Odette Sansom

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Odette Sansom

alt=Description de l'image Odette Sansom.jpg.
Nom de naissance Odette Marie Céline Brailly
Naissance 28 avril 1912
Amiens, France
Décès 13 mars 1995
Walton-on-Thames, Surrey, Angleterre
Nationalité Drapeau : France Française
Distinctions

Odette Sansom (1912 - 1995) fut un agent franco-britannique du Special Operations Executive, pendant la Seconde Guerre mondiale. Sous le nom de guerre « Lise », elle fut courrier du réseau SPINDLE dirigé par Peter Churchill actif dans le midi de la France. Arrêtée par les Allemands et déportée à Ravensbrück, elle survécut.

Identités[modifier | modifier le code]

  • État civil : Odette Marie Céline Brailly, ép. 1. Sansom, 2. Churchill, 3. Hallowes
  • Comme agent du SOE :
    • Nom de guerre (field name) : « Lise »
    • Nom de code opérationnel : CLOTHIER (en français DRAPIER)

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Famille[modifier | modifier le code]

  • Son père : Gaston Brailly est un héros de la Première Guerre mondiale, tué à Verdun en 1918.
  • Son premier mari : Roy Sansom, Anglais (mariage 1931 ; mort pendant la guerre).
    • Leurs trois filles : Françoise, Lily et Marianne.
  • Son deuxième mari : Peter Churchill (mariage 1947 ; divorce 1956 ; mort en 1972).
  • Son troisième mari : Geoffrey Hallowes (mariage 1956, décédé le 25 septembre 2006, voir Timesonline)

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

1912. Le 28 avril, Odette Brailly naît à Amiens, département de la Somme, région de Picardie, France.

1918. À la mort de son père, elle n'a que six ans. Elle sera élevée par sa mère, avec la présence de ses grands-parents, d'abord à Saint-Saëns (entre Rouen et Dieppe), puis à Boulogne-sur-Mer, où elle achève ses études.

1926. Elle est pensionnaire chez les sœurs à Boulogne-sur-mer. Appréciation de la mère supérieure : « Odette est une élève intéressante et intelligente, et a beaucoup de volonté ».

1930. Elle fait la connaissance de Roy Sansom, un jeune Anglais dont la famille est amie des Brailly.

1931. Elle épouse Roy Sansom à l'église Saint-Pierre de Boulogne. Son mariage lui confère la nationalité britannique.

1932. Naissance de Françoise. La famille s’installe en Angleterre.

1934. Naissance de Lily à Londres.

1936. Naissance de Marianne.

1941. Elle se sépare de son mari, et conserve la garde de ses trois filles.

Entrée en Résistance[modifier | modifier le code]

1942.

  • Printemps. Quand le War Office demande aux Londoniens d’origine française de fournir des photographies de leurs villes, Odette envoie ses photos de famille qui contiennent de nombreux renseignements utiles sur la côte de la Manche. Dans la lettre qui accompagne les photos, elle explique qu'elle a vécu près de quatre ans à Boulogne et qu'elle connaît très bien cette partie de la côte française. Cela attire l'attention du War Office. Elle est reçue par le major Guthrie, à qui elle explique qu'elle recherche un emploi à temps partiel !...
  • Juillet. ... Puis, sur une invitation reçue fin juin, elle a un entretien le 10 juillet avec Selwyn Jepson à l'hôtel Victoria, chambre 238, Whitehall. Il lui propose de travailler pour la section F, en étant recrutée par le FANY[1]. Elle trouve dans l'Essex un pensionnat religieux qui pourra prendre en charge ses filles. Et une semaine après l'entrevue, elle téléphone à Jepson pour lui communiquer son acceptation. Il lui demande de se rendre à Orchard Court pour y rencontrer Maurice Buckmaster, ce qu'elle fait. Elle y apprend en quoi consistera sa mission.
  • Août. Elle suit l'entraînement.

Mission en France[modifier | modifier le code]

Définition de la mission : il lui est demandé d'organiser un réseau dans la région d'Auxerre. Son nom de guerre est « Lise ».

  • Octobre. Elle est expédiée par un transport de troupes par bateau, de Gourock à Gibraltar.
  • Novembre. Partie de Gibraltar, la felouque Seadog la dépose début novembre à Port-Miou, près de Cassis (Bouches-du-Rhône)[2]. Elle établit le contact avec le chef de réseau SPINDLE, Peter Churchill, qui obtient du SOE que sa mission soit changée et qu'elle lui soit affectée en tant que courrier.

1943.

