Noir Désir

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Noir Désir

Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Garage rock, post-punk, blues rock
Années actives 1980 - 2010
Labels Barclay
Composition du groupe
Membres Bertrand Cantat - chant, guitare et harmonica
Serge Teyssot-Gay - guitare
Jean-Paul Roy - basse
Denis Barthe - batterie
Anciens membres Vincent Leriche - basse (1981-1982)
Frédéric Vidalenc - basse (1982-1995)
Luc Robène - guitare (1982-1985)
Emmanuel Ory-Weil - chant (1983)

Noir Désir est un groupe de rock français originaire de Bordeaux, formé dans les années 1980 et dissous en 2010. Il se compose de Bertrand Cantat (chant, guitare et harmonica), Denis Barthe (batterie), Serge Teyssot-Gay (guitare) et Frédéric Vidalenc (basse), ce dernier étant remplacé par Jean-Paul Roy à partir de 1996.

Souvent cité comme l'un des meilleurs groupes de rock français, Noir Désir a connu un destin singulier, notamment après 2003 en raison de la condamnation de Bertrand Cantat pour l'homicide de Marie Trintignant, qui conduit le groupe à ne plus publier d'albums originaux et à ne plus se produire en concert jusqu'à sa dissolution.

Histoire du groupe[modifier | modifier le code]

1980–1987 : les débuts de Noir(s) Désir(s)[modifier | modifier le code]

Bertrand Cantat et Serge Teyssot-Gay, tous deux dans la même classe de seconde au lycée catholique Saint-Genès à Bordeaux en 1980, décident de jouer ensemble[1]. Denis Barthe, lui aussi élève dans le même établissement, les rejoint quelques mois plus tard[2] en prétendant savoir jouer de la batterie pour intégrer le groupe, instrument qu'il apprendra en réalité sur le tas[3]. La formation initiale du groupe, appelé alors « Noirs Désirs », est complétée par le premier bassiste, Vincent Leriche[4]. Le groupe fait alors les premières parties de Strychnine, le groupe phare de Bordeaux ; il se produit en 1980 à la Fête de l'Humanité et remporte en 1981 le concours Rockotone[5].

En 1982, Vincent Leriche et Serge Teyssot-Gay quittent le groupe[2] afin de fonder le duo B.A.M. (pour Boîte à Musique), Frédéric Vidalenc, membre de Dernier Métro, rejoint alors le groupe en tant que bassiste, Luc Robène prenant, quant à lui, la place de guitariste[4]. Bertrand Cantat quitte également le groupe en 1983, mais revient six mois plus tard, après avoir été remplacé par Emmanuel Ory-Weil, qui devient le manager officiel du groupe. À l'été 1985, suite à des désaccords musicaux, Luc Robène rejoint le projet musical de l'ancien chanteur de Strychnine, Christian Lissarrague, et Serge Teyssot-Gay réintègre Noir Désir[6] ; la formation reste stable pendant dix ans[7].

Aux débuts du groupe, Bertrand Cantat affiche clairement sa passion pour Jim Morrison, chanteur du groupe The Doors en arborant des pantalons de cuirs et des colliers indiens. Cette influence est encore plus évidente dans les prestations scéniques du groupe qui se produit alors régulièrement sur les scènes locales de la région bordelaise dont le Luxor et enregistre en 1986 sa première maquette six titres[7]. Certains membres du groupe sont également roadies notamment sur la tournée de Peter Gabriel[8].

1987–1995 : le succès[modifier | modifier le code]

