Dénomination des États-Unis et de leurs habitants

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Localisation des États-Unis.

En français, le nom des habitants des États-Unis est, de manière officielle dans l'administration française et les institutions européennes et selon l'usage dans le langage courant, « Américain ». Ce terme peut aussi désigner l'ensemble des habitants du continent américain.

D'autres dénominations existent. Le gentilé « États-Unien » a notamment été créé en langue française pour distinguer les habitants des États-Unis des autres habitants du continent américain. Son usage est beaucoup moins répandu[1] que celui du terme « Américain », et parfois controversé[2].

Nom du pays[modifier | modifier le code]

Le continent américain.

Le nom du pays pour les usages courants (forme courte du nom) est « États-Unis », et « États-Unis d'Amérique » pour les usages officiels (forme longue du nom). Il est aussi courant de dire « les USA » ou « les US », bien que ces abréviations proviennent de l'anglais. Familièrement, on entend parfois en France (et on entendait souvent, dans les années 1950-1980, au Québec), l'emprunt « les States »[3]. Au Québec, on peut aussi entendre « les États ».

Grammaticalement, ce pays se distingue par le fait que sa forme courante est au pluriel. Toutefois, en langue anglaise, « US », utilisé comme nom, est considéré comme singulier.

Les sigles de langue anglaise « USA » et « US » sont universellement compris[4]. Ce dernier sigle est à l'origine de l'allégorie de l'Oncle Sam (Uncle Sam). Le suffixe .us est aussi le nom de domaine internet correspondant à ce pays (mais il est peu utilisé, les Américains préférant utiliser des noms génériques). Les sigles français « EU », « ÉU », « EUA » ou « ÉUA » ainsi que les abréviations « É.-U. » ou « É.-U. A » sont plus souvent employés dans un cadre scolaire mais n'ont pas la popularité des sigles anglais. De plus, le sigle EU (bien que l'accentuation des majuscules soit obligatoire en français, dans la pratique, les accents sont souvent oubliés) est ambigu car il peut aussi désigner l’Union européenne : EU est à la fois le sigle pour l’anglais « European Union », les premières lettres du nom « Europe » et le nom de domaine de l’Union (.eu).

Le terme « Amérique » désigne (au sens large quant à l’étendue) le continent où se trouvent les États-Unis. Mais, selon le contexte, il peut désigner les seuls États-Unis d'Amérique, ce qui peut créer quelques ambiguïtés. Ainsi, la Voice of America a été la voix des États-Unis durant la Guerre froide. Dans Tintin en Amérique, le héros ne visite que les États-Unis. Enfin, la célèbre phrase God Bless America est une phrase patriotique des habitants des États-Unis, en aucun cas une phrase d'unité du continent.

Pour éviter toute confusion, certains emploient le terme « les Amériques » pour désigner « l’Amérique » au sens du continent ; on contourne aussi la difficulté en utilisant la locution « le continent américain ».

Le terme États-Unis lui-même est légèrement ambigu, car le nom officiel du Mexique est États unis mexicains — dans ces conditions, même États-Unis d'Amérique n'est pas tout à fait dénué d'ambiguïté, car le Mexique se trouve aussi en Amérique du Nord. Mais le nom complet du Mexique est remis en question par certains car les subdivisions du Mexique sont loin d'être aussi autonomes que les États fédérés des États-Unis. Aussi bien pour cette raison que pour éliminer toute confusion, certains élus mexicains plaident pour le retrait de l'expression États unis du nom officiel[5].

Gentilé[modifier | modifier le code]

Américain[modifier | modifier le code]

Les habitants des États-Unis sont appelés « Américain, Américains, Américaine et Américaines ». Cette forme est la plus couramment employée. C’est le seul gentilé indiqué dans le code de rédaction interinstitutionnel de l’Union européenne[6] ainsi que dans la Liste annexée à l'arrêté français du 4 novembre 1993, qui contient les recommandations de la France pour ses fonctionnaires sur l’usage des gentilés.

