Olaf Gothfrithson

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Le nom Olavus rex, désignant Olaf Gothfrithson dans les Chroniques de Man.

Olaf Gothfrithson († 941) (Óláfr Guðrøðarson en vieux norois et Amlaíb mac Gofraidh en irlandais) fut roi de Dublin (934-939/941) et roi du Royaume viking d'York (939-941).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Óláf Guthfrithson est le fils de Gothfrith Uí Ímair († 934), un petit-fils d'Ívarr. Ragnall Guthfrithson est son frère. De son père qui meurt roi de Dublin et qui a été brièvement roi de Northumbie, Óláf hérite des intérêts tant en Irlande que dans le nord de la Grande-Bretagne. Ces derniers le conduiront à être un des chefs vaincus lors de bataille de Brunanburh en 937 par le roi anglais Æthelstan[1].

Roi de Dublin & de Northumbrie[modifier | modifier le code]

Óláf apparaît pour la première fois dans les chroniques en 933, quand il conduit une flotte dans sur Strangford Lough et pille Armagh le 10 novembre. Il effectue ensuite avec le roi d'Ulaid, Matudán mac Áeda[2], un raid conjoint aussi loin que Slíab Beagh et Muchnoe dans l'actuel comté de Monaghan. Les alliés sont confrontés à Muirchertach mac Neill, et dans le combat qui s'ensuit Óláf est défait et perd plusieurs centaines d'Hommes. Après la mort de son père, Guthfrith, en 934 Óláf assume le royaume de Dublin. L'année suivante il attaque ses voisins du nord le Síl nÁedo Sláine, il détruit leur forteresse de Lagore dans le comté de Meath et pille leur grotte de de Knowth. Óláf tourne alors son attention vers l'ouest et commence une campagne destinée à mettre les midlands d'Irlande sous son contrôle[1].

L'armée de Dublin razzie en 936 l'important monastère de Clonmacnoise et Óláf y prend ses quartiers pendant deux nuits. En revanche l'Ard ri Erenn Donnchad mac Flainn brûle Dublin. L'année suivante le 1er août 937, Óláf attaque sur le Lough Ree, qui est devenu une base pour les vikings de Limerick depuis 931. Óláf s'assure de la disparition de ces concurrents il détruit leur flotte et capture le chef rival et ses troupes[1].

Les campagnes irlandaises d'Óláf son interrompues lorsqu'il conduit ses troupes en Grand-Bretagne. Il développe contre le roi anglais Æthelstan un violente rancœur parce que ce dernier a expulsé son père de Northumbrie, de plus il désire prendre cette province pour lui-même, ce qui le conduit à affronter Æthelstan à la bataille de Brunanburh[1].

Óláf a comme alliés lors de ce combat Constantin II d'Écosse, dont il épouse une fille, et les Brittoniques d'Owen Ier de Strathclyde. Cette alliance innatendue a été initiée par les celtes eux-mêmes, comme en témoigne un poème gallois « Armes Prydein  » (c'est-à-dire Prophètie de Bretagne) qui est un appel à une alliance des Gallois, vikings et Gaëls contre Æthelstan. la bataille qui s'ensuit est bien connue grace un vieux poème anglais préservé dans la Chronique Anglo-Saxonne et par un récit semi légendaire scandinave inclus dans l'Egils saga. C'est un combat violent et meurtrier, mais à la fin Óláf et ses alliés sont défaits[3]. Óláf s'enfuit à Dublin « dans des navires dont les côtés sont cloués » comme le note le poème anglo-saxon[1].

Sa défaite à Brunanburh redonne du courage à ses ennemis irlandais, et en 938 le territoire contrôlé par Dublin, aussi loin que la rivière Greece, est attaqué par le haut-roi Donnchad mac Flainn et par Muirchertach mac Neill. Les vikings qui attaquent Ailech et capture brièvement Muirchertach en 939 doivent être des hommes d'Óláf, à la recherche d'une vengeance après cette action. Óláf razzie le monastère de Kilcullen en 939, et peu aprè quitte Dublin. Alors qu'une chronique prétendant que ce départ est du à une intervention divine, la raison réelle est qu'il a été rappelé par les vikings de Northumbrie qui après la mort d'Æthelstan, invitent Óláf à revenir en Grande Bretagne pour être de nouveau leur roi. Une seconde tentative contre l'Angleterre est menée en 939. Óláf attaque la Mercie, saccage Tamworth et se saisit des « Cinq Bourgs » (Leicester, Lincoln, Stamford, Nottingham et Derby). Il profite peu de ce nouveau titre car en 941[4], après un raid sur l'église de Saint Baldred à Tyninghame et la mise à sac du village voisin d'Auldhame, il meurt et a pour successeurs à York son cousin Olaf Kvaran et à Dublin son frère Blacair Gothfrithson[1].

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Peu de chose sont connues de sa vie personnelle. Les sources médiévales tardives nomme comme son épouse Alfgith, fille d' Orm, mais il a été également été le gendre de son allié le roi Constantin II d'Écosse[5]. Ses enfants doivent comprendre le Maccus, fils d' Óláf, qui tue en Northumbrie le roi norvégien Erik Bloodaxe en 954, et le Guthfrith, fils d' Óláf, qui meurt en 961[1].

Découvertes archéologiques[modifier | modifier le code]

En 2005, une équipe de l'AOC Archaeology Group exhume à Auldhame (East Lothian) les restes d'un jeune adulte entouré d'atours évoquant un statut social élevé. Il porte notamment une ceinture semblable à celles des Vikings d'Irlande. Sa proximité avec le lieu présumé de la bataille d'Auldhame, ainsi que l'âge du défunt et son rang social ont amené les archéologues à envisager qu'ils avaient découvert les restes de Gothfrithson. Tout test ADN pouvant le confirmer est impossible du fait que l'on ignore si le roi a des descendants vivants[6].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Benjamin T. Hudson , « Óláf Guthfrithson [Óláfr Guðrøðarson] (d. 941) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  2. roi d'Ulster de 937 à 950
  3. Annales des quatre maîtres: AM 938.18 et Chronique anglo-saxonne: AD 937
  4. Chronique anglo-saxonne AD 943
  5. (en) Alfred P. Smyth Warlords and Holy Men Scotland ad 80~1000 Edinburgh University Press, Edinburgh (1984)(ISBN 0748601007) p. 221
  6. (en) « Skeleton may be 10th century Viking king Olaf Guthfrithsson », Past Horizons, 30 mai 2014.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ann Williams, Alfred P. Smyth, D.P. Kirby, A Biographical Dictionary of Dark Age Britain, Londres, Seaby,‎ 1991, 1e éd. (ISBN 978-1-85264-047-7)
  • (en) Benjamin T. Hudson , « Óláf Guthfrithson [Óláfr Guðrøðarson] (d. 941) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  • (en) Mike Ashley The Mammoth Book of British Kings & Queens (England, Scotland and Wales), Robinson, London (1998)(ISBN 1841190969) « Olaf Gothfrithson » p. 463-464.