Office national du film du Canada

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Office national du film du Canada
National Film Board of Canada
Image illustrative de l'article Office national du film du Canada

Création 1939
Type Agence culturelle fédérale
Langue Français et anglais
Président Claude Joli-Cœur (interim)
Site web www.onf-nfb.gc.ca
Bureau central de l'Office national du film du Canada à Montréal (Édifice Norman McLaren)

L'Office national du film du Canada (ONF), ou National Film Board of Canada (NFB) en anglais, est une agence culturelle fédérale canadienne, créée en 1939, qui relève du ministère du Patrimoine. En tant que producteur et distributeur public d'œuvres audiovisuelles, l'ONF s'efforce de présenter un point de vue typiquement canadien au monde entier par l'entremise de documentaires à caractère social, d'animations d'auteur, de fictions alternatives ou encore par divers contenus numériques[1].

Son siège et ses studios sont situés à Montréal, avec des centres de production à Moncton (Studio Acadie), Halifax (Centre de l'Atlantique), Toronto (Centre de l'Ontario), Winnipeg (Centre des Prairies), Edmonton (Centre du Nord-Ouest) et Vancouver (Centre du Pacifique et du Yukon)[2].

Avant l'ONF[modifier | modifier le code]

Le potentiel éducatif et promotionnel du film fut remarqué par le gouvernement canadien dès le début du XXe siècle. Lors de la construction des chemins de fer, par exemple, il a appuyé d'emblée la compagnie Canadian Pacific Railway pour la production d'une série ayant pour titre Living Canada. Ces films avaient alors pour objectif de promouvoir l'immigration britannique ou de résidents des États-Unis vers les territoires du Nord-Ouest du pays.

Se servant du film pour la première fois en 1917, le Bureau des expositions et de la publicité, alors régi par le ministère de l'Industrie et du Commerce, a par la suite poursuivi dans cette voie en produisant des films et des photographies pour plusieurs ministères. Jusqu'en 1921, ce service a joui d'une expansion notable. La demande de services davantage complets et précis étant de plus en plus grandissante, le Bureau des expositions et de la publicité a subi une restructuration et s'est muni de nouvelles installations[3]. Dès lors, son nom est officiellement devenu le Bureau de cinématographie du gouvernement canadien.

Durant les années suivantes, le Canada s'est classé au premier rang parmi les pays de l'Empire britannique qui informent leur population par le cinéma. Le Bureau a ainsi disposé d'une importante réputation. Avec la crise économique, des restrictions budgétaires non négligeables ont cependant été imposées, poussant le Canada à délaisser quelque peu cette industrie. De fait, jusqu'en 1934, le Bureau de cinématographie du gouvernement canadien n'a produit aucun film avec piste sonore, et ses installations techniques ne se sont plus avérées aussi évoluées.

Création de l'ONF[modifier | modifier le code]

En 1938, Vincent Massey, haut-commissaire du Canada à Londres, ainsi que son secrétaire, Ross McLean, constatent que les productions du Bureau de cinématographie du gouvernement canadien gagneraient à être améliorées. En effet, leur rôle devrait être réorienté à des fins de la promotion du commerce et du tourisme au Canada et à l’étranger.

Le travail du documentariste britannique John Grierson impressionne McLean qui l'invite à venir étudier les activités cinématographiques gouvernementales. À la suite de son analyse, Grierson établit les deux principales faiblesses de cette activité : un manque de moyens et une absence de politique centralisée. Au mois de juin de la même année, il dépose un rapport encourageant la création d’un organisme de coordination de la production.

Le 2 mai 1939, une Commission nationale sur le cinématographe – connue ensuite sous le nom de l’Office national du film – est créée[4]. Son activité vient compléter celle du Bureau de cinématographie du gouvernement canadien. À cette époque, le mandat défini est de veiller à « la production et à la distribution de films nationaux destinés à aider les Canadiens de toutes les parties du Canada à comprendre les modes d’existence et les problèmes des Canadiens d’autres parties[5]. » Le siège social se trouve alors à Ottawa.

La Guerre[modifier | modifier le code]

Avec l'entrée en guerre du Canada, l’effort patriotique est mis de l’avant dans la production des films. Par conséquent, John Grierson s’avère un candidat de choix pour prendre la tête de l’ONF, étant alors reconnu comme un pionnier du documentaire, et également comme un spécialiste en psychologie de la propagande. Il est de ceux qui voient le film comme un outil de changement social. En octobre, Grierson entre en fonction, devenant ainsi le premier commissaire du gouvernement à la cinématographie[4].

