Notre-Dame de Fátima

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Notre Dame de Fátima sur le blason de la ville.

Notre-Dame de Fátima est le vocable sous lequel est invoquée la Vierge Marie telle qu'elle serait apparue à trois enfants à Fátima, petit village du centre du Portugal, à six reprises au cours de l'année 1917. Ces apparitions, dont le message porte sur la prière et les fins dernières, ont d'abord été l'objet de méfiance, aussi bien de la part des autorités civiles que des autorités religieuses. Puis, dès 1930, le succès populaire de ce qui devient un grand centre de pèlerinage est accompagné de la reconnaissance de ces apparitions par l'Église catholique romaine.

La fête de Notre-Dame de Fátima a été fixée par le Saint-Siège en 2009, à la date du 13 mai[1], jour anniversaire de la première apparition, le 13 mai 1917.

Contexte[modifier | modifier le code]

La situation au Portugal[modifier | modifier le code]

Le Portugal est un pays très anciennement catholique et qui a été reconquis de haute lutte sur les musulmans entre le Xe siècle et le XIIIe siècle. L'évangélisation a été très profonde, la mentalité catholique est fortement ancrée et est encore, au début du XXe siècle, une part intrinsèque de la vie au Portugal. Malgré cela, en 1908, le roi de Portugal Charles Ier est assassiné avec son fils aîné par deux carbonari. En 1910, Manuel II doit quitter le pays, et une république libérale et laïque est proclamée le 5 octobre. Le 24 mai 1911, par son encyclique Jamdudum in Lusitania, le pape Pie X rejette vigoureusement les lois de laïcisation mises en place par le nouveau gouvernement. La nouvelle constitution, votée en 1911, s'inspire largement des constitutions française et brésilienne : le Portugal est officiellement un pays laïc et anticlérical[2].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Depuis août 1914, l'Europe est en guerre : le conflit meurtrier a déjà causé la mort de deux millions de soldats. Engagé dans la guerre au côté des Alliés à partir de mai 1916, le Portugal a environ 50 000 soldats positionnés en France[3].

La vie difficile dans la campagne portugaise[modifier | modifier le code]

Situation géographique

Fátima, située à 130 km au nord de Lisbonne, est, en 1917, une paroisse rurale de 2 500 habitants, dispersée en une quarantaine de hameaux. Les habitants sont des paysans qui travaillent constamment un sol ingrat. Tout le monde est mis à contribution pour le labeur quotidien. Les enfants sont généralement chargés de la garde des troupeaux. Cette pauvreté est doublée d'un profond analphabétisme, puisque seulement 10 % des femmes savent écrire[4]. Dans le hameau d'Aljustrel habitent les familles Dos Santos et Marto.

Voyants[modifier | modifier le code]

Lúcia de Jesus dos Santos est née le 22 mars 1907 à Fátima, elle a donc dix ans. Son cousin Francisco Marto, né le 11 juin 1908, a neuf ans. Et Jacinta, sœur de François, née le 11 mars 1910, en a juste sept. Pour aider leurs parents, ils participent à l'activité familiale en gardant les troupeaux de moutons dans les alentours du hameau, et en particulier au lieu dit Cova de Iria[5],[6].

Apparitions[modifier | modifier le code]

L'ange du Portugal[modifier | modifier le code]

Au cours de l'année 1915, Lucie et deux de ses amies voient « une figure semblable à une statue de neige, que les rayons du soleil rendaient un peu transparente », « ayant forme humaine »[6]. Quand, de retour au village, elles racontent leur aventure, leur entourage se moque d'elles[7].

Au printemps 1916, Lucie, François et Jacinthe revoient le même personnage qui leur dit: « Ne craignez rien ! Je suis l'Ange de la Paix. Priez avec moi ! »[8],[9]. S'agenouillant, l'ange baissa la tête et leur enseigna une prière: « Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne vous aiment pas ». Il fit trois fois cette prière, puis, levant la tête il dit : « Priez ainsi. Les cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. »[10],[9]

L'ange leur apparaît une nouvelle fois l'été suivant et se présente comme « l'Ange du Portugal »[11] puis une dernière fois au début de l'automne. Cette dernière apparition s'accompagne d'une théophanie eucharistique et d'une communion miraculeuse[11]. L'ange donna la communion aux enfants après avoir récité une prière « en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences » qui offensent Jésus présent dans le tabernacle[12],[11].

