Olea europaea subsp. cuspidata

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Olea europaea subsp. cuspidata (Wall ex G. Don) est une sous-espèce d'Olea europaea L. dont l'olivier européen (Olea europaea L. europaea) est une autre sous-espèce. Elle appartient à la famille des Oleaceae. Elle est parfois appelée « Bois d'olive noir » ou « Olivier brun ». En langue anglaise : African olive ou Wild olive.

Ces sont des arbres assez petits. Cependant en Éthiopie, comme à Lalibela, dans les enclos des églises, ils peuvent atteindre près de vingt mètres de haut.

Description botanique[modifier | modifier le code]

Le terme « cuspidata » pourrait se rapporter à la pointe de la feuille ou du fruit.

Port et appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Cette espèce d'olivier comprend de nombreux arbres toujours verts dont la taille varie entre 2 à 15 m de hauteur.

Planche sur Olea europaea subsp. cuspidata

Feuilles[modifier | modifier le code]

Les feuilles sont opposées, décussées et entières. Leur taille est comprise entre 3 à 3  à 7⋅cm de longueur et 0,8 à 0,8  à 2.5⋅cm de largeur. La feuille d'apex est aigüe avec une petite pointe, la base est atténuée en coin. La marge des feuilles est entière et enroulée, la face supérieure est grisâtre-verte et luisante. La face inférieure a un revêtement dense d'écailles argentées, dorées ou brunes. La nervation est est bien visible sur la face supérieure et masquée sur la face inférieure. Le pétiole est long d'au moins 10 mm .

Ces feuilles ressemblent à celle de l'olivier cultivé (Olea europaea europaea europaea) mais la pilosité des faces abaxiales des feuilles n'est jamais aussi développée que chez cette dernière espèce. Cet indumentum est parsemé de taches de couleur rouge-rouille.

Fleurs[modifier | modifier le code]

Les fleurs sont groupées en panicules ou en grappes de 50 à 60 mm long. Le calice est quadrilobé et mesure 1 mm de longueur. La corolle est blanc-verdâtre ou crème. Le tube est de 1 à 2 mm de longueur. Les lobes sont de 3 mm de longueur et réfléchis à l'anthèse. Les deux étamines sont fusionnées près du sommet du tube de la corolle avec des anthères bilobèes.

Fruits[modifier | modifier le code]

Le fruit est une drupe dont la forme varie de sphérique à ellipsoide, le diamètre étant de 6 mm et la longueur allant de 15 à 25 mm. La drupe est charnue, glauque avec une bonne brillance quand elle est mûre, allant vers le pourpre-noir. Les arbres fleurissent habituellement au printemps.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le bois est très apprécié. Il est durable et utilisé pour l'ébénisterie fine et le tournage.

Cette espèce est cultivée comme arbre d'ornement pour les parcs et jardins. Elle est aussi utilisée pour la production d'olives de table et d'huile. Des greffes de cultivars de l'Olea europaea ont été couronnées de succès et permettent de produire de bonnes olives.

Coupe transversale d'un tronc d'Olea europaea cuspidata (Afrique du Sud)

Synonymes[modifier | modifier le code]

Les principaux sont (sur les 30 reconnus) [1]:

