Fête de la Saint-Jean

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec la Fête nationale du Québec.

La fête de la Saint-Jean, traditionnellement accompagnée de grands feux, est la fête de Jean le Baptiste. Elle a lieu le 24 juin, (date à laquelle on fête uniquement les Jean composés - ne pas confondre avec le 27 décembre, date à laquelle on fête les Jean) proche de la date symbolique du solstice d'été (20 ou 21 juin). La nuit est encore très courte, et de ce fait plus propice à une fête durant jusqu'au matin.

Le solstice d'été a été fêté de tous temps. En Syrie et en Phénicie, il donnait lieu à une grande fête en l'honneur de Tammuz, qui commençait la veille au soir, comme dans la traditionnelle Saint-Jean.

Cette fête folklorique a lieu à Chièvres, Mons (Belgique), au Québec (Fête nationale du Québec), partout au Canada français, et dans différentes régions françaises, notamment dans un certain nombre de villes de Lorraine, en Bretagne ainsi qu'en Roussillon (Catalogne Nord), principalement à Perpignan.

Les feux de la Saint-Jean, repris par les chrétiens, auraient été copiés sur les rites celtes et germaniques de bénédiction des moissons. La théorie selon laquelle ces rites seraient eux-mêmes directement dérivés du culte moyen-oriental de Baal est aujourd'hui largement réfutée [réf. souhaitée].

Le culte du feu associé au solstice d'été se retrouve également en Chine, en Turquie, dans les rites vaudous, chez les Incas.

Dans certaines communes françaises, un bûcher de bois d'une dizaine de mètres de haut est construit pour être brûlé le soir de la fête, notamment dans le sud de l'Alsace, dans les communes de la vallée de la Thur et du pays de Thann, avec le célèbre bûcher de la région qu'est celui de Bourbach-le-Bas avec 18 mètres de haut. En Alsace, le bûcher est appelé un fackel. Dans les Vosges, ainsi que dans le Sud de Meurthe-et-Moselle, cette construction est appelée une chavande.

À Sierck-les-Bains, en Lorraine, les lumières de la ville s'éteignent à la nuit tombée et l'on fait descendre le long d'une colline une roue de feu qui termine sa course dans la Moselle. Cette tradition remonte au moins à une cinquantaine d'années, et les spectateurs sont chaque année au rendez-vous.

Le brandon à Saint-Aventin (vallée du Larboust), photographie d'Eugène Trutat, 1898

Dans les Pyrénées, et particulièrement en Comminges, le feu de la Saint-Jean s'appelle le brandon. Il est constitué par un tronc de conifère préparé longtemps à l'avance : il est fendu longitudinalement, sur tout le pourtour, en plaçant dans les fentes des coins de bois. Finalement il a une forme de fuseau, il est dressé et on y met le feu.

Le bûcher de la Saint-Jean se pratiquait jadis à Paris, les autorités de la ville se chargeant de son organisation. Cette tradition a été abandonnée depuis très longtemps.

La fête est également très vivace en Scandinavie. Voir l'article Midsummer.

Sommaire

[modifier] Au Canada français

Les plus importantes célébrations de la Saint-Jean-Baptiste dans le Canada hors Québec ont lieu dans le cadre du Festival franco-ontarien, qui se tient chaque année à Ottawa. La Saint-Jean-Baptiste est aussi une célébration importante pour la région du nord de l'Ontario dans diverses petites villes dont Kapuskasing. Bien que la célébration de la Saint-Jean-Baptiste par les Acadiens en tant que fête catholique ne soit pas inconnue, elle est largement surpassée par la Fête nationale de l'Acadie le 15 août, instituée en 1881 lors d'une convention acadienne, alors que cette date était en compétition avec le 24 juin.


[modifier] À Mons

[modifier] Jusqu'en 1822

À Mons, jusqu'en 1822, la Saint-Jean se fêtait par l'allumage d'un feu dans chaque quartier. Ce feu était accompagné d'un coq en cage. Les feux sont montés grâce aux récoltes de bois des enfants. Un concours de chant a aussi lieu à la Saint-Jean. Le premier prix en est un coq vivant.

[modifier] Arrêt

Suite à un incendie survenu dans une autre ville de Belgique, le collège des bourgmestre et échevins de l'époque interdit la fête.