Le premier album du groupe paraît en 1987 chez Barclay Records ; il s'agit d'un mini album produit par Théo Hakola — chanteur du groupe Passion Fodder qui les découvre sur scène au Jimmy à Bordeaux et leur suggère de renommer le groupe sans les « s » —, intitulé Où veux-tu qu'je r'garde ?[8]. Le succès vient avec l'album suivant, Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient) (1989), et son tube Aux sombres héros de l'amer véritable succès radiophonique mis en avant par le producteur de l'album Ian Broudie — le titre rentre même dans le Top 50 — que le groupe assume mal[9], refusant d'être catalogué comme groupe pour « la ménagère de moins de 50 ans ». Bertrand Cantat, quelques années plus tard, confiera son agacement quant au succès de cette chanson, qui ne fut pas comprise à sa juste valeur, beaucoup de personnes n'ayant pas compris le double sens de la chanson : « Ces gens n'avaient compris que le premier degré du texte des Sombres héros de l'amer, ils prenaient ça pour une chanson de marins, un truc à la Pogues, sans plus... ». Grâce au succès de ce 45 tours, et malgré la quasi-absence de promotion dans des émissions de variété à la télévision (refus du groupe d'aller à Sacrée Soirée de Jean-Pierre Foucault), l'album est vendu à 150 000 exemplaires et Noir Désir entame une tournée nationale et internationale (Canada, Tchécoslovaquie, URSS) se finissant par trois jours à L'Olympia en novembre 1989[10].

Pour leurs deux albums suivants, Du ciment sous les plaines (1991) et Tostaky (1992), le groupe décide d'imposer un vrai son rock à leur maison de disque afin de ne pas reproduire le schéma de Aux sombres héros. Ils cultivent une noirceur qui les rattache plutôt à une mouvance underground, due aux sonorités très épurées et profondément rock de l'album Tostaky ainsi qu'à des textes forts[11]. À l'issue de la tournée éprouvante, les membres du groupe, dans lequel naissent les premières dissensions, décident de s'isoler chacun de leur côté, Bertrand Cantat partant au Mexique (d'où il rapportera des éléments pour Tostaky), et Frédéric Vidalenc seul en bateau, mais Denis Barthes reste l'élément fédérateur qui réunira tout le monde[12]. Le groupe enregistre l'album Tostaky, dont le titre homonyme phare rencontre un énorme succès, et part dans une tournée européenne qui joue à guichets fermés. L'album se vendra à plus de 350 000 exemplaires malgré l'accueil critique très dur de deux journalistes musicaux influents, Laurent Rigoulet (Libération) et Arnaud Viviant (Les Inrocks)[13].

Durant cette période, Noir Désir bâtit l'essentiel de son succès sur scène, avec en particulier la tournée qui sera enregistrée sur Dies Irae et après laquelle Bertrand Cantat devra se faire opérer une première fois de polypes aux cordes vocales suite aux nombreux hurlements qu'il éructe sur la majeure partie des chansons[14]. Suite à cette tournée difficile physiquement et psychologiquement pour tout le monde, de très vives divergences artistiques apparaissent alors au sein du groupe, qui est près de la rupture et s'interrompt durant deux ans[14], amenant finalement aux départs successifs de Frédéric Vidalenc (qui laisse tout de même le titre Septembre, en attendant), remplacé par Jean-Paul Roy — préparateur des guitares du groupe qui réussit à les convaincre de prendre la basse —, et du manager Jean-Marc Gouaux, ex-manager de Camera Silens, groupe punk bordelais, en place depuis 1992[15].

1996–2003 : La maturité[modifier | modifier le code]

En 1997, le groupe revient sur le devant de la scène avec 666.667 Club qui, sans renier son rock sans concession, lui offre un deuxième grand succès médiatique avec en particulier les titres Un jour en France ou L'Homme pressé. L'album se vend à plus d'un million d'exemplaires en quelques mois[16]. Le groupe assume mieux sa renommée qui lui permet de défendre en même temps des causes associatives, et ne l'éloigne pas pour autant de leur public. La tournée qui suit se conclut également pour le chanteur par une nouvelle opération des cordes vocales. Cependant, la maturité aidant, Noir Désir s'ouvre à d'autres horizons, en publiant d'abord un album de remixes, One Trip/One Noise commandité à des jeunes DJ, puis son dernier album studio à ce jour, Des Visages, Des Figures. Cet opus comporte, comme ses prédécesseurs, de nombreux invités : Nicolas Sansano, Akosh Szelevényi, Manu Chao, Romain Humeau, Bob Coke, et Brigitte Fontaine. Durant la tournée suivante, le groupe est rejoint à plein temps par Christophe Perruchi aux claviers. Délaissant le son très électrique des deux albums précédents pour des tonalités plus douces et plus mélodieuses, l'œuvre est saluée par l'ensemble de la critique, et le public suit massivement cette nouvelle orientation : le single Le vent nous portera se classe numéro trois en France et se vend à un million d'exemplaire en un mois[17].

