Observatoire international des prisons

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L'Observatoire international des prisons (OIP) est né en 1990 à Lyon avec pour but de promouvoir, partout dans le monde, le respect des personnes incarcérées au regard des instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme. Il a obtenu un statut consultatif à l'ONU en 1995. L'OIP s'est organisé progressivement en délégations régionales et sections nationales. Depuis la disparition du secrétariat international de l'OIP en 1999, les différentes sections nationales sont entièrement indépendantes. Ont notamment subsisté les sections nationales de France, de Belgique, d'Argentine et du Maroc.[1]

Section française de l'OIP[modifier | modifier le code]

Observatoire international des prisons - section française (OIP-SF)

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Faire connaître le sort réservé aux personnes privées de liberté et interpeller les pouvoirs publics sur les abus et mauvais traitements dont elles peuvent faire l'objet.
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 1990 à Lyon
Identité
Siège Paris, Île-de-France
Président Antoine Lazarus
Site web http://www.oip.org/

Juridiquement créée en janvier 1996, la section française est une association régie par la loi du 1er juillet 1901, à but non lucratif et indépendante des pouvoirs publics. Concrètement, l'OIP dresse et fait connaître l'état des conditions de détention des personnes incarcérées, alerte l'opinion, les pouvoirs publics, les organismes et les organisations concernées sur l'ensemble des manquements observés ; informe les personnes détenues de leurs droits et soutient leurs démarches pour les faire valoir ; favorise l'adoption de lois, règlements et autres mesures propres à garantir la défense de la personne et le respect des droits des détenus ; favorise la diminution du nombre de personnes détenues, la limitation du recours à l'incarcération, la réduction de l'échelle des peines, le développement d'alternatives aux poursuites pénales et de substituts aux sanctions privatives de liberté. L'OIP agit hors de toute considération politique et quel que soit le motif de l'incarcération. Il s'appuie sur les textes nationaux et internationaux relatifs aux droits de l'homme qui prévoient que chacun a droit, en tout lieu, à la reconnaissance de sa personnalité juridique et que nul ne peut être soumis à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Organisation indépendante des pouvoirs publics, l'OIP ne sollicite aucun mandat ou subvention du ministère de la Justice, s'interdit de prendre part à l'action d'aucun gouvernement, de soutenir aucun parti politique ou de prendre position à l'occasion de toute consultation électorale.

Actions de l'OIP[modifier | modifier le code]

Pour faciliter la mise en œuvre de ses objectifs, l'OIP organise une vigilance de chaque lieu de détention grâce à un réseau de groupes locaux d'observation.

Un groupe local exerce une mission de surveillance de l'établissement et de protection des personnes détenues. Concrètement, il procède chaque année à une enquête approfondie concernant le site pénitentiaire à l'aide d'un important recueil de 500 questions, appelé l'observeur. Ce questionnaire passe au crible la vie quotidienne des prisonniers de l'établissement en matière de santé, d'hygiène, de travail, de culture, de religion, de liens familiaux, mais aussi de discrimination, de mauvais traitements, de sanctions… Il aboutit à forger la " carte d'identité " de la prison, à connaître précisément la nature et l'ampleur des dysfonctionnements qui y surviennent. Par ailleurs, chaque fois qu'il relève un manquement au droit ou un dysfonctionnement dans l'établissement observé, le groupe local le rend public, au moyen d'un communiqué adressé aux médias, aux autorités pénitentiaires, aux instances judiciaires et aux associations concernées… Un communiqué de l'OIP informe de faits avérés et vérifiés portant atteinte à la dignité, voire à l'intégrité physique et morale de la personne détenue. Il rappelle les textes nationaux ou internationaux bafoués. Les informations justifiant la rédaction et l'envoi d'un communiqué peuvent être un défaut de soins, une obstruction au maintien des liens familiaux, une entrave à la liberté d'opinion, une sanction disciplinaire abusive, un refus de libération conditionnelle, le maintien en détention d'une personne atteinte de troubles psychiques graves ou d'une maladie incurable en phase terminale, le manque de précautions prises à l'égard d'un détenu suicidaire...

Sous la responsabilité du conseil d'administration de la section française de l'OIP, un secrétariat national, basé à Paris, assure la coordination et le développement des groupes locaux d'observation ainsi que la formation des militants de l'Observatoire. En outre, l'équipe de permanents qui compose ce secrétariat gère les publications nationales, les réponses aux interpellations ou courriers des détenus et de leurs familles, les relations avec les pouvoirs publics, les médias, les organisations professionnelles et les associations, la recherche de financements, la gestion des adhésions, des abonnements et des commandes. Le secrétariat national organise également des campagnes nationales d'information ou de revendication.

L'Observatoire tente de mobiliser l'attention générale sur le sort réservé à l'ensemble des personnes privées de liberté et veille au respect de leurs droits fondamentaux et de leurs libertés individuelles.

Publications de l'OIP[modifier | modifier le code]

L'Observatoire international des prisons publie notamment une revue bimestrielle, Dedans dehors, destinée à tous ceux qui souhaitent être informés sur le monde carcéral, un Guide du prisonnier, un Guide du sortant de prison, ainsi qu'un Rapport dressant à la fois le bilan des politiques pénale et pénitentiaire mises en œuvre par les pouvoirs publics et un état des lieux des conditions de vie et de travail derrière les murs des prisons françaises.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]