Offensive Vitebsk-Orcha

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Offensive Vitebsk–Orcha
Informations générales
Date 22 juin - 19 août 1944
Lieu URSS en Biélorussie, États baltes et Pologne de l'ouest
Issue Victoire décisive soviétique
Belligérants
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand Drapeau de l'URSS Union soviétique
Commandants
Georg-Hans Reinhardt
(3e Panzer Armee)
Kurt von Tippelskirch
(4e armée)
Hovhannes Bagramyan
(1er Front balte),
Ivan Tcherniakhovski
(3e Front biélorusse)
Batailles
Orcha, Vitebsk
Article général Pour un article plus général, voir Opération Bagration.

L'opération Vitebsk-Orcha (en russe : Витебско-Оршанская наступательная операция, Vitebsko-Orchanskaïa nastoupatelnaïa operatsia) est le premier choc de l'offensive stratégique en Biélorussie de l'Armée rouge, menée durant l'été 1944 contre les troupes de la Wehrmacht et dénommée opération Bagration.

Son objectif était de percer la ligne de défense allemande au nord d'Orcha, sur la IIIe Panzer Armee et le flanc nord de la 4e armée allemande, en direction des villes de Vitebsk et d'Orcha. L'attaque fut l'œuvre du premier front balte et du troisième front biélorusse. Elle fut couronnée de succès sur la Bérésina.

Place dans l'opération générale[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Opération Bagration.

Il s'agissait de percer l'aile gauche du Groupe d'Armées Centre, dans le secteur de la IIIe Armée blindée allemande parallèlement au premier front balte et au troisième front biélorusse[1]. L'attaque portait sur IIIe Armée Blindée et le flanc nord de la IVe armée allemande.

Plan d'opérations[modifier | modifier le code]

Objectifs opérationnels[modifier | modifier le code]

Les objectifs immédiats de l'offensive soviétique étaient les suivants :

  • Percer à travers les défenses de la IIIe Armée Panzer allemande au nord et au sud de la ville de Vitebsk en vue de l'encercler et de réduire le saillant du front allemand dans les lignes soviétiques.
  • Percer à travers la ligne lourdement fortifiée autour de la route principale Moscou-Minsk et libérer la ville d'Orcha.
  • Engager une exploitation des forces motorisées / cavalerie à travers la brèche ouverts une fois la route contrôlée et nettoyée, ouvrant une voie à un encerclement majeur de la IVe armée allemande dans l'offensive de Minsk.

Compréhension soviétique[modifier | modifier le code]

Les renseignements militaires russes avaient révélé la profondeur des défenses allemandes sur la route Moscou - Minsk près d'Orcha. Le résultat fut que l'attaque de Galitsky 11e Armée de la Garde dans ce secteur fut précédée par l'action d'unités de génie spécialisées ; des PT34 tank rouleur de mines du 116e régiment blindé du génie furent engagés tout au long de l'assaut avec des compagnies et régiments de fusiliers d'assaut en plusieurs vagues contre les positions de la 78e Sturm-Division fortifiées et lourdement minées.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Wehrmacht[modifier | modifier le code]

3e Armée Panzer (général d'armée Georg-Hans Reinhardt)

Les villes de Vitebsk et Orcha avaient été déclarées « places fortes » (Fester Platz[2]) à tenir à tout prix, sous commandement de Gollwitzer (Vitebsk) et du général Traut du 27e corps d'armée 78e Sturm-Division (Orcha).

Les unités ci-dessus étaient sous commandement général du Groupe d'armées Centre et du Feld-maréchal Ernst Busch.

Armée rouge[modifier | modifier le code]

Le maréchal Alexandre Vassilievski fut désigné pour coordonner les opérations des deux fronts concernés.

L'offensive[modifier | modifier le code]

En direction de Vitebsk[modifier | modifier le code]

Sitation initiale[modifier | modifier le code]

Le flanc nord du Groupe d'Armées centre était défendu par la 3e Panzer Armee sous le commandement de Georg-Hans Reinhardt. Les lignes couraient à travers un terrain marécageux, à travers un saillant, des redans et des poches autour de la ville de Vitebsk, dans le secteur nord de l'autoroute MoscouMinsk, tenues par la 4e armée allemande. Il était opposé au premier front balte de Hovhannes Bagramyan et au troisième front biélorusse de Tcherniakhovski, à qui avait été confiée la tâche de percer les défenses au nord et au sud de Vitebsk et de réduire le saillant.

