Nouveau Parti du peuple

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国民新党 (Kokumin Shintō)
Présentation
Anciens présidents Tamisuke Watanuki
Shizuka Kamei
Shōzaburō Jimi
Fondation 17 août 2005
Disparition 22 mars 2013
Siège Kohase Bldg. 3F, Hirakawa-chō, Chiyoda, Tōkyō 102-009317
Secrétaire général Mikio Shimoji
Président du Conseil des Affaires de la Diète Masazumi Nakajima
Présidents du groupe à la Chambre des représentants Masazumi Nakajima
Président du groupe à la Chambre des conseillers Shōzaburō Jimi
Idéologie centre-gauche, conservatisme social, anticapitalisme, populisme, keynésianisme, agrarisme, souverainisme
Affiliation internationale aucune
Couleurs orange (informellement)
Site web www.kokumin.or.jp

Le nouveau parti du peuple ou NPP (国民新党, Kokumin Shintō?) est un ancien parti politique japonais conservateur social classé au centre-gauche, fondé le 17 août 2005 par cinq parlementaires, pour la plupart dissidents du parti libéral-démocrate, opposés à la privatisation de la poste japonaise voulue par le Premier ministre Jun'ichirō Koizumi, celui-ci ayant convoqué alors des élections anticipées après le rejet de son projet de loi par la Chambre des conseillers. Ayant perdu de nombreux élus, dont son ancien président Shizuka Kamei, et frappé par l'impopularité des gouvernements Hatoyama, Kan puis Noda auxquels il participe, le NPP est réduit à seulement 4 parlementaires après les élections législatives de 2012, ce qui ne lui permet plus d'être reconnu comme un parti politique aux yeux de la loi. Il est dissous le 22 mars 2013.

Formation[modifier | modifier le code]

Le parti est formé initialement par :

Ils sont rejoints dès le 23 août 2005 par un quatrième membre de la Chambre des représentants, Kyoichi Tsushima, député PLD élu à la proportionnelle dans le bloc régional de Tōhoku depuis 2000 (il quittera plus tard le NPP en octobre 2008 pour rejoindre le PDJ).

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives de 2005[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives du 11 septembre 2005, il présente 12 candidats sur les 480 sièges à pourvoir : 8 dans des circonscriptions locales, essentiellement rurales, au scrutin uninominal majoritaire à un tour (dont les trois sortants, tous sauf Shizuka Kamei sont également présents sur les listes à la proportionnelle) et 11 sur les 4 listes présentées par le parti à la proportionnelle dans les blocs régionaux de Chūgoku (3 candidats), Hoku-shin'etsu (3 candidats), Kyūshū (2 candidats) et Tōhoku (3 candidats).

Il fait campagne avec pour slogan : « Stop à la conduite insouciante du pouvoir. » (権力の暴走をとめろ。, Kenryoku no bōsō o tomero.?), et obtient finalement 0,64 % du total des voix au vote majoritaire, 1,74 % des suffrages exprimés à la proportionnelle et 4 élus : les deux députés sortants de districts électoraux (Tamisuke Watanuki contre le candidat officiellement investi par le PLD Kyogon Hagiyama, et Shizuka Kamei malgré la candidature du populaire entrepreneur Takafumi Horie face à lui), et deux à la proportionnelle (Hisaoki Kamei, battu dans le 2e district de Shimane par le député sortant PLD Wataru Takeshita, frère de l'ancien Premier ministre Noboru Takeshita, est néanmoins réélu à la proportionnelle pour Chūgoku ; Masaaki Itokawa, 30 ans, non candidat dans une circonscription, est élu pour la première fois dans le bloc de Hoku-shin'etsu). Des trois partis formés simultanément par des « rebelles » de la privatisation postale, le NPP est celui qui obtient la plus forte représentation à la chambre lors d'élections caractérisées par un véritable plébiscite pour Koizumi et sa réforme.

D'ailleurs, plusieurs anciens députés ayant participé à la formation du Nouveau parti Nippon (NPN, l'autre principal mouvement dissident du PLD formé à cette occasion avec une assise plus urbaine que le NPP) mais ayant été battu en 2005, ou d'autres parlementaires opposés à la privatisation de la poste, rejoignent par la suite le Kokumin Shintō :

Élections à la Chambre des conseillers de 2007[modifier | modifier le code]

À la veille du renouvellement de la moitié des membres de la Chambre des conseillers du 29 juillet 2007, le NPP comptait quatre membres de la chambre haute : Kensei Hasegawa et Ikuo Kamei qui ne sont pas concernés par ces élections, leur mandat allant jusqu'en 2010, tandis que Hiroko Gotō et Hideaki Tamura remettent en jeu leur siège. Tamura décide de ne pas se représenter et de mettre un terme à sa carrière politique.

