Nu en photographie

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Étude de Rudolf Koppitz (1927)

La représentation du nu en photographie est une pratique presque aussi ancienne que la technique photographique. Prise entre le document médical et les canons académiques, elle pose de manière aigüe le problème du rapport entre la photographie et l'art.

Sommaire

Débuts [modifier]

Nu du début du XXème siècle

Au XIXe siècle, la photographie de nu a été utilisée par des artistes comme nouveau moyen d'étudier un modèle. Le musée d'Orsay possède des nus sur lesquels ont été tracés des carrés destinés à aider dans la reproduction et l'agrandissement du modèle sur une toile (mise aux carreaux)[1]. Mais si les moralistes s'accommodent du dessin de nu, comme nécessité pour l'apprentissage par les artistes, et comme représentation idéalisée, ils réprouvent la photographie de nu : « Le nu, fond nécessaire des arts du dessin, de la sculpture et de la peinture, serait, en photographie, inavouable »[2].

Cependant, à la même époque, se diffusent des photographies érotiques et à partir de leur invention en 1851, des images stéréoscopiques qui renchérissent, avec l'illusion du relief, sur le réalisme photographique[réf. nécessaire]. Par son réalisme authentifié, la photographie ouvre un champ nouveau à la représentation et ne connaît pas véritablement de tabou car, si elle montre un corps qui a bien été là, en face de l'objectif, elle crée, comme les autres arts graphiques, en même temps une distance entre le sujet et celui qui le regarde, distance qui permet toutes les audaces.

Les premiers daguerréotypes de nu académique, érotique et pornographique, datent de l'invention même de la photographie[réf. nécessaire]. Il faut attendre l'invention des images stéréoscopiques, en 1851, pour voir le nu, pour artistes ou non, devenir une importante industrie[réf. nécessaire]. On peut alors s'en procurer partout en quantité et la censure qui sévit à la même époque freine seulement une partie du marché qui emprunte des circuits parallèles[réf. nécessaire].

En 1853, les études d'après nature représentent environ 40 % de la production photographique[réf. nécessaire].

Photographie contemporaine [modifier]

Photographie contemporaine d'un Nu en Clair-obscur

La photographie de nu est souvent liée à l'érotisme. David Hamilton est notamment connu pour ses mises en scènes éthérées de corps nus féminins, couleur et noir et blanc. Le développement de l'industrie pornographique a aussi inspiré des artistes. C'est le cas de Jeff Koons qui réalisera plusieurs œuvres de sa série Made in Heaven le représentant avec sa compagne la Cicciolina dans des scènes sexuelles[3].

L'américain Spencer Tunick a pris quant à lui le parti de photographier des masses de corps nus, mettant en scène de façon spectaculaire des groupes de plusieurs milliers de personnes nues, volontaires, dans des endroits publics[4].

Les mises en scène de Joel-Peter Witkin, où interviennent des personnages bizarres, handicapés ou surpondérés, sont une réinterprétation gothique contemporaine du nu. Un photographe comme le Finlandais Arno Rafael Minkkinen photographie son corps nu qu'il met en scène dans des paysages de son pays natal, réinventant l'autoportrait.

Le Festival européen de la photo de nu, qui tient tous les ans, à Arles en France, est la plus importante manifestation consacrée à ce genre photographique en Europe. De nombreuses expositions de photographes de nu émérites sont accessibles au public.

Liste de photographes de nu [modifier]

Par nationalité.

Allemagne [modifier]

Canada [modifier]

États-Unis [modifier]

Finlande [modifier]

France [modifier]

Italie [modifier]

Augusto De Luca: Nudes, 1980

Pays-Bas [modifier]

Russie [modifier]

République tchèque [modifier]

Notes et références [modifier]

Sources [modifier]

Notes [modifier]

  1. Voir photo du XIXe siècle au musée d'Orsay
  2. Citation du moraliste Ernest Bersot, extraite de l'article critique « Médecine et littérature » (initialement paru dans le Journal des débats, 1860, repris dans le recueil de l'auteur : Littérature et morale, Paris, 1861, p. 216-248 ; la phrase s'y lit à la page 220). Elle est citée en 1874 par le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle de Pierre Larousse dans l'article « Nu » (t. 11, p. 1145) et fait florès depuis lors.
  3. Site officiel de Jeff Koons
  4. Exemples du travail de Spencer Tunick : Barcelone, New York, Londres

Annexes [modifier]

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Articles connexes [modifier]