Sainte Maison de Lorette

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43° 26′ 25″ N 13° 36′ 27″ E / 43.44029, 13.60744

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Façade de la Basilique de Sainte Maison à Loreto.
La Sainte Maison dans la Basilique.

La Sainte Maison de Lorette (en italien : Basilica della Santa Casa ou Pontificia basilica santuario maggiore della Santa Casa e della Madonna di Loreto) est la maison où, selon la tradition chrétienne, Jésus-Christ fut conçu du Saint-Esprit au sein de la Vierge Marie. Elle est parfois appelée la maison de Nazareth (en italien : Santa Casa di Nazaret). Elle est vénérée dans la ville de Loreto, dans la province italienne d'Ancône.

La légende[modifier | modifier le code]

Au IIIe siècle, quand sainte Hélène se serait rendue à Nazareth, elle aurait élevé une église dans laquelle se trouvait la maison de Nazareth. En plus de découvrir la Vraie Croix, elle aurait aussi découvert le lieu supposé de l'incarnation. La tradition raconte aussi que ce fut dans cette maison que Marie reçut son éducation et grandit avec ses parents sainte Anne et saint Joachim.

Or, au XIIIe siècle, les lieux saints chrétiens sont menacés par les Sarrasins et l'église construite par Hélène est détruite. Un même sort aurait été réservé à la maison de Nazareth. Selon la légende, Dieu fit miraculeusement transporter la Sainte Maison en Croatie, dans les villes de Trsat (Tarsatica) et Rijeka (Fiume), sur le mont Rauniza, avec l'aide de ses anges.

Ce récit fut rapporté sous le pontificat de Nicolas IV. Dans la maison, les villageois trouvèrent une statue représentant Notre-Dame couronnée et tenant l'Enfant-Jésus. L'évêque Alexandre Georgevich en fut immédiatement averti et vécut bientôt une apparition mariale en réponse à ses prières, lui expliquant les origines de la maison.

Toujours selon la tradition, la Sainte Maison aurait été de nouveau transportée par deux anges dans la marche d'Ancône, où elle aurait été recueillie par une dame nommée Lorette le 10 décembre 1294. C'est de là que provient l'histoire de Notre-Dame de Lorette. Les litanies de Lorette furent composées par le cardinal Savelli en rapport avec l'événement.

L'héritage[modifier | modifier le code]

Les habitants de la Croatie honoraient depuis longtemps cette tradition mariale en organisant des pèlerinages au sanctuaire de Lorette et en consacrant des églises à Marie, Mère de Dieu dans leur propre pays.

En 1488, l’évêque de Recanati confia la desserte du sanctuaire à une congrégation de Carmes réformés. Par la bulle In sublimis du 21 octobre 1507, Jules II plaça Lorette sous la tutelle directe du Saint Siège[1]. Les papes Pie II, Paul II, Sixte IV, Clément VII, Léon X et Sixte V furent parmi les premiers souverains pontifes à reconnaître officiellement ce prodige. Le sanctuaire de Lorette fut élevé en cité mariale et épiscopale et est depuis lors devenu l'un des plus importants lieux de pèlerinage de l'Europe.

L'histoire de la Sainte Maison intéressa plusieurs figures chrétiennes pendant et après la Renaissance, dont spécialement Érasme, René de Bastarnay, Louis d’Arpajon et Battista Spagnuoli. René Descartes s'y rendit en pèlerinage en 1623 en action de grâce pour le songe qu'il rapporte dans les Olympiques, et qui est à l'origine de sa mathesis universelle. Elle provoqua l'afflux de pèlerins notamment les jours de fêtes mariales, de nombreux personnages y adressant leurs prières (Anne d'Autriche, ex-voto des marins de Christophe Colomb rescapés d'une tempête en 1493), les rois et reines ainsi que les grands aristocrates y envoyèrent des procureurs (émissaires chargés de faire le pèlerinage à leur place).

Les 1er et 2 septembre 2007, le pape Benoît XVI se rend à Lorette pour vivre une fête de la foi avec les jeunes de la ville[2]. Il y revient le 4 octobre 2012, renouvelant ainsi le pèlerinage que Jean XXIII y avait effectué 50 ans auparavant, à quelques jours de l'ouverture du concile Vatican II[3].

Point de vue critique[modifier | modifier le code]

Le bruit court que c'est un prince byzantin, Nicéphore Ier Doukas Comnène, qui prit en 1290 l'initiative de transférer une maison typique de Palestine depuis Nazareth jusque dans les Marches italiennes (sans doute contre rémunération, puisque cela avait réussi quelques décennies plus tôt avec le roi de France Louis IX). La maison fut démontée à Nazareth en 1291, débarquée ensuite sur les côtes de Dalmatie et finalement ré-assemblée à Loreto en 1294.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chanoine Ulysse Chevalier, Notre-Dame-de-Lorette, Étude critique sur l'authenticité de la Santa Casa (1906)
  • Yves-Marie Bercé, Lorette aux XVIe et XVIIe siècles : histoire du plus grand pèlerinage des Temps modernes, PU Paris-Sorbonne, Paris, 2011 (371 p.) (ISBN 978-2840507529)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  1. Yves-Marie Bercé, À Lorette, en Italie, la plus extraordinaire relique de la chrétienté, Canal Académie, 21 août 2011
  2. Benoît XVI vers la rencontre avec les jeunes à Lorette
  3. A Lorette Benoît XVI a mis ses pas dans ceux de Jean XXIII, La Croix, 4 octobre 2012