Plus apaisé, l’album Des visages et des figures élargit encore un peu l’audience du groupe et l’installe comme une véritable institution. La chanson  Le vent nous portera devient une chanson emblématique de son époque et sera vendue à plus de 250 000 exemplaires. Dans la foulée Noir Désir triomphe aux Victoires de la musique en 2002, en remportant le trophée du meilleur album ainsi que celui du meilleur clip. La remise du prestigieux prix sera marquée par la diatribe assassine de Bertrand Cantat qui règle ses comptes avec les grandes multinationales qui régissent les maisons de disques.

2003–2007 : Incarcération de Bertrand Cantat[modifier | modifier le code]

Le lundi 29 mars 2004, Bertrand Cantat est condamné par le tribunal de Vilnius à huit ans de prison ferme pour l'homicide de Marie Trintignant survenu à Vilnius la nuit du 26 au 27 juillet 2003.

Deux ans après le drame, le groupe finalise néanmoins un projet commencé en 2002 en publiant un double CD, Noir Désir en public, et un double DVD, Noir Désir en images, issus de sa dernière tournée. Les deux albums atteignent les premières places des classements de vente pendant plusieurs semaines. Le DVD réalisé par Don Kent remporte quant à lui le DVD musical de l'année aux Victoires de la musique 2006.

Fin 2005, le groupe, sans Bertrand Cantat, travaille sur la BO du film Enfermés dehors (sorti le 5 avril 2006), d'Albert Dupontel. Les titres 7 minutes, Oublié et En route pour la joie, issus du répertoire du groupe, figurent également sur la bande-originale du film.

En octobre 2005, les membres du groupe confient dans un magazine musical la possibilité de ressortir un album dans les années à venir, à la sortie de prison de Bertrand Cantat. En laissant tout de même un bémol sur le fait de refaire de la scène. Ils sont toujours sous contrat avec leur maison de disques, et les deux futurs éventuels albums sortiront sous le label Barclay (Universal Music).

Les 25, 26 et 27 mai 2006, l’association « Les Sangliers sont lâchés » et ND Musique, organisent Les Rendez-vous de Terres Neuves, un festival de musique et de rencontres citoyennes. À cette occasion, le batteur Denis Barthe et le bassiste Jean-Paul Roy ont joué avec leur nouveau groupe The Hyènes ; c'est la première fois, que les deux membres rejouent ensemble sur scène depuis la séparation de Noir Désir. La deuxième édition du festival a lieu les 10 et 11 octobre 2007.

Bertrand Cantat dépose le 22 juillet 2007 une demande de libération conditionnelle, qui lui est accordée le 15 octobre.

Le 8 mai 2008, Serge Teyssot-Gay déclare dans une interview au journal suisse La Gruyère que le groupe « projette d'enregistrer un album durant l'hiver prochain »[18]. Le groupe s'est réuni plusieurs fois dans le studio de Denis Barthe pour travailler, mais aucune date d'enregistrement n'est à ce jour prévue[19]. Le 13 juillet 2008, Denis Barthe déclare dans une interview lors du festival Musiques en stock en compagnie de son groupe The Hyènes que Noir désir se retrouve en répétition depuis le début de l'année et n'exclut pas les possibilités d'un nouvel album en précisant toutefois que rien n'est planifié, contrairement à ce que certaines rumeurs laissent entendre[20].

2008-2010 : Un retour dans la discrétion[modifier | modifier le code]

Finalement le retour de Noir Désir, qui ne fut jamais dissous[21], eut lieu le 12 novembre 2008, quand deux chansons, une inédite et une reprise (reprise enregistrée avec Estelle et Romain Humeau, Serge Teyssot-Gay et Bertrand Cantat) Gagnants / Perdants et Le Temps des cerises furent mises en ligne sur le site officiel du groupe sans aucune promotion préalable. Le site annonce par la même occasion que « Noir Désir est au travail... »[22]. Le groupe explique ce retour avant tout pour des raisons politiques et l'envie de réagir de façon urgente au contexte politique et social actuel (la crise des subprimes est un des problèmes politiques majeurs à ce moment-là).

