North Dome

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South Pars

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26° 40′ 50″ N 51° 40′ 40″ E / 26.68055556, 51.67777778 ()

Le champ gazier North Dome / South Pars, une même structure géologique partagée entre Qatar et Iran.

North Dome, North Field ou encore South Pars est un gisement offshore de gaz naturel situé à cheval entre les eaux territoriales de l'Iran et du Qatar dans le golfe Persique. Découvert en 1971 par Shell, il s'agit du plus grand gisement de gaz naturel au monde.

Description[modifier | modifier le code]

Le gisement gazier North Dome / South Pars est un unique champ gazier, quoique ayant une appellation double. North Dome — parfois North Field — pour le Qatar, du fait de sa position géographique par rapport au territoire de l'émirat, les Iraniens l'appellent South Pars, pour « Perse du Sud », là encore question de position géographique[1].

Cet ensemble géologique appartient au système paléozoïque qui s'étend sur une bonne partie du Moyen-Orient, dont les roches sources sont des schistes marins siluriens. Il est logé dans un dôme anticlinal énorme, visible sur une coupe géologique à l'échelle continentale. La roche réservoir est nommée « Khuff » — tout comme Dukhân, champ pétrolier qatari onshore —et se décompose en quatre niveaux distincts, aux propriétés légèrement différentes. Par endroit, elle peut atteindre 800 m d'épaisseur. Horizontalement, la roche est imprégnée de gaz sur une surface de 9 700 km2[1].

Prospection[modifier | modifier le code]

La compagnie pétrolière Shell prospecte dans les fonds marins du Golfe persique entre 1967 et 1971, à une centaine de kilomètres au sud des côtes iraniennes[1].

Exploitation[modifier | modifier le code]

Les conditions d'exploitation sont plutôt favorables, avec un plancher océanique situé à environ 65 m de profondeur, et une poche de gaz à 3 km sous la surface[1].

Selon les chiffres du département américain à l'énergie (EIA), North Dome contient 24,3 Tm3 de gaz ; South Pars contiendrait 8 Tm3 supplémentaires. L'ensemble représente environ 200  gigabarils équivalents pétrole, soit plus du double du plus grand gisement de pétrole connu, Ghawar, situé en Arabie saoudite[2], soit 20 % des réserves de gaz connues en 2014[1].

Le caractère gigantesque de la ressource a poussé ses deux propriétaires à créer de coûteuses installations pour son exploitation, le fond marin étant parcouru en tous sens de gazoducs, aboutissant à trois ports en eaux profondes de part et d'autre du Golfe persique[1].

Côté qatari[modifier | modifier le code]

L'exploitation côté qatari débute en 1988, avec la première livraison de gaz liquéfié au bout de huit ans, en décembre 1996[1].

Le gouvernement qatari a annoncé vouloir modérer l'exploitation du North Dome pour que la production puisse durer un siècle[réf. nécessaire]. Ainsi, depuis 2007, aucun nouveau projet n'a été approuvé, le dernier en date étant Barzan, coinjointement mené par ExxonMobil et Qatar Petroleum[3]. En 2009, le moratoire sur le développement du champ a été réaffirmé par les autorités en 2009 lors de l'International Petroleum Technology Conference de Doha, repoussant au moins à 2014 ou 2015 toute nouvelle phase de développement. Aujourd'hui, seule la moitié nord de la partie qatarie du champ est exploitée[4].

Même ainsi, North Dome est devenu un pilier de l'approvisionnement énergétique mondial, alimentant à la fois le marché local du gaz naturel, les exportations de gaz naturel liquéfié, une vaste industrie pétrochimique et la production de produits raffinés synthétiques à partir du gaz (procédé GTL[N 1]). En particulier, le Qatar a réussi la prouesse de devenir le premier acteur mondial de l'industrie du gaz naturel liquéfié, avec une capacité d'export atteignant en 2011 environ 77 millions de tonnes par an, le deuxième exportateur de GNL n'atteignant que le tiers de cette capacité[5].

Associé au gaz naturel produit par le North Dome, le Qatar se positionne progressivement sur le marché mondial de l'hélium. En effet, ce produit est présent en très faibles quantités dans le gaz naturel, mais les volumes en jeu étant énormes, il est rentable d'extraire la faible proportion d'hélium pour le commercialiser. À l'horizon 2013, le Qatar devrait mettre en production une nouvelle usine de liquéfaction d'hélium qui devrait augmenter la production mondiale de 25 % et positionner le pays au second rang mondial des producteurs d'hélium[6].

Côté iranien[modifier | modifier le code]

Du fait des sanctions internationales dont il fait l'objet, l'Iran est un peu en retard dans l'exploitation de ce gisement[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. GTL : Gas to Liquids, en français « de gaz à liquide » : transformation en essence synthétique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h [radio] Ludovic Piedtenu, "South Pars", gisement gazier géant, France Culture (chronique radiophonique) (no Les Matins de France Culture),‎ 6 mai 2014 (présentation en ligne, écouter en ligne). Chronique de min 52 s diffusée le 6 mai 2014 sur France Culture.
  2. [PDF] (en) « Qatar », sur www.eia.gov, EIA,‎ 30 janvier 2014 (consulté le 23 mai 2014).
  3. (en) Robert Tuttle, Ayesha Daya, « Qatar, Exxon Mobil to Develop $8.6 Billion Barzan Gas Project », sur www.bloomberg.com, Bloomberg LP,‎ 6 janvier 2011 (consulté le 23 mai 2014).
  4. (en) « Déclaration du ministre du pétrole à l'occasion de la conférence IPTC 2009 à Doha » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur www.zawya.com.
  5. (en) « Communiqué de Qatargas » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur www.qatargas.qa.
  6. (en) « Qatar to be World's second largest Helium Producer », sur www.qatargas.qa, Qatargas,‎ 6 mai 2010 (consulté le 23 mai 2014).

Liens externes[modifier | modifier le code]