Oengus Ier

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Oengus fils de Fergus  : Óengus mac Fergusa (Gaél) , Unuist mac Uurguist (Picte) le premier de ce nom, fut roi des Pictes de 729 jusqu'à sa mort en 761.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le Sarcophage de Saint Andrews

Origine[modifier | modifier le code]

Selon les sources irlandaises, sa famille était liée avec les Eóganachta, clan royal du Munster, en Irlande. La tradition irlandaise reprise notamment dans le Book of Munster et dans le Livre Hui Maine fait en effet de Conall Corc mac Lugaid roi des Eóganachta de Munster, l’époux de Mongfinn une fille du roi picte Uuradech (Feradach) Uecla « Findlaech » (i.e: Héros blanc) quatrième prédécesseur de Drust mac Erp et crédité d’un règne de deux ans à la fin du IVe siècle. Cette branche des Eóganachta de « Magh Geirginn  » descendrait du fils de Conall Corc, nommé Caibre Cruitheachan (le petit picte) et passe pour s’être établi dans le royaume picte de Cirech (i.e: Circinn) et avoir été le clan ancestral du roi Oengus Ier.

Prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

Rien n'est connu de la vie d'Oengus avant 728 lorsqu'il combat dans une guerre civile entre quatre rois pictes et que cette année-là il bat le roi Alpin deux fois et tue son fils[1]. L'année suivante il bat Nechtan mac Der Ilei[2], qui fut roi suprême des Pictes jusqu'à son abdication en 724[3]. Nechtan, homme pieux, meurt dans un monastère en 732[4]. Un quatrième roi, Drest, périt dans une bataille perdue en 729[5].

Relations avec le Dal Riata[modifier | modifier le code]

En 731[6] Bridei fils d'Oengus bat un certain Talorg mac Congus, sans doute un roi des Scots du Kintyre[7], qui est exécuté par noyade en 734[8]. Un deuxième concurrent Talorgan mac Drostan, le roi d'Atholl, est lui-aussi noyé en 739[9]. Bridei lui-même est capturé en 733[10], bien qu'il fut dans un lieu saint, par Dungal mac Selbaich « l'impétueux », chef des Scots du Cenél Loairn et ancien roi de Dal Riada. On ne sait pas si cet évènement provoque l'invasion de Dal Riada par Oengus l'année suivante. Pendant la guerre Dungal est blessé et doit se réfugier en Irlande. Les scots et les pictes intervinrent dans les guerres en Irlande dès 733, mais les sources ne sont pas en correspondance et les détails sont maigres. Ces interventions eurent des motivations différents, et ne semble pas liées, ni l'une à l'autre, ni avec la fuite de Dungal.

En 736 Oengus et son frère Talorgan dirigèrent une deuxième campagne contre les scots. Dúngal mac Selbaich et son frère furent pris par les Pictes, les rois scots furent battus, et il semble que le royaume de Dal Riada fut conquis pas Oengus. Son fils Bridei mourut peu après dans les circonstances inconnues[11].

Les Scots ne furent pas pacifiés, et Oengus dut lancer une troisième guerre en 741 quand, selon les sources irlandaises, le Dal Riada fut « martelé » encore une fois[12]. La Dal Riada restait sous le contrôle des Pictes jusqu'en 750, ou même les années 760. Il semble qu'il ne recouvra jamais entièrement son indépendance avant que les Vikings ne l'écrasent.

Relations avec le Strathclyde et les Angles[modifier | modifier le code]

Pendant la troisième campagne en Dal Riada, il semble que le roi Eadberht de Northumbrie fit la guerre contre les pictes, ses voisins du nord. Mais, lorsque ses guerriers partirent en campagne, son voisin du sud, le roi Ethelbald de Mercie, le Bretwalda à l'époque et peut-être allié avec Oengus, ravagea les terres de Northumbrie. En 744 Oengus tourna son attention vers les autres voisins méridionaux du royaume Picte, le Royaume de Strathclyde peuplé de Bretons insulaires, et lança une campagne sans grand succès[13]. Une deuxième attaque contre les Bretons en 750[14], peut-être en alliance avec la Northumbrie, se solda par une lourde défaite et le mort de Talorgan, frère d'Oengus. Les Northumbriens eurent plus de succès et saisirent une partie des terres Bretons. Lors, le roi Ethelbald de Mercie dut mener la guerre contre le roi de Wessex. Il semble que les quatre coups: la défaite de 750, le mort de son frère, le succès des Northumbriens, et la révolte de Wessex entrainant la perte de soutien mercien, affaiblit la réputation et le pouvoir d'Oengus. Une guerre civile picte eut lieu peu après, mais Oengus fut vainqueur.