Le 27 décembre 2008, Serge Teyssot-Gay déclare dans Le Monde que le groupe, actuellement en sessions de composition et d'enregistrement, compte réaliser un album en 2009. Ce nouvel album de Noir Désir ne sortirait finalement pas avant fin 2010 en raison de retard dans l'écriture des textes alors que la musique est déjà composée depuis longtemps[23].

Le 29 juillet 2010, Bertrand Cantat est officiellement libre, sa peine étant purgée et son contrôle judiciaire terminé[21]. Le 2 octobre 2010, Bertrand Cantat effectue à Bègles, aux côtés du groupe Eiffel, son premier retour sur scène depuis huit ans dans le cadre des Rendez-vous des Terres Neuves, festival dirigé par Jeannette Ruggeri, la manageuse de Noir Désir. Le 13 octobre 2010 à Bordeaux, lors d'un concert de soutien au peuple chilien, Bertrand Cantat, Denis Barthe et Jean-Paul Roy au côté d'Eiffel et d'autres artistes, se produisent avec une reprise de Tostaky en acoustique[24]. Le 6 octobre 2010, le site de Télérama annonce que Bertrand Cantat doit enregistrer dans un studio parisien un duo avec Brigitte Fontaine (une reprise d'une chanson de 1975, Les Vergers) qui figure sur l'album L'un n'empêche pas l'autre sorti en 2011[25]. Fin 2010, le groupe participe à l'album de reprises Tels Alain Bashung de douze chansons d'Alain Bashung en interprétant "Aucun Express" qui sera particulièrement remarqué par la critique lors de sa sortie le 26 avril 2011[26]. Ce titre constitue le dernier morceau du groupe.

Novembre 2010 : La fin du groupe[modifier | modifier le code]

Le 29 novembre 2010, Serge Teyssot-Gay annonce dans un communiqué à la presse « avoir décidé de quitter le groupe » pour « désaccords émotionnels, humains et musicaux avec Bertrand Cantat, rajoutés au sentiment d'indécence qui caractérise la situation du groupe depuis plusieurs années »[27]. Le 30 novembre 2010, le batteur Denis Barthe, s'exprimant également au nom des deux autres membres Bertrand Cantat et Jean-Paul Roy, annonce la fin de l'activité du groupe[28]. Il indique « respecter la décision » de Serge Teyssot-Gay, mais explique n'être pas d'accord avec l'idée d'une « position indécente du groupe » évoquée par Serge, affirmant que Noir Désir a toujours gardé une position mesurée vis-à-vis du drame de Vilnius[29],[30]. Les titres faits par la presse autour de sa déclaration (en particulier sur TF1), il réaffirme sa position dans une vidéo (avec timecode pour éviter qu'elle ne soit coupée ou montée)[30]. Il indique notamment qu'il ne « partait à la suite de personne » (un journal aurait titré « Denis Barthe part à la suite de Serge Teyssot-Gay »[réf. nécessaire]), mais qu'il constatait un fait.

Influences et positions[modifier | modifier le code]

Influences musicales[modifier | modifier le code]

Noir Désir a été influencé par The Saints (reprise de The Chameleon), The Beatles (reprises d' I Want You et Helter Skelter), Strychnine, Led Zeppelin, AC/DC, The Velvet Underground (White Light/White Heat), The Gun Club (composition de Song For JLP sur 666.667 Club, en hommage au chanteur du groupe, décédé en 1996), MC5, The Stooges, Mano Negra, The Doors (reprise de My Wild Love), The Clash, Buzzcocks, The Cure, Joy Division, King Crimson (reprise de 21st Century Schizoid Man), Pink Floyd (mention de Syd Barrett sur Ici Paris), puis Sonic Youth et Fugazi. Cependant on peut noter des influences plus éloignées mais très présentes dans l'œuvre du groupe comme Nick Cave (reprise de Long Time Man), John Lennon (reprise de Working Class Hero), Georges Brassens (reprise de Le Roi), Léo Ferré (reprise du poème Des armes), Serge Gainsbourg (reprise de Les Petits Papiers), Les Nus (reprise de Johny Colère), Jacques Brel (reprise de Ces gens-là), John Scofield (le début de Là-Bas) ou encore Alain Bashung (reprise de Volontaire et de Aucun Express).