  • O. indica Kleinhof ex Burn. F. Fl. Indica: 6 (6 mars-5 avril 1758). Type "Java", Kleynhof [sic] (holotype G).
  • O. africana Mill., Gard. Dict. ed. 8, Olea 4 (16 avril 1768). Type: Cult. Hort. Chelsea (holotype BM)
  • O. chrysophylla Lam., Tab. Encycl. 1 :2 (1791). Type: Mauritanie (holotype P, n.v. ; IDC microfiche 6207, 432/8).
  • O. europaea sensu Thumb., Prodr. Flor. Cap.: 2 (1794), non L.
  • O. europaea var. verrucosa Willd., Sp. Pl. ed. 4 (1797). Type Afrique du S., Cap de Bonne espérance, Thurnberg (holotype UPS, n.v. ; IDC microfiche 5184,8/8).
  • O. sativa var. verrucosa (Willd) Roem. & Schult., Syst. Pl. 1: 69 (1817).
  • O. verrucosa (Willd.) Link, Enum. Hort. Berol. 1: 33 (1821).
  • Olea cuspidata Wall. ex G.Don
  • O. similis Burch., Trav. S. Africa 1: 177 & 2: 264 (1822 & 1824). Type comme pour O. europaea var. verrucosa.
  • O. asiatica Desf., Tabl. École Bot. (Cat. Hort. Paris éd. 2) :88 (1829) nom. nud.
  • O. ferruginea Royle, Ill. Bot. Himal. Mts.: 267, t. 65 f. 1 (1835). Type India, rives de la Jumma et Sutlej (holotype LIV) ? n.v. ; isotype ? K).
  • O. cuspidata Wall. Ex G. Don, Syst. 4:49 (1837). Type Inde, Kumoan, Wallich 2817 (holotype K-W).
  • O. verrucosa var. brachybotrys D.C. , Prodr. 8 : 285 (1844). Type : Afrique du Sud, Drège (holotype G, n.v.)
  • O. somaliensis Baker in Dyer, Fl. Trop. Afr. 4 (1): 18 (1902). Type : Soudan, Hildenbrandt 1524 Holotype K, isotype BM).
  • O. europaea L. var. nubica Schweinf. Ex Baker loc. cit. (1902). Type Soudan, Scweinfurth 249 (holotype K).
  • O. chrysophylla var. subnuda R. E.Fr., Wiss. Ergebn. Schwed. Rodhesia-Kongo Exxped. 1:258 (1916). Type Congo (Kinshsa), Kasindi, Fries 1856 (holotype UPS?, n.v.).
  • O. schimperi Gand., Bull. Soc. Bot. France 65:58 (1918). Type : Éthiopie, Schimper ed. II no. 945 (holotype ?LY, n.v. ; isotype K).
  • O. monticola Gand., loc. cit. (1918). Type Érythrée, Pappi 910 (holotype ?LY, n.v.).
  • Linociera lebrunii Staner, Rev. Zool. Bot. Gart. Berlin-Dalhem 12:299 (1934). Type : Tanzanie, Schlieben 5065 (holotype B, † ; isotypes BM, K).
  • O. subtrinervata Chiov., Atti Reale Acad. Italia, Mem. Cl. Sci. Fis. 11:49 (1940). Type Éthiopie, E. Reghini 49 (holotype FT).
  • O. europaea var. cuspidata (Wall. Ex. G. Don) Cif., L’Olivicolture 19 (5) :96 (1942).
  • O. europaea var. cuspidata (Wall. ex. G. Don) Cif., L’Olivicolture 19 (5) :96 (1942).
  • O. chrysophylla var. somaliensis (Baker) A. Chev., op. cit. : 18 (1948).
  • O. chrysophylla var. aucheri A. Chev., op. cit. :18 (1948).
  • O. chrysophylla var. nubica (Schweinf. Ex Baker) A. Chev. op. cit.: 18 (1948).
  • O. chrysophylla var. euchrysophylla A. Chev., loc. cit. (1948).
  • O. chrysophylla var. cuspidata (Wall ex. G. Don) A. Chev. loc. cit. (1948).
  • O. chrysophylla var. ferruginea (Royle) A. Chev., loc. cit. : (1948).
  • O. chrysophylla var. verrucosa (Willd.) A. Chev., op. cit. 19 & 20 (1948)
  • O. europaea var. ferruginea (Royle) Cif., Oleaia 3-4 :3 (1950).
  • O. aucheri A. Chev. Ex. Ehrend., Osterr. Akad. Wiss. Math.-Naturwiss. Kl., Anz. 97:156 (1960). Type : Oman, Aucher-Eloy 4918 (holotype WU?, n.v. ; isotype K).
  • O.europaea subsp. africana (Mill) P.S. Green, Kew Bull. 34:69 (1979) : La Réunion Cirque de Mafate.

Localisation[modifier | modifier le code]

On trouve cet olivier en/au :

Olea europaea subsp. cuspidata est indigène en Afrique du Sud (au Zimbabwe), régions à partir desquelles il s'est répandu, au Moyen-Orient, au Pakistan et de l'Inde à la Chine. Les forêts subtropicales sèches d'Olea europaea subsp. cuspidata sont situées dans les forêts à plantes dicotylédones de l'écorégion de l'Himalaya.

Au XIXe siècle il a été introduit sur le territoire de l'Australie à des fins économiques (Spennemann & Allen, 2000; Bass et al, 2006). Depuis 1960, des populations naturalisées d'O. e. cuspidata ont été trouvées dans l'archipel d'Hawaî (Starr et al., 2003). Il a été également introduit dans l'Île Norfolk (territoire australien autogouverné)[3].