Les habitants des États-Unis, ayant la nationalité du pays, sont les citoyens des États-Unis d'Amérique (ou citoyens des États-Unis). Dans le langage courant, afin d'englober les simples résidents, la forme largement établie et utilisée en français est l'adjectif « américain », et le substantif « Américain » (American en anglais).

Les adjectifs correspondants sont « américain, américains, américaine et américaines ». Pour les adjectifs composés, « américano- » est employé (exemple, la Guerre américano-mexicaine). Le glottonyme utilisé pour décrire l’anglais parlé aux États-Unis est « anglais américain ». Voir également Afro-Américains.

Cet usage, à la fois courant et officiel, n'empêche pas d'utiliser également le terme Américain pour désigner l'ensemble des habitants du continent américain (ou des Amériques), comme l'illustre en décembre 2014 le discours du président des États-Unis Barack Obama, déclarant aux cubains « nous somme tous américains » (somos todos americanos)[7],[8],[9],[10].

États-Unien[modifier | modifier le code]

La possible ambiguïté avec le nom des habitants du continent américain, soulignée ci-dessus, a mené à la création du terme « États-Unien », également orthographié « Étatsunien » ou « Étasunien »[11], jugé plus précis par quelques auteurs[12].

Usage dans les médias[modifier | modifier le code]

L’emploi du terme en France est attesté pour le journal La Croix en 1965 dans l'expression « Au sein de la communauté noire étasunienne »[13]. Très peu utilisé dans le langage courant[1], le terme a été diffusé depuis les années 1990 via son usage dans des médias. Il est notamment présent chez certains traducteurs de Courrier international[14]. De la même façon, le Centre d'analyse stratégique, organisme de prospective et de réflexion du gouvernement français (rattaché au Premier ministre) y recourt à l'occasion dans ses notes de veille, où il alterne avec « américain »[15]. On le trouve également dans certains textes publiés par Le Monde diplomatique[16]. Selon Jacques Desrosier, au Canada, « le mot est marqué à gauche sur l'échiquier politique »[17].

Lors de sa traduction en français en 2013, le titre du livre du philosophe italien Domenico Losurdo, Il linguaggio dell’Impero. Lessico dell’ideologia americana, paru en 2007, devient Le Langage de l'Empire : Lexique de l'idéologie étasunienne.

Le terme est présent comme substantif ou comme adjectif dans certains dictionnaires où il se rapporte sans équivoque aux États-Unis d'Amérique (Le Petit Larousse, Le Petit Robert, le Grand dictionnaire terminologique). Il s'agit d'un équivalent français du terme espagnol « estadounidense »[18] et du terme italien « statunitènse »[19].

Le terme est fréquemment utilisé avec une visée idéologique dans le cadre de discours critiques envers l'action des États-Unis, comme ceux de Marine Le Pen[20], et dans des organismes et médias antiaméricains ou altermondialistes comme Indymédia ou Rezo.net[21], ou encore employé dans la revue satirique L'Anti-Américain Primaire[22]. Il est également utilisé dans les publications du Réseau Voltaire[23]

Polémiques quant à son utilisation[modifier | modifier le code]

Néologisme

Dès son apparition, le terme a rencontré une franche hostilité. En 1943, constatant sa banalisation, la journaliste et écrivaine franco-américaine Yvonne Le Maître s’emporte contre l’épithète « États-unien » : « États-unien devient banal autant que baroque ; on ne le voit que trop. Une fois établi pour de bon, où ne nous mènera-t-il pas, ce vocable prétentieux ? […] (Le Maître, 1943c) »[24]. En 1959, le géographe français Pierre George, manifeste, dans un compte rendu pour les Annales de géographie, son rejet de l’adjectif « étatsunien », « néologisme particulièrement choquant, qui a déjà tenté à plusieurs reprises son entrée dans le vocabulaire géographique », et dans lequel il voit le « porte-drapeau des cecaiens, des urssiens et autres barbarismes à proscrire »[25].