Première apparition : 13 mai 1917[modifier | modifier le code]

Le 13 mai 1917, vers midi, « une dame toute vêtue de blanc » apparaît aux trois petits bergers dans un petit chêne vert et, s'adressant à Lucie, leur demande de venir le mois suivant, à cette même heure. Elle ajoute ensuite : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix dans le monde et la fin de la guerre »[13],[14].

Jacinthe, oubliant sa promesse de discrétion, en parle à ses parents. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre dans le village mais la réaction est plutôt méfiante. Le curé interroge Lucie et n'est pas du tout convaincu. Dans son rapport à l'évêque de Leiria il écrit : « Il faut se tenir résolument à l'écart de cela. »

Deuxième apparition : 13 juin 1917[modifier | modifier le code]

Le mois suivant, les enfants, accompagnés de quelques dizaines de personnes venues « pour voir », sont au rendez-vous. Le groupe récite le chapelet lorsque l'apparition se présente à nouveau, et, dans sa conversation avec Lucie, insiste sur l'importance de la prière[15], recommande la dévotion au « cœur immaculé de Marie »[16] et annonce la mort prochaine de ses cousins à Lucie : « J'emmènerai bientôt Francisco et Jacinta au ciel, mais toi tu resteras encore ici quelque temps, Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. » Elle demande aussi à la jeune Lucie d'apprendre à lire et à écrire afin de mieux rapporter sa parole auprès des hommes[17].

Seuls les trois enfants voient l'apparition : les témoins ne voient ni lumière, ni la Vierge, ni ne l'entendent. Mais ils témoignent avoir vu le petit arbre, sur lequel se tenait l'apparition, ployé comme s'il portait un poids, brutalement allégé lors du départ de la Vierge. Ils témoignent aussi avoir entendu un son et vu un sillage lors du départ de l'apparition.

Troisième apparition : 13 juillet 1917[modifier | modifier le code]

La statue de Notre-Dame de Fátima.

Le vendredi 13 juillet, la « dame en blanc » apparaît devant Lucia et ses cousins comme les autres fois, environ 4 000 personnes assistent à l'événement, bien que ne voyant rien eux-mêmes : Lucie, Jacinte et François sont toujours les seuls à percevoir la « dame en blanc », les fidèles ne constatent que des faits inhabituels, tels des éclairs, un halo de lumière ou un vent soudain.

Elle s'adresse, comme à chaque apparition à Lucie : « Je veux que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la fin de la guerre et la paix du monde. »

C'est au cours de cette manifestation que l'apparition aurait confié un secret aux enfants[16]. Cette partie du message de Fátima ne sera dévoilée qu'en 1942, pour les deux premières parties, et c'est en 2000 que le Vatican divulguera la troisième partie du secret.

Quatrième apparition : 19 août 1917[modifier | modifier le code]

Le 10 août, l'administrateur du canton, Arthur d'Oliveira Santos, connu pour son anticléricalisme, demande à voir les « voyants » et les interroge sans succès. Le 13 août, il fait enfermer Lucie et ses deux cousins pour trouble à l'ordre public. Il souhaite connaître les secrets que la Vierge Marie a révélés aux enfants et va jusqu'à les menacer de mort pour les faire parler, mais en vain, ils gardent leur secret. C'est à regret que l'administrateur les relâche le 15 août.

Quelque 18 000 personnes sont au rendez-vous du 13, en l'absence des enfants, et assistent à quelques phénomènes déjà vus lors des précédentes apparitions. Mais les enfants ne sont pas là.

Le dimanche 19 août, alors que les enfants font paître leurs troupeaux sur la Cova da Iria, la Vierge leur apparaît, leur demande de prier pour les âmes pécheresses et leur promet un miracle « afin que tous croient »[17],[18].

