Nom à suffixe patronymique

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Un nom à suffixe patronymique est, dans certains pays, un nom que les gens portent en plus de leur prénom et de leur nom de famille, parfois même à la place du nom de famille, et qui exprime le prénom du père de celui qui le porte.

Typiquement, un nom à suffixe patronymique s'exprime par « XXX fils de YYY ZZZ » où XXX désigne le prénom de la personne, YYY, le prénom de son père et ZZZ le nom de famille commun aux deux.

Le nom à suffixe patronymique peut parfois être remplacé par un nom à suffixe matronymique, c'est-à-dire exprimant le prénom de la mère, mais dans les usages des langues d'Europe, cela ne s'observe en principe que si le nom du père est inconnu. La tendance moderne et le féminisme permettent plus facilement aujourd'hui l'emploi d'un nom matronymique au lieu du patronymique.

Usage[modifier | modifier le code]

Le nom à suffixe patronymique est d'usage en russe et a été imposé dans tous les pays de l'ancienne Union soviétique. Il est cependant beaucoup plus vivace en russe, biélorusse et ukrainien que dans les autres langues de l'ex-Union soviétique, où, bien souvent, il n'apparaît que sur les documents d’état civil et n'a aucun emploi d'usage. On retrouve ces noms également dans l'état civil grec et dans les langues des Slaves du sud : serbe, croate, bulgare, etc.

Dans les pays scandinaves, les noms étaient jusqu'au début du XXe siècle souvent constitués d'un prénom et d'un nom patronymique. Lorsqu'on a réformé l'état civil, de nombreux noms patronymiques sont devenus des noms de familles. Seul dans toute l'Europe, l'islandais conserve un strict système sans noms de famille mais avec juste un ou deux prénoms suivis d'un nom patronymique.

Des noms à suffixe patronymiques sont devenus des noms de famille dans de nombreuses langues. Ces noms de famille, dans la plupart des langues, ont une forme unique au masculin et au féminin, contrairement aux noms patronymiques qui ont une forme différente selon le genre. C'est presque toujours la forme masculine qui est devenue nom de famille. Cela est vrai même dans les langues où l'on pratique la féminisation des noms de famille. Les noms à suffixe patronymique russes masculins en -ович (-ovitch) ont pour équivalent féminin la terminaison -овна (-ovna). Pourtant, devenus noms de famille, ils restent toujours sous la forme -ович. En bulgare, les noms à suffixe patronymique ont une forme adjectivale et s'accordent en genre avec le nom. Les noms de famille, qui sont pour la plupart d'anciens noms patronymiques, en font autant, car ils ont eux aussi, de fait, une forme adjectivale, et les noms de famille de cette forme s'accordent en genre et en nombre dans cette langue.

Langues utilisant un suffixe patronymique en plus du nom de famille[modifier | modifier le code]

Russe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nom de personne en russe.

En russe, le patronyme (отчество, mot dérivé de отец qui signifie père) figure obligatoirement, en plus du prénom et du nom de famille, sur les actes de naissance et les pièces d'identité. Il est placé entre le prénom et le nom de famille. Les mots "monsieur" et "madame" étant pratiquement inusités en russe, il est d'usage, pour exprimer le respect, de s'adresser à son interlocuteur en employant son prénom et son patronyme (mais pas son nom de famille). Ainsi, pour s'adresser à M. Vladimir Poutine, on ne dira pas : "Monsieur Poutine" mais "Vladimir Vladimirovitch" (Vladimirovitch étant le patronyme de M. Vladimir Poutine).

Pour les hommes, le patronyme se forme du prénom du père auquel est ajouté le suffixe ovitch (ович), ou évitch (евич) quand le prénom du père se termine par les lettres russes й ou ь

  • Fiodor Dostoïevski dont le père se nommait Mikhaïl (Михаил) a donc pour nom complet : Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski (Фëдор Михайлович Достоевский).
  • Alexandre Pouchkine dont le père s'appelait Sergueï (Сергей) а pour nom complet : Alexandre Sergueïévitch Pouchkine (Александр Сергеевич Пушкин).

Pour les femmes, le patronyme est formé du prénom du père auquel est ajouté le suffixe ovna (овна), ou evna (евна) si le prénom du père se termine par й ou ь.

  • Marina Alexeïeva dont le père se nomme Anatoliï (Анатолий) a pour nom complet : Marina Anatolievna Alexeïeva (Марина Анатольевна Алексеева).
  • Nina Gorlanova (nom du père : Viktor) se nomme quant à elle : Nina Viktorovna Gorlanova (Нина Викторовна Горланова).

Un certain nombre de noms russes tels qu'Ivanov ou Petrov ont une origine patronymique mais ne sont pas des patronymes ; il s'agit de noms de famille qui, comme dans les langues scandinaves, se sont formés à partir de patronymes. Il est ainsi théoriquement possible pour un russe de s'appeler Ivan Ivanovitch Ivanov, Ivan étant le prénom, Ivanovitch le patronyme (fils d'Ivan) et Ivanov le nom de famille (formé dans le passé d'après un patronyme).

Ukrainien[modifier | modifier le code]

En ukrainien, l'utilisation du patronyme en plus du nom de famille est semblable à celle du russe. Sa formation en est également très proche.

Pour les hommes, on forme le patronyme en ajoutant au prénom du père les suffixes evytch (євич) ou ovytch (ович).

  • Ainsi, le nom complet de Tarass Chevtchenko est Tarass Hryhorovytch Chevtchenko (Тарас Григорович Шевченко).

Pour les femmes, on ajoute le suffixe ivna (iвна) au prénom du père.