C'est dans ce secteur que les forces soviétiques avaient leurs plus grands gains initiaux. La 43e armée soviétique brisa les défenses du 9e corps d'armée allemand au nord de Vitebsk, dans les quelques heures, poussant en avant vers la rivière Duna. Au sud de la ville, le 6e corps d'armée, la 299e division et la 197e division d'infanterie allemandes disparurent devant un assaut soviétique impossible à contenir, avec une rupture effective mené par la 5e armée soviétique à la jonction des secteurs des 299e et 256e divisions d'infanterie[4]. Le 24 juin, les positions allemandes sur Vitebsk même, tenues par les quatre divisions centrales du 53e corps d'armée allemand étaient sérieusement menacées car les forces soviétiques tentaient clairement d'encercler la ville et qu'aunes réserves n'étaient disponibles pour remettre à flot les défenses effondrées. Les demandes pour retirer des forces allemandes des secondes lignes de défense (la ligne Tigre) étaient refusées par l'Oberkommando des Heeres (OKH).

L'attaque[modifier | modifier le code]

La percée est obtenue dès le 22 juin, au moyen d'une coordination interarmes soviétique inédite dans les dispositifs offensifs de l'Armée Rouge et propice à la désintégration du front allemand[5].

Le 25 juin, la IIIe Panzer Armee fut désintégrée. Dans le nord, le IXe corps d'armée allemand était brisé et jeté hors de la rivière Duna, faisant sauter les ponts pendant sa retraite. Dans le sud, le gros du VIe corps avait été anhihilé et ses divisions au sud (la 299e division d'infanterie et la 256e division d'infanterie allemandes) avaient été isolées du reste de la IIIe Panzer Armee par les attaques lourdes autour de Bogouchevsk[6], où ils tentèrent de marquer le pas sur la ligne Hessen, la troisième ligne de défense. Les 43e et 39e armées soviétiques convergeaient derrière Vitebsk, emprisonnant la totalité du LIIIe Corps. Son commandant, Friedrich Gollwitzer, avait transféré la 4e division de terrain de la Luftwaffe au sud-est de la ville de façon à être le fer de lance d'une percée, tandis que le 246e division d'infanterie (Volskgrenadiers) tentait de tenir ouverts les ponts de la Dvina. Cependant, l'Oberkommando des Heeres (OKH) refusa toutes les demandes d'une évacuation totale : la 206e division d'infanterie allemande se vit intimer l'ordre de tenir la ville et de combattre jusqu'au dernier homme[7].

Les plans soviétiques dans ce secteur rejoignirent le succès triomphal. la 4e division de terrain de la Luftwaffe fut morcelée et détruite par le 39e armée dans la soirée du 25 juin. Dans les derniers jours, le 246e d'infanterie et le 4e division de terrain de la Luftwaffe combattirent leur chemin le long de la route de Vitebsk, étaient également encerclés. Hitler insista sur le fait qu'un officier d'état-major avait été parachuté dans Vitebsk pour rappeler à Gollvitzer qu'il ne devait pas se replier. Le commandant de la 3e Armée Panzer, Reinhardt, n'était pas capable de faire revenir Hitler sur cette décision en étant parachuté chez lui si Hitler maintenait cet ordre[8]. Dans la soirée les forces soviétiques poursuisaient leur route en combattant dans la ville et Gollwitzer finalement ordonna à la garnison de se replier, défiant les ordres de l'OKH.

Recul allemand[modifier | modifier le code]

Le 27 juin, les 30 000 hommes du LIIIe Corps ont été en majorité tués ou faits prisonniers. Un groupe de plusieurs centaines d'hommes de la 4e division de terrain de la Luftwaffe tenta une percée mais fut liquidé dans les forêts à l'ouest de Vitebsk[9]. Les restes du IXe corps firent retraite à l'ouest, tombant ensuite à Polotsk sur la 6e Armée de la Garde en poursuite : le 6e corps fut aussi largement détruit.

Succès soviétique[modifier | modifier le code]

La ville de Vitebsk, saillant allemand, est rapidement encerclée, dès le 25 juin, au terme d'une manœuvre d'encerclement[10], qui est menée en dépit des contre-attaques allemandes[11]. À l'intérieur de la poche, les unités allemandes sont gênées les attaques aériennes soviétiques, dans leurs déplacements, dans leur concentration comme dans leur tentatives de percée le 26 juin[12].

La réduction de la poche a causé la mort de Modèle:Formatnu:35000 soldats allemands et la reddition de 10 000 prisonniers, dont le commandant de la poche, le général Gollwitzer[12].