[modifier] Reprise

Depuis le 23 juin 1990, une nouvelle fête a repris grâce à un comité formé pour la circonstance. Au départ, des cortèges accompagnés de tambours parcouraient la ville pour annoncer la mise à feu d'un bûcher sur la place Nervienne. De nombreuses animations culturelles se déroulaient toute la soirée sur la place Nervienne ainsi que dans les casemates (anciens dépôts militaires) y attenant.

La formule a évolué depuis 1990 et s'est vue complétée de diverses animations, entre autres pour les enfants. Une grande cérémonie spectacle se déroule sur sur la grand place de Mons à laquelle participent 300 figurants et 200 musiciens. Ensuite ce sont plus de 6 000 personnes qui se rendent sur la place Nervienne munis de flambeaux dans un grand cortège rythmé par 8 formations musicales. Un final musical accompagne le boutage de feu. En 2008, 20 000 personnes ont participé à la manifestation qui se déroulait en une soirée.

[modifier] À Rennes (Ille-et-Vilaine)

Sur le territoire de la paroisse Sainte-Thérèse, au sud de la gare, dans les années 1950, se déroulaient deux événements le soir de la St-Jean : un feu place de l'église et un feu place Bir Hakeim.

[modifier] Le feu de la place de l'église : un caractère religieux

Un petit bûcher de fagots secs était dressé au milieu de la place dans l'axe de l'entrée principale de l'église. Vers 20h, des paroissiens, peu nombreux, se rassemblaient autour du bûcher. Un prêtre de la paroisse, accompagné d'un choriste muni d'un petit seau d'eau bénite et d'un goupillon, venait réciter des prières puis bénissait le bûcher en l'aspergeant d'eau bénite, tout en prononçant des formules pieuses. Ensuite, l'enfant de chœur, à l'aide d'une boîte d'allumettes, mettait le feu au papier disposé sous les fagots. Le feu se propageait vite et en quelques minutes l'ensemble du bûcher flambait. Le prêtre et son servant assistaient un moment à la combustion puis se retiraient dans l'église. Les fidèles contemplaient un moment le feu puis se dispersaient alors, les uns rentrant chez eux, les autres se rendant place Bir Hakeim.

[modifier] Le feu de la place Bir Hakeim : un caractère festif

La place Bir Hakeim était alors un espace herbu sans utilité particulière; c'était une ère de jeux naturelle pour les enfants du quartier. A l'époque, avant que ne se contruisent les maisons des Castors et celles du Foyer, la campagne se trouvait à 50m.

Chaque année, à l'instigation d'un habitant du quartier, M ROY demeurant rue Louis Turban, promoteur et animateur de cette soirée, se déroulait une soirée festive ayant comme point d'orgue l'allumage à la tombée de la nuit d'un grand bûcher dressé au milieu de la place.

Il s'agissait, à cette époque, d'une fête à laquelle on venait assister essentiellement en famille. L'atmosphère était bon enfant. Une bonne partie du quartier s'y pressait.

Une estrade était dressée à l'est de la place pour, dans un premier temps, un spectacle à forte connotation bretonnante : musique jouée par les instruments traditionnels de Bretagne intérieure tels que binious, bombardes, et interprétée par des hommes ou adolescents costumés pour la circonstance et danses bretonnes où se mêlaient hommes et femmes eux aussi habillés de beaux vêtements bretons. La foule des spectateurs, Rennais d'origine ou Rennais d'adoption provenant de la campagne, dans le 1er cas de culture française, dans le 2ème cas de culture gallo, assistait passivement à ces danses folkloriques inconnues d'elle mais applaudissait néanmoins chaleureusement, à l'invite de l'animateur de la soirée, les prouesses des uns et des autres. C'est que ce rendez-vous était aussi l'occasion, à une époque où les gens ne sortaient guère de chez eux, de retrouver voisins et connaissances non vus depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois. Le brouhaha des conversations emplissait l'atmosphère et avait tendance à détourner les regards de la scène. Les jeunes gens, surtout les jeunes filles se tenaient sagement près de leurs parents; les enfants étaient plus dissipés et attendaient avec impatience le feu !

