OSS 117 : Le Caire, nid d'espions

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OSS 117 : Le Caire, nid d'espions

Titre original OSS 117 : Le Caire, nid d'espions
Réalisation Michel Hazanavicius
Scénario Jean-François Halin
d'après les romans de Jean Bruce
Acteurs principaux
Sociétés de production Mandarin Cinéma
Gaumont
M6 Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Espionnage
Sortie 2006
Durée 99 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

OSS 117 : Le Caire, nid d'espions est un film français réalisé par Michel Hazanavicius, sorti le 19 avril 2006 au cinéma. Il possède une suite sortie en 2009, OSS 117 : Rio ne répond plus.

C'est une adaptation très libre de la série littéraire OSS 117 de la famille Bruce, où le héros est américain d'origine française et travaille pour l'Office of Strategic Services. Ce film, plus qu'un film d'action ou d'espionnage, a vocation à être un film humoristique, tournant en dérision le personnage principal qui se révèle orgueilleux, prétentieux et surtout bourré de préjugés misogynes ou racistes. Jean Dujardin joue un rôle de parodie de film d'espionnage du genre de James Bond. Le personnage qu'il incarne peut s'avérer désagréable, montrant beaucoup de failles, mais attendrissant aussi.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1955, les choses vont très mal au Caire, dans les années qui suivent le coup d'État du général Nasser. À la suite de la mort de Jack Jefferson, l'agent OSS 283, c'est Hubert Bonisseur de la Bath, l'agent OSS 117 du SDECE, qui est envoyé sur le terrain pour enquêter sur cette disparition mystérieuse et « sécuriser le Proche-Orient ». Sa couverture : diriger la SCEP (Société cairote d'élevage de poulets) où il remplace son ami Jack. La ville grouille d'espions dissimulés derrière diverses sociétés d'élevage d'animaux. De plus, les Égyptiens eux-mêmes sont agités : le roi déchu Farouk veut reconquérir son trône par l'entremise de sa nièce la princesse Al Tarouk, et un groupe de religieux fanatiques nommé les « Aigles de Khéops » s'apprête à déclencher une guerre sainte. Toutes ces affaires semblent enfin catalysées autour de la mystérieuse disparition d'un navire soviétique chargé d'armes, le Kapov.

À noter que l'on peut trouver un rapprochement entre ce scénario et les deux romans : OSS 117 au Liban et L'arsenal sautera de Jean Bruce[1] bien qu'il soit inspiré plus largement de toute la série, comme dit précédemment.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Les acteurs[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Les espions français :

Les femmes autour d'OSS 117 :

Les hommes d'affaires du Caire :

  • Constantin Alexandrov : Ieveni Setine, russe, éleveur de moutons
  • Laurent Bateau : Nigel Gardenborough, britannique, dirigeant du consortium britannique d'élevage d'agneaux
  • François Damiens : Raymond Pelletier, belge, dirigeant de la SBEEP (Société belgo-égyptienne d'élevage de poulets)
  • Richard Sammel : Gerhard Moeller, allemand, dirigeant de la SEEB (Société égyptienne d'élevage de bœufs)

Les Égyptiens :

  • Abdallah Moundy : Slimane, l'homme à tout faire de la SCEP
  • Arsène Mosca : Loktar, membre du groupuscule néo-nazi
  • Youssef Hamid : l'imam des Aigles de Khéops
  • Khalid Maadour : le suiveur qui assure la filature d'OSS 117
  • Said Amadis : le président égyptien
  • Choukri Gtari : le fouetteur
  • Hafid F. Benamar : L'ami du fouetteur
  • Jean-Marie Paris : Khalid
  • Alain Khouani : le réceptionniste de l'hôtel du Caire
  • Diego Dieng : le garçon d'étage
  • Mouloud Ikhaddaliene : le tueur engagé par la princesse pour tuer OSS 117
  • Hassan Chabaki : le passant serviable
  • Hedi Naili : le muezzin

Les chefs d'OSS 117

  • Claude Brosset : Armand Lesignac, le supérieur d'OSS 117
  • Éric Prat : Gilbert Plantieux, ambassadeur de France au Caire