Le parti présente alors une liste de 14 personnes pour les 48 sièges à pourvoir au scrutin proportionnel plurinominal national, parmi lesquelles l'ancien président péruvien d'origine japonaise Alberto Fujimori, alors assigné à résidence au Chili et en pleine procédure d'extradition vers le Pérou pour y être jugé de violations des droits de l'homme et de crime contre l'humanité. Durant la campagne, Fujimori est absent mais est représenté notamment par Dewi Soekarno, veuve de l'ancien président d'Indonésie Soekarno. Shizuka Kamei pour sa part appelle à cette occasion le gouvernement japonais à intervenir auprès du Chili pour obtenir le rapatriement de ce « candidat vedette » au Japon[1]. Alberto Fujimori se présente également dans ses tracts comme le « dernier samouraï », promettant de restaurer les valeurs japonaises traditionnelles telles que le travail rigoureux ou l'humilité, mais il est finalement battu[2], ne réunissant sur son nom propre que 51 612 voix (soit le quatrième score de la liste NPP, mais à peine 0,09 % des suffrages exprimés)[3]. Au total, les 14 candidats à la proportionnelle du NPP réunissent 1 269 220 voix, soit 2,15 % des suffrages exprimés, et l'ancien député Shōzaburō Jimi est élu pour la première fois à la chambre haute.

En parallèle, le NPP avance également 9 candidats au vote unique non transférable à l'échelle des préfectures sur les 73 sièges à pourvoir. Le sortant Hiroko Gotō est battu dans la préfecture d'Ōita, n'arrivant qu'en quatrième position, mais une nouvelle venue, Akiko Kamei, 42 ans, fille du secrétaire général du parti et député Hisaoki Kamei, est élue assez confortablement (avec 50,9 % des suffrages face au conseiller sortant PLD) dans la préfecture de Shimane[4]. Après les élections, le 23 octobre 2007, les 4 conseillers du NPP forment un groupe commun (le plus important de la chambre) avec les 109 élus du PDJ, l'unique conseiller du NPN et cinq indépendants du Shin-Ryokufūkai. Un de ces derniers, Takashi Morita, élu dans la préfecture de Toyama, rejoint le NPP en décembre 2008, ce qui porte le nombre de conseillers du parti à cinq.

Élections législatives de 2009[modifier | modifier le code]

Le NPP présente 18 candidats aux élections législatives du 30 août 2009, à savoir 9 à la fois dans des circonscriptions locales et à la proportionnelle, et les 9 autres uniquement à la proportionnelle. Les quatre députés sortants se représentent : Tamisuke Watanuki cette fois-ci uniquement à la proportionnelle dans le bloc Hoku-shin'etsu ; Shizuka Kamei dans son 6e district de Hiroshima et sur la liste du bloc de Chūgoku ; Hisaoki Kamei, dans le 2e district de Shimane et également dans la Région de Chūgoku ; Mikio Shimoji dans la 1re circonscription d'Okinawa et sur la liste de Kyūshū. Masaaki Itokawa, le quatrième élu du NPP en 2005, a quant-à-lui rejoint le PDJ le 21 juillet 2009.

Le parti fait campagne avec pour slogan « Brille, Japon ! » (輝け日本!, Kagayake Nihon?) et en mettant l'accent sur l'abandon de la privatisation de la poste, la revitalisation des collectivités locales et la décentralisation[5]. Bien que pressenti pour s'associer dans une coalition gouvernementale avec le PDJ en cas de victoire de ce dernier, les dirigeants du PNP marquent à plusieurs reprises leurs différences avec le chef de l'opposition Yukio Hatoyama sur un certain nombre de sujets dont la question postale (les démocrates n'étant pas particulièrement hostiles à une privatisation) ou celle du controversé Sanctuaire Yasukuni, Tamisuke Watanuki s'étant déclaré hostile à la proposition de Hatoyama de créer un mémorial de guerre neutre et laïque géré par l'État[6].