On doit notamment à Grierson cette étiquette sociale qui correspond encore de nos jours aux films de l'ONF. En plus d'avoir influencé le mandat original de l'institution, ses idées politiques animant la première génération de cinéastes se sont également avérées déterminantes.

Malgré une récente existence jusqu’alors, l’ONF commence à produire dès 1939 et accomplit sa tâche très efficacement. Le travail se fait à Ottawa, en anglais. Avec le temps, une certaine part de la production sera traduite pour le Québec. Il n'y a alors de production originale en français que de façon exceptionnelle. En effet, c'est seulement vers la fin de la guerre, dans le contexte de la délicate promesse faite autour de la conscription, que des films francophones sont produits.

L'après-Guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, son nouveau mandat, tel qu’il est défini dans la Loi sur le cinéma de 1950, est de « produire et distribuer des films destinés à faire connaître et comprendre le Canada aux Canadiens et aux autres nations, et promouvoir la production et la distribution de tels films. » Ainsi, la campagne de promotion du Canada, débutée dans le contexte de la guerre, sera maintenue, et deviendra l’une des principales causes de la formidable vague d’immigration européenne de l’après-Guerre[6].

La diffusion des films[modifier | modifier le code]

C’est le Bureau de cinématographe du gouvernement canadien qui était chargé de la distribution de ses propres films jusqu’en 1939. Toutefois, un service central de distribution fut établi lorsque la Loi créant la Commission nationale sur le cinématographe (plus tard, l’ONF) entre en vigueur. Ce sont désormais les deux organismes qui assurent la grande majorité de la distribution de l’ensemble des films du gouvernement canadien.

Toucher le plus large public possible est, dès le départ, l’objectif de l’ONF, et c’est d’ailleurs pourquoi une entente est conclue avec l’une des plus importantes maisons américaines de production d’actualités, The March of Time, pour la distribution de ses films aux États-Unis. Hebdomadairement, 20 millions de personnes voient ces actualités. Après négociations, Famous Players du Canada autorise également la diffusion de ses films dans 800 salles[7].

L'ONF à Montréal et ailleurs[modifier | modifier le code]

Après son installation à Ottawa, l’institution déménage à Montréal, berceau historique de l’industrie canadienne du cinéma. Pour se donner une idée de l’esprit documentaire qui règne alors, il suffit de dire que les plans des studios de l’ONF, qui sont à ce moment construits à Montréal, reproduisent en tous points (grille d’éclairage, ventilation passive, structure) ceux du modèle, les majors hollywoodiens : seule la taille aura été réduite par quatre.

La CinéRobothèque de l'Office national du film à Montréal, désormais fermée. En septembre 2013, il est devenu le « Pavillon Judith-Jasmin Annexe (JE) » de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) [8]

C'est en 1993 que l'Office national du film inaugure un centre unique au monde de visionnement robotisé sur demande. Situé au 1564 rue Saint-Denis à l'intersection du boulevard de Maisonneuve à Montréal, ce vidéoclub permettait, entre autres, de regarder sur place plus de 9 000 titres de l'ONF. Toutefois, suite aux coupures budgétaires du gouvernement fédéral, qui s'élevaient à près de sept millions de dollars, la Cinérobothèque s'est vue dans l'obligation de fermer ses portes le 1er septembre 2012.

De son côté, le Studio Acadie du Programme français de l’ONF ouvre ses portes à Moncton en 1974, avec l'apport important du cinéaste et producteur acadien, Léonard Forest, réputé de l'ONF. Respectant son mandat de «donner aux Acadiens et au reste du monde une interprétation de l’Acadie par des Acadiens»[9], le studio a produit plus de 70 films et en a coproduit une vingtaine avec des producteurs de la région, la plupart étant des documentaires.

Article détaillé : Cinéma acadien.

Service de la photographie[modifier | modifier le code]

Alors que l’ONF est chargé de la production de films et de photos, un Service de la photographie est formé en 1941. À partir de sa création, ce service a embauché des photographes « à la pige » jusqu’en 1984 pour montrer tous les aspects de la vie au Canada. Illustrant des scènes domestiques et familiales, aussi bien que des activités économiques, politiques et sociales, ces images ont été diffusées largement par des magazines, des journaux, des expositions, des manuels scolaires et des tirages gouvernementaux[10]. À partir de 1985, ce Service de l’ONF, qui n'avait jusqu'alors pas de lieu d'exposition permanent, devenait officiellement le Musée canadien de la photographie contemporaine.