  • À l'occasion d'un retour de Peter Churchill en Angleterre, elle reste seule en France. Elle rencontre Hugo Bleicher, qui se présente comme un agent de l'Abwehr (ce qu'il est) et qui prétend souhaiter se rendre en Angleterre pour y servir les Alliés.

Aux mains de l'ennemi[modifier | modifier le code]

  • Avril. Le 16, le réseau ayant été trahi par un agent double, Odette et Peter Churchill sont arrêtés à Saint-Jorioz, près du lac d'Annecy et emprisonnés. Elle est torturée par la Gestapo à la prison de Fresnes, près de Paris. Elle prétend alors qu'elle est la femme de Peter Churchill et que celui-ci est le neveu du premier ministre (ce qui n'est pas le cas). Avec ce mensonge, elle espère ainsi pour eux un traitement moins rigoureux. Cela se révèle judicieux, car les Allemands les laissent en vie, probablement avec l'idée de les utiliser un jour comme monnaie d'échange politique avec le Royaume-Uni.

1944.

  • Odette est condamnée à mort par un tribunal réuni avenue Foch, sans avocat et sans défense.
  • Mai. Le matin du 12, Odette Sansom, en même temps que six (ou sept) autres agents féminins du SOE, Andrée Borrel, Yolande Beekman, Vera Leigh, Éliane Plewman, Diana Rowden, Madeleine Damerment (et Sonia Olschanezky[3] ?), est extraite de la prison de Fresnes. Elles ne se connaissent pas les unes les autres, n'ayant jamais eu à se côtoyer, ni à l'entraînement, ni sur le terrain, ni en prison. Elles sont envoyées au quartier général du SD, avenue Foch, où elles sont enfermées quelques heures, puis emmenées en camion, attachées deux par deux, à la gare de l'Est, mises dans le train et déportées en Allemagne. Le 13, le trajet s'arrête à Karlsruhe. Des sept (ou huit ?) femmes, seule Odette Sansom reviendra et pourra faire le récit de ce "voyage".
  • Juillet. Elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück, où elle arrive le 18.

1945. Le 28 avril (jour de son 33e anniversaire), le commandant du camp, le Sturmbannführer Fritz Sühren, la fait sortir du camp dans un fourgon cellulaire qui l'emmène au camp de Neustadt. Le 1er mai, nouveau transfert dans un autre camp. Le 3 mai, Sühren l'emmène en voiture, la remet aux Américains (en la leur présentant comme parente de Winston Churchill) et se rend.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

1946. Le 16 décembre, elle témoigne contre sept femmes, anciennes gardes du camp de concentration de Ravensbrück, devant le Tribunal Allié de Hambourg chargé de la répression des crimes de guerre.

1947. Elle épouse Peter Churchill (son mari est décédé pendant qu'elle était en prison).

1955. Ils divorcent.

1956. Elle épouse Geoffrey Hallowes.

1967. Vice-présidente du First Aid Nursing Yeomanry (FANY).

Elle préside l'association des titulaires de la George Cross

1995. Elle meurt le 13 mars à Walton-on-Thames.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. First Aid Nursing Yeomanry.
  2. Dans la nuit du 3 au 4 novembre, à Port-Miou, le Seadog commandé par Buchowski débarque 9 personnes et 500 kg de matériel, et embarque 6 personnes. Les personnes débarquées sont : George Starr, Marcus Bloom, Mary Herbert, Marie-Thérèse Le Chêne, Odette Sansom, Gracomino Galea, et trois autres. Les personnes embarquées sont : John Starr, Isidore Newman, Jean Nohain-Jaboune « Quintet » (Radio-Patrie), X « Richard » et son fils, et un autre. [Source : Sir Brooks Richards, p. 930].
  3. La présence de Sonia Olschanezky dans le groupe est à vérifier : Siedentopf (2008) la mentionne, mais Odette Sansom, qui faisait partie du groupe, ne la mentionne pas dans son récit rapporté dans Tickell (1950).
  4. J. Tickell, p. 239-245.

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

Œuvres consacrées à Odette Sansom;
  • Livre : Jerrard Tickell, Odette agent S.23, préface de Pierre H. Clostermann, coll. Audace n° 1, Nicholson & Watson, 1949, tr. en français par Alain Glatigny de (en) Odette: The Story of a British Agent, Nicholson & Watson, 1949 ; Chapman & Hall, 1950, Bath, Chivers, 1984. Il s'agit d'une biographie d'Odette Sansom, jugée « partiellement exacte » par M.R.D. Foot.
  • Film : Odette, agent S 23 (titre original : Odette, 1950), réalisateur Herbert Wilcox, d'après le livre de Jerrard Tickell mentionné ci-dessus.
Autres sources