grèce[modifier | modifier le code]

Histoire de la Grèce[modifier | modifier le code]

  • (en) Philip Carabott, « Politics, Orthodoxy and the Language Question in Greece: The Gospel Riots of November 1901 » dans Journal of Mediterranean Studies n° 3, 1993, p. 117-138. (ISSN 10163476) (Lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Édouard Driault et Michel Lhéritier, Histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours. Tomes III, IV et V, Paris, PUF, 1926. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Michael LLewellyn Smith, Olympics in Athens. 1896, Profile Books, Londres, 2004. (ISBN 1-8619-7342-X) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une preuve des liens étroits unissant Olga au grand-duc Constantin Nicolaevitch est, qu’une fois devenue reine, elle accueille, à Athènes, l’une des filles illégitimes de son père, Maria Condorusso, et en fait une de ses dames de compagnie. Greg King et Penny Wilson, Gilded Prism, The Konstantinovichi Grand Dukes and the Last Years of the Romanov Dynasty, Eurohistory, 2006, p. 39.
  2. Devenue mère, Olga raconte souvent sa rencontre avec Georges à leurs enfants. Elle précise alors toujours : « Je suis tombée amoureuse de l’homme, pas du roi. » Grand Duchess George of Russia, A Romanov Diary, Atlantic International Publications, 1988, p. 1.
  3. Selon Marie von Bothmer, la reine finit même par mieux dominer le grec que sa propre langue maternelle. Marie von Bothmer, « Queen Olga of Greece, née Grand Duchess of Russia » dans The Sovereign ladies of Europe, Adamant Media Corporation, 1899, p. 181.
  4. Avec le prince André, Olga et Georges s’expriment malgré tout en grec, car leur fils se montre très patriote et refuse d’utiliser une langue étrangère avec sa famille. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofίa, La Dinastίa griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, La Esfera de los Libros, Madrid, 2004, p. 73.
  5. Il s'agit là d'un titre honorifique qui rappelle que le père d'Olga est, à l'époque de son mariage, à la tête de la Marine impériale russe.
  6. N’ayant pas réussi à marier son fils aîné à une princesse russe, la reine est particulièrement heureuse de ces unions. Elle n’hésite d’ailleurs pas à faire pression sur sa fille Marie pour qu’elle accepte d’épouser le grand-duc Georges Mikhaïlovitch en 1900. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 79 et 330-331.
  7. Hugo Vickers, dans sa biographie d’Alice de Battenberg, explique cependant que ce sont la princesse Alice et les princes André et Georges de Grèce qui ont averti la reine de l’assassinat. Hugo Vickers, Alice, Princess Andrew of Greece, Hamish Hamilton, Londres, 2000, p. 105.
  8. Alors que l’impératrice se montre méfiante vis-à-vis de la plupart des Romanov, elle apprécie sa tante et invite fréquemment le plus jeune fils de celle-ci à jouer avec ses filles. Michel de Grèce, Mémoires insolites, Pocket, 2004, p. 28-29.
  9. Après la Révolution, cette paysanne russe entre au service du prince Christophe de Grèce et devient la gouvernante de son fils, l’écrivain Michel de Grèce. Michel de Grèce, op. cit. , p. 78.
  10. Le souhait de la souveraine est exaucé en 1940. Ricardo Mateo Sainz de Medrano, op. cit., p. 327.
  11. Contrairement aux autres enfants de la souveraine, le prince Georges et sa famille se trouvent alors à Paris tandis que la princesse Marie vit au Royaume-Uni avec ses deux filles depuis le début de la guerre.
  12. Pour sauver le prince, les rois George V du Royaume-Uni et Alphonse XIII d'Espagne, le président français Raymond Poincaré et le pape Pie XI envoient des représentants à Athènes. John Van der Kiste, op. cit. p. 140.
  13. Il s’agit là d’une dame saxonne légendaire connue pour avoir traversé nue les rues de Coventry afin de convaincre son mari de baisser les impôts qu’il y prélevait pour la guerre.
