Oles Hontchar

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Oles Hontchar (en ukrainien : Олесь Гончар) ou Oles Gontchar (en russe : Олесь Гончар) est un écrivain soviétique et ukrainien, né le dans le village de Lomivka (gouvernement d'Ekaterinoslav, en Ukraine) et décédé le à Kiev (Ukraine)

Biographie[modifier | modifier le code]

Oles Hontchar est d’abord rendu célèbre par ses œuvres sur la Seconde Guerre mondiale. Ces textes évoquent l’héroïsme, l’horreur de la guerre, l’amour de la vie et la dignité humaine. Pour cela, il fut décoré par plusieurs prix prestigieux de l’époque, dont le Prix Staline (en 1948 et en 1949), Prix Taras Chevtchenko (1962) et Prix Lénine (1964). Il fut le président de l’Union des écrivains d’Ukraine (1959-1971) et occupait le poste de secrétaire de l’Union des écrivains de l’URSS.

La Cathédrale[modifier | modifier le code]

En 1968, il publie La Cathédrale (en ukrainien : Собор, Sobor), un roman qui va à contrecourant du système en place. Le sujet tourne autour d’une vieille cathédrale dans un village ukrainien. Bien que monument historique, le bâtiment est laissé à l'abandon et oublié par les autorités. On envisage même sa démolition, à quoi s’opposent la plupart de personnages du roman. Par ce fait, Hontchar critique la destruction du patrimoine historique, surtout religieux, qui conduit à l’effacement de la mémoire nationale ukrainienne. Il aborde d’autres sujets sinon tabous, du moins malvenus dans la littérature soviétique :

  • la situation écologique déplorable causée par de déchets industriels ;
  • le carriérisme et l’arrivisme des fonctionnaires du système ;
  • la guérilla anarchiste de Nestor Makhno, diabolisé par le Parti communiste ;
  • la corruption dans des restaurants d’État (histoire d’un étudiant sans sous qui se fait passer pour un inspecteur dans des cafétérias afin de récolter des pots-de-vin).

Certains sujets ne sont abordés qu’en cachette. Par exemple, Hontchar décrit un militaire russe installé en Ukraine qui cherche à apprendre la langue ukrainienne tout en regrettant en ne pas la maîtriser assez bien. Ainsi, il fait une allusion indirecte à l’insécurité linguistique des ukrainophones, qui voyaient leur langue reculer.

Le roman ne fut pas interdit, mais sa publication et sa distribution furent limitées. Quant à l'auteur, il fut objet d'une compagne de dénigrement orchestrée par l'État.

Lien externe[modifier | modifier le code]