Les résultats du NPP sont en demi-teinte : si Shizuka Kamei et Mikio Shimoji sont réélus sans difficultés dans leurs circonscriptions (respectivement avec 60,2 % et 46,5 % des suffrages exprimés), et si le parti remporte un troisième district local grâce à Tadahiro Matsushita dans le 3e de Kagoshima (avec 56,5 % des voix face au député PLD sortant), il doit néanmoins déplorer les défaites de son président Tamisuke Watanuki et de son secrétaire général Hisaoki Kamei. De plus, aucune de ses listes présentées à la proportionnelle ne réussit à obtenir d'élus. Dès le lendemain du scrutin, Shizuka Kamei devient le nouveau président du parti et Shōzaburō Jimi son secrétaire général.

Le 9 septembre 2009, le PDJ de Yukio Hatoyama, le Parti social-démocrate (PSD) de Mizuho Fukushima et le NPP de Shizuka Kamei se mettent d'accord sur la formation d'une coalition tripartite[7].

Élections à la Chambre des conseillers de 2010[modifier | modifier le code]

À la veille du renouvellement de la moitié des membres de la Chambre des conseillers du 11 juillet 2010, le NPP comptait six membres de la chambre haute. Trois d'entre eux, le ministre Shōzaburō Jimi, Akiko Kamei et Takashi Morita, élus en 2007 et leur mandat allant jusqu'en 2013, ne sont pas concernés par ce scrutin. Kensei Hasegawa, Ikuo Kamei (qui a décidé de ne pas se représenté) et Gōtarō Yoshimura (71 ans, conseiller pour la préfecture de Fukuoka depuis 1992, membre à l'origine du PLD qu'il quitte le 30 décembre 2009 après n'avoir pas réussi à obtenir l'investiture pour ce renouvellement, il a rejoint le NPP le 17 février 2010) sont les trois conseillers du parti à remettre leurs sièges en jeu.

Le parti présente alors une liste de 7 personnes pour les 48 sièges à pourvoir au scrutin proportionnel plurinominal national, parmi lesquelles Kensei Hasegawa, l'ancien député Ichizō Miyamoto et l'ancien conseiller Takenori Emoto (62 ans, joueur célèbre de baseball dans les années 1970 devenu ensuite parlementaire pour la circonscription nationale en 1992 sous les couleurs successives du Parti du sport et de la joie jusqu'en 1995, de la Ligue libérale de 1995 à 1998, du Parti de la bonne gouvernance en 1998 et du PDJ de 1998 à 2004). S'y ajoutent, entre autres, deux tarento : le catcheur Osamu Nishimura (38 ans) et le compositeur Itō Toshi (meneur de la compagnie Toshi Itō Happy and Blue, 70 ans). Ils cumulent 1 000 036 voix, soit seulement 1,71 % des suffrages exprimés et le 9e score sur 11 listes candidates, ce qui ne permet pas au NPP d'avoir d'élus à la proportionnelle. Mais Kensei Hasegawa réunit sur son nom 406 587 votes, le plaçant en huitième place de tous les candidats à ce mode de scrutin.

En parallèle, le NPP n'avance que 2 candidats au vote unique non transférable à l'échelle des préfectures sur les 73 sièges à pourvoir. Le sortant Gōtarō Yoshimura est largement battu dans la préfecture de Fukuoka, n'arrivant qu'en sixième et avant-dernière position (113 607 voix, 5,17 %). La candidate Saori Egi, avancée à Tōkyō, obtient pour sa part la 12e place sur 24 et pour cinq sièges à pourvoir (53 948 votes, 0,87 %).

Le NPP n'a donc aucun élu lors de ce renouvellement, sa représentation à la Chambre des conseillers se limitant à partir de cette date à ses trois élus de 2004. Cela change le 29 décembre 2011, avec le ralliement d'un quatrième élu : Kazuyuki Hamada (58 ans), élu en 2010 pour la préfecture de Tottori sous les couleurs du PLD et qui a été exclu de ce parti en juin 2011 pour avoir accepté un poste de secrétaire parlementaire dans le gouvernement de Naoto Kan.

Une alliance difficile avec le PDJ[modifier | modifier le code]

Par la suite, le NPP s'oppose à plusieurs projets des dirigeants du PDJ, et surtout à l'augmentation de la taxe sur la consommation. En mars 2012, Shizuka Kamei estime que, sur ce dernier sujet, le parti devrait quitter la coalition gouvernementale, mais il n'est pas suivi par les autres militants et surtout par le ministre Shōzaburō Jimi. Le 5 avril 2012, il abandonne la présidence du mouvement à ce dernier, et quitte le NPP le lendemain. La conseillère Akiko Kamei fait elle-aussi dissidence. Le suicide de Tadahiro Matsushita le 10 septembre 2012 réduit davantage la représentation parlementaire du NPP. Toutefois, le député Tairō Hirayama, qui a quitté le PDJ en juillet 2012 pour siéger comme associé au groupe du NPP, rejoint ce parti en octobre 2012. Il le quitte toutefois dès le 26 novembre 2012 pour le Genzei Nippon - Parti anti-TPP, anti-nucléaire récemment créé par Masahiko Yamada, Takashi Kawamura et Shizuka Kamei.