Les nazis

  • Michael Hofland : le Colonel Herman von Umsprung, ami de Möller
  • Jean-François Halin : Rubecht, second de von Umsprung

Autres :

  • Marc Bodnar : le patron du bistro
  • Laura Schiffman : la serveuse
  • Bernard Nissile : l'homme à l'aéroport
  • Roger To-Than-Hein : le Mandarin (pré-générique)

Précisions[modifier | modifier le code]

Dans la première scène du film, tournée dans un aérodrome en référence à Casablanca, on aperçoit brièvement Jean-François Halin, scénariste du film, jouant Rubecht, un soldat allemand censé donner la mallette à son supérieur, le colonel von Umsprung.

Dans la quatrième scène, filmée dans le restaurant parisien l'« auberge Pyrénées Cévennes » vers la fin du tournage, Claude Brosset incarne le chef des services secrets. Il devait faire partie de la distribution d'OSS 117 : Rio ne répond plus, mais, décédé entre les deux films, il fut remplacé par Pierre Bellemare. La serveuse du restaurant, apparaissant très brièvement à l'écran mais à deux reprises, est jouée par la fille de Guillaume Schiffman, le chef opérateur du film.

Dans le hall de l'hôtel cairote, lorsque OSS 117 sort pour la première fois, on peut apercevoir, parmi les figurants, une femme en bleu au début du plan, jouée par l'attachée de presse du film, Alexandra Schamis.

Le chef de l'orchestre se produisant à l'ambassade britannique au Caire est interprété par Ludovic Bource, compositeur de la musique du film, accompagné dans la même scène par l'autre compositeur du film Kamel Ech-Cheikh, au trombone à coulisse. À la fin de cette même scène, un figurant, sans que ce soit répété et sans qu'on le lui ait demandé, s'est retrouvé par mégarde en gros plan et cette fin fut gardée au montage.

Un des membres des Aigles de Khéops a aussi joué dans une scène du film Brice de Nice. Deux autres membres de ce même groupuscule, discutant avec OSS 117 à son réveil, sont joués par deux comiques faisant partie du trio les 2BN, à savoir Choukri Gtari et Hafid F. Benamar.

En Allemagne où le film ne sortit pas en salle, il fallut attendre 2009 pour pouvoir voir le film en allemand, et ce sur le DVD mis en vente cette année-là en partie grâce à Oliver Kalkofe qui œuvra pour son doublage en allemand.

Un hommage aux années 1950-1960[modifier | modifier le code]

Le but du film, dont « l'histoire se déroulant en 1955 est racontée en 1962 », est d'être dans la lignée de ces films de par l'état d'esprit général, la moindre scène, voire le moindre détail, ont été travaillés dans cet optique. Ces éléments seront détaillés dans cette section.

Sauf contre-indication, les informations de cette section ont été rédigées à partir de la version commentée par Michel Hazanavicius et Jean Dujardin présentes sur le DVD du film.

Contenu du film[modifier | modifier le code]

Ce film s'inspire de quelques films dits de référence à savoir : le premier James Bond, James Bond contre Docteur No, deux ou trois films d'Alfred Hitchcock, tel L'Homme qui en savait trop, La Mort aux trousses et Vertigo, ainsi que les films de la série OSS 117 d'André Hunebelle. Mais plus largement, il est donc inspiré de nombreux autres films des années 1950-1960 ainsi que par tout l'univers de cette période (politique, culturel, etc.), au travers de clins d'œil, d'hommage, ou d'allusions dans les dialogues.

La maquette qui a servi pour simuler le vol de l'avion de la première scène est intentionnellement réalisée à la manière des anciens films. C'est-à-dire au moyen de trucages simplistes et facilement reconnaissables.

La scène suivante est directement inspirée d'une scène du film Quand les aigles attaquent avec Richard Burton et fut tournée en studio, dans un engin à une hauteur de 3m50, pour réellement donner l'illusion de la chute du nazi. Puis, lors de l'entrée du héros, OSS 117, les jeux de lumières ont permis de le faire apparaître comme tel, à la manière de nombreux films héroïques de l'époque, c'est-à-dire en le laissant d'abord dans l'ombre pour qu'on ne distingue que son arme pointée sur l'ennemi, puis en faisant apparaître son sourire rayonnant alors qu'il donne, en guise de victoire, son nom de code à l'adversaire qu'il s'apprête à tuer. Lors de la chute de l'avion, toujours simulée à l'écran grâce à la petite maquette en carton dont est filmé le véritable crash, ce n'est pas l'engin utilisé qui s'incline mais les acteurs qui simulent la chute, s'agrippant aux portes et se penchant fortement (aidés bien sûr par le jeu des caméras).