L'effervescence artistique[modifier | modifier le code]

Entre 1955 et 1975, l’ONF fut un lieu de création unique en son genre qui a permis l'émergence de nombreux créateurs et de nombreuses techniques. Les créateurs du système IMAX comme Graeme Ferguson et Roman Kroitor, y sont passés[11]. Le cinéma direct, véritable acte de naissance du cinéma documentaire, et maintes techniques d'animation (grattage de pellicule, pixillation, écran d'épingles, etc.) y sont développés.

C'est dans la foulée de la création de l’ASIFA (Association internationale du film d’animation) que le concept du cinéma d’animation est apparu au début des années 1960. L’ONF participe à ce mouvement mondial en accordant une place d’importance à l’animation d’auteur[12]. D’aileurs, le succès de ces films est réel ; six Oscars du meilleur court métrage d'animation ont été remportés par l’ONF depuis 1977[13]. Durant cette époque, McLaren préconise les techniques à moindre coût et encourage les cinéastes à créer leurs propres outils. Il en résultera alors un cinéma d’animation artisanal plutôt qu’industriel. Avec un style allant de l’expérimental institutionnel à un classicisme à risque, l’ONF s’avère le coeur de la production d’animation d’auteur au Canada en termes d’influence et non pas en quantité d’œuvres[14].

C’est également au sein de l’ONF qu’on y effectue les recherches en imagerie informatique qui mèneront aux effets spéciaux de Softimage. Le monde des images en mouvement doit donc, entre autres, beaucoup à cette institution.

Honneurs[modifier | modifier le code]

L’ONF a produit plus de 12 000 œuvres, qui ont reçu plus de 5 000 prix, dont douze Oscars et 90 prix Génie[15]. Le film de Norman McLaren, Voisins, est ajouté au Registre de la mémoire du monde de l'UNESCO[16].

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Aucun logo ne fut utilisé avant 1969. À partir de cette date, le logo utilisé fut celui d'un homme debout, originalement de couleur verte, les bras largement ouverts au-dessus de sa tête. La tête évoque une pupille, de sorte que le symbole en entier apparaît comme un œil avec des jambes. Le logo est connu comme étant «L'homme qui voit/Man Seeing» et a été conçu par Georges Beaupré[17], alors directeur artistique au Service de la publicité à l'ONF. Le logo a ensuite été retravaillé par la firme Paprika Communications en 2002[18]. Il s'agit encore de l'homme visionnaire, cette fois en noir et sans les jambes, accompagné des abréviations bilingues de l'organisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'Office national du film du Canada: le producteur et distributeur public du Canada » (consulté le 20 octobre 2012)
  2. « Nos studios » (consulté le 30 novembre 2012)
  3. « Avant l'ONF » (consulté le 15 octobre 2012)
  4. a et b « L'ONF » (consulté le 15 octobre 2012)
  5. Mandat, ONF.ca
  6. « À propos de l'ONF, mandat » (consulté le 15 octobre 2012)
  7. « La diffusion des films » (consulté le 25 octobre 2012)
  8. radio-canada.ca : L'UQAM à la cinérobothèque
  9. « L'ONF en Acadie, 35 ans de création » (consulté le 25 octobre 2012)
  10. « Un visage, un nom » (consulté le 15 octobre 2012)
  11. (en) The Birth of Imax - Diane Disse, IEEE Canada
  12. Marco De Blois, « L'animation à l'ONF, histoire d'une idée », 24 images, no 149 (oct-nov 2010) pp. 17-18
  13. « L'ONF aux Oscars » (consulté le 15 octobre 2012)
  14. Marcel Jean, « L'ONF par ceux qui l'ont imaginé », 24 images, no 149 (oct-nov 2010) pp. 10-14
  15. L'ONF aujourd'hui, ONF.ca
  16. Voisins de Norman McLaren - Mémoire du monde : UNESCO
  17. Marc H. Choko, « Le design au Québec », Montréal: Éditions de l'Homme. 2003. p.181
  18. « Great Canadian Logos » (consulté le 30 novembre 2012)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]