Il faut rappeler que ce rendez-vous de la Saint-Jean était pour les habitants du quartier l'une des cinq occasions, offertes annuellement aux familles, de se retrouver dans une simple convivialité. S'y ajoutaient deux rendez-vous pour enfants, d'une part l'Arbre de Noël organisé par la Commune Libre, où à l'issue du spectacle il était distribué comme "cadeau" une belle orange qui faisait la joie de tous les enfants, d'autre part, chez divers particuliers et durant quelques années seulement, des rassemblements à l'occasion du mardi gras où les enfants faisaient preuve d'imagination pour se déguiser. La première de ces occasions, à l'automne, était la kermesse paroissiale. Divers stands tenus par des femmes bénévoles offraient à la vente menus objets, fabriqués par des femmes du quartier, ou autres articles de pacotille; c'était le lieu de rendez-vous des dames. Jeux de palets, jeu de fléchettes, bar où le cidre de la campagne environnante était vendu à flots, occupaient les hommes. Puis au printemps venait la Fête des Fleurs organisée par la Commune Libre : un bal très familial se déroulait sur une portion du bd Emile Combes quelque part entre les rues Bernard Salmon et Henri Bannetel (entrée d'un coût modeste) le samedi soir; le dimanche, une fête foraine investissait la place du Souvenir (plus connue aujourd'hui sous le nom de place du marché de Ste-Thérèse) tandis que dans l'après-midi circulait dans les principales rues du quartier le traditionnel défilé de chars, tractés par des tracteurs, joliment confectionnés par des habitants bénévoles qui y consacraient plusieurs dizaines d'heures de travail. Chaque char était vivant par la présence d'enfants ou de jeunes filles, aux costumes étincelants, qui se fondaient dans le décor, magnifique et différent, et c'est dans le dernier, souvent le plus beau, que trônait la Reine du quartier, somptueusement vêtue de blanc comme une mariée, entourée de ses deux Demoiselles d'honneur aux parures bleu ciel (celles-ci et celle-là avaient été au préalable élues au cours d'un cérémonial organisé dans le cinéma de la paroisse; toutes les jeunes filles du quartier pouvaient postuler). Dans le défilé il y avait aussi, intercalés entre les chars, des fanfares, des majorettes et des vélos fleuris ou décorés de papiers multicolores (cette Fête perdura des années jusqu'au début des années soixante et bien après que celle de la Ville de Rennes eût cessé d'exister). La troisième occasion était la sortie paroissiale, journée de pique-nique à la campagne aux alentours immédiats du périmètre de la paroisse. On y discutait beaucoup, les hommes jouaient aux palets tandis que jeunes filles et jeunes gens se regardaient de loin et s'occupaient à leur façon. Il faudra attendre 1960 ou 1961 pour qu'un rapprochement timide s'opère, bien souvent sous l'oeil attentif voire inquiet de certains parents. La quatrième occasion était la sortie de l'ESST (Etoile Sportive Ste-Thérèse - club de basket) calquée sur la sortie précédente. Enfin, la cinquième était le feu de la Saint-Jean !

Donc, après la danse sur scène venait le moment tant attendu : celui des folles rondes autour du brasier ! C'est qu'un magicien mettait le feu au bûcher haut de trois à quatre mètres dès le bruit des derniers pas de danse disparu dans l'ombre du soleil couchant. Ca rougeoyait au milieu de la place et toutes les familles formaient un cercle, et il semblait que les conversations s'étaient tues. Apparence trompeuse, la fougue du feu étouffait en fait l'écho des paroles encore échappées et les consumait en son coeur ardent. Les parents tenaient solidement leurs enfants par la main. Les yeux de tous brillaient. A cause de la chaleur le cercle s'agrandissait. Bientôt le brasier s'ouvrait et engloutissait les fagots les plus hauts montés jusqu'alors léchés seulement par les flammes incandescentes. Le feu redoublait de violence et la foule tenue loin s'extasiait et murmurait prête à reculer encore d'un pas. Le crépitement des flammes envoyait très haut dans le ciel des étincelles dansantes et joyeuses, éphémères lumières, lucioles en fin de vie ! Quand, enfin, devenu plus sage, le feu n'était plus un enfer, le paradis s'installait et les rondes tourbillonnaient folles d'avoir dû attendre ce qui semblait à certains une éternité pour se former. Les jeunes gens et les jeunes filles s'arrangeaient pour se mélanger pour des instants qui leur semblaient une éternité; il faisait sombre, les miettes du feu empêchaient de bien voir, cela les rassurait. Mais les rondes cessaient toujours trop vite, les parents attendaient, déjà des groupes s'en allaient. Pourtant les plus jeunes s'adonnaient encore à l'impossible saut par-dessus les braises... mais pas impossible, pourtant, pour tous ! C'était à qui sauterait le plus haut, le plus loin... sans brûler ses chaussures !

Merveilleuses soirées que celles de la Saint-Jean en ces temps déjà lointains...

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

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