Quand l'action passe d'un lieu à un autre pour la première fois, il est inscrit en grandes lettres capitales le nom de la nouvelle ville, ce qui permet au spectateur de situer rapidement où va se dérouler la scène suivante, comme il était commun de le faire dans les années 1960. Des clichés sont donc une nouvelle fois utilisés, notamment : Berlin représenté par le drapeau de l'Allemagne nazie, Rome représentée par Le Colisée et Paris représenté par la Tour Eiffel avec de l'accordéon en fond musical.

Dès la troisième scène, tournée dans le 16e arrondissement de Paris, un hommage est rendu à James Bond tout en rappelant la manière de tourner de Blake Edwards, soit un plan assez large où le réalisateur laisse jouer les acteurs (à ce sujet, Michel Hazanavicius laisse entendre que plusieurs versions totalement différentes de cette scène furent filmées). Cette technique est particulièrement utilisée dans les scènes du film se déroulant dans des chambres d'hôtel (comme un peu plus loin dans le film lorsqu'OSS 17 rejoint Larmina à l'hôtel).

La scène suivante, durant laquelle OSS 117 rencontre son chef pour recevoir sa nouvelle mission, est chronologiquement le premier hommage explicite aux films d'Hitchcock (et plus particulièrement ici à L'Homme qui en savait trop) et devait en fait durer un peu plus longtemps avant d'être raccourcie au montage.

Le film contient beaucoup de stock-shot (des images d'époques réutilisées) pour encore plus facilement transporter le spectateur dans les années 1950, comme dans la scène suivante où on peut voir une Caravelle atterrir dans un aéroport censé être celui du Caire. À noter que Michel Hazanavicius aurait souhaité que l'on voie véritablement sortir OSS 117 de l'avion, ce qui n'a finalement pas été retenu.

La scène suivante à l'aéroport a été en fait tournée dans le hall de l'Université Paris II (Panthéon-Assas), dans le 6e arrondissement à Paris, complètement transformé pour l'occasion, avec notamment une gigantesque globe terrestre trônant en son centre.

La scène durant laquelle Larmina fait découvrir à OSS 117 le canal de Suez, avait d'abord été jouée de manière plus pompeuse par Jean Dujardin, qui accentuait beaucoup plus sa joie d'apprécier ce décor magnifique, avant que son réalisateur ne lui rappelle que le simple plan sur le paysage pourrait remplacer tous les compliments du monde. Pour presque chaque scène du film de ce style, plusieurs versions furent tournées dans lesquelles Jean Dujardin accentuait ou non ses émotions, si bien qu'on se rapprochait ainsi, selon les deux producteurs, de certaines scènes de la série de film emblématique James Bond (toute la gamme, du plus accentué au plus naturel, était, selon eux, réunie).

La scène suivante (découverte de la façade extérieure de la SCEP par OSS 117 et Larmina) fut tournée à Kénitra au Maroc le premier jour du tournage. Mais les scènes se déroulant dans les locaux de la société fictive furent en fait tournées en studio à Stains. Tout comme la scène suivante (rencontre entre OSS 117 et Moeller), dans laquelle a été discrètement introduite une private joke qui sera révélée plus tard par Jean Dujardin lui-même (au lieu de dire : « Jack est en Jordanie », en prononçant Jack avec l'accent anglais - soit phonétiquement : « Djack » -, OSS 117 dit : « Jack est en DJordanie. »). C'est aussi dans cette scène, qu'un oubli (avoué plus tard) fut commis par Michel Hazanavicius. En effet, la boîte d'allumette sur laquelle le mot « Kapov » est inscrit aurait dû être prise sur le bureau de manière visible par le spectateur pour qu'il puisse comprendre plus clairement l'intrigue, ce qui n'est pas le cas.

