Ochsenstein

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Blason de la maison d'Ochsenstein « de gueules, à deux fasces d'argent »

La Maison d'Ochsenstein est une importante maison de l'Alsace médiévale. Son influence fluctua entre le XIIe et le XVe siècle en suivant celle de la Maison des Habsbourg avec laquelle les Ochstenstein étaient étroitement liés. La seigneurie des Ochstenstein est située à l'origine près de Saverne, dans le Bas-Rhin, aux alentours du château d'Ochsenstein

Article connexe : Château d'Ochsenstein.

Histoire des Ochsenstein[modifier | modifier le code]

Gisant de Rodolphe de Habsbourg

Origine[modifier | modifier le code]

La seigneurie des Ochsenstein faisait initialement partie des territoires de l'abbaye de Marmoutier. Elle en fut séparée par l'évêché de Metz qui la donna à une famille noble proche des Geroldseck[1]. Cette famille prendra par la suite le nom d'Ochsenstein suivant l'usage de l'époque qui voulait qu'une lignée prenne pour patronyme le nom de son château.

La première mention d'un seigneur d'Ochsenstein date de 1187 : Bourcard d'Ochsenstein signe une charte de Frédéric Barberousse confirmant à l'abbaye de Koenigsbrück ses possessions[2]. Bourcard a un fils, Otton Ier qui lui succède.

Otton Ier a six enfants, dont une fille, Adélaïde (qui épousera Bernard de Scharrach) et cinq garçons. En 1217, malade et se croyant proche de la mort, il règle sa succession et partage ses domaines entre trois de ses fils, Otton II, Eberhard et Conrad, les deux autres étant entrés dans le clergé. Otton Ier survit néanmoins à sa maladie et ne meurt en fait qu'en 1241, ses fils héritants alors comme prévu en 1217.

Alliance avec les Habsbourg[modifier | modifier le code]

Otton III[3], qui a hérité du château d'Ochsenstein, épouse, vers 1243, Cunégonde de Habsbourg, la sœur de Rodolphe de Habsbourg qui sera élu à la tête du Saint-Empire romain germanique le 1er octobre 1273, puis sacré Roi des Romains le 24 octobre de la même année. Les Ochsenstein acquièrent alors une grande influence et agrandissent leur territoire (ils acquièrent Marlenheim, Barr...).

Otton IV, fils d’Otton III, restera fidèle aux Habsbourg et aidera Rodolphe lors de ses campagnes militaires. Il sera nommé par ce dernier landvogt d'Alsace et de Brisgau (l'équivalent d'un bailli provincial). Il réside alors à ce titre au chateau de Haguenau, dont il est chassé en 1285 par les habitants pour avoir été trop expéditif avec eux[4].

Otton IV et le conflit entre les Habsbourg et Albert de Nassau[modifier | modifier le code]

À la mort de Rodolphe de Habsbourg en 1291, Otton IV ne soutient pas l'élection d'Albert de Habsbourg mais celle d'Adolphe de Nassau qui, une fois élu, le maintient dans sa charge de landvogt d'Alsace. Otton s'oppose ainsi aux Habsbourg et prend part au siège du château de l'Ortenbourg, construisant la tour du Ramstein.

Otton change ensuite de camp et pour rejoindre à nouveau celui des Habsboug. Il est immédiatement destitué par Adolphe de Nassau qui nomme alors Théobald de Ferrette landvogt d'Alsace. Le 2 juillet 1298, la bataille de Gölheim voit s'opposer les armées d'Albert de Habsbourg et d'Adoplhe de Nassau. Otton IV, porte-bannière d'Albert, meurt étouffé dans son armure ; Albert est malgré tout victorieux[5].

Luttes d'influence[modifier | modifier le code]

Otton V succède à son père et obtient la charge de Lanvogt, mais seulement pour la proche Ortenau et non pour toute l'Alsace. Lorsqu'Albert de Habsbourg est assassiné en 1308, les Ochsenstein perdent leur influence et leurs charges royales. Ils les retrouvent néanmoins en 1315 lorsque les Habsbourg reviennent au pouvoir. Otton, nommé landvogt d'Alsace et du Speyergau (en). Il devient également avoué de l'abbaye d'Alspach et reçoit en engagère la prévôté impériale d'Obernai[6]. Il meurt en 1327 et il est enterré à l'abbaye de Neubourg.

Otton VI lui succède. Il est nommé ünterlandvogt. Il a trois fils, Otton VII, Jean et Rodolphe et une fille, Adélaïde (future comtesse de Tübingen). À la suite de la mort de Jean II de Lichtenberg, Jean convoite en 1370 le poste d'évêque, mais il est en concurrence avec Jean de Kyburg qui l'enlève et l'enferme dans son château de Windeck en Forêt-Noire. Il faudra que le Windeck soit assiégé (notamment par la ville de Strasbourg) pour que Jean soit libéré[7]. Celui-ci ne deviendra pas évêque mais devient grand prévôt du chapitre de Strasbourg, et il mourra en 1386 à la bataille de Sempach comme banneret de Léopold III de Habsbourg[8].

