Obourg

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Obourg
Les cimenteries
Les cimenteries
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Mons
Commune Mons
Code postal 7034
Zone téléphonique 065
Démographie
Gentilé Obourgeois(e)
Population 4 125 hab. (31/12/2004)
Densité 295 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 28′ N 4° 00′ E / 50.467, 4 ()50° 28′ Nord 4° 00′ Est / 50.467, 4 ()  
Superficie 1 400 ha = 14 km2
Localisation

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Site officiel www.mons.be

Obourg est une section de la ville belge de Mons située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

C'était une commune à part entière avant qu'elle ne fusionne le 1er janvier 1972 avec Mons[1].

Obourg a longtemps été renommé pour son tabac, dont la culture a aujourd'hui cessé.

Étymologie[modifier | modifier le code]

On trouve Alburg en 1119 dans une bulle du pape Calixte II, Alborghen en 1183, Obourgh sur un manuscrit tournaisien de 1186 et Ausbourg en 1616.

Plusieurs hypothèses existent quant à l'étymologie d'Obour[2], du francique, ald-burgou ou old-burg signifiant « vieux fort », « vieux bourg » ;

  • il pourrait aussi tirer son origine du germanique Adalo burg signifiant « bourg d’Adalo »[3] ;

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines et Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L’exposition « Archéologie de la région de Mons»[4] a révélé d’intéressantes découvertes se rapportant au village. L'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique conserve précieusement l’« infortuné d’Obourg », une des victimes des carrières néolithiques se trouvant sur son territoire, retrouvé en 1879 à cinq mètres sous le niveau du sol[5].

La bourgade fut fondée dans une clairière de l’ancienne forêt de Brocqueroie.

La localité eut à souffrir cruellement au Moyen Âge de la bataille acharnée que se livrèrent, en l’an 1072, les troupes de Robert le Frison et celles de Richilde, comtesse de Hainaut. Douze ans plus tard, Obourg passait de l’autorité des chanoines de l’église Saint-Pierre, à Mons, à celle des abbés de Saint-Denis.

À la fin du XIIIe siècle, le village était administré par un maïeur et des échevins. Il jouissait en outre de franchises communales. Son plus ancien sceau échevinal est un écu à un rocher accompagné en chef de deux étoiles, écu placé devant un saint Denis à mi-corps (avec la tête curieusement sectionnée au-dessus des sourcils) et la légende : S. ECH(EVIN)AL DE LA VILLE (sic) DOBOVRCQ. Le sceau est aux armes de Jean d’Orimont, abbé de Saint-Denis de 1519 à 1545[6]. Par la suite, l’abbaye ayant adopté comme armoiries les lis de France, on les retrouve, mais avec le saint portant sa propre tête entre les mains avec en exergue : SEEL ESCHEVI NAL DOBOVR.

Les abbés étaient devenus peu à peu, par la protection des princes, leurs propres acquisitions et des héritages, les puissants et riches seigneurs d’Obourg. Aussi y exerçaient-ils les droits de haute, moyenne et basse justice[7]. Appartenaient notamment à l’abbaye bénédictine : la ferme opulente des Wartons, connue déjà comme château avant le XIVe siècle et qui sera restaurée en 1531, la cense du Tordoir et celle dite « Cour des Dames » qui remonte à 1348 : l’abbé de Saint-Denis étant le directeur de conscience des plus jeunes et « nobles chanoinesses de Madame Sainte-Waudru », celles-ci, lorsqu’elles se rendaient annuellement à l’abbaye, séjournaient en ce domaine, d’où l’origine du nom.

En 1395, un abbé fit reconstruire un moulin banal où les habitants des deux villages voisins étaient obligés de faire moudre leurs grains selon l’ancienne législation coutumière du Hainaut. Il y avait encore, vers 1830, deux moulins à farine et un moulin à huile dans le localité.

