Noël Rist

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Noël Rist, né le 22 décembre 1906 à Montpellier et décédé le 23 novembre 1990, est un médecin français, chercheur à l'Institut Pasteur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Noël Rist est le fils de Charles Rist, économiste et sous-gouverneur à la Banque de France. Il est apparenté à la famille Monod par sa mère, Germaine Monod. Après des études de médecine, il devient chercheur à l’institut Pasteur. Il épouse en 1941 Marie de Lacroix, avec qui il fondera en 1961 l'école nouvelle d'Antony. Il meurt d’un cancer en 1990.

Recherches à l'Institut Pasteur[modifier | modifier le code]

En 1937, simultanément et indépendamment l'un de l'autre, G. Buttle au Royaume-Uni d'une part[1], et Ernest Fourneau et ses collaborateurs du laboratoire de chimie thérapeutique de l'Institut Pasteur d'autre part[2], ont découvert l'action antibactérienne des sulfones. En 1939, Noël Rist démontre qu'elles sont efficaces également, in vitro et in vivo, contre la tuberculose[3]. Poursuivies avec Jacques et Thérèse Tréfouël et infléchies par la découverte d'Henry Faget qui, en 1943, expérimente les sulfones avec succès contre le bacille de Hansen, les recherches de Rist aboutissent en 1947 à la mise au point du premier traitement antilépreux par la sulfone-mère.

À partir de 1947, il effectue pour l’Institut des recherches sur les traitements de la tuberculose. En 1950, il organise avec Françoise Grumbach le laboratoire de chimiothérapie expérimentale de la tuberculose. En 1957, lorsque John Crofton découvre une trithérapie dont l’efficacité est mise en cause par les milieux médicaux, il participe avec Georges Canetti à la première expérimentation internationale impliquant 23 pays qui aboutira à la validation du traitement[4].

Il élabore en 1963 avec G. Canetti et J.Grosset la méthode des proportions[5] qui mesure la sensibilité du bacille tuberculeux aux médicaments antibacillaires.

Actions en éducation nouvelle[modifier | modifier le code]

En 1961, Noël Rist est cofondateur de l'école nouvelle d'Antony, dont son épouse Marie - dite Nina - prend la direction. Il cosigne en 1983 le livre Une pédagogie de la confiance relatant l'histoire de cette école[6]

Il participe à partir des années 1970 aux stages et congrès du Groupe français d'éducation nouvelle, et à des interventions concrètes avec les enseignants de ce mouvement visant à l'éveil de l'esprit scientifique chez les jeunes enfants[7]. Jusqu'à sa mort en 1990, il travaille à faire connaître l'éducation nouvelle et ses pédagogues, en particulier Janusz Korczak et Frantisek Bakulé[7].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Histoire de l’institut Pasteur
  • Colette Charlet et Josette Marty-Minière, Hommages à Noël Rist in Dialogue n°72 (mars 1991)
  • Marie et Noël Rist,Une pédagogie de la confiance, Syros, 1983

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) G. Buttle, Y. Smith, G. Foster, « Treatment of streptococcal infections in mice with 4:4'diamino-dipheni-sulphone », Lancet, vol. 1, 1937, p. 133.
  2. Ernest Fourneau, Thérèse et Jacques Tréfouël, Federico Nitti, Daniel Bovet, « Action antistreptococcique des dérivés sulfurés organiques », C. R. Acad. Sci., vol. 204, 1937, p. 1763.
  3. N. Rist, F. Bloch et al., « Action du p.aminophénylsulfamide et de la p.diaminodiphénylsulfone sur les cultures des bacilles tuberculeux des mammifères et des oiseaux », C. R. Soc. Biol., 1939.
  4. (en)[PDF]Scaling up and sustaining effective tuberculosis HIV and asthma prevention and control Site de l'union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires
  5. Méthode des proportions sur le site microbes-edu.org
  6. Robert Gloton, qui préface le livre, fait remarquer qu'il comporte deux auteurs mais est écrit à la première personne du singulier. Il ajoute que c'est justifié par le rôle de Noël Rist dans cette création
  7. a et b Dialogue n°72