Jour des morts (Mexique)

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Les fêtes indigènes dédiées aux morts[1] *
UNESCO logo.svg Patrimoine culturel immatériel
de l’humanité
Statuette squelette inspirée de la Calavera Garbancera, gravure créée en 1912 par José Guadalupe Posada dite « Catrina », devenue une des figures populaires de la fête des morts au Mexique.
Statuette squelette inspirée de la Calavera Garbancera, gravure créée en 1912 par José Guadalupe Posada dite « Catrina », devenue une des figures populaires de la fête des morts au Mexique.
Pays * Drapeau du Mexique Mexique
Région * Amérique latine et Caraïbes
Liste Liste représentative
Fiche 00054
Année d’inscription 2008
Année de proclamation 2003
* Descriptif officiel UNESCO
Autel du jour des morts
Le 2 novembre, les membres de la famille des défunts viennent les visiter, apportent des fleurs et nettoient les tombes.

Le Jour des morts (en espagnol Día de Muertos) est une forme particulière de fête des morts typique de la culture mexicaine actuelle qui s'observe aussi dans le sud-ouest des États-Unis parmi la communauté d'origine mexicaine[2],[3].

Bien que le jour des morts lui-même soit le 2 novembre, jour de la Commémoration des fidèles défunts, les festivités commencent le 1er novembre, en même temps que la fête chrétienne de la Toussaint[4]. Cette célébration peut parfois durer plus longtemps, comme c'était le cas de la fête précolombienne qui en est à l'origine, avant qu'elle ne soient tolérée par l'Église catholique, qui ne la considère pas comme une fête religieuse. Elle n'est pas non plus un jour férié officiel selon l'article 74 du droit du travail mexicain, mais les écoles[5] et certaines administrations locales ont congé le 2 novembre.

Sommaire

Histoire [modifier]

Lors de l'époque de pierre, les aztèques avaient l'habitude de venir plusieurs fois par an sur les tombes des morts. La famille du défunt dansait, chantait et laissait des offrandes afin de pourvoir aux besoins du défunt dans l'au-delà. En réalité, les Aztèques pratiquaient deux fêtes majeures : une pour les enfants (Miccaihuitontli), et une pour les adultes (Hueymiccalhuitl). La petite fête était célébrée 20 jours avant la grande, au mois d'août, coïncidant avec la fin du cycle agricole du maïs, de la courge, des pois et des haricots[4].

Les Espagnols, eux, avaient l'habitude de venir dans les cimetières pour y déposer du pain, du vin et des fleurs pour la Toussaint. Les Espagnols pensaient que les âmes parcouraient la Terre et flottaient autour d'eux. Tous craignaient qu'elles s'abattent sur eux pour les emporter avec elles. C'est pourquoi ils préparaient des autels avec du vin et du pain pour les apaiser. Des cierges les guidaient jusqu'à l'autel.

Malgré leurs tentatives, les Espagnols n'ont pas réussi à éradiquer le rituel Aztèque, qu'ils considéraient comme barbare, en convertissant les indigènes au catholicisme[6]. Inconnu, tombé en désuétude, ou oublié dans la plus grande partie du Mexique, le Jour des morts fut promu et popularisé dès les années 1920 par les gouvernements nationalistes issus de la révolution de 1910[7] qui cherchaient à établir une culture populaire unifiée, créant, en les faisant connaître dans tout le pays par des films, des chansons et dans les livres scolaires les actuelles icônes de la mexicanité que sont la china poblana et le charro[8].

Depuis les années 1960 et dans certaines régions, des catholiques traditionalistes honorent la Santa Muerte (« Sainte Mort ») le 2 novembre à l'occasion du jour des morts[9],[10].

Origines précolombiennes [modifier]

Les rites dédiés aux ancêtres, dans les civilisations mésoaméricaines, qui seraient à l'origine de la fête actuelle du jour des morts, remontent à environ trois mille ans[6].

À l'époque préhispanique, il était également courant de conserver des crânes comme trophées de guerre et de les afficher lors de rituels pour symboliser la mort et la renaissance.