Cinquième apparition : 13 septembre 1917[modifier | modifier le code]

Pour la cinquième apparition, le 13 septembre, environ 30 000 fidèles se prosternent devant les messagers de la Vierge Marie, Lucie, Jacinte et Francois, implorant leur secours pour obtenir la guérison des malades. C'est à ce moment-là que l'apparition annonce pour le mois suivant, la « venue du Seigneur, de Notre-Dame du Carmel et de saint Joseph avec l'Enfant-Jésus ».

Sixième apparition, le « miracle du soleil » : 13 octobre 1917[modifier | modifier le code]

Une copie photostatique d'une page de l'édition du 29 octobre 1917 du Ilustração Portugueza, montrant la foule regardant le « miracle du soleil » durant les apparitions à Fátima, attribuées à la Vierge Marie.

Le 13 octobre 1917, il pleut à torrent sur la Cova da Iria, et une foule d'environ 50 000 personnes récite le chapelet[19]. À midi, heure solaire, l'apparition se présente alors à Lucie comme étant Notre-Dame du Rosaire[15],[20] et lui demande de faire bâtir une chapelle en son honneur. Elle annonce la fin proche de la guerre. Elle demande aussi la conversion des pécheurs.

Alors que Notre-Dame du Rosaire s'élève vers le ciel, la pluie s'arrête et le soleil revient dans un ciel bleu. Les témoins peuvent regarder le soleil directement, ils le voient se mettre à tourner sur lui-même, lançant des faisceaux de lumière de différentes couleurs. Le soleil paraît même s'approcher de la terre, inquiétant la foule. Puis après dix minutes, tout redevient normal[21].

Le soleil « lançait des faisceaux de lumière, d'un côté et de l'autre, et peignait tout de différentes couleurs : les arbres, les gens, le sol, l'air ». Le soleil tournoya ensuite, « à un certain moment, le soleil s'arrêta, et puis recommença à danser, à tournoyer; il s'arrêta encore une fois, et se remit encore une fois à danser, jusqu'au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel, et s'avancer sur nous. Ce fut un instant terrible ! » Il y eut des témoins jusqu'à cinq kilomètres à la ronde, et pourtant l'observatoire astronomique n'a rien relevé de particulier à ce moment-là[21],[22].

Pendant ces phénomènes cosmiques, les enfants voient quant à eux les trois apparitions promises : la Sainte Famille, puis Notre-Dame des Sept-Douleurs accompagnée du Christ et enfin Notre Dame du Mont-Carmel.

Témoin du miracle: Avelino de Almeida.
Journaliste anticlérical et rédacteur en chef du quotidien de Lisbonne 0 Seculo, présent ce jour-là, en fait le compte rendu suivant : « On voit l'immense multitude se tourner vers le soleil, qui apparaît au zénith, dégagé de nuages. Il ressemble à une plaque d'argent mat, et il est possible de le fixer sans le moindre effort. Il ne brûle pas les yeux. Il n'aveugle pas. On dirait qu'il se produit une éclipse. Mais voici que s'élève une clameur immense, et ceux qui sont plus près de la foule l'entendent crier : "Miracle ! Miracle !....Merveille ! Merveille !" »[21],[19].

« … Et l’on assiste alors à un spectacle unique et incroyable pour tous ceux qui n’en furent pas témoins… Le soleil rappelle une plaque d’argent mat… Il n’aveugle pas ! On dirait qu’il se produit une éclipse. Mais voici que s’élève une clameur formidable : “Miracle, miracle !” Sous les yeux éblouis de cette foule, dont l’attitude nous transporte aux temps bibliques et qui, pâle d’épouvante et tête nue, regarde l’azur firmament, le soleil trembla ! Le soleil eut des mouvements brusques, jamais vus et en dehors de toutes les lois cosmiques ! Le soleil « se mit à danser », selon l’expression typique des paysans[19] ! Il ne reste maintenant qu’une chose : c’est que les savants nous expliquent, du haut de leur compétence, la macabre danse solaire, qui, aujourd’hui à Fátima, a fait jaillir des hosannas de la poitrine des fidèles ; et qui, comme me l’affirment les gens dignes de foi, a laissé très impressionnés les libres-penseurs eux-mêmes, ainsi que d’autres personnes sans aucune préoccupation religieuse, qui étaient accourues sur cette lande désormais célèbre ».