La scène suivante, comme toutes les scènes censées se dérouler devant l'hôtel « Metropolitain », fut tournée devant la mairie d'El Jadida au Maroc, dont la façade a été, elle-aussi, transformée pour l'occasion par l'équipe décoratrice de Maamar Ech-Cheikh.

Les scènes se déroulant dans le hall de cet hôtel, comme c'est le cas pour la scène suivante, ont en fait été tournées dans une faculté de Rabat, redécorée également.

La suite de l'hôtel cairote dans laquelle se déroule plusieurs autres scènes est une adaptation de la suite où loge James Bond dans James Bond contre Docteur No. Les passages s'y déroulant ont été tourné eux aussi en studio, à Stains, avec aux fenêtres des toiles peintes de vues sur Le Caire. Dans une de ses scènes, considérée comme la séquence la plus culte du film par Jean Dujardin et Michel Hazanavicius, OSS 117 place son arme vers le bas de son bassin. Il s'agit d'une idée de Michel Hazanavicius, qui s'était inspiré d'une affiche du film Règlement de comptes avec Glenn Ford et Gloria Grahame sur laquelle l'actrice est dans une position suggestive, agenouillée près du héros ses lèvres à quelques centimètres de l'arme placée au niveau du bassin de l'acteur.

Une scène se déroulant un peu plus tard à la sortie de l'hôtel est un hommage par le décor à une situation du film Chantons sous la pluie.

Les scènes se déroulant à l'Ambassade du Royaume-Uni au Caire ont en fait été tournées dans les locaux de la mairie de Puteaux. Cette scène se veut très « hitchcockienne » de par ses couleurs (beige-brun foncé pour le fond et le décor en contraste avec quelques tâches de couleurs vives mais maîtrisées sur les vêtements des danseurs). La scène suivante (réunion de tous les hommes d'affaires/espions) a elle aussi subi un bon nombre de versions différentes, pour que le rendu soit jugé potable par le réalisateur, grâce au montage. De manière générale toute cette grande scène (dans l'Ambassade britannique) est le plan du film qui fait le plus référence à La mort aux trousses.

La scène de poursuite (démarrant de devant l'Ambassade britannique) qui suit fut tournée dans les rues de Casablanca grâce à la technique de la nuit américaine. C'est une référence à nombre de films où des scènes de poursuite à pied de ce type se déroulent (avec notamment un vieil homme faisant la manche sur le côté), mais aussi aux bandes-dessinées comme Les Aventures de Tintin ou Blake et Mortimer dans lesquelles la page n'est parfois composée que de cases bleues où l'on ne fait qu'apercevoir des ombres en guise de personnages, ce qui retranscrit ici au moyen de la nuit américaine.

Lors de la scène culte qui suit, durant laquelle, le lendemain matin, OSS 117 rend visite au muezzin appelant à la prière de bon matin, on devait à la base voir la bagarre entre ce dernier et OSS 117, mais Jean Dujardin eut lui-même l'idée de ne pas la montrer de près, pour que cela passe mieux au niveau des spectateurs.

Dans la chambre d'hôtel, lors de la scène durant laquelle Larmina apporte le petit-déjeuner au lit d'OSS 117, un gag peu remarqué a été glissé : le symbole phallique de la rose sur le plateau petit-déjeuner.

Quelques minutes après, lorsque Larmina découvre le faux indice et en fait part à OSS 117, la scène devait s'arrêter au moment où Larmina apprend à compter jusqu'à 5 en arabe à OSS 117, mais, sans prévenir l'équipe, Jean Dujardin et Michel Hazanavicius décidèrent de rajouter les quelques répliques qui figurent finalement dans le film, ce qui provoqua en premier lieu un fou rire général.

La scène dans la première pièce chez les Aigles de Khéops fut tournée dans un véritable atelier casablancais redécoré. La seconde pièce est en fait située dans les souterrains du Fort de Cormeilles-en-Parisis, à une quarantaine de kilomètres de Paris. Par la suite dans ce même lieu, lorsqu'OSS 117 arrive à se libérer de ces liens, il devait à la base prendre dans les bras Larmina et continuer son discours la dégradant, mais il fut décidé qu'il lui mettrait un coup de poing tel qu'il l'aurait fait à un autre ennemi.