Serge Teyssot-Gay est lui très porté sur le noisecore, appréciant particulièrement des groupes comme The Jesus Lizard, Shellac (il a d'ailleurs joué avec son groupe Zone libre en première partie de la tournée française de Shellac) ou les projets solo du guitariste de Sonic Youth, Lee Ranaldo.

Influences littéraires[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage Le Creuset des nues, Candice Isola[31] note diverses influences littéraires de Noir Désir telles que Jacques Prévert (Où veux-tu qu'je r'garde[32] et Si rien ne bouge[33]) ; Edgar Allan Poe (La Rage, clip de Aux sombres héros de l'amer[34]) ; Gérard de Nerval (La Rage[35]) Vladimir Maïakovski (À l'arrière des taxis) ; Lautréamont (Les Écorchés) ; Marquis de Sade (Bouquet de nerfs[36]), Paul Verlaine (Aux sombres héros de l'amer), Lewis Carroll (Alice[37]), Aragon (Où veux-tu qu'je r'garde[38]), Mallarmé, Apollinaire[39], Shakespeare (Bouquet de nerfs)[40], la mythologie grecque (Son style 2[41]). L'influence de Paul Morand est par ailleurs notable, les chansons L'Homme Pressé et Fin de siècle étant également les titres respectifs de deux ouvrages de l'auteur.

Des influences de Charles Baudelaire (Lola), la poésie de Jim Morrison (Lola), Vladimir Nabokov (Lolita), Paul Éluard (Un jour en France), la poésie de Léo Ferré (Son style, Nous n'avons fait que fuir), Arthur Rimbaud (Toujours être ailleurs) ainsi que d'autres poètes peuvent également être relevées.

Opinions politiques[modifier | modifier le code]

Noir Désir est aussi un groupe militant contre la mondialisation capitaliste (The Holy Economic War, L'Homme pressé, L'Europe) et contre le fascisme (Here It Comes Slowly, Un jour en France).

Lors de la cérémonie des Victoires de la musique 2002, le groupe, par la voix de Bertrand Cantat, s'illustre en fustigeant Jean-Marie Messier, alors président de Vivendi Universal, distributeur et producteur de Noir Désir. « Nous ne sommes pas dupes de ton manège, et si nous sommes tous embarqués sur la même planète, on n'est décidément pas du même monde » a-t-il déclaré, aux côtés de Jean-Luc Delarue, présentateur soudainement désorienté. Le groupe a également participé à plusieurs concerts caritatifs et aux événements d'avril 2002 suite à la qualification par voie démocratique de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, aux côtés d'artistes divers tels que Jamel Debbouze, Gérard Depardieu ou encore Zazie.

Le groupe a également refusé d'aller chanter en Israël pour protester contre la colonisation des territoires palestiniens.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Année Album Charts
Drapeau de la France Drapeau de la Belgique Drapeau de la Suisse Drapeau de l'Italie
1987 Où veux-tu qu'je r'garde ? - - - -
1989 Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient) 20 33 - -
1991 Du ciment sous les plaines 35 - - -
1992 Tostaky 11 9 23 -
1996 666.667 Club 1 9 12 6
2001 Des visages des figures 1 1 2 7

Compilations et albums live[modifier | modifier le code]

Année Album Charts
Drapeau de la France Drapeau de la Belgique Drapeau de la Suisse Drapeau de l'Italie Drapeau de l’Union européenne
1994 Dies Irae 1 14 - - -
1998 One Trip/One Noise 25 - - 32 -
2000 En route pour la joie 73 - - - -
2004 Nous n'avons fait que fuir - - - - -
2005 Noir Désir en public 1 2 4 8 15
2011 Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien 3 16 75 - -

Singles[modifier | modifier le code]