Mais, en 756 il tente une nouvelle fois la conquête du Royaume des Bretons du Strathclyde, avec l'alliance de la Northumbrie. Les évènements qui suivirent sont obscurs. Les alliés vinrent à Dumbarton, chef lieu du royaume de Strathclyde, les Bretons décidèrent de se rendre, et une paix fut signé, et les alliés partirent. Une semaine après, pendant que les guerriers northumbriens revenaient chez eux, ils subirent une attaque, et souffrirent une grande défaite. Le roi Eadberht échappa avec peu de monde. On ne sait pas quel ennemi infligea cette défaite car l'annaliste se tut[15].

Fin du règne[modifier | modifier le code]

Oengus meurt en 761[16], dans la soixantaine. Son frère Bridei lui succède. Selon les poètes irlandais auteurs du « Livre de Leinster », qui virent en Oengus un roi guerrier, il fut bon roi. Ses voisins le virent autrement. Le moine northumbrien qui continua l'histoire de Bède le Vénérable écrivit: « Oengus, roi des Pictes, mourut. Pendant toute sa règne, il ne fut qu'un boucher tyrannique et sanguinaire ». On estime que le sarcophage de Saint Andrews avait été préparé pour Oengus. Dans ce cas il se montre comme il voulait se représenter, avec les traits d'un nouveau roi David.

Postérité[modifier | modifier le code]

Un deuxième roi de ce nom, Óengus II mac Fergusa, règne de 820 à 834. Depuis quelque temps, certains historiens estiment que le second Oengus, et son frère et prédécesseur Constantine, qui règne de 789 à 820, étaient de la famille d'Oengus, soit ses petits-fils, soit ses petits-neveux.

Entre la mort de son frère et successeur Bridei mac Uurguist en 763, et le début du règne de Constantine en 789, plusieurs autres rois, et peut-être tous, eurent sans doutes des liens de parenté avec Oengus[17].

Oengus fut un des plus importants rois des Pictes. Sa parenté domina sans doute le royaume des Pictes pendant un siècle, jusqu'au 839, quand Eòganán, fils du second Oengus, son frère Bran, et le roi de Dalriada, périssent lors d'une sanglante défaite contre les Vikings. Bien que les rois postérieurs soient encore nommés Rois des Pictes jusqu'au début du Xe siècle, quelque chose de très important se passa en 839 avec la fin de la dynastie d'Oengus.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Annales d'Ulster AU 728.4
  2. Annales d'Ulster AU 729.2
  3. Annales d'Ulster AU 724.4
  4. Annales de Tigernach AT 732.7
  5. Annales d'Ulster AU 729.3
  6. Annales d'Ulster: AU 731.6
  7. James E. Fraser From Caledonia to Pictland. Scotland to 795 Edinburgh University Press 2009, (ISBN 0748612321) p. 293
  8. Annales d'Ulster: AU 734.5
  9. Annales d'Ulster: AU 739.7
  10. Annales d'Ulster: AU 733.1
  11. Annales d'Ulster U736.1 & U736.2
  12. Annales d'Ulster AU 741.10
  13. (la) Symeonis Dunelmensis Historia Regum « Opera et collectanea » Andrews and Co Duhram 1868, AD 744
  14. Annales d'Ulster U750.4
  15. Simeon de Durham Op.cit AD 756 p. 20
  16. Annales d'Ulster AU 761.4
  17. Drest mac Talorgan roi en 780/781 est considéré par James E. Fraser comme le neveu d'Oengus et Talorgan mac Unuist roi des Pictes de 782 à 785 comme son fils.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) James E. Fraser From Caledonia to Pictland, Scotland to 795 The New Edinburgh History of Scotland. Edinburgh University Press, Edinburgh (2009) (ISBN 9780718612321) p.243,287-320,322,324,326-330,332,334,336-337,339,353-354,356-358,361-362,367-368,372-373.
  • (en) J.M.P Calise Pictish Sourcebook, Document of Medieval Legend and Dark Age History Greenwood Press (Londres 2002) (ISBN 0-313-32295-3)
  • (en) W.A Cumming The Age of the Picts Sutton Publishing (1998) (ISBN 0750916087).
  • (en) Marjorie Ogilvie Anderson Kings and Kingship in Early Scotland 3e réédition par John Donald Birlinn Ltd, Edinburgh (2011) (ISBN 9781906566302)

Liens externes[modifier | modifier le code]