Avelino d’Almeida, rédacteur en chef du Seculo, avait publié le matin même dans ce journal l’article ironique dont on a parlé. À midi, il fut témoin du « prodige solaire » à la Cova da Iria, et le soir, sous l’impression encore des événements, il composa le nouvel article dont nous citons ici quelques extraits. Cet article, publié dans le Seculo du lundi 15 octobre, fit sensation dans tout le pays, et attira à son auteur les vifs reproches des libres-penseurs, qui ne lui pardonnaient pas d’avoir donné une telle publicité aux faits de Fátima, et de les avoir appuyés de son autorité.

Les suites[modifier | modifier le code]

Les voyants et la reconnaissance ecclésiale[modifier | modifier le code]

Les trois enfants de Fatima
photo Joshua Benoliel

François et Jacinthe Marto, atteints de la grippe espagnole, meurent très tôt, respectivement en 1919 et 1920. Ils ont été déclarés vénérables par le Pape Jean-Paul II le 13 mai 1989 et béatifiés le 13 mai 2000[23].

Lucie Dos Santos entre au noviciat des sœurs Dorothée le 24 octobre 1925 à Tuy, elle y prononce ses vœux en 1928. Elle a de nouvelles apparitions en 1925 et 1929. En octobre 1934, Lucie prononce ses vœux perpétuels et prend comme nom de religieuse sœur Marie des Douleurs[24].

L'évêque de Leiria, Mgr da Silva, après avoir mené une enquête canonique portant sur les voyants et sur les multiples témoins du miracle du 13 octobre, reconnaît les apparitions comme « dignes de foi » et approuve le culte à « Notre Dame de Fátima »[25],[26]. Sur ordre de la hiérarchie ecclésiastique, Lucie rédige ses mémoires, dont il y a quatre versions (une en 1935, une en 1937, une en 1941 et une début 1942)[24].

En 1946, le troisième centenaire de la consécration du Portugal à la Vierge Marie est l'occasion du couronnement solennel de la statue de Notre Dame de Fátima par le Cardinal Masella, légat pontifical, devant 600 000 pèlerins. La couronne est offerte par les femmes portugaises en remerciement de la préservation du Portugal pendant la Seconde Guerre mondiale[27].

À partir de 1948, Lucie entre au couvent des Carmélites de Coimbra (Portugal). Elle y prend le nom de sœur Lucie du Cœur Immaculé[24].

Elle meurt le 13 février 2005 à l'âge de 97 ans[23].

Les secrets de Fátima[modifier | modifier le code]

Lors de la troisième apparition, la Vierge a révélé un message aux enfants et leur a demandé de ne pas le divulguer.

Article détaillé : Secrets de Fatima.

Le sanctuaire Notre-Dame-de-Fátima[modifier | modifier le code]

Santuário de Fátima
L'intérieur de la basilique

C'est le 28 avril 1919 qu'est construite la première chapelle sur le site des apparitions, par des pèlerins, le curé de Fátima ayant reçu la consigne de se tenir à l'écart de ces manifestations de dévotions. C'est une petite chapelle faite de pierres et de chaux, couverte de tuiles et mesurant 3,30 m de longueur, 2,80 m de largeur et 2,85 m de hauteur.

En 1921, le nouvel évêque de Leiria autorise la dévotion à Marie sur le site de Fátima. Après sept ans d'enquête, en 1930, il reconnaît officiellement les apparitions. Les constructions peuvent alors commencer[23],[28].

Dès 1928 est commencée la construction de l'église de Fátima. Terminée en 1931, la basilique néoclassique mesure 70,50 m de longueur et 37 m de largeur. Les quinze autels qu’elle comporte sont dédiés aux quinze mystères du Rosaire. Dans la chapelle du côté gauche se trouvent les tombeaux de Jacinthe et de Lucie et dans celle de droite celui de François.

Le sanctuaire, si l’on inclut l’ensemble des édifices et son immense enceinte, a une surface de 86 400 m², et peut contenir environ 300 000 personnes.