Aux élections législatives du 16 décembre 2012, la majorité de centre-gauche est lourdement sanctionné, le PDJ retombant à seulement 57 députés. Le NPP pour sa part ne fait que regagner la circonscription du défunt Tadahiro Matsushita, le 3e district de la préfecture de Kagoshima sur Kyūshū qu'il avait perdu au profit du PLD à l'occasion d'une élection partielle le 28 octobre précédent. Le candidat du NPP à cette dernière, Takeshi Noma, obtient donc sa revanche dès décembre 2012. Mais les deux députés sortants du Nouveau parti du peuple sont battus, dont le ministre sortant de la Privatisation postale et de la Prévention des catastrophes Mikio Shimoji dans le 1er district d'Okinawa[8]. Avec désormais un seul député et trois conseillers, il passe sous le seuil des cinq parlementaires qui permettent d'être officiellement reconnus comme parti politique, avec les règles de financement et les possibilités d'action à la Diète que cela implique. Cette représentation diminue encore avec la démission du parti, le 16 janvier 2013, du conseiller Takashi Morita, puis de son unique député, Takeshi Noma, le 27 février 2013. Shōzaburō Jimi annonce le 22 mars 2013 la dissolution du parti.

Participations gouvernementales[modifier | modifier le code]

Le NPP a été dans l'opposition jusqu'en 2009, date à laquelle il a formé une coalition avec le PDJ et, jusqu'en 2010, avec le PSD. Cela lui a offert ses premières participations au Cabinet du Japon avec le poste de Ministre d'État pour les Services financiers (jusqu'au 10 septembre 2010) et la Réforme postale offert successivement à :

Idéologie[modifier | modifier le code]

Siège du Nouveau parti du peuple.

Le principal combat politique du Nouveau parti du peuple reste celui qui a amené à sa création : revenir sur le processus de privatisation de la poste japonaise engagé depuis 2007. Plus largement, elle défend la nécessité du maintien des services publics de proximité (tout en soutenant le discours du PDJ sur la réforme de la fonction publique d'État afin de réduire le poids de la bureaucratie) comme moteurs de vitalisation des campagnes de plus en plus dépeuplées, un autre de ses chevaux de bataille, la plupart de ses élus venant de circonscriptions rurales. Ainsi, il prône une profonde décentralisation administrative avec d'importants transferts financiers notamment par le biais de la fiscalité locale, favorise un développement économique par une politique de relance (et donc l'injection de fonds publics) avant tout tournée vers les petites et moyennes entreprises et la création d'emploi par le biais de l'agriculture (par la riziculture surtout, visant à augmenter le taux d'autosuffisance alimentaire du pays de 40 à 50 %), des activités forestières et de la pêche[9]. Il défend une baisse des impôts pour les particuliers et les familles ayant de nombreux enfants. Il développe un discours assez critique à l'égard du capitalisme, des grandes entreprises et des keiretsu, qui selon le parti (et notamment son président Shizuka Kamei) serait responsable du nombre important de suicides au Japon[10]. Ce positionnement fait qu'il est parfois classé à gauche de l'échiquier politique, mais son attachement aux territoires ruraux le pousse également à défendre, sur le plan de la culture, de l'éducation et du modèle de société, un certain conservatisme, voire traditionalisme, en mettant l'accent sur l'attachement à la terre et à la nature[11]. Ses autres prises de position sont assez proches de celle du PDJ, notamment sur le plan de la sécurité sociale (augmentation des aides et allocations aux familles, aux enfants, aux personnes âgées, aux chômeurs, entre autres) ou de la politique étrangère (redéfinition de l'alliance nippo-américaine, coopération asiatique et règlement des problèmes nord-coréens, que ce soit celui des enlèvements ou du nucléaire, par la négociation) en mettant tout particulièrement l'accent sur l'idée d'une « indépendance nationale » et d'une « spécificité nippone » proche du souverainisme[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]