Comme le souligne Jacques Desrosiers, l'introduction d'un néologisme concernant un des plus grands pays du monde pose une multitude de problèmes[17] :

« Il faudrait quand même toute une rééducation pour en généraliser l'emploi. Pensons à tout ce qu'il faudrait rebaptiser. Ne dites pas : la guerre américano-mexicaine, dites : la guerre mexicano-états-unienne. Ne dites pas : la révolution américaine, les relations canado-américaines, le vin américain, etc. Dites : l’armée états-unienne, les Noirs états-uniens, Je me suis acheté une voiture états-unienne. Et n’oublions pas les cinquante États états-uniens. Nul ne contestera que la logique plaide pour états-unien. Mais en face il y a l’histoire, l’usage, la langue, l’euphonie, les habitudes. C'est beaucoup. Pour être efficace, il faudrait en même temps intensifier l’emploi géographiquement correct d’américain, ce qui ferait surgir l’ambiguïté de partout. »

Absence d'ambiguïté

Le terme « américain » est, en français, sans ambiguïté ; il est relatif aux États-Unis d'Amérique. Les habitants d'Amérique du Nord sont appelé « Nord-Américains », ceux d'Amérique du Sud « Sud-Américains » ; si, étymologiquement, il pourrait désigner tous les habitants des Amériques (du Nord et du Sud), dans la pratique, il est rare de vouloir désigner les habitants de deux continents sous un même gentilé. Par exemple le terme « eurasien » existe, mais désigne un métissage, et non pas l'ensemble des habitants d'Europe et d'Asie. La rareté du concept rend peu probable l'ambiguïté.[réf. nécessaire]

Manque de précision

D’autres pays du continent américain réfèrent officiellement à l’union de plusieurs États, comme les États-Unis mexicains (Estados Unidos Mexicanos), ou la République des États-Unis du Brésil (República dos estados unidos de Brasil, nom porté par le pays jusqu’en 1968). L’usage des termes « Américains » et « américain » au sujet des « États-Unis d'Amérique » est une généralisation analogue à l’emploi de « Mexicains » et « mexicain » au sujet des « États-Unis mexicains »[26].

Notons que le nom du pays « États-Unis d'Amérique » est formé d'un mode d'organisation de l'État (nom commun d'espèce), et du nom de deux continents (nom propre d'individualisation), contrairement aux autres « États-Unis » pour lesquels le nom d'individualisation représente une étendue géographique restreinte. Le recours à l'une ou l'autre des moitiés du nom est en soi porteuse d'imprécision.[réf. nécessaire]

Différences d'appréciation

Pour autant, l'appréciation de cette utilité est différente selon la culture.

Ainsi, au Canada, certains lecteurs du journal La Presse ont exprimé leur irritation lorsque le terme « américain » est utilisé pour désigner les habitants des États-Unis. Les deux termes étant corrects, le journal n'a pas de ligne éditoriale concernant l'emploi de l'un ou de l'autre et laisse le choix à l'auteur de l'article[27].

Le terme est parfois employé au Québec[28] où certains jugent le terme « états-unien » utile pour différencier les États-Unis des autres pays du continent américain. En 2001, le sociologue québécois Guy Rocher explique pourquoi il utilise délibérément ce terme : « La confusion entre États-Unis et Amérique, entre états-unien et américain, est un legs du contexte géopolitique du XVIIIe siècle, qui a perdu son sens au XXIe siècle. Elle a comme conséquence de priver du titre d'Américain la majorité des habitants des trois Amériques, du Canada à l'Argentine, qui ne vivent pas aux États-Unis. Un Québécois se sent américain pas états-unien »[29]. Pour sa part, le politologue québécois Gilbert Gagné, écrivant en 2004 dans la revue Politique et Sociétés, indique que dans son article, « Afin d'éviter toute confusion, le terme « étatsunien » est utilisé pour référer aux Etats-Unis alors que « américain » fait référence à l'ensemble du continent ou aux Amériques »[30]. Le terme permet, selon certains[31], d’éviter de froisser des susceptibilités, notamment en présence de ressortissants de pays américains autres que les États-Unis d’Amérique, l’usage restrictif du terme « américain » pouvant être perçu comme impliquant une certaine vision hégémonique du panaméricanisme[32].

