No Border

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Manifestation No Border à Crawley, Royaume-Uni, Septembre 2007
Manifestation du réseau No Border en Angleterre, septembre 2007
Manifestation No Border à Calais, 27 juin 2009

Le réseau No Borders est un réseau transnational de collectifs et d'individus investis dans les luttes pour la liberté de circulation et l'abolition des frontières, contre les politiques de contrôle de l'immigration au sein et en dehors de l'Espace Schengen, ainsi que pour la régularisation des étrangers en situation irrégulière, la fermeture des centres de rétention administrative et l'arrêt des expulsions. Né en 1999, le réseau s'est depuis étendu à l'ensemble de l'Europe et s'est doté d'un site relayant les différentes initiatives en 2000. Des initiatives No Borders ont vu également le jour hors de l'Europe, comme en Australie (Woomera, 2002), au Mexique (Mexicali, 2007), en Ukraine (Uzhgorod, 2007) ou en Turquie (Dikili, 2008).


Fonctionnant sur le principe autogestionnaire et anti-hiérarchique, le réseau est dépourvu de structures dirigeantes et de leaders. Les collectifs et individus le constituant défendent la diversité des tactiques, respectant toutes les formes et modalités d'action au nom d'une stratégie globale de lutte contre les systèmes de contrôle des frontières et des migrations. No Borders est anticapitaliste et s'oppose à toutes les formes de dominations et de pouvoirs, inscrivant ainsi son combat dans les luttes portées par les réseaux anarchistes-libertaires. Les réunions du réseau sont ouvertes à tous ceux qui respectent ses principes et s'organisent de manière transfrontalière et multilingue, appliquant la démocratie directe et fonctionnant sur le mode du consensus.


Le réseau britannique : No Borders Network[modifier | modifier le code]

Le réseau No Borders est particulièrement implanté en Grande-Bretagne où existent 11 groupes locaux (Birmingham, Brighton, Bristol, Leeds, Londres, Manchester, Northeast, Nottingham, Oxford, Scotland, Sheffield, Wales), dont on peut trouver les contacts sur un site internet commun à l'ensemble du réseau britannique[1] Le réseau UK organise de nombreuses actions contre le Home Office, l'UK Border Agency et leurs partenaires et a appelé à une convergence en février 2012[2].

Le réseau français[modifier | modifier le code]

En France, le réseau No Borders est représenté par différent collectifs locaux (Calais, Lille, Paris). Cependant le point crucial de l'activité française du réseau No Borders est localisé à Calais.

  • Calais Migrant Solidarity

CMS assure depuis 2009 (dans la continuité du camp NoBorder organisé dans Calais en Juin 2009) une présence permanente à Calais, où des militants se relaient de mois en mois pour organiser une veille et lutter localement en faveur des migrants qui tentent de passer clandestinement en Angleterre. Sur le site Calais Migrant Solidarity[3], les activistes présents sur Calais publient quotidiennement des informations sur la situation et dénoncent la dureté des conditions de vie pour les migrants et les violences exercées par les policiers. Ces évidences, sous forme de vidéos, ont été rendues publiques une première fois par l'intermédiaire des site internet de Rue89 et des Inrockuptible [4] en mars 2011, puis quelques semaines plus tard un rapport réunissant l'ensemble du travail de collecte de témoignage[5] est transmis au tout nouveau Défenseur des Droits (Dominique Baudis) en juillet 2011.

Le réseau international[modifier | modifier le code]

De nombreux collectifs, qui ne portent pas forcément l’appellation "No Borders", se retrouvent dans le réseau international. Ainsi, des collectifs plus ou moins importants ont vu le jour dans différents pays européens, luttant localement contre les centres de rétention et les expulsions, organisant régulièrement des blocages de centres (notamment en Belgique), des actions antiracistes et antifascistes (notamment en Allemagne) ou contre l'Agence Européenne de Contrôle des Frontières Extérieures (notamment en Pologne où sont organisées chaque année des journées anti-Frontex[6]).