  14. Michel de Grèce, La Nuit blanche de Saint-Pétersbourg, Pocket, 2002. (ISBN 2266117351)
  15. Nicholas Tantzos, King by Chance: A Biographical Novel : King George I of Greece 1863-1913, Atlantic Intl Pubns, 1988 (ISBN 0938311026).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofίa, La Dinastίa griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, La Esfera de los Libros, Madrid, 2004, p. 69.
  2. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 69-70.
  3. a, b et c John Van der Kiste, The Romanovs 1818-1958, Sutton publishing, 1998, p. 26.
  4. a et b Greg King et Penny Wilson, Gilded Prism, The Konstantinovichi Grand Dukes and the Last Years of the Romanov Dynasty, Eurohistory, 2006, p. 36
  5. Greg King et Penny Wilson, op. cit., p. 37-38.
  6. Greg King et Penny Wilson, op. cit., p. 55.
  7. Greg King et Penny Wilson, op. cit., p. 109-110.
  8. Greg King et Penny Wilson, op. cit., p. 34-36.
  9. a et b Walter Christmas, King George of Greece, MacBride, Naste & Company, New York, 1914, p. 81.
  10. John Van der Kiste, Kings of the Hellenes. The Greek Kings 1863-1974, Sutton publishing, 1999, p. 14 et 25.
  11. John Van der Kiste, op. cit., p. 24-25.
  12. John Van der Kiste, op. cit., p. 24.
  13. a, b et c Greg King et Penny Wilson, op. cit., p. 37.
  14. a, b, c, d et e John Van der Kiste, op. cit., p. 25.
  15. a et b Philip Carabott, « Politics, Orthodoxy and the Language Question in Greece: The Gospel Riots of November 1901 » dans Journal of Mediterranean Studies n° 3, 1993, p. 123.
  16. Marie von Bothmer, « Queen Olga of Greece, née Grand Duchess of Russia » dans The Sovereign ladies of Europe, Adamant Media Corporation, 1899, p. 172-173.
  17. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 70.
  18. Hugo Vickers, Alice, Princess Andrew of Greece, Hamish Hamilton, Londres, 2000, p. 68.
  19. Julia Gelardi, Born to Rule: Granddaughters of Victoria, Queens of Europe, Headline Review, 2006, p. 181.
  20. John Van der Kiste, op. cit., p. 36.
  21. John Van der Kiste, op. cit., p. 53.
  22. Greg King et Penny Wilson, op. cit., p. 88.
  23. John Van der Kiste, op. cit., p. 42.
  24. a et b Michel de Grèce, Mémoires insolites, Pocket, 2004, p. 27.
  25. Celia Bertin, Marie Bonaparte, Perrin, Paris, 1982, p. 150.
  26. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 70-73.
  27. a et b Michael LLewellyn Smith, Olympics in Athens. 1896, Profile Books, Londres, 2004, p. 20-23.
  28. John Van der Kiste, op. cit., p. 26 et 39.
  29. Marie von Bothmer, op. cit., p. 174.
  30. Michel de Grèce, op. cit., p. 26-27.
  31. Prince Nicholas of Greece, My Fifty Years, Hutchinson & Co., Londres, 1926, p. 51.
  32. Édouard Driault et Michel Lhéritier, Histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours, Tome IV, Paris, PUF, 1926, p. 270 et 477.
  33. John Van der Kiste, op. cit., p. 41.
  34. Édouard Driault et Michel Lhéritier, op. cit., Tome III, p. 323.
  35. John Van der Kiste, op. cit., p. 18 et 20-21.
  36. Édouard Driault et Michel Lhéritier, op. cit., Tome IV, p. 499-500 et 529.
  37. Édouard Driault et Michel Lhéritier, op. cit., Tome IV, p. 365.
  38. John Van der Kiste, op. cit., p. 73.
  39. Édouard Driault et Michel Lhéritier, op. cit., Tome IV, p. 464.
