Oiseau blanc

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L'oiseau blanc[1] (Zosterops borbonicus), aussi appelé Zostérops des Mascareignes (nom normalisé CINFO), oiseau-lunettes gris[1] ou Zoizo blanc, est une espèce de petits passereaux de la famille des Zosteropidae. Il est endémique de l'île de la Réunion.

Description[modifier | modifier le code]

L’oiseau blanc est un oiseau de petite taille (environ 7 grammes). La couleur de son plumage est variable, du gris au brun selon les morphes. C'est le seul oiseau à lunettes (avec son espèce sœur Zosterops mauritianus) à avoir perdu le cercle oculaire blanc caractéristique de la famille des Zosteropidae. Il possède également un croupion blanc caractéristique. Il est très mobile, bruyant et se déplace toujours en groupe (de 6 à 20 individus). C'est un oiseau très social, chez qui les agressions sont rares, même à proximité des nids. Il est fréquent de voir ces oiseaux s’épouiller mutuellement et il peut arriver que le nourrissage des poussins se fasse de manière coopérative. Il se reproduit pendant l’été austral, et la femelle pond 2 à 4 œufs dans un nid en forme de coupe. Son régime alimentaire est constitué essentiellement d’insectes et de fruits, mais également de certaines fleurs. L'oiseau blanc est d'ailleurs le seul pollinisateur connu d'une orchidée endémique: Angraecum striatum (Orchidaceae)[2].

Habitat[modifier | modifier le code]

L’oiseau blanc est présent sur l’ensemble de l’île, du niveau de la mer jusqu’à plus de 2000 mètres d’altitude. Malgré la petite taille de l'île, le nombre d'individus de cette espèce a été estimé à 465 000 en 1983[3]. Il est commun dans la plupart des habitats, de la forêt aux jardins en passant par les landes. Il présente cependant une préférence pour les milieux ouverts et se fait plus rare dans les forêts primaires, excepté à proximité des cours d’eau ou des clairières.

Polymorphisme de couleur du plumage[modifier | modifier le code]

L'oiseau blanc est remarquable par la couleur de son plumage, qui varie selon les endroits de l'île[4]. Quatre morphes de couleur ont été décrits. Au nord et à l'est de l'île, ces oiseaux ont le dos brun et la tête entièrement grise, au sud le dos et la nuque sont bruns et seulement la couronne est grise, à l'ouest et au centre de l'île ils ont le dos et la tête entièrement bruns, et dans les hauts du centre de l'île on retrouve des oiseaux entièrement gris.

Statut taxonomique[modifier | modifier le code]

Les variations de couleur de l'oiseau blanc ont conduit la communauté scientifique à souvent changer le statut taxonomique de cet oiseau. L’espèce était appelée Zosterops borbonica jusqu’en 1877 où Hartlaub[5] a restreint le terme Zosterops borbonica au morphe brun à tête grise du nord et de l’ouest de l’île. Il a décrit une seconde espèce, Zosterops edwardnewtoni, dont les mâles étaient entièrement gris et les femelles présentaient du brun sur la poitrine et le ventre. En 1884, Gadow[6] rassembla de nouveau tous les morphes dans une seule et même espèce en considérant que les formes grises étaient les mâles, les formes brunes les femelles, et les formes brunes à tête grise les jeunes. En 1966, Storer et Gill[7] décrivent la distribution géographique des différents morphes de couleur et décrivent quatre sous-espèces :

  • Zosterops borbonica borbonica, la forme brune à tête grise ;
  • Zosterops borbonica xerophila, la forme brune de l’ouest de l’île ;
  • Zosterops borbonica alopekion, une forme entièrement brune avec le ventre gris foncé ou brun, habitant les forêts du centre de l’île ;
  • Zosterops borbonica edwardnewtoni, une forme entièrement grise des landes d’altitude.

En 1967, Moreau[8] a cependant maintenu le couple de sous-espèces Zosterops borbonica borbonica sur l’île de la Réunion et Zosterops borbonica mauritianus sur l’île Maurice. Les populations des deux îles sont désormais considérées parfois comme des sous-espèces[9], parfois comme des espèces[10], sous les noms de Zosterops borbonicus et Zosterops mauritianus.

En 2010, une étude phylogénique a montré qu'il existait de fortes différences génétiques entre Zosterops borbonicus et Zosterops mauritianus, justifiant l'élévation de cette dernière au rang d'espèce[11].

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

D'après le Congrès ornithologique international, cette espèce est constituée des trois sous-espèces suivantes[12] :

  • Zosterops borbonica alopekion Storer & Gill, FB, 1966 ; présente dans les forêts d'altitude du centre de l'île ;
  • Zosterops borbonica borbonicus (Forster, JR, 1781) ; présente sur les versants nord et est de l'île ;
  • Zosterops borbonica xerophilus Storer & Gill, FB, 1966 ; présente sur la côte ouest de l'île ;

L'ancienne sous-espèce Zosterops borbonica edwardnewtoni n'est plus reconnue par aucune autorité taxinomique[13].

Informations complémentaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Armand Barau, Nicolas Barré, Christian Jouanin, Le Grand Livre des Oiseaux de la Réunion, édition Orphie, 2005 (ISBN 9782877632638).
  2. (en) C. Micheneau, J. Fournel, T. Pailler, « Bird Pollination in an Angraecoid Orchid on Reunion Island (Mascarene Archipelago, Indian Ocean) », Annals of Botany 97(6):965-974,‎ 2006 (lire en ligne)
  3. N. Barré, A. Barau, C. Jouanin, Le Grand Livre des Oiseaux de la Réunion, éditions du Pacifique,‎ 1996, 192 p.
  4. F.B. Gill, 1973, Ornithological Monographs (12), Intra-island variation in the Mascarene white-eye Zosterops borbonica
  5. G. HARTLAUB, 1877, Die Voegel Madagascars und der benachbarten Inselgruppen.Halle, Druck and Verlag von H.W. Schmidt.
  6. H. Gadow, 1884, Catalogue of the birds in the British Museum, Vol. 9. London, Taylor and Francis.
  7. R.W. Storer, F.B. Gill, 1966, A revision of the Mascarene white-eye Zosterops borbonica (Aves). Occ. Papers Mus. Zool. Univ. Michigan No. 648.
  8. R.E. Moreau, 1967, Family Zosteropidae, African and Indian Ocean taxa. Pp.326-337 dans Check-list of birds of the world, vol. 12 (R. A. Paynter, Jr., Ed.). Cambridge, Massachusetts, Mus. Comp. Zool.
  9. « UICN »
  10. « Avibase »
  11. B. Milá, B.H. Warren, P. Heeb, C. Thébaud (2010), « The geographic scale of diversification on islands: genetic and morphological divergence at a very small spatial scale in the Mascarene grey white-eye (Aves: Zosterops borbonicus) », 'BMC Evolutionary Biology, vol. 10, article 158. lire en ligne.
  12. Congrès ornithologique international, version 3.4
  13. Avibase, consulté le 9 août 2013