Fátima est aujourd'hui un centre mondial de pèlerinages très connu. La ville compte 10 000 habitants, et chaque année 4 millions de pèlerins et touristes se rendent à Fátima[29], ce qui en fait le quatrième lieu de pèlerinage catholique du monde (après Notre-Dame de Guadalupe au Mexique, le Vatican et Lourdes).

« Aucun catholique n’est obligé de croire à ce type de révélations ; cependant il est indéniable que les apparitions de Fátima et leur « secret » ont représenté comme une carte routière pour le chemin incertain du XXe siècle[30]. »

Le 13 mai 1967, le Pape Paul VI y a célébré la messe (en portugais). Étaient entre autres présents, dans la tribune d'honneur, les parents des deux enfants voyants décédés Francisco Marto et Jacinta Marto, ainsi que Lucie Dos Santos[31].

Durant 4 jours (11 mai - 14 mai 2010), le pape Benoît XVI s'est rendu au Sanctuaire de Fátima où il a présidé les cérémonies religieuses du 13 mai 2010. Cette visite a eu lieu à l'occasion de l'anniversaire (qui n’est pas à proprement parler une fête de la Vierge) de la première apparition de la Vierge Marie, qui est apparue à trois petits bergers le 13 mai 1917 à Fátima (Portugal). Le Pape Benoit XVI en profite pour offrir au sanctuaire de Fatima une rose d'or, ornement béni par le Saint-Père qui est accordé à des sanctuaires que le souverain pontife souhaite honorer. La visite du Pape Benoit XVI à Fátima succède à celle de son prédécesseur Jean-Paul II 10 ans auparavant. La messe du 13 mai 2010 fut présidée par Benoit XVI devant plus de 500 000 pèlerins.

Critiques et soutiens[modifier | modifier le code]

Des auteurs comme le Père jésuite belge Edouard Dhanis, mort en 1978 ou l'abbé René Laurentin estiment nécessaire d'avoir une attitude prudente envers les apparitions de l'Ange. Pour ces auteurs, s'il n'y a aucun doute quant à la réalité des apparitions de 1917, les autres évènements (apparition de l'Ange en 1915 et 1916 ; apparitions mariales de 1925, 1929, ...) ne peuvent pas être confirmés par quelqu'un d'autre que Sœur Lucie. En conséquence « Sans mettre en cause sa sincérité, dit le Père Dhanis en 1963, on peut juger prudent de ne s'appuyer qu'avec circonspection sur les écrits de sœur Lucie »[citation nécessaire].

Citons aussi dans un autre registre Jean Cardonnel, dominicain, qui réfute absolument l'authenticité du troisième secret de Fatima[32]

La foule contemple le miracle de Fatima.

Une critique globale est également défendue par certains penseurs. Gérard de Sède, notamment, après deux ans d'enquête et d'étude publie en 1977 une étude sur les apparitions[33]. Niant toute manifestation de surnaturel à Fátima, il considère les « apparitions » comme une supercherie montée de toute pièce par les familles des voyants et met les « miracles » sur le compte d'une hallucination collective renforcée par des phénomènes naturels[4]. D'autres avancent également que les prédictions ont été en réalité formulées après les évènements (mort de François et Jacynthe, fin de la guerre...)

Enfin, on peut mentionner l'existence d'une autre hypothèse qui, sans remettre en cause la réalité de l'évènement, lui donne une toute autre interprétation : mis à part son caractère ostentatoire, il y a parfois une ressemblance de certains éléments de la description du « miracle » avec des éléments de deux témoignages d'apparitions d'OVNI tels que les a rapportés l'ufologue Jacques Vallée dans son livre Passport to Magonia (il s'agit des témoignages numéros 321 et 292)[34].

