Numa Droz

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Numa Droz
Numa Droz
Numa Droz
Fonctions
conseiller fédéral
1er janvier 187618 décembre 1892
Élection 18 décembre 1875
Président 1881 et 1887
Prédécesseur Paul Ceresole
Successeur Adrien Lachenal
Président de la Confédération suisse
En fonction depuis le 1887
Prédécesseur Adolf Deucher
Successeur Wilhelm Hertenstein
Biographie
Date de naissance 27 janvier 1844
Lieu de naissance La Chaux-de-Fonds
Date de décès 15 décembre 1899 (à 55 ans)
Lieu de décès Berne
Parti politique Parti radical-démocratique

Numa Droz
Liste des conseillers fédéraux de Suisse

Numa Droz, né le 27 janvier 1844 à La Chaux-de-Fonds et décédé à Berne le 13 décembre 1899 est un homme politique suisse, un graveur et un instituteur, originaire du Locle et de La Chaux-de-Fonds. Il fut conseiller fédéral de 1876 à 1892. Élu à 31 ans, il est aujourd'hui encore le plus jeune Conseiller fédéral que la Suisse a connu depuis 1848. Il est le promoteur d'une réforme du Conseil fédéral instituant un véritable département des affaires étrangères, alors que jusque-là ce poste était occupé chaque année par un membre différent du collège gouvernemental.

Instituteur et politicien[modifier | modifier le code]

Fils d'Eugène Droz, horloger, et de Louise-Elise Benguerel-dit-Perroud, Numa Droz vit une enfance relativement difficile. Son père meurt alors qu'il n'a que 6 ans et sa mère assure dès lors seule la conduite familiale[1]. Numa Droz effectue en 1858-1859 un apprentissage de graveur en horlogerie dans l'entreprise Grandjean & Perrenoud de La Chaux-de-Fonds.

S'imaginant missionnaire, Numa Droz est répétiteur et surveillant à l'école-asile de Grandchamp à Boudry dès 1859. Il y apprend les langues et y forge sa foi et ses convictions. Il y rencontre également Félix Bovet, qui deviendra par la suite son confident. Sa demande est toutefois refusée par le Comité des missions[1]. Il retourne donc à son métier de graveur.

Il prépare ensuite, en autodidacte, un brevet de capacité pour l'enseignement primaire qu'il acquiert en 1862. Entre 1862 et 1864, il enseigne à Chaumont, sur les hauteurs de Neuchâtel puis dans cette ville[2].

Il entre très jeune en politique puisqu'il devient à 20 ans, en 1864, rédacteur du National Suisse, le journal officiel du Parti radical-démocratique, auquel il contribua jusqu'en 1871. Il est élu au Grand Conseil neuchâtelois en 1869 et au Conseil d'État deux ans plus tard, le 2 juin 1871, à 27 ans[3]. Il est chancelier d'État en 1872 (jusqu'en 1898, ce poste est occupé par un conseiller d'État)[4]. Il reste au Conseil d'État jusqu'au 31 janvier 1876, date de son entrée en fonction en tant que conseiller fédéral. Numa Droz n'a jamais présidé le Conseil d'État[5]. À l'exécutif cantonal, Numa Droz hérite du département de l'instruction publique et des cultes. Il met en place la loi ecclésiastique, qualifiée de « Loi Numa Droz », dans laquelle il montre son attachement à un État laïque et à une Église contrôlée par ce dernier. Destinée à réduire l'influence de l'Église dans la société neuchâteloise, cette loi provoque une séparation au sein de l'Église réformée neuchâteloise et la création de l'Église indépendante (la branche indépendante et la branche dite « Nationale » fusionneront à nouveau en 1943 au sein de l'EREN). Il réforma également l'école primaire et rendit facultatif l'enseignement de la religion[1].

En 1872, il accède au Conseil des États, chambre qu'il présidera brièvement en 1875[6].