Année Chanson Charts Album studio
Drapeau de la France Drapeau de la Belgique Drapeau de l'Italie Drapeau des Pays-Bas
1987 Où veux-tu qu'je r'garde ? - - - - Où veux-tu qu'je r'garde ?
1987 Toujours être ailleurs - - - -
1989 Aux sombres héros de l'amer 31 - - - Veuillez rendre l'âme
1989 Les Écorchés - - - -
1991 En route pour la joie - - - - Du ciment sous les plaines
1992 Tostaky (le continent) 21 - - - Tostaky
1993 Lolita nie en bloc 38 - - -
1993 Ici Paris 34 - - -
1994 Marlène (live) - - - - Dies Irae
1996 Un jour en France 14 - - - 666.667 Club
1997 À ton étoile 27 - - -
1997 L'Homme pressé 5 - - -
1998 One Trip One Noise - - - - One Trip/One Noise
1998 Fin de siècle (G.L.Y.O.) - - - -
2001 Le vent nous portera 1 7 1 39 Des visages des figures
2002 Lost 50 - - -
2002 A l'envers, à l'endroit - - - -
2008 Gagnants / Perdants (Bonne nuit les petits) - - - - Hors Albums
2008 Le Temps des cerises - - - -

Reprises et collaborations[modifier | modifier le code]

Bertrand Cantat a chanté Fire Spirit du Gun Club, The Partisan de Leonard Cohen avec 16 Horsepower, et un duo intitulé Douze rêves (Daouzek huñvre) avec le chanteur breton Denez Prigent sur son album Irvi. Il a participé au disque de Giorgio Canali 1000 Viêt Nam ainsi qu'aux enregistrements du saxophoniste free jazz Akosh S.. En 2009, il apparaît sur le morceau À tout moment la rue du groupe Eiffel sur l'album À tout moment.

En 1993, il apparaît, ainsi que Serge Teyssot-Gay, sur l'album Hunger of a Thin Man de Théo Hakola. Il a également participé en 1995, avec Frédéric Vidalenc, à l'album No Reprise du groupe californien A Subtle Plague.

En 2006 Denis Barthe et Jean-Paul Roy enregistrent avec Olivia Ruiz une reprise de Putain de toi de Georges Brassens, présente sur la compilation du même nom.

Serge Teyssot-Gay a publié en solo Silence Radio (1996) et On croit qu'on en est sorti (2000). Il a participé avec Lydie Salvayre à Contre (2002), Dis pas ça (2006) ; avec Interzone à Interzone (2005), Deuxième jour (2007) ; avec Krzysztof Styczynski à Des millions de morts se battent entre eux (2008) ; avec Denis Lavant à À cœur pur (2008) ; avec Zone libre à Faites vibrer la Chair (2007) ; avec Zone libre, Hamé et Casey à L'Angle mort (2009) ; avec Zone libre, Casey et B. James à Les Contes du Chaos (2011).

Reprises des chansons du groupe

Il existe quelques reprises hommages à Noir Désir dont Où veux-tu qu'je r'garde ? par Théo Hakola sous le titre Where do you want me to look ?. Doc Gynéco a sorti en 2006 une version rap de L'Homme pressé, tandis que Métal Urbain en proposait une version punk (en bonus sur l'édition limitée de l'album J'irai chier dans ton vomi). Eiffel a réalisé une version de Les Écorchés dans son album Les Yeux fermés. Sophie Hunger reprend Le vent nous portera sur son deuxième album 1983 publié en 2010.

