Norvégiens-Gaëls

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Les Norvégiens-Gaëls formèrent un peuple qui domina une grande partie de la Mer d'Irlande et de l'ouest de l'Écosse pendant presque tout le Moyen Âge. Ils étaient à la fois d'origine scandinave et gaélique, et, dans leur ensemble, ils avaient adopté un large mélange de ces deux cultures. Ils étaient généralement connus par leur nom gaélique, qu'ils utilisaient eux-mêmes, et dont « Norvégien-Gaël » est la traduction. Ce nom a connu une multitude de variations dues aux différences chronologiques et géographiques de la langue gaélique, parmi lesquelles on peut noter : Gall Gaidel, Gall Gaidhel, Gall Gaidheal, Gall Gaedil, Gall Gaedhil, Gall Gaedhel, Gall Goidel, etc. Cette terminologie était employée autant par certains Irlandais et Écossais qui voulaient les aliéner, que par eux-mêmes, qui voulaient mettre en évidence leurs héritages gaélique et scandinave, et leurs liens avec les mondes gaélique et scandinave, comme la Norvège. La présence de Norvégiens nés en Irlande a donné naissance à d'autres appellations, comme Ostmen, Scoto-Nordiques, Hiberno-Nordiques et Gaëls étrangers.

Les Norvégiens-Gaëls étaient originaires des colonies vikings d'Irlande et d'Écosse. Ils furent sujets à un phénomène de gaélicisation, qui débuta dès le IXe siècle par des mariages mixtes avec des autochtones gaéliques, sauf en Cumbria, et par l'adoption de la langue gaélique et de certaines coutumes locales. Beaucoup abandonnèrent leur culte originel des dieux nordiques, et ils se convertirent au christianisme, ce qui contribua à la gaélicisation. Ces Scandinaves gaélicisés dominèrent la région de la Mer d'Irlande jusqu'à la période normande au XIIe siècle. Ils fondèrent des royaumes durables, comme ceux de l'île de Man, d'Argyll, de Dublin, de York et de Galloway. Le Seigneur des Îles, une seigneurie qui dura jusqu'au XVIe siècle, ainsi que beaucoup d'autres dirigeants d'Écosse et d'Irlande, prétendait descendre des Norvégiens-Gaëls. Leur colonisation en Angleterre s'est limitée au nord-ouest.

En Irlande[modifier | modifier le code]

La présence des Norvégiens est notée pour la première fois en 795, quand ils mirent à sac l'Île Lambay. Les raids se poursuivirent sporadiquement jusqu'en 832, date à laquelle ils commencèrent à bâtir des camps fortifiés à travers le pays. Les raids nordiques continuèrent pendant tout le Xe siècle, mais la résistance s'accrut. Malachy II leur infligea plusieurs défaites, et, le 23 avril 1014, Brian Boru brisa définitivement leurs pouvoirs à la bataille de Clontarf[1].

Les Norvégiens fondèrent des royaumes indépendants à Dublin, Waterford, Wexford, Cork et Limerick. Ces royaumes ne survécurent pas aux invasions normandes ultérieures, mais ces villes continuèrent à grandir et à prospérer. Les Norvégiens finirent par être totalement absorbés dans la vie politique et religieuse de l'Irlande.

En Islande et aux Îles Féroé[modifier | modifier le code]

Le Landnámabók rapporte qu'il y avait des papar ou des culdees en Islande avant l'arrivée des Norvégiens, et cela semble concorder avec les commentaires du Dicuil. Pourtant, que cela soit vrai ou non, la colonisation des Îles Féroé par les Norvégiens avaient sans doute amené de nombreux Norvégiens-Gaëls, ainsi que des esclaves, des domestiques et des épouses. Ceux-ci étaient appelés les Vestmen[2], et le nom est resté à Vestmanna dans les Féroé, et dans les îles Vestmann au large des côtes d'Islande, où on raconte que des esclaves irlandais s'étaient réfugiés.

Un certain nombre de noms islandais sont d'origine gaélique, par exemple Njáll Þorgeirsson de la Saga de Njáll le Brûlé a un prénom d'origine gaélique : Niall. Patreksfjörður, un village islandais contient le nom Padraig. Un certain nombre de noms de lieux remémorant les papar, les moines irlandais, existent en Islande et aux Féroé.

D'après certains témoignages indirects, Grímur Kamban, considéré comme le découvreur des Féroé nordiques, peut avoir été un Norvégien-Gaël.

« Selon la Saga Faereyinga... le premier colon dans les îles Féroé fut un homme nommé Grímur Kamban - Hann bygdi fyrstr Færeyar, et il est possible que ce fût la prise de possession de Grímur et de sa suite qui provoqua le départ des anachorètes... le surnom Kamban est sans doute gaélique, et il peut faire référence à un handicap physique, ou à son habileté dans le sport. Il était sans doute un jeune homme quand il arriva aux îles Féroé, via l'Irlande viking, et la tradition locale dit qu'il débarqua à Funningur sur l'île d'Eysturoy[3] »

Noms modernes[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui encore, beaucoup de noms de famille, particulièrement dans le Gàidhealtachd, sont d'origine nordique, surtout dans les Western Isles et à l'île de Man.

Noms de famille[modifier | modifier le code]

Gaélique Forme anglicisée "Fils de-"
MacAsgaill MacAskill Ásketill
MacAmhlaigh MacAulay, MacAuliffe Óláfr
MacCorcadail MacCorquodale/Corquadale, Corkill, McCorkindale Þorketill
MacIomhair MacIver, MacIvor Ívarr (Ingvar)
MacShitrig[4] MacKitrick, McKittrick Sigtryggr
MacLeòid MacLeod Ljótr (lit. "l'affreux")[5]

Prénoms[modifier | modifier le code]

Gaélique Forme anglicisée Équivalent nordique
Amhlaibh (confondu avec le nom gaélique Amhlaidh/Amhalghaidh) Aulay (Olaf) Óláfr
Goraidh Gorrie (Godfrey, Godfred), Orree (Île de Man) Godfriðr
Iomhar Ivor Ívarr (Ingvar)
Raghnall Ranald (Ronald, Randall) Rögnvaldr
Somhairle Sorley (anglicisé parfois en "Samuel") Sumarliði (Somerled)
Tormod NA (anglicisé en "Norman") Þormundr
Torcuil Torquil Torkill, Þorketill

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ruth Dudley Edwards, An Atlas of Irish History
  2. Vestman peut avoir fait référence aux terres et aux îles situées à l'ouest de la Scandinavie
  3. Schei, Liv Kjørsvik & Moberg, Gunnie (2003) The Faroe Islands. Birlinn.
  4. McKittrick Name Meaning and History Accédé le 2008-04-23
  5. Mcleod Name Meaning and History Accédé le 2008-04-23

Sources[modifier | modifier le code]