Pour Pierre Jovanovic, auteur du livre Notre-Dame de l'Apocalypse[35], dans le cas de la Sixième apparition du 13 octobre 1917, c'est la première fois dans l'histoire humaine qu'une divinité prévient 90 jours à l'avance qu'elle fera un miracle en donnant la date et l'heure exacte et que non seulement il se réalise mais qu'en plus il est vu, décrit et rapporté par des journalistes, y compris ceux du journal anticlérical O Século[36].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chanoine C. Barthas, Il était trois petits enfants, Résiac, Montsûrs (Mayenne), 1990
  • Émilie Bonvin, Le 3e Secret de Fatima Prières et Révélations, Exclusif, 2011 (ISBN 9782848910864)
  • Pierre Jovanovic, Notre-Dame de l'Apocalypse ou le troisième secret de Fátima, Le Jardin des Livres, 2008, 240 pages
  • Bernard Lecomte, Les Secrets du Vatican, Perrin, Paris, 2009, chapitre 16 : « Le troisième secret de Fátima », p. 325-349
  • Sœur Lucie, Mémoires de sœur Lucie, Secrétariat des Pastoureaux (Secretariado dos Pastorinhos), Fátima, 2005, 360 pages (ISBN 9728524250)
  • Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la vérité sur Fatima, Éditions de la Renaissance catholique, 1986
  • Gilles Pinon, Le “Miracle” de Fátima, Interkeltia, 2010, 400 pages (ISBN 9782357780262)
  • Gérard de Sède, Fátima, enquête sur une imposture, Alain Moreau, Paris, 1977, 294 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article de DICI.org
  2. Jacques Marcadé, Le Portugal au XXe siècle : 1910-1985, PUF, 1998, 240 p. (ISBN 2130417418).
  3. L'entrée du Portugal dans la Grande Guerre , par Jean-Louis Philippart, sur le site de l'Anovi
  4. a et b Résumé des thèses de Gérard de Sède, fichier Pdf hébergé sur le site nietzschéen webnietzsche.fr, défenseur de la thèse mythiste selon laquelle Jésus n'aurait jamais existé.
  5. (pt) Biographies des voyants sur le site officiel du sanctuaire
  6. a et b Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, coll. « Tempus » no 189, Paris, 2007 (ISBN 978-2-262-02733-9), p. 245
  7. Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité (diff. Éd. du Cerf), coll. « Que penser de… ? », Namur, 2007 (ISBN 9782873563882), p. 74-75
  8. Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité, 2007, p. 75
  9. a et b Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, 2007, p. 246
  10. Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité, 2007, p. 75-76
  11. a, b et c Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, 2007, p. 247
  12. Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité, 2007, p. 76
  13. Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité, 2007, p. 76-77
  14. Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, 2007, p. 248
  15. a et b Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, 2007, p. 249
  16. a et b Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, 2007, p. 250
  17. a et b Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité, 2007, p. 77
  18. Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, 2007, p. 248-249
  19. a, b et c Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, 2007, p. 254
  20. Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité, 2007, p. 79
  21. a, b et c Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité, 2007, p. 78
  22. Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, 2007, p. 254-255
  23. a, b et c Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité, 2007, p. 84
  24. a, b et c (pt) Biographie de sœur Lucie sur le site officiel du sanctuaire
  25. Lettre pastorale de Mgr da Silva publiée le 13 octobre 1930
  26. Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Fidélité, 2007, p. 83
  27. (pt) Chronologie sur le site officiel du sanctuaire
  28. Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, 2007, p. 256
  29. « Dossier : Un siècle religieux » du 21 décembre 2001 dans Valeur actuelle
  30. P. Luigi Gaetani, OCD, Commentaire après l'enterrement de sœur Lucie, paru le 24.02.2005
  31. Article sur Fatima.be
  32. « Le faux troisième secret de Fatima » de J. Cardonnel in Le Monde du samedi 3 juin 2000 référencé sur le site de l'IEP de Lyon II
  33. Gérard de Sède, Fatima, enquête sur une imposture, Éditions Alain Moreau, 1977, 294 p
  34. (en) Jacques Vallée, Dimensions, A Casebook of Alien Contact, Ballantine Books,‎ 1988, 295 p. (ISBN 0-345-36002-8), p. 216
  35. Pierre Jovanovic, Notre-Dame de l'Apocalypse, Éd. Le Jardin des Livres, 2008
  36. Les Grands Mystères de l'Histoire, N°40, février 2009, Le troisième secret de Fatima enfin dévoilé, p.61