Collaboration avec le compositeur français Yann Tiersen qui reprend le titre À ton étoile sur l'album One Trip/One Noise.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Besse (2012), p. 25 et p. 35.
  2. a et b Serge Teyssot-Gay, créer après Noir Désir dans Le Monde du 5 novembre 2004.
  3. Besse (2012), p. 39-40.
  4. a et b Besse (2012), p. 30-31.
  5. Besse (2012), p. 29.
  6. Fouquet (2007), p. 270-274.
  7. a et b Besse (2012), p. 33-34.
  8. a et b Besse (2012), p. 40-43.
  9. Besse (2012), p. 48.
  10. Besse (2012), p. 55-56.
  11. Besse (2012), p. 59 et 62.
  12. Besse (2012), p. 63-64.
  13. Besse (2012), p. 67-69.
  14. a et b Besse (2012), p. 71-74.
  15. Besse (2012), p. 79 et 84.
  16. Besse (2012), p. 88 et 92.
  17. Besse (2012), p. 122.
  18. Serge Teyssot-Gay et Zone libre, désapprendre la musique dans La Gruyère du 8 mai 2008.
  19. Noir Désir envisage d'enregistrer un disque dans Le Monde du 17 mai 2008
  20. Vidéo de l'interview de Denis Barthe du 2 juillet 2008.
  21. a et b Bertrand Cantat en a fini avec la justice dans Libération-Bordeaux du 29 juillet 2010.
  22. Site officiel de Noir Désir
  23. Noir Désir se fait désirer dans Le Parisien du 14 mai 2009
  24. Noirs désirs de Cantat dans Libération du 15 octobre 2010.
  25. Bertrand Cantat en studio avec Brigitte Fontaine dans Télérama du 6 octobre 2010.
  26. Noir Désir de retour pour Bashung dans Libération du 22 avril 2011.
  27. La fin de Noir Désir? sur Libération next.
  28. Noir Désir est mort dans Libération Next du 30 novembre 2010.
  29. "Noir Désir, c'est terminé"
  30. a et b Chicken's Chicot, « DENIS BARTHE : ceci dit pour être clair. »,‎ 8 décembre 2010
  31. Candice Isola, Le Creuset des nues. Le romantisme de Noir Désir, Les Belles Lettres, 2004
  32. Le vers « Oh rappelle-toi Barbara » fait référence à Barbara, poème de Prévert
  33. Les vers « Quand les amoureux se ramassent à la pelle / Toutes les feuilles mortes se marrent entre elles » sont des détournements des Feuilles mortes de Prévert
  34. Dans une séquence de ce clip, on aperçoit un livre d'Edgar Poe
  35. « Ah pouvoir partir et mourir avec El desdichado » est une référence au poème El Desdichado de Gérard de Nerval
  36. « rubis de Sade et jade » fait référence au Marquis de Sade
  37. « Alice a le don de la métamorphose / Elle peut se transformer et rien ne s'y oppose / Alice a le don », reprise de vers de Lewis Caroll
  38. « Dans ton océan lacrymal / Tout n'a pas l'air d'être sans mal / Et moi qui plonge / J'sais même pas nager », référence aux Yeux d'Elsa d'Aragon
  39. Dans les remerciements de l'album live Dies irae, on peut remarquer des références à Il pleut d'Apollinaire.
  40. « T'oublies or not t'oublies », référence au « To Be or Not To Be » de Shakespeare
  41. « Lupanar à Sisyphe »

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Dautigny, Noir Désir : 5 scores, Réalisation Musicom SA, Connection, 1997
  • H.M., Noir(s) Désir(s), éditions Verticales, 1999.
  • Vincent Laufer, Noir Désir de A à Z, Prélude et fugue, Music Book, 2002.
  • Dominique Emmanuel Blanchard, Yssev Jean et Bertrand Cantat, Noir Désir et l'expérience des limites, Éditions Le Bord de l'eau, 2003.
  • Marc Besse, Noir Désir, Librio, 2003.
  • Sébastien Raizer, Noir Désir tout est là, Camion Blanc, 2004.
  • Candice Isola, Le Creuset des nues. Le romantisme de Noir Désir, Les Belles Lettres, 2004, (ISBN 225144260X)
  • Denis Fouquet, Bordeaux rock, 1970-2005, des Blousons Noirs à Noir Désir, Bordeaux, Le Castor Astral,‎ 2007, 320 p. (ISBN 978-2-85920-690-1, notice BnF no FRBNF41025113)
  • Andy Vérol, Un noir désir, Bertrand Cantat, Éditions Scali, 2008, (ISBN 978-2-350-12231-1)
  • Pierre Mikaïloff, Noir Désir, Bertrand Cantat, un destin rock, Alphée - Jean-Paul Bertrand, 17 avril 2009 (J'ai Lu, 2013)
  • Andy Vérol, Noir Désir, le vent les portera, biographie, Paris, Éditions Pimientos, collection « Pylône », 2009 (ISBN 978-2-917577-05-9)
  • Marc Besse, Noir Désir à l'envers, à l'endroit, éditions Ring,‎ 2012 (ISBN 979-1091447027).