Conseil fédéral[modifier | modifier le code]

Son élection fut mouvementée. Le 10 décembre 1875, Numa Droz n'est pas élu, il n'obtient que 61 voix contre 85 à Bernhard Hammer pour le septième siège. Louis Ruchonnet est élu ce jour-là au quatrième siège. Refusant son élection, il faut procéder à un nouveau vote le 18 décembre. Contre Numa Droz, c'est Charles Estoppey qui est élu, mais ce dernier refuse son élection[1]. Lors du nouveau vote, Numa Droz est finalement élu de justesse au deuxième tour avec 85 bulletins sur 168 valables[7].

Durant son mandat, il occupe le Département de l'intérieur entre 1876 et 1878. Il crée le Département du commerce et de l'agriculture en 1878, département qu'il dirigera entre 1879 et 1880 puis entre 1882 et 1886. Le Département politique lui revient, en tant que Président de la Confédération, en 1881 puis en 1887[8]. Traditionnellement, ce Département est géré par le Président de la Confédération. Sous l'impulsion de Numa Droz, celui-ci va devenir un véritable département des affaires étrangères[2]. En effet, il conservera le département politique de 1887 à 1892[8].

En 1889, il s'oppose à Bismarck lors de l'affaire Wohlgemuth, du nom d'un policier expulsé par la Suisse pour avoir exercé des activités d'espionnage envers des réfugiés allemands et dont Bismark exigea la réintégration sous peine de sanction. Ce dernier estimait en effet que sa police avait le droit d'exercer sur le territoire suisse, position que le Conseil fédéral ne partageait pas et qu'il défendit fermement[1].

Numa Droz démissionne du Conseil fédéral en date du 18 décembre 1892[8].

L'après Conseil fédéral[modifier | modifier le code]

Il devient directeur du Bureau international des transports à Berne[2]. Il est question de le nommer gouverneur de la Crète en 1897, mais l'Allemagne et la Russie s'y opposent. Il meurt à Berne le 13 décembre 1899.

Un collège et une avenue porte son nom dans sa ville natale de La Chaux-de-Fonds.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Urs Altermatt, Le Conseil fédéral - Dictionnaire biographique des cent premiers conseillers fédéraux, Yens-sur-Morges, Cabedita,‎ 1993 (lire en ligne) [détail des éditions]
  2. a, b et c Eric-André Klauser, « Droz, Numa » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  3. « Membres du gouvernement depuis 1848 », sur Site officiel de la République et canton de Neuchâtel (consulté le 24/07/2009)
  4. « Chanceliers d'État depuis 1849 », sur Site officiel de la République et canton de Neuchâtel (consulté le 24/07/2009)
  5. « Présidences du Conseil d'État depuis 1848 », sur Site officiel de la République et canton de Neuchâtel (consulté le 24/07/2009)
  6. « Liste chronologique des présidents du Conseil des États depuis 1848 », sur L'Assemblée fédérale - Le Parlement suisse (consulté le 24/07/2009)
  7. « Numa Droz, élection », sur Site officiel de l'administration fédérale (consulté le 24/07/2009)
  8. a, b et c « Numa Droz, détails », sur Site officiel de l'administration fédérale (consulté le 24/07/2009)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur Numa Droz[modifier | modifier le code]

De Numa Droz[modifier | modifier le code]

  • Numa Droz, Souvenirs d'un vieux montagnard. Histoire d'un proscrit de 1793. Nouvelle neuchâteloise, La Chaux-de-Fonds, Imprimerie du National suisse,‎ 1869
  • Numa Droz, Instruction civique : manuel à l'usage des écoles primaires supérieures, des écoles secondaires, des écoles complémentaires et des jeunes citoyens, Lausanne, D. Lebet,‎ 1884
  • Numa Droz, Études et portraits politiques, C. Eggimann (Genève), F. Alcan (Paris),‎ 1895
  • Numa Droz, Le rachat des chemins de fer suisses, Bâle et Genève, Georg,‎ 1898
  • Numa Droz, Essais économiques, Genève, C. Eggimann,‎ 1906

Liens externes[modifier | modifier le code]