En l’an 1399, une charte-loi fut accordée à Obourg.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

De nouveau, en 1678, le village fut éprouvé par une bataille meurtrière. L’armée de Louis XIV assiégeait Mons quand celle du prince d’Orange accourut à son secours. Un âpre combat s’ensuivit. Ce sanglant fait d’armes est connu dans l’histoire sous le nom de « combat de Saint-Denis » ainsi qu’en témoigne une belle médaille commémorative frappée vingt ans plus tard. Après la tourmente, les Obourgeois relevèrent les ruines, mais le village resta longtemps très pauvre. Trente-deux ménages, sur les soixante et un dont il se composait en 1754, vivaient alors dans le plus grand dénuement.

Un religieux de Saint-Denis officiait dans les deux communes. À partir de 1786, un prêtre fut autorisé à résider dans le village. Cependant, l’église resta longtemps encore une annexe de la paroisse dionysienne.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Obourg, l'ancienne maison communale et son parc.

Vers 1830, il y avait une brasserie et une fabrique de chocolat ; la population ne s’élevait alors qu’à 850 habitants.

La construction de vastes usines le long du canal du Centre à Obourg a changé totalement, au début du XXe siècle, non seulement le paysage agreste, mais aussi la vocation de cette commune fusionnée, en 1971, avec d’autres pour former le Grand Mons. Jadis agricole, elle est devenue depuis industrielle. Récemment encore, des hectares de bois ont été rasés, victimes de l'activité industrielle.

Actuellement, Obourg est devenu le théâtre de travaux considérables modifiant de fond en comble l’aspect du quartier de la gare, témoin de la rencontre mémorable des armées britanniques et allemandes en 1914.

Économie[modifier | modifier le code]

Une cimenterie du groupe suisse Holcim est implantée à Obourg (Mons).

Bâtiments remarquables[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Martin.

L'église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

Les parties ogivales, qui subsistent de l’ancienne église Saint-Martin construite au XVIe siècle, laissent supposer que celle-ci possédait à l’origine un certain cachet artistique. D’aucuns lui trouvent aussi un caractère de majesté du fait d’être bâtie sur une hauteur. Sa tour fut surmontée, en 1590, d’une flèche très élégante flanquée de quatre aiguilles. L’ancienne église menaçant ruine fut reconstruite par un maître maçon montois et achevée en 1841.

Le sanctuaire obourgeois est pauvre en objets d’art ancien vraiment dignes d’intérêt[8]. Sans s’attarder à la chaire de vérité du XVIIIe siècle ou au bel ostensoir-soleil en argent de même époque, le visiteur remarquera cependant [...] représentant saint Martin, dont la réputation de charité est demeurée légendaire. Il porte tunique rouge à collerette blanche, bottes fourrées, casque de dragon et ample perruque. Ce travail naïf et touchant date de la fin du XVIIIe siècle.

Mais il sied d’attirer plus particulièrement l’attention des amateurs sur un tableau peint sur bois par un artiste inconnu (1616). À l’origine, cette œuvre représentait la translation du corps de saint Macaire, tout comme le peintre Zurbarán a traité les Funérailles d’un évêque (Louvre) : le corps étendu dans ses vêtements sacerdotaux, sur une civière d'apparat portée par des moines bénédictins. Il s’agit d’un don mémorial de l’abbé Henri de Buzegnies, personnage figurant d’ailleurs au premier plan agenouillé près de ses propres armes. Ce geste heureux - que l’on remarque souvent sur certains tableaux et vitraux anciens - nous vaut aujourd’hui un témoignage de date et d'identification.

Mais, en 1892, cette œuvre a été maladroitement sur décorée d’une vue partielle de Mons, d’Obourg et de la façade de l’église abbatiale de Saint-Denis. D’aucuns ont alors cru reconnaître dans ce tableau les magistrats de Mons recevant le corps du patriarche d’Antioche à la limite de la commune, oubliant qu’il se trouvait, au moment des faits, conservé dans une « chasse vermoulue » en bois transportée en carrosse depuis Gand.