Campements et Actions No Borders[modifier | modifier le code]

Le réseau organise chaque année des campements de plusieurs jours dans des lieux situés à proximité des frontières ou symboliques des politiques européennes de contrôle de l'immigration : à Strasbourg en 2002 (Parlement européen et base du Système d'Information Schengen), à Bruxelles en 2010 (Siège de l'Union Européenne)[7], à Stockholm en 2012 (Lieu où a été mis en place le Programme de Stockholm en 2009).


Liste des principaux campements et convergences No Borders depuis la création du réseau :

- Rothenburg (Allemagne, 24 juillet-2 août 1998) - Zittau (Allemagne, 7 au 15 août 1999) - Forst (Allemagne, 29 juillet-6 août 2000), - Ustrzyki Gorne (Pologne, 13-19 juillet 2000), - Marzamemi (Sicile, 23-30 juillet 2000) - Tijuana (Mexique, 2000) - Tarifa (Espagne, 2-7 juillet 2001) - Bialystok / Kryniki (Pologne, 5-12 juillet 2001) - Frankfurt (Allemagne, 27 juillet-5 août 2001), - Genova (Italie, 19-23 juillet 2001) - Petisovci (Slovénie, 4-8 juillet 2001) - Woomera (Australie, 27 mars-2 avril 2002) - Strasbourg (France, 19-28 juillet 2002) - Imatra (Finlande, 5-11 août 2002) - Jena (Allemagne, 12-19 juillet 2002) - Wizajny (Pologne, 5-14 juin 2002) - Cologne (Allemagne, 31 juillet-10 août 2003) - Puglia-Salento (Italie, 21-27 juillet 2003) - Timisoara (Roumanie, 10-15 juin 2003) - Kundzicze (Pologne, 2-7 juillet 2003) - [...] - Bulgarie (22-25 août 2005) - Xanthi (Grèce, 25-28 août 2005) - Pavshino (Ukraine, 10-20 août 2007) - Patras (Grèce, 29-31 août 2008) - Dikili (Turquie, 3-7 septembre 2008) - Calais (France, 23-29 juin 2009) - Lesvos (Grèce, 25-31 août 2009) - Bruxelles (Belgique, 25 septembre-3 octobre 2010) - Siva Reka / Svilengrad (Bulgarie, 25-29 août 2011) - Londres (Angleterre, 13-18 février 2012) - Varsovie (Pologne, 18-23 mai 2012) - Stockholm (Suède, 17-24 juin 2012) - Cologne (Allemagne, 13-22 juillet 2012)


La France a connu deux campements No Borders, à Strasbourg en 2002 [8] et à Calais en 2009[9].


En 2004, le réseau No Borders a également appelé à la première journée internationale d'action « Europe sans frontières » pour la régularisation des « sans-papiers », l'ouverture des frontières : cette action a été suivie dans 50 villes de 11 pays d'Europe[10]

Tout au long de l'année, des actions sont organisées dans différents pays d'Europe au nom du réseau No Borders, reprenant ses revendications et slogans[11],[12],[13].

La réaction des autorités[modifier | modifier le code]

Les actions organisées par le réseau connaissent depuis quelques années une forte répression policière, qui s'est caractérisée à Calais par la mise en place d'un dispositif policier jugé excessif par la population et les médias locaux (2000 policiers et gendarmes, 2 hélicoptères) [14]. A Bruxelles en 2010, de nombreuses arrestations ont été réalisées à titre préventif [15], le réseau étant assimilé en Belgique à une organisation terroriste, sur des critères qui restent flous. Le réseau fait l'objet d'une surveillance particulière de la part d'Europol, qui organise du 24 au 25 avril 2012 une conférence sur le thème de l'"euro-anarchisme" au programme de laquelle figure le réseau no borders [16],[17]


Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]