La 3e Panzer Armée avait été éparpillée en quelques jours et Vitebsk libérée : plus significativement, une grande brèche avait été creusée dans les lignes allemandes au nord de la 4e armée dans le précédent du secteur du VIe corps.

Autour d'Orcha[modifier | modifier le code]

Situation initiale[modifier | modifier le code]

Le secteur central des opérations soviétiques était contre le long front de la 4e armée allemande qui était sous le commandement général de Kurt von Tippelskirch. Les plans soviétiques visaient le gros de ces forces, le XXXIXe corps de blindés et le 12e corps d'arméeallemands, encerclés selon ce qui était prévu après avoir été cloués au sol par les attaques du 2e Front biélorusse en parallèle avec l'offensive Mohilev. De loin, le plus important des objectifs soviétiques était immédiatement le nord. La route principale MoscouMinsk et la ville d'Orcha, que l'aile gauche du 3e Front biélorusse de Tcherniakhovski avait reçu l'ordre de prendre. Une percée dans cette zone contre le Général Paul Völckers, 15e corps d'armée allemand formerait la branche nord de la pince de l'encerclement prévu pour détruire la IVe armée allemande. La route de Minsk était protégée par des travaux de défense étendus défendus pas la LXXVIIIe division d'infanterie allemande, une unité spécialement renforcée par de l'artillerie supplémentaire et des canons d'assaut. Orcha même était désignée comme une place forte (Fester Platz) ou point fortifié sous le commandement de la LXXVIIIe division d'infanterie, avec la XXVe Divisionde Panzergrenadier allemande qui tenait les lignes au sud. Le résultat des fortes défenses installées dans ce secteur était que les plans soviétiques inclurent l'engagement d'unités du génie lourdement armées (chars rouleurs de mines pour assistance à une percée.

L'attaque[modifier | modifier le code]

La 11e Armée de la Garde soviétique de Galitsky attaque vers Orcha le 23 juin 1944 mais son avance est réduite à une profondeur 1 500 mètres, en raison des contre-attaques et des tirs d'artillerie allemands[13]. Le jour suivant, les soviétiques (1re division de fusiliers de la Garde) fut capable de percer à travers les lignes allemandes dans une région marécageuse faiblement tenue au nord de la 78e Sturm Division, qui reçoit l'ordre de reculer sur la ligne "Hessen", la troisième ligne de défense. Elle était en train de combattre pour garder le contact avec la 25e Division de Panzergrenadiers allemande au sud.

Tcherniakhovski, encouragé par les progrès de la 1re division des fusiliers de la Garde, poussa des forces d'exploitation mixtes cavalerie / mécanisées dans la brèche des lignes allemandes. Le 25 juin, les défenses commencèrent à céder. Une contre-attaque à Orekhovsk échoua[14].

Recul allemand[modifier | modifier le code]

La position de Volcker fut affaiblie par le quasi-effondrement du 6e Corps de la IIIe Panzer Armée, immédiatement au nord. A 11 h 20 le 25 juin, le VIe Corps qui avait été coupé de sa formation mère, fut réaffecté à le IVe Armée[15]. Une partie des réserves, la XIVe division d'infanterie allemande, fut amenée pour tenter de ralentir l'avance soviétique au nord d'Orcha Vers minuit, cependant, la 11e Armée de la Garde soviétique avait brisé les restes du VIe Corps sur la ligne 'Hessen' et la situation de la 78e Sturm Division devenait intenable. Le 26 juin vit les forces allemandes en retraite. Les forces soviétiques du 2e Corps blindé de la Garde soviétique, appuyées par une aviation puissante[16] purent pousser sur la route au delà de Minsk rapidement, avec une force auxiliaire qui perça pour encercler Orcha, défendue par un bataillon de cyclistes[16],qui fut libérée dans la soirée du 26 juin 1944.

La force principale d'exploitation, la 5e armée blindée de la Garde soviétique de Pavel Rotmistrov fut alors engagée dans la brèche creusée dans les lignes allemandes. Le VIe Corps se désagrégea complètemnt, ses éléments arrière atteignant Borisov en désordre. Son commandant, le Général Georg Pfeiffer, fut tué le 28 juin après avoir perdu le contact aves ses divisions. Vollcker se vit ordonner de tenir bon mais n'avait plus les ressources nécessaires malgré la montée de sa 260e Division d'infanterie vers le nord et le déplacement de la 286e division de sécurité allemande vers les lignes[17].