Dans le même ordre d'idée, dans le pays lusophone d'Amérique, le Brésil, on utilise plus fréquemment le terme équivalent, estadunidense, qu'au Portugal (voir ci-après Distinctions dans d’autres langues).

Caractère péjoratif

L'utilisation de ce terme dans différents éditoriaux de journaux francophones a pu provoquer la réaction nombreuse de lecteurs. Des commentateurs d’un article de la version en ligne du Monde contenant « états-unien » ont perçu ce terme comme péjoratif ou négatif à l'égard des États-Unis[33],[2]. Cette réaction des lecteurs a été commentée dans le New York Times[31] et l'International Herald Tribune un mois plus tard par des journalistes français du site Internet du Monde[2]. France Info a précisé, à la suite d’une question d’auditeur, que l’usage du terme n’aurait pas cours dans ses reportages et bulletins[34].

De son côté, Radio-Canada évoque la possibilité de « prohiber l'utilisation du terme « États-Unien » en invoquant le fait que ce terme a une connotation péjorative »[35]. Jacques Desrosiers, dans un article publié par le Bureau de traduction du Canada, note que le mot est principalement présent dans « les médias et les sites contestataires ou militants » critiques à l'égard des États-Unis :

« Remarquons que les États-Uniens continueraient d’être des Américains — comme nous ! Combien parmi nous sont prêts à se définir comme « Américains » ? On peut prédire une certaine résistance. De plus, s’il y a un brin d’anti-américanisme dans la promotion d’états-unien, forcément il sera lui aussi péjoratif. C'est comme si on remettait chaque fois sous le nez des Américains la carte du continent »

— Jacques Desrosiers[17]

Les dictionnaires ne mentionnent pas de caractère péjoratif au terme « étasunien », le terme n'est donc pas péjoratif per se. Les arguments développés sont :

  • les américains eux-mêmes ne se nomment pas ainsi, et donc l'utilisation serait vexatoire ;
  • le terme a été adopté par des anti-américains, donc est anti-américain ; il existe d'autres cas de « confiscation d'un terme » par une minorité, et l'implication relève d'un paralogisme informel de type « généralisation hâtive »[36].

Autres appellations francophones[modifier | modifier le code]

Dans son Grand dictionnaire terminologique, l’Office québécois de la langue française (OQLF) précise : « Une tentative a été faite pour remplacer le terme états-unien, encore peu répandu par rapport au terme américain, par usanien. Celui-ci n'est qu'une forme francisée du terme anglais Usanian, légèrement familier, qui a été créé à partir du sigle USA (United States of America). Il existe en anglais plusieurs autres termes qui ont été proposés pour remplacer American, dont United-Statesian (ou United Statesian, ou encore Unitedstatesian), mais sans succès. »

Autres désignations anglophones[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le seul substitut officiel couramment employé pour désigner les habitants des États-Unis est la périphrase « citizens of the United States » (« citoyens des États-Unis »)[37].

Dans le passé, on a proposé plusieurs substituts, qui ne soient pas une périphrase, à la place du terme « American », entre autres « Usonian », mis en avant par l'architecte Frank Lloyd Wright[38], qui avait appelé un type de maisons populaires les « Usonian Homes » en 1936[39], et la désignation créée pour l’occasion « United-Statesian »[40]. Ni l'un ni l'autre ne sont cependant entrés dans l'usage courant anglophone.

L’écrivain H. L. Mencken s’est amusé à collationner les divers néologismes apparus de 1789 à 1939, notamment « Columbian », « Columbard », « Fredonian », « Frede », « Unisian », « United Statesian », « Colonican », « Appalacian », « USian », « Washingtonian », « Usonian », « Uessian », « U-S-ian », « Uesican », and « United Stater »[41]. Néanmoins, aucun de ces néologismes n’est passé dans la langue courante[37].

Une autre désignation du citoyen des États-Unis est « US-American »[42],[43] et ses variantes orthographiques « U.S.-American »[44], « US American »[45] et « U.S. American »[46].