  40. John Van der Kiste, op. cit., p. 40.
  41. Walter Christmas, op. cit., p. 129.
  42. Walter Christmas, op. cit., p. 129-130.
  43. Walter Christmas, op. cit., p. 130.
  44. Walter Christmas, op. cit., p. 130-131.
  45. The Times, Londres, 21 juin 1926, p. 19, col. A.
  46. Walter Christmas, op. cit., p. 131.
  47. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 72.
  48. Walter Christmas, op. cit., p. 265-266 et 368.
  49. Julia Gelardi, op. cit., p. 83.
  50. Hugo Vickers, op. cit., p. 67.
  51. Philip Carabott, op. cit., p. 124.
  52. Philip Carabott, op. cit., p. 128-130.
  53. Philip Carabott, op. cit., p. 131.
  54. John van der Kiste, op. cit., p. 72.
  55. John van der Kiste, op. cit., 72-75.
  56. John van der Kiste, op. cit., 76-77.
  57. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 85.
  58. John Van der Kiste, op. cit., p. 87.
  59. a et b John Van der Kiste, op. cit., p. 116.
  60. John Van der Kiste, op. cit., p. 89-90.
  61. Greg King et Penny Wilson, op. cit., p. 155.
  62. Michel de Grèce, op. cit., p. 78.
  63. Greg King et Penny Wilson, op. cit., p. 163-164.
  64. John Van der Kiste, The Romanovs 1818-1958, Sutton publishing, 1998, p. 233.
  65. Greg King et Penny Wilson, op. cit., p. 166 et 186.
  66. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 89-90.
  67. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 327.
  68. John Van der Kiste, Kings of the Hellenes. The Greek Kings 1863-1974, Sutton publishing, 1999, p. 89-95.
  69. John Van der Kiste, op. cit., p. 98-99.
  70. John Van der Kiste, op. cit., p. 104-108.
  71. John Van der Kiste, op. cit., p. 112-115.
  72. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 90.
  73. John Van der Kiste, op. cit., p. 147.
  74. Hugo Vickers, op. cit., p. 145.
  75. John Van der Kiste, op. cit., p. 122-123.
  76. John Van der Kiste, op. cit., p. 123-124.
  77. John Van der Kiste, op. cit., p. 125
  78. Hugo Vickers, op. cit., p. 148.
  79. John Van der Kiste, op. cit., p. 125-126.
  80. John Van der Kiste, op. cit., p. 126.
  81. Celia Bertin, op. cit., p. 230.
  82. John Van der Kiste, op. cit., p. 129-130.
  83. John Van der Kiste, op. cit., p. 134-137.
  84. John Van der Kiste, op. cit., p. 137.
  85. John Van der Kiste, op. cit., p. 140-141.
  86. Hugo Vickers, op. cit., p. 170-171.
  87. a, b, c et d John Van der Kiste, op. cit., p. 147.
  88. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 92-93 et p. 318.
  89. a et b John Van der Kiste, op. cit., p. 140.
  90. Hugo Vickers, op. cit., p. 180.
  91. a et b Hugo Vickers, op. cit., p. 180-181.
  92. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 188.
  93. (fr) (en) (en) The First Olympics: Athens 1896 sur l’Internet Movie Database
  94. « Greece – Order – Decorations – Medals » sur Antiques Atoz et « GREECE House of Oldenburg (Greek Orthodox) » sur Icocregister.org.
  95. Les timbres d’Olga sur Colnect.com
  96. Édouard Driault et Michel Lhéritier, op. cit., Tome III, p. 227, 319 et 424.
  97. « Destroyer type Greyhound - Queen Olga D-15 (1938-1943) » sur le site de la Marine grecque.
  98. Lynne Chapman et alii, Tea roses, old roses for warm gardens, Rosenberg Publishing, 2008, p. 221. (ISBN 187705867X)
Cet article est reconnu comme « article de qualité » depuis sa version du 17 août 2009 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.