Intérêt de cette espèce[modifier | modifier le code]

Cette espèce a une répartition mondiale importante (Afrique du Sud à Afrique du Nord-Est et d'Asie du Sud-Est au Yunnan-Sichuan en Chine). Certains auteurs (Lamaret et al. (2000)) ont suggéré que les représentants l’Asie du Centre et du Sud-Est pouvaient constituer un taxon distinct de l’Africain : à cet effet, une analyse ultérieure a été demandée.

Les feuilles de ces sous-espèces ressemblent à celles des oliviers cultivé, bien que quelquefois en Asie du SO, spécialement mais pas de manière consistante ni exclusivement, l’indumentum abaxial est distinctement teinté de rouge-rouille. Le degré de charnu des drupes varie mais n’est jamais aussi développé que dans la subsp. europaea. Il a été rapporté qu’une huile brute est extraite des populations sauvages d’Oman.

Avec une plante ayant une distribution aussi étendue (et une autre qui, bien que distincte, est aussi importante et cultivée que l’olivier), il n’est pas surprenant que dans plusieurs régions elle ait été décrite comme espèces différentes, par conséquence synonymes. Cependant, quand des spécimens de la totalité de l’aire géographique sont comparés, il n’y a pas de caractères morphologique qui ont été trouvés sur lesquels on puisse justifier des différences de taxon. Ceci est complété par les analyses scientifiques (Green &Wickens, 1989).

Les récoltes faites entre 1900 et 2300 m au Mont Kulal au nord du Kenya, qui est notable pas sa flore unusuelle, sont remarquables par leurs feuilles étroites qui correspondent à celle la subsp. laperrinei (Masheti et al. H-335, Tweedie 4244 et Verdcourt 2247). On pourrait être tenté de considérer qu’elles appartiennent à la sous-espèce saharienne si ce n’était la position géographique du Mont Kulal, mais aussi parce qu’il existe une récolte également à feuilles étroites provenant d’une altitude plus basse (750 m) à Dandu, sur le frontière Éthiopienne-Kényane (Gillett 13422).

Par opposition, il faut noter que les spécimens, récoltés au voisinage du Mont Kilimandjaro, ont des feuilles qui tendent à être plus larges en rapport avec leur longueur que les récoltes des autres zones ; cependant, des feuilles semblables sont visibles sur du matériel d’ailleurs, de sorte que O. kilimandscharica Knobl est retenu comme synonyme.

Une forme intéressante à fruit doux (Collenette 4593) provenant de populations isolées d’Arabie saoudite a été décrite par Collenette comme f. dulcis (Collenette 1988). Après reucherches, cette plante peut être considérée comme ayant une signification économique.

Cette sous-espèce s’est naturalisée en Hawaï, Australie, Nouvelle-Zélande et dans l’île de Norfolk sans qu’on sache comment et quand elle a été introduite.

Reproduction et protection[modifier | modifier le code]

La pollinisation est assurée par le vent (anémogamie). Les fruits (olives) sont ingérés, à maturité, par les oiseaux et les petits mammifères. Le passage dans le tube digestif stimule la germination des noyaux rejetés dans les fèces.

Ce taxon semble maintenir ses populations sauvages. En Australie, il est surveillé car susceptible de devenir une plante envahissante. Il en va de même à Hawaï où les oiseaux jouent un rôle actif dans la propagation de cette plante jugée invasive. Des mesures ont été prises pour décourager les particuliers de planter cet olivier.

Images[modifier | modifier le code]


Sources[modifier | modifier le code]

Article général Pour des articles plus généraux, voir Oleaceae et Olea.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Adriana Chiappetta et Innocenzo Muzzalupo (2012). Botanical Description, Olive Germplasm - The Olive Cultivation, Table Olive and Olive Oil Industry in Italy, Dr. Innocenzo Muzzalupo (Ed.), ISBN 978-953-51-0883-2, InTech, DOI: 10.5772/51836. Disponible sur : Cliquez ici. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Green, P. S. 2002. A revision of Olea L. Kew Bull. 57:99.
  • (en) Médail, F. et al. 2001. Systematics, ecology and phylogeographic significance of Olea europaea L. ssp. maroccana (Greuter and Burdet) P. Vargas et al., a relictual olive tree in south-west Morocco. Bot. J. Linn. Soc. 137:250.
  • (en) Porcher, M. H. et al. Searchable World Wide Web Multilingual Multiscript Plant Name Database (MMPND) (on-line resource).

Références[modifier | modifier le code]

  1. P.S. Green (2002) p. 96-96
  2. Nous ne portons aucun jugement sur l'appartenance territoriale du lieu.
  3. P.S. Green (2002) p. 97.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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