Distinctions dans d’autres langues[modifier | modifier le code]

La distinction entre les habitants des États-Unis et ceux du continent américain se retrouve couramment dans les langues où le terme « américain » désigne non pas les habitants des États-Unis mais ceux de l'Amérique latine. En portugais, le terme « estadunidense » est utilisé au Brésil, mais est cependant en concurrence avec « norteamericano », et le terme « americano » est le plus usuel au Portugal. La nuance existe également en espagnol où « norteamericano » coexiste avec « estadounidense », ce dernier terme étant recommandé par l'Académie royale espagnole qui mentionne que « estadunidense » est préféré par les Mexicains[47],[48],[49]. « Americano » est également utilisé[50]. L'équivalent italien « statunitense » est utilisé mais le terme le plus usuel est, dans le langage courant, « americano »[51].

L'exemple du russe montre que l'éventuelle connotation des termes formés sur ce schéma est très variable suivant les époques et les lieux. Depuis le dernier quart du XXe siècle, les dictionnaires de russe parlé enregistrent de nombreux dérivés de la désignation officielle Soïédinionnie Chtaty Ameriki (Соединённые Штаты Америки), construits sur le substantif Chtaty « États » : chtatnik (штатник — les gentilés sont des substantifs s'écrivant sans majuscule en russe)[52]. Chtatnik est un argotisme lié à l'adjectif chtatny (штатный) « véritable, typique » et à l'adverbe chtatno (штатно) « normal, convenable »[53]. Existent également les adjectifs familiers chtatovski (штатовский, avec la mention « connotation positive » dans le Grand Dictionnaire du russe familier expressif[54]), chtatski (штатский)[55] « des États-Unis ». En revanche, le dérivé nominal « chtatovtsy » (штатовцы) apparaît le plus souvent en contextes dépréciatifs.

L’espéranto a créé une appellation originale pour ce pays : « Usono » où la finale « o » est la marque des substantifs et « Uson » est tiré de United States of North America[56]. En espéranto, le suffixe « an » étant la marque d'appartenance et « oj » la marque des substantifs au pluriel, le gentilé se forme simplement et naturellement par l'ajout de ce suffixe à la racine du nom du pays, donnant ainsi Usonanoj (Usonano au singulier). Sur le même modèle, Amerikanoj (Amerikano au singulier) désigne les habitants de l'Amérique (continent).

Appellations familières et argotiques[modifier | modifier le code]

« Yankee »[57] est employé aux États-Unis pour désigner familièrement les « Nordistes » (voir « Guerre de Sécession ») et particulièrement les habitants du Nord-Est. Le terme n’y est pas péjoratif, il existe par exemple un Yankee Stadium dans l'État de New York et une équipe de baseball, les Yankees de New York. Le terme est largement connu hors des pays anglophones, mais désigne alors plus largement l'ensemble des habitants des États-Unis. L'article « Yankee » de la Wikipédia anglaise précise qu'en dehors des États-Unis, le terme est argotique et parfois désobligeant lorsqu'il désigne les citoyens américains en général.

« Gringo »[58] (étranger) désigne parfois les Américains dans certains États d’Amérique latine ; le terme est largement connu (dans son sens d’étranger) hors des pays hispanophones.

Familièrement, en France, Belgique et Suisse, les « Américains » sont les « Ricains »[59] (par aphérèse, première attestation en 1918)[31], les « Amerlos » (1936)[31] ou encore les « Amerloques » (invariant au féminin, 1945)[31]. Toutefois, ces tournures sont aujourd'hui quelque peu désuètes. Le mot allemand « Amis », toujours en usage, a été formé de la même manière. On trouve aussi « un Cainri » pour « un Ricain » en verlan. Les Ricains est une chanson française, composée par Guy Magenta et écrite et interprétée par Michel Sardou en 1967. Le Ricain (1977) est un film français réalisé par Jean-Marie Pallardy. Le coureur cycliste américain Greg LeMond (vainqueur du Tour de France en 1986, 1989 et 1990) était surnommé « le Ricain »[60]. L’Amerloque (2006) est un roman de Susie Morgenstern en langue française.