  • Ioulia Tymochenko a pour nom complet Ioulia Volodymyrivna Tymochenko (Юлія Володимирівна Тимошенко)

Langues utilisant le patronyme en guise de nom de famille[modifier | modifier le code]

Islandais[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nom islandais.

L'Islande, faiblement peuplée et disposant d'une grande quantité de prénoms, a conservé un système de nom sans nom de famille. Les personnes sont identifiées à 90 % par leur prénom, suivi de leur nom patronymique, c’est-à-dire de la mention du prénom de leur père (ou, parfois, de leur mère). Ainsi, Gunnar Snorri Helgason et Anna Björg Helgadóttir signifient respectivement Gunnar Snorri fils (son) de Helgi et Anna Björg fille (dóttir) de Helgi.

Supposons que Bjarni et Björk ont une fille qu'ils prénomment Sigríður. Puisque le génitif de Bjarni est Bjarna et celui de Björk est Bjarkar, elle pourra donc s'appeler « Sigríður Bjarnadóttir » ou « Sigríður Bjarkardóttir » selon le choix de Bjarni et Björk (et en effet plus tard selon son propre choix). Ensuite, le fils de Sigríður pourra par exemple s'appeler « Magnús Sigríðarson » et ainsi de suite.

Exemples :

Les 10 % restants ont un nom de famille transmis de génération en génération (mais tout Islandais peut choisir de se faire appeler par un patronyme ou un matronyme, même s'il peut prétendre au nom de famille de son père ou de sa mère).

Exemple :

  • Kristján Eldjárn, 3e président de la République (1968-1980), dont le nom complet est « Kristján Eldjárn Þórarinsson », fils de Þórarinn Kr. Eldjárn.

Ces particularités font qu'en Islande :

  • les personnes sont classées, dans l'annuaire téléphonique, dans l'ordre alphabétique de leur prénom (ou premier prénom)
  • les personnes sont souvent désignées par leur seul prénom (ou premier prénom). Par exemple, sur le Wikipédia en islandais, les biographies des présidents susdits, après l'introduction qui rappelle la dénomination complète, le texte utilise des « Vigdís », « Ólafur » ou « Kristján », là où, dans une autre langue, on utiliserait « Nicolas Sarkozy », « M. Sarkozy » ou « le président Sarkozy » (selon le contexte).

Le patronyme islandais ne se transmet donc pas de génération en génération. Dans la conversation, les patronymes (ou plus rarement le matronyme) ne sont pas utilisés, l'usage du prénom étant de rigueur. (voir ce lien externe au sujet des noms islandais).

Autres langues scandinaves[modifier | modifier le code]

Le choix d'un patronyme ou d'un matronyme, à la place du nom de famille ou à côté de celui-ci, est aussi autorisé en Norvège, aux Îles Féroé et - depuis peu - au Danemark.

Culture du Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Le nom complet d'un individu est composé de son prénom, du prénom de son père et du prénom de son grand-père paternel. Contrairement au russe ou à l'islandais, le patronyme (ainsi que le patronyme du père) ne comporte pas de suffixe. Seule sa position dans le nom complet indique qu'il s'agit du prénom du père ou du grand-père.

C'est le cas dans des pays hors de la zone du Moyen-Orient mais sous son influence culturelle comme la Somalie et les Comores. Ainsi, le fils de Abdullah Yusuf Ahmed, s'il se prénomme Mohammad, aura pour nom complet Mohammad Abdullah Yusuf.

Dans le cas des cultures arabes, on ajoute le marqueur ibn (qui devient ben en milieu de phrase). On obtient donc Soleïman ben Moese ben Youssouf. Dans la culture juive, on ajoute ben ou bat, ce qui donne Salomon ben Moïshe ben Yossef.

Langues où les noms de famille ont une origine patronymique[modifier | modifier le code]

Dans de nombreuses langues européennes, l'usage du patronyme a été utilisé puis abandonné. Souvent, des patronymes sont devenus des noms de familles : ils n'ont plus changé d'une génération à l'autre et se sont transmis jusqu'à nos jours.

Langues scandinaves[modifier | modifier le code]

Les vingt-deux noms de familles danois les plus répandus (Jensen, Nielsen, Hansen, Pedersen, Andersen, etc.) sont composés d'un prénom auquel s'ajoute la terminaison sen ("fils de") et ont donc une origine patronymique. On remarque que les noms se terminant en dottir ("fille de") sont beaucoup plus rares.

Le même phénomène s'observe pour la langue norvégienne, celle-ci étant grammaticalement et phonétiquement très proche du danois. On obtient ainsi des noms de famille identiques à ceux cités plus haut, à l'exception éventuelle de Nielsen qui avec une écriture alternative est noté Nilsen.

Certains noms de famille suédois peuvent se construire selon le même modèle. La terminaison sera dans ce cas son, ou encore plus courant sson. Les noms s'écrivent donc Jansson, Nilsson, Hansson, Pederson, Anderson

En France[modifier | modifier le code]

Sans le moindre rapport avec les usages slaves et islandais, le nom patronyme ou l'expression nom patronymique ont désigné, en France, jusqu'à la loi nº 2002-304 du 4 mars 2002 relative au nom de famille, en fonction des textes dans lesquels on les rencontrait, ce qui est devenu depuis le nom de famille.

Historiquement, il se retrouve dans certains noms avec le préfixe « ab » (fils de) : Abalain, Abgrall, etc.

Utilisation du préfixe « fitz» (fils de) : Fitzgerald, Fitzalan, etc.

Au Royaume-Uni et en Irlande[modifier | modifier le code]

Utilisation du préfixe « mac » (fils de) en Écosse et Irlande : Charles Macintosh, MacMahon.

Utilisation du préfixe « ap » (fils de) : Rhys ap Gruffydd, Thomas ap Llywlyn, etc.