Le tournage de la scène où OSS 117 est jeté dans le canal de Suez et essaye d'en réchapper s'est déroulé en piscine avec fonds verts ; pour cette scène, Jean Dujardin s'est véritablement entraîné à la plongée (il a passé son brevet de plongée).

Dans la scène suivante, la voix de Philipe Lefebvre que l'on entend a été enregistrée au préalable, ce dernier ne s'étant pas déplacé au Maghreb, sa doublure est ici le premier assistant du film (sous une capuche).

La façade et le hall de l'Ambassade de France se trouvent réellement à Casablanca, bien que la scène se déroulant à l'intérieur du bureau de l'ambassadeur ait été tournée dans le 15e arrondissement de Paris.

Lors de la scène suivante, OSS 117 fume le kif avec le consul marocain. À la base, les auteurs avaient pensé rendre OSS 117 beaucoup plus affecté par l'effet de cette poudre, mais on décida néanmoins que le héros reste plus sobre (comme l'aurait été James Bond). Cette scène fut la dernière tournée au Maroc et subit plusieurs versions.

Dans la scène qui suit OSS 117 rencontre le soviet Sétine dans un hammam nommé Soliman Pacha. C'est une référence à Soliman Pacha, officier français puis égyptien, membre de la famille du roi Farouk. L'intérieur du hammam (totalement fictif), sa façade et la façade de l'hôtel d'en face sont situés à trois endroits différents bien qu'apparaissant à l'écran les uns à la suite des autres en une petite dizaine de secondes.

Peu après, lorsque l'allemand va faire découvrir des pyramides à OSS 117, apparaissent à l'écran des images de synthèses intentionnellement peu élaborées, ce qui peut à nouveau rappeler certains passages des Aventures de Tintin et notamment, Les Cigares du pharaon. Mais lorsque l'action se rapproche de ces monuments, on peut mieux apprécier le travail de Maamar Ech-Cheik, décorateur du film. En effet, la scène à l'intérieur fut tournée dans une carrière de la région parisienne transformée pour l'occasion, et les scènes devant les pyramides furent tournées sur une plage marocaine. On y voit ensuite un nouvel hommage à Blake et Mortimer (de par la position des personnages et de la caméra), à Tintin (entrée dans la pyramide dans Les Cigares du pharaon) et même à Fantômas (repère secret futuriste).

La chanson napolitaine Guaglione, plus connue en France sous le nom de Bambino, interprétée à l'origine en français par Dalida en 1956, est reprise par Jean Dujardin, un peu plus tard dans le film, dans une version arabe que Jean Dujardin prononçait phonétiquement accompagné au Oud et au violon, de manière plutôt cocasse. Elle est suivie des premières notes de la chanson : Clair de Lune à Maubeuge, interprétée à l'origine par Pierre Perrin[2] et amorcée ici, toujours en arabe, par OSS 117.

Musique[modifier | modifier le code]

La musique de Ludovic Bource est essentiellement basée sur un style d'écriture appelé mickeymousing, très employé à l'époque pour les musiques de ces genres de films.

Réalisation[modifier | modifier le code]

Pour recréer l'univers des années 1950, l'équipe de Michel Hazanavicius utilisa à peu près les mêmes méthodes qu'utilisaient alors les réalisateurs, techniciens, costumiers, etc. de l'époque. La tâche fut d'ailleurs un peu plus compliquée que cela car, comme dit plus haut, il n'y a pas une seule mais une multitude de références dont il a fallu faire une sorte de condensé. Certains éléments notables seront rapportés ici.

Hazanavicius réfute le côté parodique de ses adaptations et préfère parler de « comédies de détournement »[3].

Lumière

L'équipe d'Hazanavicius a cherché de vieux projecteurs d'époque pour obtenir un éclairage particulier et travailler avec une pellicule de la même sensibilité (faible, 200 ASA) que celle utilisée alors. Le film utilise aussi beaucoup la focale de 40, comme dans Sueurs froides ou L'homme qui en savait trop, ce qui fait que les champs-contrechamps utilisent un procédé qu'employait beaucoup Alfred Hitchcock.