Dans le chaos occasionné par les consignes de Ernst Busch, dictées par les consignes de défense rigide de Hitler, des unités montant au combat croisent des hommes séparés de leur unité et en retraite[16], tandis que Hitler autorise des replis lents et partiels ne modifiant en rien l'issue de la bataille[18]; en effet, face à la percée soviétique, c'est un décrochage rapide que Busch tente d'obtenir le 26 juin à Berschtesgaden[16]. Rapidement encerclée sur trois côtés, la ville est abandonnée le 27 juin, après quelques combats de rue[16]

Fin de l’offensive[modifier | modifier le code]

Les unités allemandes en fuite sont rapidement prises à partie, et, en dépit de l'organisation d'un chaudron mobile, les soldats qui les composent cèdent à la panique et contribuent à transformer la défaite en déroute[18].

L'opération cessa effectivement le 28 juin 1944, avec l’arrivée de la 5e Armée blindés soviétique sur la Bérésina.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Prisonniers de guerre allemands arrivant à Moscou

En termes d'objectifs vis-à-vis de l'opération Bagration, l'offensive fut un succès complet.

  • Les deux villes et centres de communications / transports, Vitebsk et Orcha, furent prises.
  • De lourds dommages furent infligés aux forces allemandes, avec le LIIe corps de la IIIe Panzer armee complètement éliminé et d'autres corps souffrant de hauts-niveaux de pertes et morts ainsi que de pertes en matériel.
  • La percée des forces d'exploitation à Orcha, en combinaison avec une percée similaire au sud, en parallèle avec l'offensive Bobruisk, qui mettait en place l'encerclement du gros des forces allemandes de la IVe armée dans l'offensive Minsk suit.

La politique funeste des places fortes à tenir à tout prix continue, places fortes encerclées et tournées.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Composantes de l'Opération Bagration :

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cet article a été traduit depuis un certain nombre d'articles de la wikipédia anglaise ; c'est pourquoi la plupart des références sont en anglais. Il serait évidemment souhaitable de les remplacer par des références en français, quand elles existent.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. ou selon Paul Carell, Front de Russie blanche
  2. Une aberration d'Hitler qui relevait d'une ancienne stratégie de la Première Guerre mondiale.
  3. C'est à cette armée que fut rattaché l'escadron de chasse français 2/30 Normandie-Niemen sou l'autorité du général Zakharov.
  4. Dunn, pp. 1-2
  5. Jean Lopez, Opération Bagration, p. 164
  6. My shetl in BogushevskDocument utilisé pour la rédaction de l’article
  7. Zaloga, p. 52.
  8. Mitcham, p. 24.
  9. Les notes soviétiques données par Glantz (p. 85) disent que ce groupe fut intercepté d'abord par la 179e division de fusiliers au lac Sarro le 26 juin et fut finalement détruit près de Iakoubovchina le 27 juin.
  10. Jean Lopez, Opération Bagration, p. 171
  11. Jean Lopez, Opération Bagration, p. 180
  12. a et b Jean Lopez, Opération Bagration, p. 181
  13. Jean Lopez, Opération Bagration, p. 182
  14. Zaloga, pp.56-57
  15. Dunn, p.149
  16. a, b, c, d et e Jean Lopez, Opération Bagration, p. 185
  17. Dunn, pp.149-50
  18. a et b Jean Lopez, Opération Bagration, p. 186

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Allen Caroll (dir.) (trad. Emmanuel Vire), Europe, Washington D.C., National Geographic,‎ mai 2008, carte, 2 p.
  • Paul Carell (trad. Raymond C. ALBECK, ill. cartes Jean THER), Les Russes déferlent : septembre 1943 - août 1944 [« Verbrannte Erde »], vol. 3 : Opération Terre brûlée, Paris, Éditions j’ai lu,‎ 1970, poche, 320 p.
  • (en)Dunn, W. Soviet Blitzkrieg: The Battle for White Russia, 1944, Lynne Riener, 2000, ISBN 978-1-55587-880-1
  • (en)Glantz, D.M. Byelorussia 1944—The Soviet General Staff Study
  • Jean Lopez, Opération Bagration : La revanche de Staline (1944), Paris, Economica,‎ 2014, 409 p. (ISBN 978-2-7178-6675-9)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Mitcham, S. German Defeat in the East, 1944-5, Stackpole, 2007.
  • (en) Niepold, G., translated by Simpkin, R., Battle for White Russia: The destruction of Army Group Centre June 1944, Brassey's, London, 1987, ISBN 0-08-033606-X
  • (en) Zaloga, S. Bagration 1944: The Destruction of Army Group Centre, Osprey Publishing, 1996, ISBN 978-1-85532-478-7

Liens externes[modifier | modifier le code]