Les festivités à l'origine du Día de Muertos étaient dédiées aux proches défunts. Elles étaient célébrées entre le neuvième et le dixième mois du calendrier solaire mexica correspondant aux mois de juillet et d'août, et étaient présidées par la déesse Mictecacihuatl, la Dame de la Mort, épouse du Seigneur de la terre des morts, Mictlantecuhtli.

La première de ces fêtes, Miccailhuitntli, à la mi-juillet, était dédiée aux enfants défunts. Elle commençait avec la coupe du xócotl, un arbre dont on retirait l'écorce et qu'on décorait de fleurs. Tout le monde y participait et faisait des offrandes à l'arbre pendant vingt jours.

La visite rituelle aux cimetières, qui a la particularité d'être festive, est l'occasion de nettoyer les tombes des défunts et de leur apporter des offrandes de fleurs, principalement celles du zempaxuchilt, la rose d'Inde, et de nourriture.

Autels [modifier]

Les autels traditionnels doivent avoir 7 niveaux (ou marches) qui symbolisent les sept passages où doit passer l'âme pour obtenir le repos[11] :

  1. Le premier échelon reçoit une image du saint auquel le défunt vouait une dévotion particulière ou de la vierge ;
  2. Le second échelon est pour les âmes du purgatoire ;
  3. Le troisième reçoit le sel pour les enfants du purgatoire ;
  4. Le quatrième reçoit le pan de muerto pain décoré de sucre rouge qui symbolise le sang, il devrait être préparé par les membres de la famille du défunt ;
  5. Le cinquième reçoit les plats préférés du défunt ;
  6. Le sixième reçoit sa photographie ;
  7. Le septième porte une croix d'un rosaire fait de fruits (tejocote, limas).

L'autel doit aussi avoir : des chaînes faites de papier violet et jaune qui signifie l'union entre la vie (violet) et la mort (jaune), des fleurs blanches qui symbolisent le ciel, des fleurs jaunes qui symbolisent la terre et des fleurs violettes qui symbolisent le deuil, des bougies allumées dont la flamme symbolise l'ascension des esprits, des rubans blancs qui symbolisent la pureté. un cierge qui symbolise l'âme solitaire, de l'encens et du copal qui symbolisent le passage de la vie à la mort, un épi de maïs ou des grains de maïs qui symbolisent la récolte, des fruits, des calaveras en sucre, de l'eau qui donne la vie et l'énergie pour le chemin, une croix qui symbolise les quatre points cardinaux, un crucifix, du sel, un chemin de fleurs d'Œillet d'Inde (campasúchil) ira de l'autel a la porte de la maison, un pieu pour libérer le défunt des démons, et enfin des objets personnels du défunts (tels que lunettes, téléphone portable, couteau, chapeau)

Dicton [modifier]

« On ne peut négocier avec la mort, mais on peut faire des affaires [c'est-à-dire gagner de l'argent] avec elle. » (« No se puede negociar con la muerte, pero sí se puede hacer negocio con ella. »)

Filmographie [modifier]

Jeu vidéo [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Les fêtes indigènes dédiées aux morts - Site de l'UNESCO
  2. (en) Dia de los Muertos (Day of the Dead) : San Francisco - dayofthedeadsf.org
  3. (en) Day of the Dead in Los Angeles 2012 - About.com
  4. a et b (es) Día de muertos en México - Page dédiée sur le site de la Comisión Nacional para el Desarrollo de los Pueblos Indígenas (CDI) du Mexique, 16 octobre 2009
  5. (es) Calendario escolar 2011 - Calendario Laboral
  6. a et b (en) Day of the Dead history - Carlos Miller, The Arizona Republic
  7. Héctor Luis Zarauz López, La fiesta de la muerte, Consejo Nacional para la Cultura y las Artes, Dirección General de Culturas Populares, 2004 (ISBN 978-9-7035-0274-5) 263 pages [réf. insuffisante]
  8. (es) Las invenciones del México indio. Nacionalismo y cultura en México 1920 - 1940 - Dr. Ricardo Pérez Montfort, ProDiversitas
  9. (es) Día de Muertos, día de la Santa Muerte - El Occidental, Organización Editorial Mexicana, 1er novembre 2010
  10. (es) Origen sincrético - El Sitio Oficial de La Santa Muerte
  11. (es) Día de Muertos - Guide touristique de San Miguel de Allende

Annexes [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]