Effets spéciaux

Les effets optiques utilisés étaient eux aussi datés : technique de transparence, c'est-à-dire que pour chaque scène de voiture le décor défile derrière un véhicule à l'arrêt (sujet à de nombreux gags comme le conducteur qui tourne le volant alors que la route est droite, ou qui fume et la fumée produite ne prend pas le mouvement du vent[Note 1]...), nuit américaine...

Décors

Les décors, en contraste avec le personnage principal, n'ont pas été réalisés de manière décalée, bien qu'ils respectent les clichés de l'époque et ce à la demande d'Hazanavicius, complétant ainsi le comique du jeu des acteurs et du scénario.

Véhicules

Deux anachronismes :

La Caravelle. Ce biréacteur français, construit par Sud-Aviation, n'a été mis en service pour la toute première fois, qu'en mai 1959 (sous les couleurs d'Air France), soit quatre ans après l'action du film.

La Facel Véga. Le cabriolet de cette marque française - modèle Facellia - de Larmina, qui véhicule OSS 117 à son arrivée au Caire, puis vers le canal de Suez, n'a été fabriquée qu'à partir de 1960, soit cinq ans après l'action du film.

Costumes

Les costumes de Charlotte David ont été réalisés de manière à ce que dans chaque scène où apparaissent plusieurs personnes, il n'y aient que quelques taches de couleurs vives saturées au milieu de costumes bleus, noirs, des costumes de couleurs plus froides.

Cadrage

Le film ne contient pas un mouvement de caméra qui ne soit pas d'époque. Comme l'analyse Jean-François Hallin, le film est « seulement » composé de travelling, de zooms ou de plans de rue extrêmement simples, tout comme en ce qui concerne les « plans », qui ont été en effet utilisés exclusivement en plans moyens, plans américains et plans serrés, se coupant au nœud de cravate et au chapeau alors que l'on peut remarquer l'absence de plans larges.

Génériques[modifier | modifier le code]

Lors du tout premier générique de début (où n'apparaissent que les logos des maisons de production), c'est le vieux logo de Gaumont qui a été utilisé, pour dès le début, mettre le spectateur dans l'ambiance des années 1950, l'action du film se déroulant en 1955. Le petit clip de Mandarin film met quant à lui en scène un mandarin (interprété par Roger To-thanh-Hien) frappant un gong sur lequel est inscrit le logo de l'entreprise.

Tout à fait dans le style 50's, un peu à la manière de Saul Bass en y rajoutant de la comédie, le générique de début est un travail du graphiste Laurent Brett sur une demande de Michel Hazanavicius. Il y est fait, entre autres et notamment, un clin d'œil, voire une anticipation, à la scène du jokari, de par les formes géométriques utilisées (carrés, cercles et lignes), qui se transforment ensuite en un disque vinyle, quand apparaissent les noms des deux compositeurs du films.

Les acteurs[modifier | modifier le code]

Le film a été créé dans l'optique que le personnage principal soit incarné par Jean Dujardin, en raison de sa ressemblance physique avec l'acteur écossais Sean Connery d'après l'équipe d'Hazanavicius. Durant le tournage, le jeu était d'ailleurs pensé à partir des performances de Sean Connery mais aussi de celles d'Eddie Constantine[3].

Côté cascades, réalisées sous la direction de Philippe Guégant, les figures ont été vraiment épurées, moins compliquées, et donc presque ridicules, à l'image de celles utilisées dans les années 1950.

Les acteurs jouant des étrangers ont véritablement les différentes nationalités des personnages qu'ils incarnent, avec les stéréotypes qui conviennent (Richard Sammel, qui joue s'est même teint les cheveux en blonds, pour que la ressemblance soit renforcée, on peut même voir en son personnage un clin d'œil à Horst Frank, interprète de l'allemand dans le film Les Tontons flingueurs).

Larmina est aussi un hommage de par son look à Audrey Hepburn.

Un clin d'œil est par ailleurs fait au personnage de James Bond, Felix Leiter, dans le personnage de l'ambassadeur britannique incarné par Éric Prat.

