Offensive à outrance
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L'offensive à outrance est une doctrine militaire qui pense que l'engagement massif de forces armées fournit les conditions de succès d'une bataille. Elle rappelle l’audace celtique décrite par Jules César puis la furia francese et cette intrépidité qui fait qu'on se précipite dans le danger en se jouant de la vie.
[modifier] Historique
Saint-Just, après avoir fait la guerre à Bitche, fut partisan de cette doctrine en l'an II (1794).
Après la défaite de 1870, imputée à l'esprit défensif de l'armée impériale, le culte de l'offensive à outrance devient dominant chez beaucoup de chefs politiques et militaires.
Enseignée très tôt à l'École de Guerre, notamment par le général Foch, qui en est directeur de 1907 à 1911, théorisée par le colonel de Grandmaison, elle est incluse dans le plan XVII mis en place par le général Joseph Joffre lors de sa nomination à la tête du Conseil supérieur de la guerre. L'offensive à outrance est le principe dominant dans l'État-Major de l'Armée française entre 1871 et 1914.
[modifier] Première guerre mondiale
Le début de la guerre est marqué par la bataille des Frontières, où la vie des combattants français n’est pas une priorité. Aucun chef ne cherche à économiser ses effectifs, les ordres écrits sont d’aboutir « à tout prix », ou de résister « à tout prix ». Dans une conception de guerre courte, de victoire rapide, il faut aboutir quel que soit le coût humain[1].
Le célèbre communiqué que Foch envoie à Joffre le 9 septembre 1914 illustre cette visée offensive qui imprègne les états-majors :« Pressé sur ma droite, mon centre cède. Impossible de me mouvoir. Situation excellente. J’attaque. » Cette stratégie vaut aux Français la perte énorme d’un tiers des effectifs de l’armée française mobilisée durant l'été 1914, soit environ 400 000 hommes.
[modifier] Notes
- Pierre Miquel, La bataille de la Marne, Plon, 2003, réédité chez Perrin en 2004, (ISBN 2-262-02228-3), pp 368-370