Rappelons que lors de l'épidémie de peste qui infesta Mons et les environs, en l’an 1615,les autorités civiles et religieuses de la ville avaient sollicité et obtenu du chapitre de Saint-Bavon le prêt des reliques du thaumaturge. Elles espéraient obtenir ainsi, par leur présence dans les murs de la cité montoise, la cessation de « l’horrible pestilence ».

La chapelle Saint-Macaire (1616).

La chapelle Saint-Macaire[modifier | modifier le code]

Dès l'époque de la peste de 1615 et selon un programme immuable, les moines de Saint-Denis se rendirent annuellement au mois d’avril en pèlerinage et « au milieu d’un grand concours de peuple », à la chapelle Saint-Macaire où le tableau représentant le saint était alors déposé.

Obourg possède toujours, en effet, à la bifurcation du chemin d’Obourg à Havré une charmante chapelle en briques à chevet polygonal érigé en 1616, à l’initiative de l’abbé de Buzegnies pour commémorer la fin du cruel fléau. Les armoiries du noble bénédictin figurent sur le linteau en pierre de la porte. À l’intérieur est conservée une élégante statuette en bois polychromé de saint Macaire revêtu de ses ornements sacerdotaux.

Obourg, un lac des carrières vu depuis le Jardin géologique.

Sites intéressants[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'Institut St-Vincent
  • École Communale du Centre : Enseignement communal
  • École de Saint-Macaire : Enseignement catholique
  • Institut Saint-Vincent : Enseignement spécialisé [9]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté royal du 18 février 1971 portant fusion des communes de Mons, Cuesmes, Ghlin, Hyon, Nimy et Obourg.
  2. Études étymologiques et archéologiques sur les noms des villes, bourgs, villages, hameaux, forêts, lacs, rivières et ruisseaux de la province de Hainaut, Paris - Leipzig - Tournai, 1857
  3. Selon Albert Carnoy : « Il y a un Aalburg dans le Brabant-Septentrional. Tout permet de croire que, comme Obourg, il remonte à Adalo-burg, « bourg d’Adalo », c’est-à-dire d’Adalberht, Adalberg, Adalfrid, etc. » (Dictionnaire étymologique du nom des communes de Belgique, 1940)
  4. Archéologie de la région de Mons, Maison de la Culture, Mons, 1973. Catalogue pp. 30, 41, 43, 57 et 103.
  5. François Collette, Ils ont construit Mons, tome I, IP Éditions, Jumet, 2005 (p. 16)
  6. Annales du Cercle Archéologique de Mons, t. II, p. 20 ; t. VII, p. 62 ; t. XXXV, pp. 213 et 284 - Max Servais, Armorial des Provinces et Communes de Belgique, 1955, p. 881.
  7. On peut encore voir sur la place communale, près du pont de l'Aubrechuelle ou Obrechœul, affluent de la Haine, une pierre quadrangulaire qui aurait servi de socle au pilori du village. Voir aussi le catalogue Trésors d’art de Saint-Denis-en-Broqueroie, 1968, pp. 23 et s.
  8. Cfr Eugène-Justin Soil de Moriamé, Inventaire des objets d'art et d'antiquité existant dans les édifices publics des communes de l'arrondissement judiciaire de Mons - Arrondissement administratif de Mons : Canton de Mons, Imprimerie provinciale, Charleroi, 1929, NC 394 et s.
  9. Institut Saint-Vincent

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eugène De Seyn, Dictionnaire historique et géographique des communes belges, Éditions Bieleveld, Bruxelles, 1924 (tome II, p. 997).
  • Émile de Munck, « Exposé des principales découvertes archéologiques faites à OBOURG dans le courant des années 1879 - 1886 » dans Bulletin de la société d'anthropologie de Bruxelles, t. V, pp. 298 et s.
  • Karl Petit, Saint Macaire et la peste à Mons en 1615, Gembloux, 1946.
  • Charles Rousselle, « Notice sur le village d’Obourg » dans Annales du Cercle Archéologique de Mons, tome I, pp. 105 et s.
  • Philippe Vander Maelen, Dictionnaire géographique de la Province de Hainaut, Établissement géographique, Bruxelles, 1833, p.372

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]