Amérindiens[modifier | modifier le code]

À la fin du XVe siècle, Christophe Colomb a popularisé le nom d’« Indien » comme désignation des autochtones d'Amérique. Pour éviter la confusion avec l'Indien de l’Inde, on les appelle « Indiens d’Amérique » ou « Amérindiens ». Aux États-Unis, les Amérindiens sont les « American Indians » (« Indiens américains ») ou « Native Americans » (« Américains autochtones »).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le terme américain est beaucoup plus répandu que le terme états-unien pour désigner la présente notion. », voir « États-Unien » dans le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française
  2. a, b et c Martine Rousseau et Olivier Houdart, « États-Uniens ou Américains, that is the question », Langue sauce piquante, 6 juillet 2007.
  3. Exemple d'utilisation de « States » : « Si c’était à refaire, je le referais », Métro, 27 janvier 2009.
  4. Voir entre autres le téléfilm français US Go Home diffusé en 1994. Ce film fait allusion au slogan US go home (« Américains, rentrez chez vous ! ») usité en France jusqu’au départ (décidé en 1966) des troupes des États-Unis d’Amérique stationnées dans ce pays : voir l'article sur l'OTAN.
  5. « MEXIQUE • Supprimez les “États-Unis” ! », Courrier international, 20 février 2003.
  6. Code de rédaction interinstitutionnel - Liste des États au 19 novembre 2007 dont l'application est « obligatoire pour tout intervenant dans l’élaboration de tout type de document (papier ou électronique) au sein des institutions, organes et services de l’Union européenne », voir Bienvenue au Code !, portail de l'Union européenne.
  7. Laure Mandeville, « Obama aux Cubains : «Somos todos americanos» », Le Figaro,‎ 17 décembre 2014 (lire en ligne)
  8. Juliette Harau, « Obama : «L’isolement de Cuba n’a pas fonctionné» », Libération,‎ 17 décembre 2014 (lire en ligne)
  9. « Réconciliation Cuba/Etats-Unis : «Nous sommes tous américains», lance Obama », Le Parisien,‎ 17 décembre 2014 (lire en ligne)
  10. « Rapprochement diplomatique historique entre Cuba et les Etats-Unis », Le Monde,‎ 17 décembre 2014 (lire en ligne)
  11. Les substantifs suivants sont courants pour le gentilé :
    • États-Unien, États-Uniens, États-Unienne, États-Uniennes ;
    • Étatsunien, Étatsuniens, Étatsunienne, Étatsuniennes ;
    • Étasunien, Étasuniens, Étasunienne, Étasuniennes.
    Les adjectifs correspondants sont :
    • états-unien, états-uniens, états-unienne, états-uniennes ;
    • étatsunien, étatsuniens, étatsunienne, étatsuniennes ;
    • étasunien, étasuniens, étasunienne, étasuniennes.
    Et en tête de phrases, vers et autres, les adjectifs correspondants deviennent :
    • États-unien, États-uniens, États-unienne, États-uniennes ;
    • Étatsunien, Étatsuniens, Étatsunienne, Étatsuniennes ;
    • Étasunien, Étasuniens, Étasunienne, Étasuniennes.
  12. Sylvain Jouty, Hubert Odier, Dictionnaire de la Montagne (livre numérique Google, non paginé), Place des Éditeurs, 2009, 883 p. : « Le choix de préciser « états-unien » et non « américain », quant à lui, relève de la simple logique : Canadiens, Mexicains ou Péruviens sont aussi des Américains, et désigner comme tels les seuls citoyens des Etats-Unis est aussi abusif qu’imprécis ».
  13. La Croix, 1965 ; cité dans Le nouveau Petit Robert, ss la dir. de Josette Rey-Debove et Alain Rey, 1994, p. 826, à l'article ÉTASUNIEN,IENNE.
  14. Par exemple, dans l’article Eric Glover, « Barbie et GI Joe : des has-been », Courrier international,‎ 10 décembre 2010 (lire en ligne).