Le personnage joué par Arsène Mosca est un hommage à Peter Lorre, de par la ressemblance physique des deux acteurs.

Un oudiste de l'orchestre se produisant dans ce même restaurant est un hommage de par son apparence à Peter Sellers et Charlie Chaplin.

Un des membres des Aigles de Khéops (le même ayant joué aussi dans Brice de Nice), debout à droite de l'imam lors de son discours, est un hommage de par leur ressemblance au personnage Requin des films de James Bond.

Bande-annonce[modifier | modifier le code]

La bande-annonce du film fait un clin d'œil à Sean Connery, célèbre interprète du personnage de James Bond, en indiquant dans un jeu de mots : « OSS 117, un peu de Sean, beaucoup de conneries. »

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

La presse a presque unanimement salué la réalisation très soignée de ce film et le raffinement de son humour, jusqu'aux Cahiers du cinéma, qui s'enthousiasment pour ce « divertissement haut de gamme ».

Pastiche de film d'espionnage, le film est aussi, selon Libération, « une variation passionnante sur la richesse critique des clichés ». En effet, Hubert Bonisseur de la Bath débarque au Caire en ignorant tout du pays, de ses coutumes (il fait taire le muezzin qui le réveille trop tôt) mais sans douter une seconde qu'il pourra remplir la mission que lui a confiée son pays : "sécuriser le Proche-Orient" ».

Dès le 9 mai 2008, le site internet américain : Rotten Tomatoes a annoncé 73 % de critiques positives[5]. De son côté, Metacritic a annoncé que le film avait un score moyen de 60 sur 100[6]. Toujours aux États-Unis, Roger Ebert a donné trois étoiles après avoir vu le film en version sous-titrée et déclare : « I have developed the same kind of affection for 117 that I have for Austin Powers »[Note 2],[7]. Au Royaume-Uni, Peter Bradshaw de The Guardian fait l'éloge du film et écrit : « far higher comedy-factor than the dull Get Smart, and the most lovingly detailed period pastiche since Todd Haynes's Far from Heaven »[Note 3],[8].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Le film fut récompensé trois fois en France et deux fois à l'étranger :

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes

  1. Effet qui fut d'ailleurs accentué au moyen d'images de synthèse.
  2. Traduction : « J'aime autant 117 que Austin Power. »
  3. Traduction : « un facteur comique beaucoup plus important que celui du morne Max la Menace et le meilleur pastiche [...] depuis Loin du paradis de Todd Haynes. »

Références

  1. Filmographie d'OSS. Consulté le 21 février 2010.
  2. Cette chanson fut reprise notamment par Bourvil, Claude François, Fernand Reynaud et Annie Cordy
  3. a et b « Interview de Serge Hazanavicius, Jean Dujardin, Aure Atika et Bérénice Bejo pour le film "OSS 117" »,‎ abusdecine.com 2006 (consulté le 25 janvier 2012)
  4. Anne-Charlotte de Langhe et Aude Vernuccio, « Le cinoche à la trace », in Le Figaroscope, semaine du mercredi 10 au 16 avril 2013, page 6.
  5. (en) « OSS 117 : Le Caire, nid d'espion sur Rottentomatoes.com », Rotten Tomatoes (consulté le 9 mai 2008)
  6. (en) « OSS 117 : Le Caire, nid d'espion sur Metacritic.com », Metacritic (consulté le 9 mai 2008)
  7. (en) « OSS 117 : Le Caire, nid d'espion (NO MPAA RATING) », Roger Ebert (consulté le 3 novembre 2010)
  8. (en) Peter Bradshaw, « OSS 117: Cairo - Nest Of Spies sur Guardian.co.uk », The Guardian, Londres,‎ 7 novembre 2008 (lire en ligne)
  9. OSS 117: Nest of Spies at the Seattle International Film Festival site
  10. « Award winners at the Tokyo International Film Festival in 2006 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30

Bonus du DVD
Tous les paragraphes qui concernent la réalisation, l'interprétation à faire du film ainsi que les hommages rendus ou le choix des acteurs ont été rédigés à partir des versions commentées par Michel Hazanavicius et Jean Dujardin, présentes sur le DVD.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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