Jean d'Ochsenstein

À la mort d'Otton VI, ses enfants se disputent son héritage. Le château échoit finalement à Otton VII et Rodolphe, Adelaïde s'étant vu refuser tout droit sur la seigneurie, celle-ci étant un « fied masculin dépendant de l'évêché de Metz ». Le domaine des Ochsenstein inclut alors la montagne (Schlossberg) du château d'Ochsenstein, les villages de Lindau Wolschheim, Furchhausen, Eckwersheim, Geudertheim, Duntzenheim, Eichelberg, Tillermunster, Hengebren[9]...

Déclin des Ochsenstein[modifier | modifier le code]

La maison des Ochsenstein décline à partir de la fin du XIVe siècle. Rodolphe II mène de nombreux conflits qui amènent notamment la ville de Strasbourg à assiéger et à prendre le château d'Ochsenstein (probablement uniquement le petit château d'Ochsenstein). Ces conflits et notamment les rançons qui sont versées pour libérer Rodolphe lorsqu'il est fait prisonnier ruinent la famille d'Ochsenstein.

Rodolphe meurt en 1400. Son fils aîné, Frédéric d'Ochsenstein, épouse Elsa de Deux-Ponts-Bitche. Comme son père, il est mêlé à de nombreux conflits, notamment avec le margrave de Bade. Il est ainsi obligé de lui céder la moitié du château d'Ochsenstein en 1411 après un arbitrage effectué par son beau-père Hanemann II de Deux-Ponts-Bitche.

Frédéric meurt le 17 octobre 1411 sans laisser d'héritier, et c'est donc son frère Volmar qui hérite. Celui-ci était chanoine au chapitre de Strasbourg, mais il obtient l'autorisation de quitter sa charge pour « assurer la pérennité de son lignage » [10]. Ceci n'interrompt pas les tensions entre les Ochsenstein et le margrave de Bade et Volmar est obligé de reconnaître à ce dernier la jouissance de la moitié du château d'Ochsenstein le 11 novembre 1411. Volmar tente de lutter contre son influence en reconnaissant à Louis IV de Lichtenberg le droit d'ouverture de son château, mais il doit également reconnaître ce droit au margrave et à ses fils en 1417. De plus, pour aider son frère Jean à devenir prévôt du grand chapître de Strasbourg, Volmar cède à l'évêque de Strasbourg, Guillaume II de Diest, la moitié du château.

À la mort de Volmar en 1426 son fils Georges lui succède alors qu'il est encore très jeune. Jean d'Ochsenstein est son tuteur jusqu'à sa majorité en 1442. Georges prend part à son tour à de nombreux conflits. Il se retrouver prisonnier au château de Lichtenberg à la suite de la défaite des Linange face aux Lichtenberg à Reichshoffen en 1451. Libéré pour rapporter sa rançon, il ne parvient pas à rassembler la somme de 20 000 florins exigés. Il revient donc se constituer prisonnier passe deux ans dans les prisons du château avant que sa rançon puisse être rassemblée (1454). Georges est à nouveau fait prisonnier au château du Fleckenstein en 1471 et la nouvelle rançon exigée contribue à la ruine de sa maison. Il décède en 1485 à Heidelberg où il était venu en cure. C'est la fin de la maison des Ochsenstein. La sœur de Georges, Cunégonde, épouse de Henri Ier de Deux-Ponts-Bitche, hérite du domaine[11].

Seigneurs d'Ochsenstein[modifier | modifier le code]

Numérotation[modifier | modifier le code]

La numérotation des seigneurs d'Ochsenstein utilisée dans cet article est celle du Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne. Carmona et Trendel, dans leur ouvrage Les Châteaux des Vosges, Les Châteaux autour de Saverne, utilisent celle plus ancienne de Dagobert Fischer Ochsenstein, le château et la seigneurie, 1878 et d'Édouard Sitzmann Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace, 1910 qui omet Otton II ce qui décale leur numérotation en conséquence.

Liste[modifier | modifier le code]

  • Bourcard d'Ochsenstein (? - ?)
  • Otton Ier (? - 1241 ?)
  • Otton II (? - ?)
  • Otton III (? - 1291)
  • Otton IV (? - 2 juillet 1298)
  • Otton V (? - 19 octobre 1327)
  • Otton VI (? - 1377 ou 1378)
  • Otton VII (? - ?) et Rodolphe II (? - 1400)
  • Frédéric d'Ochsenstein (? - 17 octobre 1411)
  • Volmar d'Ochsenstein (? - 1426)
  • Georges d'Ochsenstein (? - 1485)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Guy Trendel cite dans Les Châteaux autour de Saverne un document daté de 1265 dans lequel l'évêque de Strasbourg Henri de Hohengeroldseck parle de Berthold d'Ochsenstein à titre de consanguineus ; il rapporte également que les deux lignées tenaient des fiefs en commun
  2. Les Château autour de Saverne, p. 51
  3. Voir la convention de numérotation
  4. Les Châteaux autour de Saverne, p. 53
  5. Chronique de Königshoven
  6. Les Châteaux autour de Saverne, p. 54
  7. Histoire de Strasbourg, Benoît Jordan, Paris 1997 [1]
  8. La chapelle funéraire de Sempach contient une fresque représentant Jean d'Ochsenstein aux côtés de Léopold III de Habsbourg
  9. Hommage de Otton VI à l'évêque de Metz en 1378, cité par Dabogert Fischer dans Ochsenstein, le château et la seigneurie, 1878
  10. Les Châteaux autour de Saverne, p. 58
  11. Les Châteaux autour de Saverne, p. 61

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]