  15. Par exemple, l'expression « Le régime présidentiel états-unien », alterne avec « le budget fédéral américain » et « [un] think tank américain » « Le statut de l’opposition : une perspective internationale », Note de veille, no 65,‎ 2 juillet 2007, p. 2, 6 (présentation en ligne, lire en ligne [PDF]). Ou encore le titre de brève « L’impact du changement climatique sur l’agriculture états-unienne : un diagnostic pessimiste », immédiatement suivi par la mention de « la production agricole américaine », « Contrôle des lieux d’enfermement : les enjeux internationaux », Note de veille, no 73,‎ 17 septembre 2007, p. 5 (présentation en ligne, lire en ligne [PDF]).
  16. Gilbert Achcar, « Chances et aléas du printemps arabe », Le Monde diplomatique,‎ juillet 2005 (présentation en ligne).
  17. a, b et c Jacques Desrosiers, « Nos voisins les « États-Uniens » ? », L’Actualité langagière, vol. 4, no 4,‎ décembre 2007, p. 8 (lire en ligne).
  18. Vicente Salvá, Diccionario moderno español-francés y francés-español, nueva edición enteramente refundida y aumentada, Paris, Casa Editorial Garnier Hermanos, 1951, p. 385.
  19. Robert & Signorelli, Dizionario francese-italiano italiano-francese, Signorelli, Milano, Ristampa 2002, p. 2781.
  20. Discours de Marine Le Pen, présidente du Front national, Congrès de Tours, 16 janvier 2011, YouTube, à 9 min 10 [vidéo].
  21. Viviane Serfaty, « La persuasion à l’heure d'internet : Quelques aspects de la cyberpropagande », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, Presses de Sciences Po, no 80, numéro spécial : « Propagande et communication politique dans les démocraties européennes (1945-2003),‎ oct.–déc. 2003, p. 123-131 (lire en ligne) : « Ainsi, dans le cas d'Indymedia, samizdat.net et rezo.net, le mot « empire » est employé en référence aux États-Unis, dont le nom n'apparaît que rarement, tandis que l'adjectif « états-unien » est utilisé pour éviter l'usage du mot américain qui, dans cette optique, devrait se rapporter aussi au Canada et au Mexique. Ces choix lexicaux permettent à la fois de jeter l'anathème sur les États-Unis, tout en constituant l'opposition politique aux États-Unis en fondement de la cohésion de ces mouvements. »
  22. « Godgiven McBala O'Bala : "Il y a les États-Unis, et il y a la jungle !" », L'Anti-Américain (Primaire), no 1,‎ décembre 2004, p. 14 (lire en ligne [jpeg])
  23. Daniel Rey, « Le rôle stratégique de Noam Chomsky et du “Monde diplomatique »,‎ 24 août 2006.
  24. Michel Lacroix, Nadia Zurck, Une journaliste franco-américaine au seuil de l’avant-garde : l’espace des possibles d’Yvonne Le Maître (1876-1954), in Recherches féministes, vol. 24, No 1, 2011, pp. 77-99, § 28.
  25. Pierre Georges, compte rendu de L. V. Vasseur, Pétrole et gaz naturel dans le monde, Paris, 1958, 218 p., in Annales de Géographie, année 1959, vol. 68, No 368, pp. 351-353.
  26. Jacques Desrosiers, L’Actualité langagière, volume 4, numéro 4, 2007, page 8 : « Comme le rappelle le Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF, ils [les Américains] ont formé leur gentilé à partir du nom de leur pays, États-Unis d’Amérique, de la même manière que, plus tard, les Mexicains à partir d’États-Unis du Mexique ».
  27. Paul Roux, conseiller linguistique au quotidien La Presse, « Américain ou Étatsunien ? », 9 novembre 2006.
  28. Eva Berankova, Quelle littérature pour le Québec ?, conférence prononcée au Colloque de Prešov « Tolérance et différence » organisé par le Département de langue et de littérature françaises de la Faculté des Lettres de l'université de Prešov, septembre 2006.
  29. [Guy Rocher et Daniel Mercure (dir.), « La mondialisation : un phénomène pluriel », dans Une société-monde ? : les dynamiques sociales de la mondialisation, Presses de l'Université Laval - De Boeck Université,‎ 2001, p. 24
  30. Gilbert Gagné, « L'identité québécoise et l'intégration continentale] », Politique et Sociétés, vol. 23, no 2-3,‎ 2004, p. 45-68, note 3 (lire en ligne).
  31. a, b, c, d et e (en) « There’s a Word for People Like You », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ 6 juillet 2007 (lire en ligne).
  32. François Lavallée, « Nos voisins les Gringolandais… », Circuit, revue trimestrielle de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréées du Québec, été 2005.
  33. États-Uniens - Blog des correcteurs du Monde, 4 juin 2007
  34. Rubrique Le Médiateur, France Info, 24 février 2008.
  35. La qualité du français à Radio-Canada : principes directeurs, Radio-Canada [PDF].
  36. méthode consistant, par définition, à induire des conclusions générales de cas particuliers ; le fait que les anti-américains utilisent ce terme ne signifie pas que seuls eux l'utilisent d'une part, et ne constitue pas, sur une aussi petite durée, un usage fixant le sens général du mot d'autre part ; voir par exemple Normand Baillargeon, Petit cours d'autodéfense intellectuelle, Lux,‎ 2005 (ISBN 978-289596-044-7, présentation en ligne) et John Locke, « L3. Ch ix. De l’Imperfection des Mots. », dans Essai philosophique concernant l’entendement humain,‎ 1689 (lire en ligne), §8
  37. a et b (en) Kenneth G. Wilson, "American, America", tiré de The Columbia Guide to Standard American English, 1993.
  38. (en) The Concise Oxford Dictionary (1999:1580) définit le terme Usonian comme étant « a native or inhabitant of the United States ».
  39. (en) source.
  40. (en) "United States", tiré de l' Oxford English Dictionary.
  41. (en) Merriam-Webster's Dictionary of English Usage (1994:88). Publication initiale dans le numéro de Decembre 1947 de American Speech.
  42. (en) Introduction – The US-American education system.
  43. (en) University of the Pacific (United States): 1.5.4 - Sources of US-American Culture.
  44. (en) osb international systemic consulting: Potentials and pitfalls of German / U.S.-American cooperation in workgroups.
  45. (en) Cornell University International Students and Scholars Office (ISSO): What Is a US American? Part One.
  46. (en) University of Kentucky (UK), Education Abroad: U.S. American Identity Abroad.
  47. Entrée Estados Unidos du dictionnaire panhispanique de l'Académie royale espagnole
  48. Le Diccionario de la lengua española, de la Real Academia Española, référence reconnue de l'espagnol, donne comme définition de cet adjectif: « Natural de los Estados Unidos de América. ».
  49. L'actuelle version du Diccionario de la lengua española, de la Real Academia Española, donne comme première définition « Natural de América. » et seulement en quatrième définition l'établit comme synonyme de estadounidense.
  50. Josep Ramoneda, El peor presidente americano, El País, 12 octobre 2008.
  51. Americano, définition sur le site de l'Encyclopédie Treccani
  52. Юганов И., Юганова А., Русский жаргон 60-90-х годов, Москва, « Помовский и партнёры », 1994, s. v.
  53. Мокиенко, В. М., Никитина Т. Г., Большой словарь русского жаргона, СПб, « Норинг », 2001, s. v. (attestations des années 1980).
  54. Химик В. В., Большой словарь русской разговорной экспрессивной речи, СПб, « Норинг », 2004, s. v.
  55. Мокиенко, В. М., Никитина Т. Г., op. cit.
  56. Cette explication est peut-être fausse ou indirecte puisque Frank Lloyd Wright utilisait la forme Usonia pour désigner les États-Unis : l’espéranto a pu s’en inspirer. Voir l’article « Usono ».
  57. Voir Définitions lexicographiques et étymologiques de « yankee » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  58. Voir Définitions lexicographiques et étymologiques de « gringo » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  59. Voir Définitions lexicographiques et étymologiques de « ricain » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  60. Voir l’article « Surnoms de coureurs cyclistes ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]